Vous en êtes où, de votre pratique ?

Rizieres-6 copieLuc, qui pratique depuis longtemps à La Demeure sans Limites a décidé cet été d’y venir faire deux semaines de retraite dans l’ermitage, et d’y venir depuis chez lui (Alsace) en vélo…

Voici ses notes de ce voyage, et de cette retraite.

« Alors !!… Vous en êtes où de votre pratique ?… »

Silence !!… Grand silence !
L’attention, le lâcher prise, se tourner vers l’extérieur.

Libéré de mes obligations professionnelles ; voulant faire le grand ménage dans mes méninges, voulant voyager autrement, j’échafaude le plan de rejoindre La Demeure Sans Limites à vélo pour y faire une retraite à l’ermitage de 15 jours.
Les préparations vont bon train et le vélo tape du rayon dans l’écurie.

« Ma pratique !
Oui ! Je verrai ça plus tard » (voix intérieure)

« Et si vous êtes renversé là par un camion et que c’est votre dernière expiration !… Votre pratique où est-elle ? »

Silence !!!… Grand silence !
Ça y est, c’est le grand jour.
J’ai encore un courrier à poster et je vais pouvoir partir.
« Je sais bien que c’est maintenant qu’il faut que j’étudie, demain il sera trop tard ».

C’est parti… je roule !!…
Je passe par Eschau, le village de Marguerite, la grand mère de mes enfants. Sa maison est sur ma route. Tiens ! Elle est dans la cour. « Bonjour Marguerite ».

« Bonjour Luc, quelle bonne surprise ». Elle m’invite à partager son repas. J’ai un temps d’hésitation, avec le retard que j’ai déjà pris…
Mais l’occasion est trop belle, j’accepte ; nous voilà à déjeuner et à discuter ensemble.

Je lui expose mon intention, elle en est ravie. Elle connaît La Demeure Sans Limites, nous en avons déjà souvent parlé.
Par la revue La Vie elle a eu l’occasion de lire des textes de Jôshin L. Bachoux Sensei ; je lui avais aussi offert deux de ses livres. Elle aime bien en lire un chapitre le soir avant de se coucher.

Déjà 15h… Vite, je repars.
Je ne vais pas pouvoir faire les 70 km comme prévu. Le temps tourne à l’orage. Je n’ai aucune idée d’où je vais planter la tente.

Je roule le long du canal du Rhône au Rhin ; à l’entrée d’un village, il y a un petit port avec un espace plat où je peux bien m’installer. Il y a des tables et des bancs et même de l’eau courante. Vite, monter la tente, me faire à manger et me coucher. L’orage se déchaîne.
« Comme c’est, c’est parfait ».

J’étais parti pour faire 700 km, j’en ai fait 808. Au début, je n’avais en tête que l’idée d’avancer. Me tourner vers l’extérieur, ouvrir les yeux.

À l’écluse N°6, je passe comme une fusée, mais j’aperçois tout de même un banc à l’ombre des arbres avec une thermos et des gobelets mis à disposition. Le temps que mon cerveau analyse et comprenne que c’est l’écluse de la bienveillance, j’étais déjà loin.

« Et votre pratique ! Vous en êtes où ?… »
Pouvoir s’arrêter de courir. Pouvoir recevoir, rien de plus simple « normalement ».

Je me suis efforcé « sans effort » d’être plus attentif à m’arrêter et à recevoir ce qui m’était offert sur mon trajet : un sourire, un signe de la main, une parole, un verre d’eau.

Kaku-13 copieLes jours passent et les kilomètres défilent, je suis bien. Présent dans mes rencontres, présent dans le jeu des nuages et du soleil, présent dans mes haltes et mes repas, présent dans la planification de l’étape du lendemain. Les roues tournent, le cœur s’allège, une communion s’installe.
Serait-ce la « pratique » ?

