En vrac : gathas, haïkus, le sourire de zazen. Sur les vidéos de D. Loy. La cuisine de Zuigakuin

0E5525B2-5785-4480-AA8F-D9895A3E6872Le sourire de Zazen

Lorsque la maison était remplie, remplie, il ne restait plus qu’une seule place pour s’asseoir en silence, pour zazen : dans la chambre, devant la statue de Bouddha. 

C’est une petite statue de bois peinte en noir. A la lumière de la bougie, dans le froid de la nuit, un jour ce Bouddha a souri. 

Un sourire d’une joie immense, qui remplit le cœur ! 

Et j’ai souri aussi. Depuis je souris toujours en Zazen, et depuis ce sourire, mon visage se détend, ma tête se détend, et tout mon corps se détend, et au-delà… de proche en proche quelque chose se relâche et s’apaise, dans la joie la plus limpide.

C’est le sourire de Zazen.

Gasshô souriant du fond du cœur.  

Danielle Chôkan

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Haïkus zen

Au loin la maison
sortant de la cheminée
la pleine lune
Patrick

Devant le temple
nos chaussures alignées
-retentit le gong

Patrick

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Suite des videos enregistrées  : par Joshin Sensei sur un texte de « Guérir la Terre » de David Loy. 

Commentaires et réponses reçues :

– Comment en tant que pratiquant.e bouddhiste ne pas souhaiter d’arrêter de détruire la terre ? 

– Il faut écouter David Loy, qui nous invite, non pas à retourner à la nature puisque nous y sommes déjà, mais à nous éveiller collectivement en nous tournant vers le cosmos comme nous nous tournons vers nous-même, à nous laisser traverser par lui pour mieux réaliser cette non-séparation de l’humanité avec la biosphère. 

– Aller vers cette écologie qui nous guérit , et qui guérit la terre…

– C’est très très beau en effet, c’est avec un sourire heureux tout naturel que je vous écoute si joyeuse nous raconter quelque chose d’extraordinaire, et sérieux (triste ?! néanmoins) 

    • – Puisque nous sommes une construction du sens individuel du moi, et du sens collectif du moi ! et il fallait oser le proclamer, alors que les textes bouddhistes, les enseignements… nous l’expliquent clairement !…

– Alors pratiquons, avec joie (et la tristesse aussi) en déconstruisant, en prenant au pied de la lettre, en vivant l’expérience des 4 Voeux, les 4 Nobles Vérités, les 3 Trésors Précieux… afin de réaliser la non séparation au moins, que nous puissions recevoir la beauté de l’univers dont nous faisons partie intégrante !

– En vous écoutant, J’ai le sentiment de retrouver du bon sens 🙂

https://link.infini.fr/guerir1   

https://link.infini.fr/guerir2

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Good food from a Japanese temple4ABDEA1F-EBC8-497A-82F5-627025EEA2B0

Oui c’est en anglais, mais très accessible. 

C’est LE livre avec lequel j’ai appris la cuisine japonaise (cuisine végétarienne, cuisine de temple)  à Zuigakuin. 

Mon exemplaire est taché de shoyou et de miso,  plein de grains de riz collés, rempli de notes et d’appréciations qui vont de « raté ! » à « simple et délicieux »…
Simple oui, la cuisine de Zuigakuin, et certes pas aussi élégante, de loin, que les photos de ce livre, mais l’inspiration était là,    avec des explications claires et des photos pour rêver. 

Un cadeau de Noël… 

Joshin Sensei

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Et aussi dans les Carnets de la Sangha, ce mois-ci : « Livres de Noël »,

http://larbredeleveil.org/daishin/lespritvaste/2019/10/22/les-carnets-de-la-sangha/

Offrir un livre en cadeau, ou vous l’offrir : petit panorama (subjectif) des textes classiques ou contemporains et des beaux livres.

Joshin Sensei

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Daishin n°278 – Décembre 2021

1D62833E-F57A-4616-952C-54CBF4E65B9CDécembre, pour nous qui suivons la Voie du Bouddha c’est d’abord « Jodo-E » le 8 décembre, la commémoration de l’Illumination du Bouddha sous l’Arbre de l’Eveil.

