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B.R. - Parmi les personnes qui montent régulièrement, vous disiez qu'il se trouve des femmes japonaises : avez-vous pu parler avec elles ?

J.B. - Oui, bien sûr. Il faut dire que s'il y a un peu moins de femmes que d'hommes qui montent jusqu'ici, c'est avant tout pour des problèmes de société. Il y a la maison à tenir et les enfants à garder, et ce sont les femmes qui assurent toutes ces nécessités familiales. De ce fait, elles disposent de moins de temps libre et, en particulier, il leur est difficile de se dégager pour un week-end ou pour quelques jours. Beaucoup m'ont dit : "Ah ! J'aimerais bien pouvoir venir plus régulièrement, plus souvent ... Mais, comme vous le savez, la société japonaise est encore très traditionnelle et je dois être à la maison pour m'occuper de mon mari, de mes enfants, de mes parents ... " Je n'irais pas jusqu'à dire que nous avons échangé des confidences, mais, entre femmes, la conversation était spontanément simple, cordiale. Les hommes japonais, c'est autre chose. Déjà ils ne parlent pas volontiers, surtout pas d'eux-mêmes, et encore moins volontiers avec une femme, et d'autant moins si cette femme est une étrangère .

 

 

 

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B.R. - Comment se fait-il que les hommes n'aiment pas parler ?

J.B. - C'est un fait de société. J'irais même jusqu'à dire qu'un homme qui parle beaucoup est en butte à un préjugé défavorable. C'est ainsi dans toute la société et pas seulement chez les moines.

B.R. - Est-ce la raison pour laquelle ils montent dans ce lieu de silence ?

J.B. - Attention ! Il y a silence et silence ! Le silence dont je viens de parler est un fait de société, une pudeur, un poids sociologique, que sais-je. Tandis que le silence monastique, c'est autre chose. Comme je l'ai dit tout à l'heure, il s'agit avant tout d'un silence d'attention. Et cette attention est tournée vers ce que nous faisons il faut éviter de laisser une part de nous-même se disperser dans le bavardage, car nos paroles sont le plus souvent inutiles, raison pour laquelle la tâche que nous sommes en train d'accomplir pendant ce temps-là contribue moins à notre réalisation.

B.R. - Pourtant vous sembliez dire tout à l'heure que la vie dans les monastères s'était quelque peu affadie ...

J.B. - Ce serait vraiment indélicat de critiquer sans nuances tous les monastères ... En tous cas, MORIYAMA Roshi, lui, a voulu revenir au message originel du fondateur de la branche à laquelle nous appartenons, la branche SOTO. Ce fondateur s'appelait DOGEN et il était moine zen au XIIIe siècle. Déjà à son époque, il lui avait semblé nécessaire de revenir à la source pour donner un nouvel élan. Pour cela, il a fait le voyage de Chine et
a passé là-bas quelques années à étudier le Bouddhisme zen auprès des Maîtres chinois, puis il revint au Japon avec l'intention de pratiquer le zen dans la force originelle. Pour cela, il a créé un petit monastère très pauvre, très isolé dans la forêt, sur la côte Est du Japon, c'est-à-dire dans une contrée très froide et un peu désertique. Assez vite, cette nouvelle fondation a connu le succès, elle a grandi en nombre et en importance. Finalement DOGEN fut et reste reconnu comme un Maître, comme le fondateur de l'une des principales branches zen du Japon ... Mais de fil aiguille, les siècles succédant aux siècles, la ferveur première se perd toujours plus ou moins. N'est-ce pas toujours comme cela, lorsqu'un message passe d'une personne à l'autre ?
C'est pourquoi MORIYAMA Roshi, le maître de ce monastère ici, a éprouvé le désir de revenir à la source à son tour. Il a repris le écrits de Maître DOGEN, et il y en a beaucoup. Il s'est attaché à y re-découvrir ce que DOGEN disait des impératifs de base de la vie monastique, ce qu'il conseillait comme horaire ou comme activité etc ... Puis il s'est mis en devoir de les mettre en pratique à la lettre.