Le 8ème jour, je revois mon tracé. Je voulais monter sur le plateau ardéchois à partir de Givors, mais le chemin que j’avais planifié me semblait hasardeux. Je suis tout de même un peu fatigué, et la sagesse me dit de passer le long du Rhône jusqu’à Tournon et de monter sur Saint Agrève par la nationale, le chemin sera plus simple et je n’aurai pas trop à me soucier de l’itinéraire.

Dernière étape ; début ou fin, devant ou derrière, apprécier le moment présent.

J’avais pesé l’ensemble roulant au départ, les aiguilles de la balance indiquaient 120 kg moi compris. Déjà sur le plat, il fallait bien bouger les jambes, alors pour la montée… !
Mes sacoches étaient bien pleines, elles me font penser à mon karma. Je ne peux que l’accepter ou tout rejeter.
« Juste équilibre. »
850 m de dénivelé sur un peu plus de 40km.

Au café de Lamastre je m’accorde une pause, un diabolo menthe et une glace chocolat pistache et puis GO pour la dernière montée !

« Ici et maintenant »
Difficile de se trouver ailleurs…

Vitesse de pointe 6km/h avec une consommation d’eau de 1l à l’heure. Les escargots me dépassent en me faisant le V de victoire avec leurs antennes.
Ça n’en finit plus…
« Comme dans zazen ».

Et puis ding !! Saint Agrève !
La Demeure Sans Limites, bienveillance, accueil chaleureux, un repas, une douche, un couchage.
Quelques jours pour prendre le rythme et début de l’ermitage.

Horaires précis, temps de zazen, temps d’étude, temps de samou (travail), temps de pause.
Encore plus dans la « pratique »
Ouverture du cœur.

Le temps est capricieux,
les températures me rappellent que l’on est en montagne, l’humidité ne veut pas sortir du bois.
Au moindre rayon de soleil, comme un lézard, je me précipite dans sa chaleur. Ce temps me permet d’être plus centré sur « l’étude » et de moins m’éparpiller, une bonne chose, alors, qu’il ne fasse pas trop beau !
Oh ! Une bouillotte. Réconfort, « pratique » réchauffée, partagée…

LDSL 2018 (55) copieInstallé en hauteur dans une forêt de pins, relié au temple par un petit chemin. Ma « pratique » se renforce. Ignorance, avidité, colère… sont restées coincées dans la vallée. Emmailloté dans la « pratique », la lumière du Dharma m’inonde.

Tous les matins je descends au temple par le petit chemin de pierres, il change d’aspect tous les jours, sans changer, il est là.Conscient de l’impermanence de mon esprit, du regard que je porte sur les « choses », j’apprécie les métamorphoses du petit chemin.Je pourrais le faire mille fois, il me semblerait chaque fois différent. Il m’arrive de le faire et ne pas m’en rendre compte de l’avoir fait.

Don : reconnaissance à la Sangha.

« Doan » (*) : offrir le son « juste », la note en pleine conscience, harmonie, partage, attention. Un pas de côté, le son est parti, impossible de le rattraper. Comme devant un miroir les instruments de musique me renvoient mon image. Indulgent, confiant, sincère, souriant.

Les repas sont déposés à heures fixes au pied d’un pin.
Partage, offrande, gratitude.
Les jours passent et ne se ressemblent pas.
Impermanence, renouveau, surprise, sourires.
Tiens !! Un vase orné de belles fleurs.

Tout est là, à portée de main, être éveillé, voir et accepter les « choses », ne pas les manquer, ne pas les chercher. Elles apparaissent et aussitôt disparaissent. Être attentif sans y déployer toute son énergie.

Reconnaissance, remerciement, gratitude à tout l’univers.
Voilà où je pense me trouver.

Luc ; Ermitage de La Demeure sans Limites – juillet 2021.

(*) Doan : la personne qui fait les sons de la cérémonie : poisson en bois, clochettes, etc.

Suis-je chargé… ?