Bienvenue dans la Sangha : Pascal Seifu Isshin

La décision de Siddharta, ses rencontres, Mara, la nuit de l’Eveil et l’étoile du matin… « Lors de son Eveil, le Bouddha perçut la présence de plusieurs êtres dans son propre corps : des vies organiques et inorganiques, des minéraux, des mousses, des herbes, des insectes, des animaux et aussi des humains. Il vit qu’au même instant d’autres êtres le contenaient également et eut la vision de ses propres vies passées, de toutes ses naissances et de toutes ses morts… »

Vous trouverez « L’Illumination du Bouddha » d’après la page de blog de Joshin Sensei dans les Carnets de la Sangha sur ce site : http://larbredeleveil.org/daishin/lespritvaste/2019/10/22/les-carnets-de-la-sangha/

Sommaire :

Planning et Uposatha

Noël et la Voie du Bouddha  Joshin Sensei

Donner avec joie : Karen Maezen Miller, Judy Lief, Jan Chozen Bays

En vrac : Gathas, Haikus. Sourire de zazen. Sur les vidéos de D. Loy. La cuisine de Zuigakuin.

Illustrations : Bangkok Souyth China Morning Post, patheos, The Grizzly Growl, vector toons ; Atlasobscura. 

Merci à Françoise pour les traductions.

 

 

Noël et la Voie du Bouddha

1D62833E-F57A-4616-952C-54CBF4E65B9CNoël et la Voie du Bouddha : au-delà des croyances, au-delà de circonstances, un moment pour sourire, pour partager, pour se réjouir de la joie des autres, ou pour apporter un peu de soulage-ment à ceux pour qui c’est un moment difficile.
Une occasion aussi de réfléchir à ce que nous donnons, comment nous le donnons.
Réfléchir au juste « assez », si difficile à tenir en cette période. Oui ,nous avons envie de faire plaisir, et parfois nous nous laissons emporter par tout ce qui nous est présenté, 

Et puis donner aussi à ceux qui ne nous sont pas proches, à ceux   qui auront peu, ou rien : la générosité et le don, que ce soit personnel ou dans le cadre d’une ONG, c’est une part de notre pratique : ouvrir le coeur, voir au-delà des proches, voir chaque personne comme notre famille, ou notre ami.e, c’est là la compréhension de notre vœu de bodhisattva.

Enfin, que manger, que boire… ? Partager ce qui est offert pour ne pas se différencier, savoir refuser avec un sourire, expliquer et faire entendre les raisons de certains refus… pas facile, à chacun.e de trouver le moment juste, les paroles justes, l’attitude juste. Comme les cordes d’une cithare : trop rigides, elles risquent de craquer, blessant la personne qui en joue, ou les spectateurs ; trop lâches, le son est mauvais, la musique n’éveille rien dans les coeurs…

Alors un Noël sans se laisser emporter, et en même temps, présent à la joie  pour tous les autres, et pour soi également ! 

Donner avec joie : trois textes

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1. Une œuvre d’art en macaronis

J’avais supplié mon père de m’emmener au magasin. C’était la veille de Noël et je n’avais rien à offrir à ma mère, mis à part un bricolage fabriqué à l’école –un tableau en macaronis peints. La honte. 

Même en maternelle, je savais que ce n’était pas un vrai cadeau. Ce n’était pas assez bien. Qui aurait voulu recevoir une chose pareille ?             

Quand j’y repense, je ressens encore tout le jugement et la honte de l’enfant de cinq ans que j’étais.                           

Mon père m’a emmenée au magasin du coin, et j’ai cassé ma tirelire pour acheter un set de sous-verres en plastique.

Un jour où ma mère nettoyait sous mon lit, elle a trouvé le tableau en macaronis que j’y avais dissimulé. 

Elle me l’a montré avec un air interrogateur. Aujourd’hui, je sais ce qu’elle a ressenti, ce brusque élan de tendresse pour son enfant blessé et son cœur brisé. 