B.R. - Une "Réforme" donc, en quelque sorte, pour trouver un parallèle dans notre histoire européenne et chrétienne...

J.B. - Si vous voulez ... Mais il faut bien comprendre que MORIYAMA Roshi n'a jamais voulu tourner son action contre les autres monastères comme s'il avait voulu leur dire : "Voyez ce que nous sommes capables de faire, nous !II. Non. Il s'agit seulement de sa démarche personnelle à lui, MORIYAMA. Il souhaitait s'y consacrer dès le moment ou il s'est fait moine. Mais il ne s'est estimé prêt à pouvoir se lancer qu'au bout d'une vingtaine d'années de pratique assidue à la "maison-mère".

B.R. - C'est donc la démarche originale de MORIYAMA Roshi qui attire les gens ici ?

J.B. - Oui, voilà. Et nous recevons beaucoup d'invités, parce que notre temple se veut résolument tourné vers l'extérieur. Nous considérons que c'est notre mission d'accueillir les laïcs qu'ils soient japonais ou étrangers, hommes ou femmes. Ces gens viennent ici vivre des périodes de retraite dont ils fixent eux-mêmes la durée. A n'importe quel moment de l'année, ils peuvent entrer de plain- pied dans la vie monastique et partager avec nous toutes nos activités. Il n'y a pas de distinction entre les horaires et les activités pratiqué par les moines et ceux pratiqués par les laïcs pas de domaine réservé. Du matin au soir, nous vivons tous en complète communauté. Les mêmes signaux sonores, tintements de cloche, claquements de woodbloks, etc ... règlent nos
journées à tous. Nous mangeons ensemble, nous faisons za-zen ensemble, nous travaillons de nos mains ensemble ... Et je crois que c'est le point capital de notre monastère : que ce soi pour quelques mois, pour une semaine ou seulement un jour de loin en loin, chacune et chacun a la possibilité de venir se retremper dans la vie monastique.

B.R. - Est-ce que cette règle reste égale à elle-même tous les jours de l'année ? Ou est-ce qu'il y a de temps en temps des exceptions, des jours ou des périodes de fête ou de vacances ?

J.B. - Non, non. Notre règle d'or, c'est : "RIEN DE SPECIAL" ! Notre horaire est en vigueur invariablement tous les jours, toute l'année. Nous commençons à quatre heures du matin et nous nous couchons à neuf heures du soir tous les jours, que nous soyons deux ou quinze ou vingt-cinq, que ce soir l'hiver (où nous sommes souvent seuls) ou l'été (où nous recevons beaucoup de monde). Cette rigoureuse régularité est importante, d'une part, pour nous, les moines qui habitons ici, puisque, comme je le disais, elle nous fournit la base de notre pratique originelle grâce à nos méditations régulières, à notre travail manuel régulier, etc ... Et elle est importante, d'autre part, pour les gens qui montent ici, parce qu'elle leur permet d'entrer à n'importe quel moment et de repartir à n'importe quel moment et de revenir quand ils veulent. Ils sont absolument sûrs de retrouver chaque fois, chaque activité dans son même rythme, dans son même mouvement, dans sa même ambiance ... Cette continuité les aide à se retrouver eux-mêmes et ils savent qu'ils peuvent toujours compter sur le monastère.

B.R. "Rien de spécial" ? Cette règle me surprend, moi qui appartiens à une tradition qui attache de l'importance aux fêtes ! Mais je devine qu'elle peut être un instrument d'authenticité de la vie spirituelle, en ce sens qu'elle favorise un cheminement dans le concret de la vie de tous les jours. Elle permet d'échapper à l'impression qu'une démarche spirituelle est une vie étrange qu'on va mener dans des lieux et dans des temps hors du commun...