Rizieres-6 copieDans le Canon, le Bouddha parle de la manière dont les gens devraient ne pas céder au désir ardent et à l’orgueil, et quand nous regardons les autres, il est évident qu’il a raison. Il est évident que leur désir ardent et leur orgueil provoquent des problèmes.
Cependant, l’astuce consiste à voir notre propre désir ardent, notre propre orgueil. Si vous vous surprenez à utiliser ces enseignements pour porter un jugement sur les autres, arrêtez-vous et posez-vous cette question : « Bon, un instant. Est-ce moi qui suis chargé de vérifier la conformité aux normes ? »

Thanissaro Bikkhu

Sans une conscience claire de la façon dont ce corps-esprit humain fonctionne d’instant en instant, la division et le conflit continuent et s’aggravent. Avoir une image de soi et de ce que l’on devrait faire ou ne pas faire crée une dualité et n’a rien à voir avec la pleine attention à ce qui est en train de se produire.

L’attention ne vient de nulle part. Elle n’a pas de cause. Elle n’appartient à personne. Lorsqu’elle fonctionne -sans effort, naturellement, il n’y a pas de dualité.

Toni Packer

Textes traduits de : Buddhadharma – Summer 21, par Joshin Sensei.

 

 

Tout apparaît, tout disparaît.

Rizieres-6 copie

On pourrait dire que nous sommes des êtres « sentants » qui oeuvrent pour devenir des êtres éveillés, des Bodhisattvas.

C’est exactement ce que le Bouddha a fait.

Quand l’esprit est obscurci par le désir, l’aversion et les concepts erronés, on est un être « sentant ». Mais quand on a dans le cœur les brahmavihara, les « demeures divines » que sont l’amour bienveillant, la compassion, la joie altruiste et l’équanimité, on est un être excellent que l’on pourrait aussi appeler un bodhisattva. Même des êtres qui n’ont pas encore ces qualités peuvent les développer et finir par connaître l’Eveil.

À l’origine, celui qui allait devenir le Bouddha était un être humain comme nous mais il a évolué pour devenir un être extraordinaire, un être imprégné des « brahmavihara » -Les quatre Demeures Incommensurables, les quatre Qualités sans Limites- c’est pourquoi on l’a appelé le bodhisattva.

Ensuite, grâce à la persévérance de sa contemplation pour connaître la vérité, pour connaître la réalité de l’imperma-nence, de la souffrance et de l’absence de soi, il a atteint la connaissance totale et s’est éveillé en tant que « bouddha ». Alors, n’allez pas croire qu’il n’y a eu qu’un seul « Bouddha ».

L’unique Bouddha est en réalité « saccadhamma », la parfaite vérité et quiconque s’y éveille devient un Bouddha. Il y a peut-être des centaines ou des milliers de bouddhas mais tous suivent cette même voie, celle de la juste vision des choses.
Oui, il y a un Bouddha unique et c’est la vision juste. Celui qui s’y éveille n’est pas différent du Bouddha. Ainsi, le Bouddha et les êtres vivants ne sont pas très éloignés. Il est important de prendre profondément conscience de ceci.

IMGP3825 copieEn réalisant la vérité de l’esprit originel, nous verrons qu’il est impossible de la décrire ou de la transmettre. Il n’y a aucun moyen de la montrer, rien à quoi la comparer. Elle est au-delà des mots ou des concepts. Quand on enseigne, on s’appuie sur des éléments extérieurs pour faire passer des idées, mais la vérité doit être réalisée par chacun individuellement.

Ajahn Chah

Textes traduits de : Buddhadharma – Summer 21, par Joshin Sensei.

Paix du coeur ou anxiété ?