AD5A5FC7-0590-4CF5-8B39-5379C9C4B806Les dons les plus profonds sont ceux qui ne répondent à aucune norme. Ils n’ont rien de formidable ni de grandiose.        

Au contraire, ils sont sans grand intérêt et ordinaires. Parfois, ils ressemblent davantage à des échecs qu’à des cadeaux.        

Mais peu importe : ils portent en eux l’essence précieuse de     la vraie nature de la vie, à savoir l’amour. 

« Entre la personne qui donne, la personne qui reçoit et la chose donnée, il n’y a pas de séparation ». 

Cet enseignement du Zen nous dit que la générosité va au-delà des apparences. Il n’y a rien qui nous sépare, rien qui définisse la substance d’un don. Tout est vide et parfait tel qu’il est. Nous pratiquons cette vérité en donnant ce que nous pouvons à chaque fois que les circonstances le demandent et en recevant ce qui est donné lorsque les circonstances nous l’offrent. 

Lorsque nous donnons et recevons de tout notre cœur, sans jugement, la séparation est transcendée. La mesquinerie est surmontée et l’avidité disparaît. 

Nous en venons à voir que tout nous est déjà donné. Tout ce qu’il reste à faire est de le partager.

« J’aime beaucoup », a dit ma mère. Et c’était vrai.

Karen Maezen Miller

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2. Une immense embrassade 

La pratique de la générosité peut sembler simple –cela consiste à apprendre à donner– mais c’est le terrain qui permet à la discipline, à la patience, à l’effort, à la méditation et à la sagesse de s’épanouir. C’est lui qui permet à cette attitude fondamentale de magnanimité, caractéristique déterminante de la Voie du Bodhisattva, de s’établir.

Le mot « magnanime », comme le terme sanscrit « mahatma », désigne la « grandeur d’âme ». Avec la magnanimité, votre regard et votre cœur ne sont pas étriqués, mais riches et spacieux. Il y a de la place pour tout le monde.

Un jour, j’ai eu l’occasion de visiter un temple « aux mille statues de Bouddha ».  Parmi toutes ces représentations, celle qui m’a le plus évoqué la générosité était un Bouddha très potelé étreignant des ribambelles d’enfants qui chahutaient sur lui. Riant de joie, il avait su conserver un sentiment de paix au milieu de leur chaos. Au lieu de chasser les enfants parce qu’il avait des choses plus importantes à faire, il les avait rassemblés dans une immense embrassade.                                  Il rayonnait d’amour, de bonheur et d’acceptation.

La générosité désigne précisément ce genre de don naturel et facile. Mais pour y arriver, il faut un peu d’efforts et de réflexion. 

Cultiver la générosité nécessite en effet de comprendre les  obstacles mentaux qui nous freinent.

Un premier obstacle est le doute, le fait de douter de soi. Il arrive que nous sous-estimions nos propres capacités et doutions que nous ayons tant à offrir. 

Un autre obstacle réside dans la mesquinerie. Nous avons peut-être beaucoup de ressources, mais au fond de nous-même, nous avons peur d’en lâcher ne fût-ce qu’une petite partie.

La générosité se fonde sur l’interconnexion, sur le fait de tourner le regard vers l’extérieur, d’observer un besoin et d’y répondre. 

Un troisième obstacle est donc l’auto-absorption, le fait d’être aveugle à ce qui se passe autour de vous. 

La générosité a le pouvoir de briser de tels obstacles, et elle est à notre disposition à tous. 

Le sentiment d’abondance qui permet à la générosité de s’épanouir ne dépend pas de facteurs externes comme l’aisance matérielle ou le statut social (à vrai dire, des études ont montré que le degré de philanthropie des Américains les plus riches est inférieur de moitié à celui des plus pauvres). 

Peu importe que nous soyons pauvres ou riches, nous avons tous quelque chose à offrir. Et lorsque nous lâchons notre attachement et tendons la main vers les autres, nous constatons que nous avons nous-mêmes beaucoup de chance. 