J.B. - Oui : une vie quotidienne très simple, qui ne comporte ni grandes cérémonies, ni jours fériés. Les activités toutes simples des travaux et des jours : s'occuper du travail manuel, des invités, pratiquer za-zen, chanter les sutras ...Mais vous savez, c'est parfois facile et parfois très difficile. Cela dépend des personnes qui viennent le faire. Est-ce qu'elles viennent pour vivre ici des expériences extraordinaires ? Non, en un certain sens. Si, par exemple, on vous demande ce que vous avez fait pendant les quelques jours que vous avez passés ici, qu'aurez-vous à répondre ? Eh bien, vous vous serez levé avant l'aube, vous aurez médité, vous vous serez lavé, vous aurez mangé et travaillé, balayé, coupé du bois ... participé à la cuisine, que sais-je?... En tous cas vous n'aurez rien fait d'extraordinaire, rien dont vous puissiez vous faire un drapeau à agiter pour vous faire remarquer, rien dont vous puissiez dire: "Voyez les choses extraordinaires que je viens de faire !". Certains pourront en être déçus, mais il leur appartiendra de se demander pourquoi. En effet "rien de spécial", pas d'expérience hors du commun, cela fait partie de la base de la tradition zen. Vous parlez de "vie spirituelle". C'est un terme que nous n'employons jamais dans le zen, nous parlons simplement de vie quotidienne. Quand nous parlons de "Panneau de la voie", cela signifie pour nous que la vie quotidienne se répète comme un cercle sans commencement ni fin.

B.R. - Le symbole du cercle ? Celui que l'on voit si souvent calligraphié sur vos murs ?

J.B. - Oui, nous l'utilisons énormément. Il représente notre souci de ne pas découper notre vie en "début-milieu-fin" mais au contraire de souligner sa continuité. Il en va de même quand vous entrez dans un mouvement ou dans une musique. Si vous y entrez complètement, c'est sans commencement ni fin, à partir du moment où vous y êtes entré.

B.R. - Les gens qui montent ici sont-ils tous des bouddhistes fervents? Y a-t-il aussi des gens en recherche ? Des chrétiens ? Des agnostiques?

J.B. - Nous ne leur posons aucune question quand ils arrivent. Tout ce que nous leur demandons c'est de se plier à l'horaire de la maison qu'ils ne restent pas couchés le matin, même s'ils en ont envie, qu'ils participent à toutes les méditations et, dans la mesure du possible, qu'ils nous aident dans les travaux de la maison. Nous ne cherchons pas forcément à ce qu'ils vivent quelque chose sur un autre plan, c'est-à-dire sur le plan qu'on désigne parfois par le mot de "vie spirituelle". Nous soulignons à chacun l'importance de ce qu'il vit sur le moment, s'il est "présent" ici et maintenant. Alors : bouddhistes ? non-bouddhistes ? ... Les Japonais ne semblent pas attacher beaucoup d'importance aux étiquettes. Quant aux étrangers qui viennent ici, je ne pense pas que beaucoup d'entre eux se diraient bouddhistes, mais tous semblent contents d'être venus et de faire quelques jours de retraite avec nous.

B.R. - D'où viennent ces étrangers ?

J.B. - De partout. Une majorité d'anglo-saxons parce que c'est surtout eux qui voyagent ou qui résident au Japon : Américains, Australiens, etc ... Mais il vient aussi des gens de tous les pays d'Asie ou d'Europe. Le mélange est parfois étonnant. Cet été, nous avons eu en même temps un Danois, un mexicain, deux Anglais, quelqu'un d'Amérique du Sud et quelques Japonais.

B.R. - Comment faites-vous pour être connus de tous ces gens ?

J.B. - Il existe des guides touristiques et des "zen-guides" en japonais et en américain ; il y a des tracts dans différents bureaux de tourisme, à l'aéroport, etc ... mais il y a surtout le "bouche-à-oreille" qui marche très bien et qui est le meilleur moyen.