Rizieres-6 copieLes Enseignements sont là pour que nous trouvions la paix du cœur – pourtant ils peuvent aussi parfois faire naître de l’anxiété, en nous amenant à surveiller chacun de nos gestes, chacune de nos paroles.
Des enseignant.e.s, de différentes traditions, expliquent comment nous pouvons prendre soin de nos pensées sans nous enfermer en nous-même, mais au contraire en nous connectant à notre vœu d’aider tous les êtres, ce qui fait naître la joie…
(Suite des réponses de deux autres enseignants en novembre).

Question :
Dans les enseignements bouddhistes j’entends qu’on dit que chaque pensée, chaque mot, chaque action comptent ; quelquefois ça m’apparait comme un enseignement propre à générer de l’anxiété.
Comment est-ce que je peux pratiquer avec cet enseignement et ne pas me sentir sans cesse paralysé ?

Rizieres-6 copie

Sanathavihari Bhikkhu :

Trop penser sur pratiquement quoi que ce soit va souvent nous faire trébucher. Quand nous marchons, nous savons que chaque pas fait est important pour maintenir notre équilibre et ainsi nous ne tombons pas. Pourtant nous marchons des kilomètres chaque jour sans penser à la façon de faire le pas suivant.

Si nous commençons à penser, et à trop penser, au processus entier de la marche, à nous demander à combien de centimètres est-ce qu’il faut que je soulève mon pied ? Ou bien : jusqu’où est ce que je vais poser mon pied ?
Alors ça va faire déborder notre esprit et à ce moment-là nous risquons de rencontrer le sol sur lequel nous marchons d’une façon extrêmement pénible !

Bien que chaque pas soit important, si nous commençons à nous inquiéter pour le pas suivant, nous nous préparons à l’échec.
Selon le Dharma du Bouddha, nos pensées, mots et action sont importants mais lorsque nous nous enfermons trop profondément dans ces pensées, mots et actions, nous sabotons l’intention qu’il y a derrière cet enseignement.
Au lieu de vivre complètement et de façon « saine » (*) nous commençons à vivre de façon « non-saine » en nous tourmentant nous-mêmes.

Kaku-18 copieComme lorsque nous marchons, le pas le plus important que nous pouvons faire dans notre pratique du Dharma est celui que nous sommes en train de faire exactement maintenant.

Si vos pensées actuelles, vos paroles et actions sont justes, sont saines, alors le futur ne posera pas de problème. Ce sont les actions de ce moment présent qui vont donner des fruits dans le futur. Les actions futures ne sont pas en train d’arriver dans le moment présent ; dans le moment présent, le futur n’est qu’imagination.

Trop penser à chacune des actions est une forme d’anxiété et d’inquiétude, un des cinq obstacles à l’Eveil sur la Voie du Bouddha.

On peut y remédier par l’attention dans ce moment présent qui nous aide à marcher sans effort alors que l’inquiétude et l’anxiété nous font trébucher.
L’’attention à ce moment présent nous permet de faire des actions saines, justes et nous libère de toute inquiétude portant sur des actions qui n’ont pas encore pris place.

Dans le « Discours sur tous les obstacles » le Bouddha dit à ses disciples qu’il y a certaines questions auxquelles on ne peut pas répondre : est ce que j’existerai dans le futur, est-ce que je n’existerai pas dans le futur, que serai-je dans le futur, comment serai-je, etc.

De la même façon, nous ne pouvons pas nous mettre à spéculer sur la signification ou le résultat de nos actions, mais nous pouvons faire attention, porter toute notre attention sur ce qui est en train de se passer exactement en ce moment.

Quand votre attention est dans le moment présent, vous pouvez accomplir l’action juste et alors vous êtes libre sans plus d’inquiétude.

Sanathavihari Bhikkhu.

(*) « sain » signifie qui ne crée pas de souffrance

Textes traduits de : Buddhadharma – Summer 21, par Joshin Sensei.