Notre esprit étroit, si aliénant et désagréable, se détend soudainement, et nous sommes propulsés dans une perception plus large et plus inspirée du monde et de nos propres capacités. Nous n’avons plus le sentiment que quelque chose nous est enlevé, mais nous constatons que, plus nous donnons, plus nous nous sentons riches.

Judy Lief

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3. Nous savons naturellement quoi donner.

Le Bouddha a dit : « Si les êtres connaissaient, comme je les connais, les résultats du don et du partage (…) même s’il s’agissait de leur dernière bouchée, ils ne mangeraient pas sans avoir partagé, s’il y avait quelqu’un avec qui partager leur don ».

Mais nous ne pouvons pas nous forcer à être généreux.                        La vraie générosité vient d’un endroit plus profond que le simple acquiescement à cette exhortation du Bouddha. La générosité, comme tous les aspects de notre nature éveillée, sommeille en partie en nous –occultée par les inévitables blessures, devoirs et soucis de nos vies humaines bien remplies.

Lorsque des personnes font une retraite silencieuse, leurs esprits s’apaisent, leurs cœurs se détendent et leurs visages retrouvent le rayonnement innocent de l’enfance. 

VectorToonsSouvent, quand cela se produit, elles viennent me voir en larmes, disant : « Je ressens une gratitude immense pour le simple fait d’être en vie. Tant de choses m’ont été, me sont données, tout le temps ».

Lorsque nous méditons et calmons notre esprit, notre regard sur la vraie nature de notre vie s’approfondit et nous voyons son interconnexion.     

Cela met au jour un abîme de gratitude en nous.

Pouvons-nous ouvrir la perception de notre esprit et explorer ce qui nous est donné en cet instant précis ? Nous remarquons notre souffle. Qu’est-ce qui nous est donné dans ce souffle ? L’air et le corps qui respire. Nous ne pouvons pas fabriquer de l’air. Nous ne pouvons pas construire et gérer nous-mêmes ce corps  si incroyablement complexe. 

Nous remarquons la pression du coussin sous notre siège. Nous recevons son soutien ferme. Nous remarquons le contact des vêtements sur notre peau. Nous voyons les personnes qui ont planté, désherbé et récolté le coton, qui ont tissé la toile, qui l’ont coupée et cousue, emballée et expédiée, qui ont conduit les camions, qui ont ouvert les portes des cabines d’essayage, qui ont reçu notre paiement. 

Nous nous rendons compte que l’énergie vitale de nombreuses personnes nous enveloppe et nous réchauffe sous la forme de cette chemise, de ce pantalon.

Nous ne nous faisons pas nous-mêmes. Nous sommes faits des ingrédients bruts du soleil, de la terre et de l’eau, façonnés dans la pulpe des végétaux et la chair des animaux, façonnés dans notre vie. 

Notre vie est un seul grand don, reçu d’êtres innombrables. Quand nous voyons vraiment cela, la gratitude surgit naturellement, tout comme la question : 

« Comment puis-je payer de retour les nombreux êtres qui me donnent continuellement ? »

Existe-t-il un don que nous puissions offrir à n’importe qui,  n’importe où, n’importe quand ? Le plus grand don est le don du Dharma, le don de la libération de la souffrance. 

Qui ne recevrait pas ce cadeau avec plaisir ?                             Nous nous offrons d’abord ce don à nous-mêmes, en l’étudiant et en le pratiquant, en transformant notre propre souffrance en davantage d’aisance et de bonheur.                   

Ce faisant, nous transmettons ce don à tous ceux que nous rencontrons. Il peut prendre la forme d’un sourire pour la caissière de l’épicerie toujours irritée par les paroles d’un client en colère, d’une barre énergéti-que et d’un regard dans les yeux du sans-abri qui attend d’être enfin vu au pied du feu rouge, d’un câlin pour notre enfant victime de brimades,du refus de bombarder un ennemi lointain.F2D388B5-6032-40B6-B7A3-350348F31F73

Nous savons naturellement quoi donner. Nous n’avons pas à travailler pour faire apparaître la générosité.                           Nous devons tout simplement pratiquer profondément.               La générosité véritable et authentique est le résultat naturel de la pratique.

