feuille1Dire non, dire oui

Je réalise combien je suis dans le non. Même si je dis oui souvent, intérieurement je ne suis pas dans le positif. Enfin, j’y travaille mais c’est un travail qui est nécessaire chez moi.
A quoi je dis non d’habitude ? aux conducteurs devant moi qui vont trop lentement ou trop vite… à mon ami lorsqu’il n’est pas rassurant… aussi à faire des choses inhabituelles. J’ai tendance à rester dans mes habitudes, à ne pas imaginer de nouvelles situations. Je dis non à penser autrement, à sortir de mes repères habituels. Ces temps-ci,  je suis pas mal défiée par la vie, j’ai l’impression que je ne contrôle pas grand chose.

J’ai dit oui à moi-même aujourd’hui, à me donner le droit de vivre ma vie, ne pas toujours être au service de quelqu’un d’autre. Dire oui à la confiance en moi-même, à ma capacité à être seule, à être bien avec moi-même seule.

C’est surtout dire oui à risquer de penser autrement, d’ouvrir des nouvelles fenêtres pour voir la vie depuis un autre endroit, et moi également.
En même temps dire oui à ce que je suis, même si c’est imparfait et améliorable, transformable… dire oui à ma partie lumineuse, me faire confiance, croire en moi.

Dire oui à ma cheffe qui n’agit pas toujours de manière juste à mes yeux, dire oui à mes collègues avec leurs défauts, leurs qualités. Dire oui à ma fille aussi, mais je crois que je lui dis oui. Je devrais lui dire non plus souvent peut-être !
Dire oui à ma vie d’une manière générale, qui ne reflète pas mes rêves d’enfant, accepter humblement mes limites, là où je me trouve.
Apprendre à dire non pour pouvoir mieux dire oui, un vrai oui !!!
Dire oui au fait que je ne comprends pas tout, dire oui à ces doutes.
Danièle K.arbre3

feuille1Dire oui au non
Quand est-ce le plus difficile… C’est difficile… Parfois, c’est « oui » à moi, parfois aux autres, parfois aux situations. Il me semble que les obstacles ont souvent beaucoup à voir avec les « images » que l’on a de soi ( « je ne serai pas capable de… », « je suis quelqu’un qui…  » ) ou avec ce vers jumeau du Dhammapada   » Il m’a insulté, etc…  » .
Ce qui m’aide, c’est de m’arrêter et de me demander 1) si c’est vraiment si important, 2) ce qui est le plus important : la « blessure » qu’a pu provoquer une parole maladroite ou prononcée sous le coup de la peur, de la colère… ou la relation que j’ai avec la personne, etc… Souvent, rien que le fait de m’arrêter et de me poser la question me fait me dire qu’après tout…

Il y a aussi les « oui » qui veulent dire  » non » : j’apprends… à dire « non » (à sortir de ce que j’appellerais ma « nippone attitude de ne pas trop savoir refuser  » ) et à dire « oui » au « non », quand c’est « non ».          C’est-à-dire à ne pas me sentir en porte-à-faux avec les circonstances et avec moi-même si c’est non.
Françoise

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feuille1Oui à la pratique

Je souhaitais particulièrement faire cette retraite parce que dire “oui à ce qui se passe” semblait particulièrement important pour moi à ce moment. Tout en me disant qu’il y a des choses que je ne pouvais vraiment pas accepter… et puis les textes m’ont permis d’avoir une vision plus large de ce “dire oui”.  J’ai fait le lien entre le “Oui à ce qui se passe” et le “Oui à la pratique même quand c’est difficile”.
En effet, entre savoir que quand la situation est difficile, c’est à ce moment-là qu’il est nécessaire de pratiquer, et y arriver… il y a un pas à franchir, des résistances à dépasser. Alors ce qui peut aider c’est de s’appuyer sur des choses simples et concrètes : un horaire fixe pour Zazen, Gasshô en passant devant le Bouddha, sourire et se sourire à soi-même, mettre son rakusu…
Et puis aussi, apprendre à dire non…
Catherine J