Daishin n°275 – Septembre 2021

RizieresMi-septembre, au Japon, en Asie, commence la récolte du riz…
« Qu’il est grand, l’habit de la rizière bienheureuse… »
Cet habit que nous portons, visible ou invisible, chaque fois que nous nous asseyons en zazen, chaque fois que nous écoutons, lisons et pratiquons les Enseignements.
Il est vaste, et pourtant parfait pour chacun.e de nous ; il est «sans forme», et pourtant nous lui donnons forme
à travers notre pratique…
Joshin Sensei

Planning et Uposatha

Joshin Sensei :

– Paris : samedi 4 septembre.
– La Trappe (Normandie) : retraite du vendredi 24 – 16H au dimanche 26 – 14h.

Infos : https://www.montagnes-et-forets-du-zen.org/retraites-et-journées

La Demeure sans Limites
Jokei Sensei : Infos : https://www.larbredeleveil.org/lademeuresanslimites/programmes-de-la-demeure-sans-limites/

Uposatha :
Lune nouvelle : mardi 7, Pleine lune : mardi 21; pleine lune des moissons. Pour nous rejoindre : https://framadate.org/15ufjqs4byW3Mp6L

Sommaire

Planning et Uposatha
Paix du coeur ou anxiété ? Buddhadharma
Tout apparaît, tout disparaît. Ajahn Chah
Suis-je chargé… ? Thanissaro Bhikkhu
Vous en êtes où, de votre pratique ? Luc

C05ACF0A-B090-4124-B6E0-43CF18E93FC5Daishin Octobre : Les Jatakas :
Des histoires rapportant les naissances antérieures du Bouddha. Dans les Jatakas, le Bouddha, être humain ou animal, singe, éléphant, cygne, etc… agit avec compassion et sagesse pour le bénéfice de tous les êtres…
Les Illustrations : Toutes les photos des Bouddhas : Birmanie, Anne et Yvon.
Autres : carla‘photograph

 

Planning et Uposatha

Joshin Sensei :

– Paris : samedi 4 septembre.
– La Trappe (Normandie) : retraite du vendredi 24 – 16H au dimanche 26 – 14h.

Infos : https://www.montagnes-et-forets-du-zen.org/retraites-et-journées

La Demeure sans Limites
Jokei Sensei : Infos : https://www.larbredeleveil.org/lademeuresanslimites/programmes-de-la-demeure-sans-limites/

Uposatha :
Lune nouvelle : mardi 7, Pleine lune : mardi 21; pleine lune des moissons. Pour nous rejoindre : https://framadate.org/15ufjqs4byW3Mp6L

Le Bouddha et Mara

h2p-allione-4 copieY a-t-il une autre façon de les voir que comme ennemis ?

Voici la réponse de Thich Nath Hanh :

Bouddha était dans sa grotte, et Ananda, son assistant, se tenait dehors près de la porte. Soudain, Ananda vit arriver Mara . Il en fut surpris, et souhaita immédiatement que Mara s’en aille. Mais Mara marche tout droit vers Ananda et lui demande de l’annoncer au Bouddha.

Ananda lui demande : « Pourquoi es-tu venu ? Tu ne te souviens pas qu’autrefois tu as été vaincu par Bouddha sous l’Arbre de l’Eveil ? N’as-tu pas honte de venir ? Va-t’en ! Le Bouddha ne te verra pas. Tu es le mal. Tu es son ennemi ».

En entendant cela, Mara se mit à rire. « Tu es en train de dire que le Bouddha a des ennemis » ?

Ananda fut très embarrassé.

Il savait que son maître n’avait jamais dit qu’il avait des ennemis. Ananda se sentit vaincu, et il alla annoncer la visite de Mara au Bouddha, en souhaitant que le Bouddha dise : « Dis-lui que je ne suis pas là. Dis-lui que je suis en réunion ».

Mais le Bouddha se réjouit en apprenant que Mara, son vieil ami, était venu lui rendre visite. « C’est vrai ? Il est vraiment ici ? » dit le Bouddha, et il alla en personne accueillir Mara.