Jan Chozen Bays Extraits de Lion’s Roar, décembre 2018  

Traduction : Françoise

Planning et Uposatha

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Joshin Sensei :
– Paris : samedi 4 Décembre :
https://www.nousasseoirensemble.org/planning

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Jôkei Sensei à La Demeure sans Limites :
-du samedi 4 au mercredi 8 : Retraite de l’Eveil du Bouddha « Rohatsu ».
-du jeudi 23 au dim. 26 : Retraite de Noël.
https://www.larbredeleveil.org/lademeuresanslimites/programmes-de-la-demeure-sans-limites/2021-12/

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Retraite de fin d’année :
avec Joshin Sensei et Jokei Sensei : pour commencer l’année avec un coeur tranquille : du merc. 29 déc. (16h) au dim. 2 janvier (11h) à Chantebise, Saou (26) : Infos, inscriptions, etc :
joshinsensei[@]larbredeleveil.org

YouTube avec Joshin Sensei. Dates et horaires, lien, etc : www.nousasseoirensemble.org/

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Uposatha :
Venez nous rejoindre, et découvrir les fleurs
Lune nouvelle :Samedi 4, Pleine lune : Dimanche 19,
de fin d’année : https://framadate.org/ QTZ1a6KyQm33nAgl

Le Bouddha et Mara

h2p-allione-4 copieY a-t-il une autre façon de les voir que comme ennemis ?

Voici la réponse de Thich Nath Hanh :

Bouddha était dans sa grotte, et Ananda, son assistant, se tenait dehors près de la porte. Soudain, Ananda vit arriver Mara . Il en fut surpris, et souhaita immédiatement que Mara s’en aille. Mais Mara marche tout droit vers Ananda et lui demande de l’annoncer au Bouddha.

Ananda lui demande : « Pourquoi es-tu venu ? Tu ne te souviens pas qu’autrefois tu as été vaincu par Bouddha sous l’Arbre de l’Eveil ? N’as-tu pas honte de venir ? Va-t’en ! Le Bouddha ne te verra pas. Tu es le mal. Tu es son ennemi ».

En entendant cela, Mara se mit à rire. « Tu es en train de dire que le Bouddha a des ennemis » ?

Ananda fut très embarrassé.

Il savait que son maître n’avait jamais dit qu’il avait des ennemis. Ananda se sentit vaincu, et il alla annoncer la visite de Mara au Bouddha, en souhaitant que le Bouddha dise : « Dis-lui que je ne suis pas là. Dis-lui que je suis en réunion ».

Mais le Bouddha se réjouit en apprenant que Mara, son vieil ami, était venu lui rendre visite. « C’est vrai ? Il est vraiment ici ? » dit le Bouddha, et il alla en personne accueillir Mara.

Ananda était bouleversé.

Le Bouddha alla directement vers Mara, s’inclina devant lui et lui prit les mains (ses mains) de la manière la plus affectueuse.

Le Bouddha a dit : « Bonjour ! Comment vas-tu ? Tout va bien ? »

postraditionnalbuddhismMara ne répondit pas.

Alors, le Bouddha l’emmena dans la grotte, lui offrit un siège et demanda à Ananda de faire du thé pour eux deux.

« Je peux faire du thé pour mon maître cent fois par jour, mais faire du thé pour Mara ne me donne aucun plaisir » pensait Ananda. Mais puisque cette demande lui avait été faite par son maître, comment pouvait-il refuser ?

Ananda est donc allé préparer un thé pour le Bouddha et son invité, mais tout en faisant cela, il essaya d’écouter la conversation.

Le Bouddha répéta chaleureusement :

« Comment vas-tu ? Comment vont les choses pour toi ? »

Mara répondit :

« Les choses ne vont pas du tout bien. Je suis fatigué d’être un Mara. Je veux être autre chose. »

Ananda prit peur.