B.R. - Revenons à "Rien de spécial". Est-ce que vous n'avez pas peur que cela donne à penser qu'il manque chez vous je ne sais quelle dimension de transcendance ? Ou la prière ?

J.B. - Avant de venir au Japon, j'avais fait une retraite de huit jours en France dans un couvent de Carmélites et je me suis aperçue avec surprise que finalement l'horaire qu'elles suivent est exactement le même que l'horaire d'un monastère zen ! L'alternance entre la prière, le travail, les réunions, les repas, etc ... est exactement la même. C'est de la même façon, par exemple, que nous, nous commençons la journée par une méditation et qu'elles commencent la journée par un long temps de prière dans leur chapelle. C'est de la même façon qu'ensuite elles et nous rangeons nos chambres avant le petit déjeuner, que nous commençons le ménage, etc ... C'est exactement le même horaire, vraiment. Cela veut donc bien dire que nous nous retrouvons, même si le vocabulaire est très différent. Encore une fois, dans le zen, nous refusons d'employer des mots autres que concrets, nous nous refusons de parler de transcendance ou de vie spirituelle parce qu'il y a trop de chances pour qu'on ne sache plus très bien de quoi on parle. Nous préférons parler tout simplement d'attention, de concentration, de vie quotidienne. Mais finalement, est-ce qu'il n'y a pas beaucoup de points très semblables ?

B.R. - Mais pour vous, qu'est-ce qui a une dimension sacrée ?

J.B. - Prenons un exemple : on ne parle jamais dans la salle de méditation, on peut donc parler d'espace sacré. Mais si quelqu'un a besoin de parler, il le fait en toute simplicité. Vous voyez ce que je veux dire ? Ce n'est pas du sacré au sens où se serait une interdiction en soi. Il s'agit plutôt de nous adapter aux circonstances : autant que possible personne ne parle, mais si c'est nécessaire, on dira ce qu'on a à dire. Autant que possible on marche lentement pour entrer dans la salle de méditation (ce qui permet déjà à chacun de commencer sa propre méditation ! et de laisser son esprit se désagiter avant de s'asseoir en za-zen !), mais il peut arriver des cas où il devient nécessaire pour quelqu'un de marcher vite, alors il le fait.

B.R. - Notre foi à nous, chrétiens, c'est que c'est par le Seigneur JESUS que le salut arrive dans le monde pour tous les hommes. Or il me semble que vous, bouddhistes, avez aussi une certaine manière de mettre en perspectives vos actions avec un au-delà de ce monde. Par exemple, quand vous vous faites attentifs pendant que vous balayez, tenez la maison, arrangez des fleurs, etc.., vous vous rendez attentifs à un monde intérieur plus secret, un monde qui n'est pas visible alors qu'il est la vocation profonde de tout homme....

J.B. - Je ne sais pas si je m'exprimerais dans les mêmes termes ... Evidemment notre vie n'est pas une vie purement ménagère. Balayer, faire la cuisine avec une attention soutenue dans l'esprit d'un monastère zen, c'est loin d'une vie purement ménagère. C'est avant tout cultiver l'oubli de soi-même et c'est l'une des caractéristiques principales de toute vie monastique, certainement. Ce n'est pas seulement pour soi que chacun le fait, ce n'est pas
non plus seulement pour les gens que nous recevons, c'est ... comment dire ? ... pour DEVENIR UN avec la chose qu'il y a à faire en elle-même ...

B.R. - Que nos mots sont donc fragiles pour exprimer ce genre de réalité !