Ananda était bouleversé.

Le Bouddha alla directement vers Mara, s’inclina devant lui et lui prit les mains (ses mains) de la manière la plus affectueuse.

Le Bouddha a dit : « Bonjour ! Comment vas-tu ? Tout va bien ? »

postraditionnalbuddhismMara ne répondit pas.

Alors, le Bouddha l’emmena dans la grotte, lui offrit un siège et demanda à Ananda de faire du thé pour eux deux.

« Je peux faire du thé pour mon maître cent fois par jour, mais faire du thé pour Mara ne me donne aucun plaisir » pensait Ananda. Mais puisque cette demande lui avait été faite par son maître, comment pouvait-il refuser ?

Ananda est donc allé préparer un thé pour le Bouddha et son invité, mais tout en faisant cela, il essaya d’écouter la conversation.

Le Bouddha répéta chaleureusement :

« Comment vas-tu ? Comment vont les choses pour toi ? »

Mara répondit :

« Les choses ne vont pas du tout bien. Je suis fatigué d’être un Mara. Je veux être autre chose. »

Ananda prit peur.

Mara continua :

« Être un Mara n’est pas facile. Si vous parlez, vous devez le faire de manière énigmatique, vous devez avoir l’air rusé et méchant. J’en ai marre de tout ça. Mais ce que je ne supporte pas, ce sont mes étudiants. Maintenant, ils parlent de justice sociale, d’égalité, de libération, de nondualité, de non-violence, tout ça. J’en ai assez ! Je pense que je ferais mieux de vous transmettre tout ça. Je veux être autre chose »

Ananda frissonna, craignant que le maître accepte de prendre son rôle.

Mara deviendrait le Bouddha et le Bouddha serait Mara. Une idée pareille l’attristait complètement.

Le Bouddha écouta attentivement et plaignit Mara. Finalement, il a dit d’une voix sereine :

« Tu penses vraiment qu’il est agréable d’être un Bouddha ? Tu ne sais pas ce que mes disciples m’ont fait ! Ils mettent dans ma bouche des mots que je n’ai jamais prononcés ; Ils construisent des temples ostentatoires et mettent des statues de moi sur les autels pour obtenir des bananes, des oranges et du riz sucré juste pour eux. Et ils me vendent et font de mon enseignement un article de commerce.

Mara, si tu savais ce que c’est que d’être un Bouddha, je suis sûr que tu ne voudrais pas en être un ».

Et le Bouddha récita un grand verset résumant la conversation.

Thich Nath Hanh La paix, un art, une pratique

木魚 « Dédier les mérites » ?

Qu’est-ce que cela fait exactement ?

Question :
Nous sommes encouragés à dédier les mérites de notre pratique à tous les êtres. C’est une belle idée, mais quel effet, le cas échéant, a-t-elle vraiment ? Et peut-on offrir quelque chose que l’on n’est même pas sûr d’avoir ?

Jetsunma Tenzin Palmo :
Dans les pays de tradition bouddhiste, le concept de punya a toujours joué un rôle important.
Habituellement traduit par « mérite » ou même par « bonté », punya désigne les résultats karmiques positifs de bonnes intentions et actions.

Cette croyance dans le pouvoir des actions méritoires est perçue comme une force éthique qui peut être dirigée vers n’importe quel objet choisi. Les gens se sont donc mis à « accumuler les mérites » et à s’en réjouir ; les mérites sont alors dédiés à autrui et ainsi partagés.
Cela nous encourage à accomplir des actes de bonté comme pratiquer la générosité et la gentillesse. Nous pouvons également nous réjouir des actes généreux que nous voyons les autres accomplir et les partager.

