nonnesTous les êtres humains moi y compris, ont traversé des hauts et des bas sans cesse, vie après vie, expérimentant les souffrances du samsara. La raison pour laquelle nous avons toujours tant de problèmes est que nous n’avons pas rempli la mission de notre vie.
Quelle est-elle ?
D’abord nous désirons tous la paix et le bonheur, et nous voulons être libres de douleur et de souffrance.
Mais bien que nous fassions ici et là l’expérience du bonheur, ce n’est pas le genre de bonheur qui n’a jamais connu la souffrance. En fait pour la plupart d’entre nous, c’est le genre de bonheur basé sur la souffrance.

Nous mettons beaucoup d’effort à avoir une vie matérielle confortable, et par là-dessus nous voulons le confort mental et spirituel.

Mais même si nous pensons que nous travaillons pour un bénéfice spirituel, en creusant un peu, nous voyons que ce n’est qu’attachement –  l’attachement à nous procurer un état de confort matériel, ou spirituel, ou émotionnel.
Le confort que nous cherchons en général est un confort temporaire. Nous ne nous sommes pas tournés vraiment vers la racine de la souffrance, nous n’avons pas développé la vraie cause de bonheur. Comprenant cela, et en y réfléchissant, en méditant là-dessus, nous commençons à voir la vraie nature de la souffrance et la fin de la souffrance. A partir de là, nous pouvons prendre la décision de chercher la paix véritable, le nirvana, ce qui signifie rendre libres nous-mêmes et les autres une fois pour toutes de la souffrance et de ses causes.
encensPourquoi n’avons nous pas encore été capables de cela ? Pourquoi n’avons-nous pas rempli notre mission ?  Nous n’avons pas encore réalisé à quel point cette vie est importante. Nous n’avons pas encore réalisé les capacités illimitées de ce corps et de cet esprit humain, ni comme ils sont difficiles à trouver. Nous n’avons pas un sens de l’urgence parce que nous ne comprenons pas à quel point il est facile de perdre cette vie humaine. Au contraire, nous nous occupons en courant après le bonheur et en fuyant la souffrance vie après vie.

Beaucoup d’entre nous se plaignent : « Je n’ai pas le temps ». Moi, j’appelle ça une excuse fantaisiste et élégante : tout le monde aime dire : « Je suis trop occupé » parce que tout le monde veut avoir l’air important. C’est une excuse géniale qui offre plein de bénéfices : vous pouvez éviter ce que vous ne voulez pas faire ; vous avez l’impression d’être quelqu’un d’important, et puisque toutes les personnes importantes sont comme ça, vous pouvez en devenir une aussi.

Reconnaître nos vraies priorités

J’appelle cela la paresse occupée. Elle est là parce que nous avons un problème pour reconnaitre nos vraies priorités. Même si nous avons le temps, nous faisons traîner en longueur la chose la plus importante de notre vie – notre développement spirituel. Notre paresse correspond bien à ce sens dessus-dessous de nos priorités. Parce que nous vivons à une époque où nous devons payer pour chaque petite chose dont nous avons besoin, ce sens de l’urgence est devenu monétaire. Si nous ne payons pas nos factures, même l’électricité et l’eau peuvent nous être coupés.

En tant que pratiquants spirituels, nous devons équilibrer nos priorités. C’est à dire trouver l‘équilibre entre les besoins de cette vie-ci et nos buts spirituels à long terme. Payer nos factures, prendre soin de notre famille et de nos amis et faire de notre travail spirituel une priorité.
guimetPour cela, nous devons être convaincus que notre vie est importante. Nous savons que notre vie est précieuse mais au jour le jour nous avons tendance à la prendre pour quelque chose d’évident.  Nous sommes occupés à répondre à des demandes urgentes qui se succèdent et cela nous fait croire que nous nous occupons de tout. Mais la vérité est que nous ne voulons même pas changer nos priorités. Nous pensons que nous réussirons à coincer à la dernière minute une espèce de développement spirituel. Vous qui avez une pratique régulière, est-ce que vous ne la placez au dernier moment,  en toute fin de journée ?

Est-ce que vous ne la faites pas un peu vite, comme une corvée dont il faudrait se débarrasser ?

Mais le Bouddha nous dit que nous ne pourrons jamais utiliser la richesse de la vie humaine si nous ne voyons pas à quel point elle est rare et précieuse.  (…)

Choisir notre but.

La vie humaine, grâce aux potentialités infinies de notre esprit, est capable de produire le résultat que nous avons choisi : si votre but est d’être riche, la vie humaine est capable de vous donner cela ; si vous voulez devenir célèbre, votre vie vous en rend capable. C’est vrai pour tout ce que vous choisissez. Que vous soyez satisfait ou non des résultats, c’est autre chose. Si vous voulez être complètement illuminé, si votre but spirituel ultime est l’illumination, alors la vie est capable de vous donner cela. De notre point de vue, nous pouvons échouer, mais ce n’est pas parce que notre vie humaine manque de la capacité pour l’illumination complète. C’est juste parce que nous n’avons pas su en profiter au mieux.
Mais comprendre cela ne vient pas juste en écoutant les enseignements ; nous devons méditer là-dessus pour que cela devienne une partie de notre vie et s’inclut dans notre façon de penser, influençant nos actions et modelant notre personnalité. Si nous ne méditons pas, ce n’est qu’une information. Si nous méditons et incorporons cette connaissance à notre vie, alors cela devient une qualité intérieure. Voilà la différence. Nous devons remplir notre mission tant que nous en avons le temps et les moyens.

Pour cela il nous faut une connexion avec les enseignants et avec l’enseignement que les éveillés ont partagé. En pratiquant chaque jour, nous devrions atteindre l’illumination rapidement.
Si cela prend trois minutes, que ce soit trois minutes ; si cela prend trois ans, que ce soit trois ans ; mais n’attendons pas trois vies.
Gelek Rimpoche                    

Traduction : Jôshin Sensei BuddhaDharma Summer 2017

tete-arbrePrendre ce texte, s’asseoir avec, et en peser chaque question qu’il pose…
Quelles sont nos priorités ?
Que voulons-nous vraiment faire de notre vie ?
La pratique entre-t-elle dans notre vie, ou est-elle vraiment une partie de notre vie…  
A garder pour réfléchir à notre vie.
          

   Jôshin Sensei