Mara continua :

« Être un Mara n’est pas facile. Si vous parlez, vous devez le faire de manière énigmatique, vous devez avoir l’air rusé et méchant. J’en ai marre de tout ça. Mais ce que je ne supporte pas, ce sont mes étudiants. Maintenant, ils parlent de justice sociale, d’égalité, de libération, de nondualité, de non-violence, tout ça. J’en ai assez ! Je pense que je ferais mieux de vous transmettre tout ça. Je veux être autre chose »

Ananda frissonna, craignant que le maître accepte de prendre son rôle.

Mara deviendrait le Bouddha et le Bouddha serait Mara. Une idée pareille l’attristait complètement.

Le Bouddha écouta attentivement et plaignit Mara. Finalement, il a dit d’une voix sereine :

« Tu penses vraiment qu’il est agréable d’être un Bouddha ? Tu ne sais pas ce que mes disciples m’ont fait ! Ils mettent dans ma bouche des mots que je n’ai jamais prononcés ; Ils construisent des temples ostentatoires et mettent des statues de moi sur les autels pour obtenir des bananes, des oranges et du riz sucré juste pour eux. Et ils me vendent et font de mon enseignement un article de commerce.

Mara, si tu savais ce que c’est que d’être un Bouddha, je suis sûr que tu ne voudrais pas en être un ».

Et le Bouddha récita un grand verset résumant la conversation.

Thich Nath Hanh La paix, un art, une pratique

木魚 « Dédier les mérites » ?

Qu’est-ce que cela fait exactement ?

Question :
Nous sommes encouragés à dédier les mérites de notre pratique à tous les êtres. C’est une belle idée, mais quel effet, le cas échéant, a-t-elle vraiment ? Et peut-on offrir quelque chose que l’on n’est même pas sûr d’avoir ?

Jetsunma Tenzin Palmo :
Dans les pays de tradition bouddhiste, le concept de punya a toujours joué un rôle important.
Habituellement traduit par « mérite » ou même par « bonté », punya désigne les résultats karmiques positifs de bonnes intentions et actions.

Cette croyance dans le pouvoir des actions méritoires est perçue comme une force éthique qui peut être dirigée vers n’importe quel objet choisi. Les gens se sont donc mis à « accumuler les mérites » et à s’en réjouir ; les mérites sont alors dédiés à autrui et ainsi partagés.
Cela nous encourage à accomplir des actes de bonté comme pratiquer la générosité et la gentillesse. Nous pouvons également nous réjouir des actes généreux que nous voyons les autres accomplir et les partager.

Bouddha boisAu début de la pratique formelle, nous prenons refuge dans les Trois Trésors et ensuite, dans les traditions Mahayana, nous récitons les vœux du Bodhisattva et nous nous rappelons que nous nous engageons dans cette pratique non seulement pour notre propre bien, mais pour le bien de tous les êtres. En d’autres termes, nous avons réglé notre GPS spirituel sur « l’illumination pour tous ».
Puis, à la fin de la pratique de ce jour-là, nous nous souvenons à nouveau de notre but en dédiant toute la bonté accumulée au bien-être et au bonheur de tous les êtres -ou à toute la planète et au-delà.

Ce sont des entraînements à la Bodhicitta, qui nous rappellent que notre pratique a un sens qui ne se limite pas à notre seul bénéfice. Même l’effort de pratiquer plutôt que de regarder la télévision ou jouer sur l’ordinateur est une bonne chose, et nous pouvons en ressentir de la satisfaction et de la joie, et souhaiter partager cette bonté essentielle avec autrui.
Nous pouvons dédier ces mérites, que nous comprenions ou non toute cette mécanique. Lancez-vous. Il y a tant de choses que notre esprit rationnel ne peut percevoir. Conservons un sens du mystère et ne soyons pas étroits et matérialistes.