feuille1« OUI », c’est prendre Refuge
Dire oui »  !  J’ai pris conscience que lutter contre les pensées, ou ce que j’oublie ou ne fais pas spontanément ou comme j’aurais aimé, les situations qui changent… créé de la souffrance et me prive de l’esprit vaste, ouvert, libre et joyeux !
Dire OUI à ces pensées qui m’occupent quand je le vois, le comprend quelquefois ou pas ! et que j’en souris profondément me permet de retrouver la satisfaction de ce que j’ai, comme c’est.            Dire OUI m’a permis de poser quelques gestes comme m’incliner devant l’autel quand je passe devant – pour faire « pause » dans mon activité – mettre ma veste de samu-e pour m’aider à l’attention en conscience dans ce que je fais chez moi, ou encore marquer « une pause » dans ma démarche qui se fait rapide à l’extérieur surtout en en souriant sincèrement !   Ces gestes me relient à la grande Sangha, me permettent de réaliser que nous « inter-sommes » comme le dit Thich Nath Hanh ; ce que je me donne dans l’acception, la compréhension du coeur, metta, je peux ainsi mieux l’offrir à tous les êtres, sans même le savoir !                  Dire OUI c’est donc prendre refuge : une pratique qui me paraît importante actuelle-ment, serait d’accepter en      « disant oui » à ce que je ne comprends pas intellectuelle-ment par exemple à tel propos, telle situation, telle action, que ce soit de moi-même comme d’autres personnes ; cela me permet  de me re-connecter à notre nature de Bouddha que nous partageons tous, au-delà des illusions.                              Marie Anjin
feuille1« Oui », et plus d’obstacles
Je réalise avec « dire oui » que c’est justement cela le travail des  retraites : comment dire oui à tout, surmonter les peurs et franchir le mur de briques de la vie quotidienne qui semble si haut, si épais. Qu’il ne s’agit pas d’être dans de bonnes conditions, mais au contraire de partir de tout ce qui se présente, tout au long de la journée. Et finalement je me rends compte que les obstacles n’en sont pas, et qu’il n’y a pas de crainte à avoir. “Sans obstacles la peur n’existe pas” .
La difficulté de la pratique : cela me ramène à ma première expérience de zazen. La personne qui dirige ce jour là nous dit que pratiquer zazen est comme revenir à la maison. Je me rappelle avoir été très rassurée et tranquillisée par cette phrase. Ce texte m’apparaît aujourd’hui comme un développement de celle-ci. Revenir complètement à soi-même en laissant les idées que l’on a de soi-même.
S’ouvrir à soi s’ouvrir aux autres.
Le “ yoga smile  ” (voir ci-dessous) : une pratique toute simple, de tous les instants.
“Dire oui” m’apparaît présent dans toutes les pratiques.  Et cet entraînement ne peut pas s’arrêter. Il ne peut pas durer seulement le temps d’une retraite. C’est pour toute la vie !
“La voie du Bouddha est sans fin, je fais voeu de la suivre”.         Anne

feuille1Dire oui est un vœu
Le plus difficile pour moi est le oui aux sentiments troubles qui émergent par moments, par exemple une angoisse qui sourd, dont l’origine est difficile à connaître. Les voir apparaître, les reconnaître, oui, mais que ce oui les transforme profondément demande encore beaucoup d’exploration intérieure. Beaucoup de zazen ?
Peut-être, même si zazen « is good for nothing », ne sert à rien… le vrai zazen ? Y aurait-il de faux zazen ?… Je ne pense pas, zazen est zazen par la posture, le souffle et l’intention, car oui, il y a une intention au départ, faire zazen ! mais elle disparaît, se dissout dans le zazen qui se fait.
Foi totale dans le zazen, oui, vital, zazen relie directement au principe vital, à la grande force universelle qui meut tout profondément, subtilement.       En-deçà de tous les ajouts humains. Se relier à cette force qui n’est ni agréable, ni désagréable, ni bonne ni mauvaise, juste vitale.
Cesser de vouloir être tranquille, sereine, ceci cela… Tiens je dis non, là ! Alors oui, tout est à prendre ou plutôt recevoir ( « accepter » a une connotation fataliste), tel que cela se présente, et sans cesse boire à la source de zazen. Oui.
La posture elle-même est un oui, un grand oui.  Le oui de la langue française peut s’y lire : le « o » : les mains ouvertes, les bras, le corps entier offert à zazen. Et le « i », qui termine la prononciation de oui dans un sourire… le sourire léger mais profond dont parle Thich Nhat Hanh.
Oui, sourire, quand je sens cette fragilité me gagner, par exemple.
Et zazen ! à chaque moment     « creux », en marchant d’un point à un autre, en attendant quelqu’un ou un bus, toujours se relier à ce souffle vital et sourire de cette conscience de soi, du monde, de l’univers.      Un vœu en action.                       Nicole T

 

feuille1Dire oui spontanément

Dire oui spontanément, tout de suite,  cela est peut être le plus difficile pour moi, mon réflexe est souvent soit de dire non au premier abord, puis de réfléchir et de revenir sur le oui, en tout cas avec les proches… par peur de perdre quelque chose ? de se faire envahir, utiliser ?                 Comme si j’avais une limite à ma générosité, au don de temps, d’attention…. c’est désagréable de voir cette limite si présente. Etrangement, plus on est proche affectivement plus cela se complique.

Dire oui à l’inconfort, l’incertitude physique et aussi psychologique, les regarder, faire des pauses pour les regarder, et ne pas chercher à les fuir, à porter l’attention sur d’autres objets plus agréables, c’est laborieux !! mais j’y arrive un peu, en tout cas j’essaye davantage depuis cette retraite.

Dire oui aux critiques, ne pas tout prendre personnellement, ah le syndrome de la mère nourricière susceptible !! Comme si le monde tournait autour de nous, avec nous au centre, « parfaite cuisinière ».

Dire oui c’est apprendre l’humilité, c’est apprendre à faire passer les autres et leurs conseils avant son idée de ce qui est bien, à être disponible.

Finalement, l’autre qui nous critique nous fait le cadeau de nous obliger à nous regarder, c’est donc le lien avec la gratitude.                             Sabine

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