Avalokiteshvara donne corps à notre intention de placer les autres avant nous-même même au prix de repousser notre propre Eveil.  Partout les bouddhistes récitent son mantra :  Om mani padme Hum, le Joyau dans le Lotus (*).
Cette intention approfondit notre engagement et devient un vœu. A ce moment là, notre intention et notre vie ne font plus qu’un.
Si vous pratiquez la méditation, vous êtes sûr de votre succès ! Mais par « succès », je ne veux pas dire que tout va aller comme vous voulez.

norman fischer intentionQu’est-ce que l’intention ? On ne peut sans doute pas la définir de façon précise ;  comme tous les états intérieurs,  c’est difficile à attraper. L’intention a à voir avec le but. Sa racine latine est intendere, ce qui implique étirer.

On peut dire que l’intention est de faire grandir, de développer, d’aller vers quelque chose de voulu et de déterminé.

Il y a deux autres activités fondamentales à la pratique bouddhiste qui sont liées à l’intention : l’engagement et le vœu. Regardons comment ces trois choses fonctionnent ensemble.

Intention : les évènements qui se produisent dans ma vie et les réactions que j’ai envers eux me   font penser, ressentir et agir d’une certaine façon.

Engagement : affirmant mon intention, je m’engage à m’y tenir fermement. C’est mon cœur qui prend cet engagement.

Voeu : je m’identifie à mon engagement. Quoiqu’il arrive, vie après vie, c’est à dire dans une perspective plus grande que ce que je pourrais jamais connaître ou imaginer, je fais le vœu de poursuivre cet engagement.

Le sens de cette pratique du vœu n’est pas qu’un jour je vais arriver complètement à accomplir ce que j’ai décidé. Mon vœu va bien au-delà de cela : il signifie poursuivre ma pratique pour toujours.

Dans le Zen, nous appelons ce vœu, le vœu du bodhisattva, pratiquer pour toujours, pour le bien de tous les êtres.   Maître Dogen appelle cela la pratique continue. Dans le zen « pratique » signifie toujours pour et avec les autres.  Il n’y a pas d’autre sorte de pratique.

Le Zen, suivant en cela la grande aspiration du Mahayana, affirme que « tous les êtres ont  la nature de Bouddha »,    ou comme l’interprète Maître Dogen, « tous les êtres sont la nature de Bouddha ». Cela signifie que notre nature humaine est fondamentalement éveillée, pleine de compassion,   et d’amour, et complètement reliée  (à tout ce qui existe).

Mais si c’est vrai, pourquoi la vie  est-elle si difficile ?          

Pourquoi est-ce si difficile de maintenir l’intention vers cette pratique spirituelle, de s’y engager complètement, et de faire le vœu de la poursuivre ?

Pourquoi le monde humain est-il si plein de violence, d’injustices et d’égoïsme si nous sommes tous la nature de Bouddha ?

Dans un court sutra du canon pali, le Bouddha dit : «  L’esprit, O moines, est lumineux. Mais il est couvert par des obscurcissements fortuits venus de l’intérieur ». En d’autres mots, l’esprit, c’est à dire notre conscience, est fondamentalement Bouddha,  (« lumineux »). Toutefois, cette luminosité de l’esprit est recouverte par de mauvaises conditions et l’accumulation de nos réponses erronées à ces conditions à travers le temps. Ainsi, il nous est difficile de « voir » (notre nature lumineuse).

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Lorsque les conditions de notre vie nous amèneront à voir notre propre beauté lumineuse, tout ira bien. Nous ne savons pas exactement quand cela arrivera, mais nous avons confiance en notre pratique. Le chemin est clair – même quand il ne semble pas l’être.                                    

Tout ce que nous faisons dans la pratique bouddhiste a pour but de développer notre intention jusqu’à   ce qu’elle devienne notre vœu, alors notre intention et notre vie ne font plus qu’un.

https://www.lionsroar.com/intention-is-the-practice/

Norman Fischer,

Traduction : Joshin Sensei

(*) Beaucoup de sites pour écouter Om mani padme hum :

par exemple : https://m.youtube.com/watch?v=iG_lNuNUVd4  Plus étrange avec orchestre : https://m.youtube.com/watch?v=z4GYHcJgRcI