Chemin herbeLe Dharma va au-delà de notre pensée conceptuelle. Ce n’est pas seulement une « belle idée », c’est aussi très pratique -le monde a cruellement besoin de bonté et d’énergie positive. Les pensées ont du pouvoir. Les prières et les aspirations ont de la force. Presque tout le monde ressent une atmosphère particulière en visitant des lieux sacrés tels que Bodhgaya ou Assise, malgré le chaos apparent ou l’aspect mercantile.
Des siècles de dévotion, de pensées tournées vers le sacré, y ont créé une énergie spirituelle palpable. De même, nous ressentons spontanément une profonde tristesse et une pesanteur lorsque nous visitons Auschwitz ou Dachau.
Nous nageons dans un océan de formes de pensée mais, comme les poissons dans l’eau, nous ne sommes pas conscients de notre propre environnement psychique.

Si nous pouvions le voir, nous saurions que la pollution psychique qui entoure cette planète est beaucoup plus dense que la pollution physique. Il y a tant de colère, d’avidité, de jalousie, de peur et de négativité générale dans la société, et tout cela est cultivé et célébré dans les médias.

Dans cette obscurité, nous avons besoin de lumière. Dédier notre énergie positive aide à rétablir l’équilibre et à apporter une appréciation joyeuse dans une situation apparemment désespérée. Goutte après goutte, le vase se remplit. Donc, par les mérites de cette pratique, puissent tous les êtres être heureux et exempts de souffrance !

Jetsunma Tenzin Palmo, Buddhadharma Traduction : Françoise
(Suite en novembre).

Un nouveau site pour La Demeure sans Limites :

kannon petiteTout beau, tout neuf : plus clair, plus lisible, plus de photos et de videos ; en plus des dates et du planning de La Demeure sans Limites, de Jôkei Sensei et de Joshin Sensei, vous trouverez des lectures, (textes de la Vie, des conférences, etc), des enseignements d’enseignants contemporains, et aussi les e-books ( » Flip-books », à lire sur tous supports) faits avec la Sangha de La Demeure sans Limites.
Vous pourrez aussi réagir et nous écrire, ou réserver directement votre séjour.

Les actualités du temple, de Joshin Sensei, des zendos.
Des liens vers d’autres sites qui nous semblent intéressants à partager.

Vous pourrez aussi réagir et nous écrire, ou réserver directement votre séjour. Tout devrait être prêt au 1er Avril.                   

Voici sa nouvelle adresse : www.larbredeleveil.org/lademeuresanslimites

Nous avons aussi créé une page Facebook dont voici l’adresse : https://www.facebook.com/pg/Lademeuresanslimites/

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Daishin n°242 – septembre 2018
Transmission 1  
Daishin n°241 – été 2018

Montagne brume

Daishin n°240 – juin 2018

Offrandes Temple Inde

Daishin n°239 – mai 2018
Kannon petite
Daishin n° 238 – Avril 2018
avalokiteshvara
Daishin n°237 – mars 2018
katannuta-myanmar
Daishin n°236 – Février 2018

parinirvana

Daishin n°235 – janvier 2018: Commencer l’année dans la joie
namasteNamaste
Daishin n°234 : des ancêtres nonnes, une tasse de thé remplie par l’univers…
nirvana
Daishin n°233 : une réflexion sur cette vie rare et précieuse.

kSaNa -chaque instant

Daishin n°232 : Suite du numéro 231 sur Manger quoi ? manger comment ?
non-violence
Daishin n°231 : un numéro sur Manger quoi ? manger comment ?
karuna
Daishin n°230 : un numéro sur les addictions
mettasoupDaishin n° 229 : un numéro sur le silence
enfantsmoines
Daishin n°228 : un numéro sur le jardin
bouddha
Daishin n°227 : anniversaire de la mort de Moriyama Roshiautel
Daishin n°226 : un numéro sur l’écologiebouddhas-plantes
DAISHIN N°225 – Le parinirvana du Bouddha
parinirvana
DAISHIN N°224 – Un numéro pour une année légère

semerveiller-small

DAISHIN N°223 – Un numéro sur l’éveil du Bouddha

arbre-dore

DAISHIN N°222 – Metta – Blanche Zenkei Hartman (2)

jizo-orange

DAISHIN N°221 – Spécial Blanche Zenkei Hartman

DAISHIN N°220 – Om Mani Padme Hum

Om Mani Padme Um

DAISHIN N°219 – LA JOIE
mudita