Bouddha boisAu début de la pratique formelle, nous prenons refuge dans les Trois Trésors et ensuite, dans les traditions Mahayana, nous récitons les vœux du Bodhisattva et nous nous rappelons que nous nous engageons dans cette pratique non seulement pour notre propre bien, mais pour le bien de tous les êtres. En d’autres termes, nous avons réglé notre GPS spirituel sur « l’illumination pour tous ».
Puis, à la fin de la pratique de ce jour-là, nous nous souvenons à nouveau de notre but en dédiant toute la bonté accumulée au bien-être et au bonheur de tous les êtres -ou à toute la planète et au-delà.

Ce sont des entraînements à la Bodhicitta, qui nous rappellent que notre pratique a un sens qui ne se limite pas à notre seul bénéfice. Même l’effort de pratiquer plutôt que de regarder la télévision ou jouer sur l’ordinateur est une bonne chose, et nous pouvons en ressentir de la satisfaction et de la joie, et souhaiter partager cette bonté essentielle avec autrui.
Nous pouvons dédier ces mérites, que nous comprenions ou non toute cette mécanique. Lancez-vous. Il y a tant de choses que notre esprit rationnel ne peut percevoir. Conservons un sens du mystère et ne soyons pas étroits et matérialistes.

Chemin herbeLe Dharma va au-delà de notre pensée conceptuelle. Ce n’est pas seulement une « belle idée », c’est aussi très pratique -le monde a cruellement besoin de bonté et d’énergie positive. Les pensées ont du pouvoir. Les prières et les aspirations ont de la force. Presque tout le monde ressent une atmosphère particulière en visitant des lieux sacrés tels que Bodhgaya ou Assise, malgré le chaos apparent ou l’aspect mercantile.
Des siècles de dévotion, de pensées tournées vers le sacré, y ont créé une énergie spirituelle palpable. De même, nous ressentons spontanément une profonde tristesse et une pesanteur lorsque nous visitons Auschwitz ou Dachau.
Nous nageons dans un océan de formes de pensée mais, comme les poissons dans l’eau, nous ne sommes pas conscients de notre propre environnement psychique.

Si nous pouvions le voir, nous saurions que la pollution psychique qui entoure cette planète est beaucoup plus dense que la pollution physique. Il y a tant de colère, d’avidité, de jalousie, de peur et de négativité générale dans la société, et tout cela est cultivé et célébré dans les médias.

Dans cette obscurité, nous avons besoin de lumière. Dédier notre énergie positive aide à rétablir l’équilibre et à apporter une appréciation joyeuse dans une situation apparemment désespérée. Goutte après goutte, le vase se remplit. Donc, par les mérites de cette pratique, puissent tous les êtres être heureux et exempts de souffrance !

Jetsunma Tenzin Palmo, Buddhadharma Traduction : Françoise
(Suite en novembre).

Un nouveau site pour La Demeure sans Limites :

kannon petiteTout beau, tout neuf : plus clair, plus lisible, plus de photos et de videos ; en plus des dates et du planning de La Demeure sans Limites, de Jôkei Sensei et de Joshin Sensei, vous trouverez des lectures, (textes de la Vie, des conférences, etc), des enseignements d’enseignants contemporains, et aussi les e-books ( » Flip-books », à lire sur tous supports) faits avec la Sangha de La Demeure sans Limites.
Vous pourrez aussi réagir et nous écrire, ou réserver directement votre séjour.

Les actualités du temple, de Joshin Sensei, des zendos.
Des liens vers d’autres sites qui nous semblent intéressants à partager.

Vous pourrez aussi réagir et nous écrire, ou réserver directement votre séjour. Tout devrait être prêt au 1er Avril.                   