J.B. - Oui, l'expression est difficile. A part les heures que nous pouvons passer en méditation, qu'est-ce qui fait la différence entre la vie ménagère que nous menons ici et là vie ménagère d'une femme mariée dans sa maison ? Elle aussi ne pense pas seulement à elle-même, elle se consacre à sa famille, elle peut même être tournée vers un don de soi plus vaste encore... Nous, nous nous appuyons sur la notion tout à fait bouddhiste de "non-moi", de "non-personnel", d'effacement. Encore une fois, notre tâche est offerte, mais non pas offerte à une personne ou à quelques personnes ou au petit groupe de personnes qui vivent autour de nous: elle est offerte, un point c'est tout. C'est cela le salut. Enfin ! ce que vous appelleriez, je crois, le salut et que nous appellerions plutôt la REALISATION, ou la PRATIQUE au sens plein de ce mot. A partir du moment où notre tâche est faite pour elle-même, où elle dépasse notre intérêt personnel, où elle dépasse le désir de vouloir la faire pour une personne ou pour un groupe de personnes pour leur faire plaisir, à partir du moment où notre tâche est faite en elle-même spontanément et complètement, alors la Réalisation (le salut) est là. Elle n'est pas au-delà ou à côté, ni au-dessus, ni en-dessous. La Réalisation, le salut, c'est ce moment-là, précisément.

B.R. - Peut-être que vous, bouddhistes, pourriez aider beaucoup d'entre nous, chrétiens, à critiquer les significations et fantasmes trop idéalistes dont nous investissons le mot "salut". Il n'y a aucun intérêt à en faire une réalité transcendantale et loin de ce monde quand on a tellement besoin qu'il soit une réalité concrète de la vie d'aujourd'hui ...

J.B. - Voilà une parole que pourraient répéter tous les moines bouddhistes, je pense !

B.R. - Vous rentrez bientôt en France : est-ce la fin de votre expérience ?

J.B. - Eh ! Je ne considère pas ce que je suis en train de vivre comme une expérience ! Cet engagement est ma vie désormais ! En accord avec ce que mon Maître me demande, je vais ouvrir en France un monastère semblable à celui-ci, un second ZUIGAKU-IN en quelque sorte.

B.R. - Et ZUIGAKU-IN ... cela signifie ?

J.B. - Cela veut dire : "La Grande Montagne de la Fortune Spirituelle".

B.R. - C'est donc une Grande Montagne Spirituelle que vous venez fonder en France ... je m'en réjouis !

 

 

 

 

 

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J.B. - Oh ! Un petit ermitage pour commencer. D'abord un endroit où je puisse poursuivre ma pratique, déjà. Depuis plusieurs années, telle est ma vie quotidienne et je me suis engagée à continuer. Eventuellement, si d'autres personnes viennent me rejoindre, je m'apprête à la partager. J'espère nouer de bons contacts avec les associations zen qui existent déjà en France ou même en Europe. Mais vous savez que le zen et le Bouddhisme répugnent à trop de centralisation. Chacun s'efforce de suivre et de mettre en pratique
l'enseignement qu'il a reçu de son propre Maître. Mon projet et mon souhait : continuer la même vie, le même horaire, les mêmes alternances de méditation et de travail. Mais je serai aussi attentive à me laisser guider par ce qui viendra naturellement, par ce qui s'exprime du lieu, du climat, des gens qui viendront. La France n'est pas le Japon. Je n'ai pas d'autre projet que de transmettre et vivre ce que j'ai reçu de mon Maître.

B.R. - Il me reste à vous remercier. Je suis très touché de l'atmosphère de paix et de tranquillité de votre monastère : il règne une sorte de lumière non seulement là-haut, à la cime des arbres, mais sur vos visages à tous ici. Je souhaite qu'une même lumière vous environne en France.

J.B. - Je trouve bien que les mots qui vous viennent à l'esprit soient : paix et
tranquillité. C'est précisément ce que nous cherchons : rien de spécial, pour le dire encore une fois, rien d'exotique ni d'extatique, pas de moments spéciaux qui nous arracheraient à l'existence. Mais simplement revenir à soi-même, à cette paix intérieure qui est toujours présente, jusqu'à ce que nous y soyons si bien enracinés qu'il n'y ait plus de tourbillons ni pour ceux qui vivent dans l'ermitage, ni pour ceux qui vivent dans la grande ville.

 

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