Nous ne cultivons pas seulement metta, l’amour bienveillant, sur nos coussins de méditation. Metta peut être cultivé, et vécu, dans chaque aspect de nos vies. Nous pouvons faire sortir metta de la salle de méditation et l’introduire dans notre vie quotidienne, et le développer dans nos interactions avec nos amis, notre famille et même avec des personnes qui nous sont étrangères. Comme en toute autre chose, la pratique nous permet de nous améliorer. Bien sûr, nous ferons des erreurs – nous nous mettrons  en colère, nous nous montrerons rancuniers, nous aurons des rejets irrationnels, nous ne ferons pas preuve de compassion même face à des amis en souffrance – mais commettre des erreurs fait partie de tout processus d’apprentissage. L’important, c’est d’essayer de tirer les leçons de notre expérience. L’un des aspects intéressants de la pratique de l’amour bienveillant, c’est que nos erreurs nous offrent la possibilité de développer une plus grande gentillesse envers nous-même. De nous rendre compte que «  l’erreur est humaine  ». Et de nous pardonner.
Au cœur de la pratique de l’amour bienveillant dans la vie quotidienne figure la pratique de l’éthique. Non pas l’éthique au sens d’observer des règles ou d’échapper à une punition et d’obtenir une récompense (metta a ses récompenses, mais elles ne sont que les conséquences naturelles de nos actions, pas quelque chose qui nous est accordé par un juge extérieur). Non, ce dont il est question ici, c’est de développer une conscience bienveillante et compassionnée. Et cette conscience nous conduit à agir, de plus en plus, d’une façon naturellement gentille. On dit qu’une personne éveillée ne doit plus pratiquer l’éthique. Ses actions sont naturellement éthiques, parce qu’agir en pleine conscience, avec compassion, vient naturellement lorsque l’on est éveillé.
En attendant, il nous faut travailler à être plus doux et plus compassionnés, envers nous-mêmes et les autres. Au fil du temps, nous découvrons que cela nous vient naturellement, comme lorsque l’on acquiert n’importe quelle autre aptitude.
Cultiver metta en méditation a un effet sur notre comportement dans la vie de tous les jours. Même si nous ne nous rendons pas compte que nous sommes plus gentils, il est fréquent que d’autres personnes le remarquent. Cela étant, notre comportement dans la vie quotidienne influence aussi la facilité que nous avons à cultiver l’amour bienveillant en méditation. Si vous avez passé la journée à relever les erreurs des autres ou vous êtes disputé, lorsque vous vous assoirez pour méditer, vous verrez que votre esprit est agité et en proie à mille conflits. Les querelles et la critique se poursuivront dans votre esprit, alors même que vous serez la seule personne présente.
En revanche si, pendant la journée, vous laissez passer les pensées critiques lorsque vous constatez qu’elles émergent, si vous vous efforcez de parler gentiment et de faire preuve d’empathie vis-à-vis des autres personnes même lorsque vous n’êtes pas d’accord avec elles, alors, une fois assis sur votre coussin, vous découvrirez que vous vous sentez mieux et qu’il est plus facile d’entrer en contact avec une certaine gentillesse.
La relation entre la méditation et la vie quotidienne n’est pas à sens unique. Chacune a un impact sur l’autre.
Si nous nous efforçons de cultiver metta en méditation mais continuons à agir, au quotidien, d’une façon qui nuit à metta, nous allons forcément restés «  bloqués  » dans notre développement.
A vrai dire, c’est vraisemblablement l’une des causes les plus courantes de l’absence de progrès dans la méditation  : nous passons notre temps à défaire les effets de notre méditation lorsque nous sommes au travail, avec des amis ou en famille. Il nous faut donc examiner chaque aspect de nos vies et voir comment il contribue au développement de metta ou l’entrave.
Traduction : Françoise

Source  : http://www.wildmind.org/applied/daily-life/metta-in-everyday-life

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