Voici sa nouvelle adresse : www.larbredeleveil.org/lademeuresanslimites

Nous avons aussi créé une page Facebook dont voici l’adresse : https://www.facebook.com/pg/Lademeuresanslimites/

Jôkei Sensei

Les bulletins précédents


Daishin n° 275

Rizieres-6 copie

Daishin n°274

tete-Bouddha lichen2

 

Daishin n°273

Wat_Pangla-Sujata_offers_Rice_Balls

Daishin n°272

Carole Hénaff lionsroar

Daishin n° 271

Hanamatsuri entrée temple

Daishin n° 270
Vieux Cerisier en fleurs
Daishin n°269

Warajis

Daishin n°268

Lanternes vietnamiennes

Daishin nº267 

Comme ça cava

Daishin n°266
bouddha-birmanie
Daishin n°265 – octobre 2020

mokugyos

Daishin n°264 – septembre 2020

140710-buddhas-word-carrying-texts copie

Daishin n°263 – été 2020

Bouddha-Superman


Daishin n°262 – juin 2020
Mudra non-peur
Daishin n°261 – mai 2020
bouddha1
Daishin n°260 – avril  2020

temple-cerisisers

Daishin n°259 – mars 2020
bagan1
Daishin n°258 – Février 2020
BODHGAYA3-1024x679 copie
Daishin n°257 – Janvier 2020

Autel

Daishin n°256 – Décembre 2019

postsfromthepath

Daishin n°255 – Novembre 2019

voyageasie-moine

Daishin n°254 – Octobre 2019

vieux-bassin

Daishin n°253 – Septembre 2019

Moriyama_Roshi__-_Tenzo_Cozinha_CEBB[1](1)

Daishin n°252 – été 2019

DSC09007 - copie

Daishin n°251 – juin 2019
Grotte de ShweOoMin - Birmanie (photo Anne)
Grotte de ShweOoMin – Birmanie (photo Anne)
Daishin n°250 – Mai 2019

1511_eiheiji_main

Daishin n°249 – Avril 2019

urbansketschersnewzealand

Daishin n°248 – Mars 2019

zuigakuin-vue-generale

Daishin n°247 – Février 2019

Nonne coreenne chou vignette

Daishin n°246 – Janvier 2019

Lanterne sur la neige

Daishin n°244- Décembre 2018
Kannon noël
Daishin n°243 – Novembre 2018

enku-10-bouddhas

Daishin n°243 – Octobre 2018

ENSO-carre

Daishin n°242 – septembre 2018
Transmission 1  
Daishin n°241 – été 2018

Montagne brume

Daishin n°240 – juin 2018

Offrandes Temple Inde

Daishin n°239 – mai 2018
Kannon petite
Daishin n° 238 – Avril 2018
avalokiteshvara
Daishin n°237 – mars 2018
katannuta-myanmar
Daishin n°236 – Février 2018

parinirvana

Daishin n°235 – janvier 2018: Commencer l’année dans la joie
namasteNamaste
Daishin n°234 : des ancêtres nonnes, une tasse de thé remplie par l’univers…
nirvana
Daishin n°233 : une réflexion sur cette vie rare et précieuse.

kSaNa -chaque instant

Daishin n°232 : Suite du numéro 231 sur Manger quoi ? manger comment ?
non-violence
Daishin n°231 : un numéro sur Manger quoi ? manger comment ?
karuna
Daishin n°230 : un numéro sur les addictions
mettasoupDaishin n° 229 : un numéro sur le silence
enfantsmoines
Daishin n°228 : un numéro sur le jardin
bouddha
Daishin n°227 : anniversaire de la mort de Moriyama Roshiautel
Daishin n°226 : un numéro sur l’écologiebouddhas-plantes
DAISHIN N°225 – Le parinirvana du Bouddha
parinirvana
DAISHIN N°224 – Un numéro pour une année légère

semerveiller-small

DAISHIN N°223 – Un numéro sur l’éveil du Bouddha

arbre-dore

DAISHIN N°222 – Metta – Blanche Zenkei Hartman (2)

jizo-orange

DAISHIN N°221 – Spécial Blanche Zenkei Hartman

DAISHIN N°220 – Om Mani Padme Hum

Om Mani Padme Um

DAISHIN N°219 – LA JOIE
mudita