Pendant ma 1ère année d’université mes cours d’étude religieuse étaient à 2h de l’après-midi, une heure où je faisais un peu la sieste, aussi quand le professeur aborda les 4 Nobles Vérités, je n’eus pas de grande illumination intérieure, mais plutôt une grande envie de dormir.

Puis il y eut un mouvement.
J’étais assis à côté de la fenêtre – le soleil entrait à flots- et un oiseau noir, au plumage brillant, dont je ne connaissais pas le nom, s’installa sur l’appui de la fenêtre, juste à côté de moi. J’aurais pu le toucher s’il n’y avait eu la vitre : reflets irisés pourpre et vert, bec jaune- ses yeux brillants me regardaient, tête penchée et je fus soudain bien réveillé.

Il me semble que cet oiseau fut pour moi ce que Thich Nath Hanh appelle « la cloche de la pleine conscience »

C’était inévitable : je suis devenu bouddhiste et amateur d’oiseaux.

 

   Pour moi, les oiseaux offrent une autre forme de médiation – juste regarder, juste écouter.  Cela me donne une autre forme d’équanimité, m’aide à travailler avec l’ambiguïté, l’incertitude. Sur le terrain, j’aperçois de petites ailes marrons disparaissant à travers les branches d’un chêne. Je feuillette alors mon livre d’ornithologie, page après page, des petits oiseaux bruns pratiquement impossibles à différencier avec leurs détails subtils et leurs différences minimes. Est-ce que l’oiseau que j’ai aperçu avait des pattes jaunes ou marrons ? est-ce que son bec était droit ou recourbé ? Je n’arrive pas à être sûr de son identification, et je dois trouver une façon d’accepter cela.

   Il est facile de trouver un symbolisme des oiseaux, la façon dont ils s’envolent, dont ils chantent ou font leurs nids. Dans le bouddhisme les oiseaux nous apprennent l’éthique et les concepts. Ils sont des métaphores pour nos personnes confuses et maladroites, et représentent aussi notre meilleure part,  le non-moi. Cela remonte aux origines du bouddhisme, c’est du moins ce que dit cette histoire.

 

Siddharta et le cygne.

 

Un jour alors que Siddharta, le futur Bouddha, était encore un enfant, lui et son cousin Devadatta allèrent se promener en forêt. Devadatta était un chasseur avide, jamais sans son arc et un carquois de flèches, aussi quand un grand nombre de cygnes les survola, il visa l’oiseau de tête et transperça son aile. Les deux garçons se précipitèrent vers lui quand il s’écrasa au sol, et ce fut Siddharta qui arriva le premier. Il prit dans ses bras l’oiseau blessé et lui murmura des paroles de réconfort ; puis il enleva la flèche de sa blessure et enveloppa la plaie d’une herbe fraîche et calmante.

Devadatta lui demanda de lui donner l’oiseau mais Siddharta refusa. Devadatta insista beaucoup, alors Siddharta proposa de soumettre la question au roi, et devant la cour entière Devadatta et Siddharta présentèrent chacun leur point de vue sur cette dispute. Ils avaient tous les deux de bons arguments, aussi la cour était-elle divisée : certains pensaient que le cygne appartenait à Devadatta parce que c’est lui qui avait tiré, et d’autres qu’il était à Siddharta qui l’avait soigné.

Un vieil homme se tourna alors vers le roi : « Ce que chaque créature possède de plus précieux, c’est sa vie, dit le vieillard.  Ainsi, la créature appartient à celui qui l’a protégée, pas à celui qui a essayé de lui prendre la vie ».

Comprenant la sagesse de ces paroles, la cour remit le cygne à Siddharta. il s’en occupa jusqu’à sa guérison, puis le relâcha.

Andrea Miller  http://www.lionsroar.com/buddhas-birds/

Proposé par Françoise, Traduction : Jôshin Sensei

Proposé par Solange, les plus belles photos d’oiseaux : http://www.rickdobsonphotography.com/

 

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