hana-matsuri kanpai!-11 - copieNous sous-estimons souvent le fait qu’il est inévitable que nous rencontrions notre résistance en face de la pratique. 

Elle prend plusieurs formes : ne pas vouloir s’asseoir en méditation, ne pas vouloir rester avec ce que nous vivons dans l’instant plus de quelques secondes et passer rapidement à d’autres pensées, portant sur le passé ou le futur ; éviter toute douleur émotionnelle, ou la réprimer ; blâmer les autres, se blâmer soi-même. 

Nous pouvons voir ces résistances dans notre engagement : « C’est trop difficile » « Je ne peux pas le faire » « Je ne suis pas à la hauteur ».

Une autre forme de résistance, plus subtile, est de parler ou de penser à la pratique, plutôt que pratiquer. Cela peut, sans que nous nous en apercevions, remplacer l’effort réel que nous devons fournir pour une vie dans la pratique. Nous résistons à faire face à la vie telle qu’elle est parce que cela nous obligerait à abandonner nos idées sur « comment cela devrait être ».  

liseronC’est la forme la plus primaire de résistance : vouloir que la vie soit autre que ce qu’elle est.  

La plupart du temps, nous ne voulons pas vraiment nous réveiller. Nous voulons rester accrocher à nos croyances et à notre souffrance. Nous avons peur de l’inconnu et nous nous agrippons au connu. 

Nous ne voulons pas lâcher nos illusions même lorsqu’elles nous rendent malheureux. La résistance, c’est l’effort de l’ego pour garder le contrôle. (…)  

Quand nous acceptons de nous confronter à ce qui est, même si nous n’aimons pas notre vie, nous n’éprouvons plus le besoin de lui faire la guerre.  Nous pouvons rencontrer notre résistance frontalement, en remarquant toutes les manœuvres par lesquelles nous évitons le moment présent, ou la pratique : la façon dont nous résistons à ce qui est. 

Comprendre la profondeur de notre résistance est de toute importance pour poursuivre notre pratique.

Une autre forme de résistance est de se cogner contre « la sécheresse » : le moment où nous perdons le lien avec l’aspiration qui nous a fait commencer la pratique.  

Souvent cela se produit lorsque ce que nous attendons de la pratique ne vient pas: quand elle ne nous apporte pas la paix, le calme, la libération de la peur que nous espérions.   

La déception amène la colère, la colère la résistance.

Mais il faut bien comprendre   que vaciller entre résistance et aspiration est le rythme naturel de la pratique et que cette « sécheresse » est la manifes-tation naturelle de ce cycle.  Mais les premières fois où nous nous y heurtons, ça ne nous semble pas naturel du tout. 

Nous pouvons penser que nous sommes en train d’échouer dans notre pratique parce que les pensées qui nous viennent à ce moment là nous semblent des vérités absolues. 

Il est difficile de les voir juste pour ce qu’elles sont – des réactions automatiques aux hauts et bas inévitables de la vie dans la pratique.

Souvent, cette sécheresse est le moment où les étudiants quittent la pratique. 

Mais si nous attendons, nous pouvons commencer à comprendre le cycle naturel de la résistance.         

My Japan BlogLe doute n’est pas un problème en lui même – mais le problème vient de l’identification que nous faisons avec ce « je » qui doute, pensant qu’il est ce que nous sommes vraiment.

Nous pouvons apprendre à accepter, à demeurer dans l’expérience physique de ce doute, dans ce que notre corps ressent à ce moment-là, au lieu de poursuivre dans le train de pensées négatif que nous nous racontons. Ce n’est pas facile, les pensées semblent solides, si convaincantes. 

Thomas Merton l’exprime clairement : 

« L‘amour et la prière véritables s’apprennent au moment où la prière est devenue impossible,  et où le cœur s’est changé en pierre ». 

Ezra Bayda