Extraits du Soutra de la  Lumière Dorée* :

Chapitre : « La durée de vie du Bouddha Tathagata »

Donc, le Bouddha a quitté le monde humain, et est entré dans le Parinirvana, nous laissant les Enseignements -Le Dharma, son Dharma- « Voir le Dharma, c’est voir le Bouddha ».                           

A nous maintenant de suivre ces enseignements, et de réaliser à notre tour l’Illumination.       Mais le Mahayana va voir les choses assez différemment, comme on peut le lire dans le chapitre 15 du Sutra du Lotus, ou bien dans cet extrait du Soutra de la Lumière Dorée.

Jôshin Sensei

RajagrirA ce moment-là vivait dans la ville de Rajagriha **, le bodhisattva Ruchiraketu, qui avait vénéré de nombreux Bouddhas précédents, cultivé les racines de bien et rendu service à des millions et millions de Bouddhas. 

Il pensait : « Quelles causes et quelles conditions vont faire que le Bouddha Shakyamouni  ne vivra que 80 ans ? Une vie si courte ».

Il pensait : « de plus, le Bouddha lui même a déclaré : il y a deux causes et deux conditions qui prolongent la vie. Quelles sont-elles ? Renoncer à tuer et donner généreusement de la nourriture.

Mais le Bouddha a renoncé à tuer depuis d’innombrables éons, il suit le chemin de dix actions vertueuses. Il a donnée la nourriture, et toutes sortes de choses ; de plus il a nourri les êtres affamés avec sa chair, son sang, ses os et la moëlle de son corps même ».

Pendant qu’il réfléchissait à cela, sa maison se transforma en un immense palais…(description, pierres précieuses, fleurs, musique, lumières, trônes…au nord, au sud, à l’est,à l’ouest apparaissent les Quatre Transcendants Bouddhas).

Voyant ces Grands Bouddhas, le bodhisattva Ruchiraketu fut grandement étonné. Il était satisfait, joyeux, enchanté. Si heureux, les mains jointes en direction des Vainqueurs, il s’inclina en hommage. Toujours dans sa réflexion, il demanda : « Pourquoi le Seigneur Shakyamouni a-t-il une vie si brève de 80 années ? »

Comprenant ses pensées, les Bouddhas Victorieux lui parlèrent ainsi : « Fils de bonne famille, ne pense pas que le Seigneur Shakyamouni ait une durée de vie si courte. Pourquoi ?                     En dehors des Tathagatas pleinement illuminés, nous ne voyons personne que ce soit dans les mondes des dieux, des enfers, de Brahma, que ce soit parmi les ascètes, les dieux, les humains, ou les asuras, personne qui puisse percevoir les limites futures de la durée de vie du Tathagata, le Seigneur Shakyamouni ».

Dès qu’ils eurent dit cela, par le pouvoir du Bouddha, les dieux résidant dans les mondes du désir et de la forme, y compris les nagas, yakshas, gandharvas, asuras, garudas, kimnaras, et mahoragas, ainsi que des millions de millions de millions de bodhisattvas se rassemblèrent dans la maison du bodhisattva Ruciraketu. Alors les Tathagatas proclamèrent en vers l’explication de la durée de vie du seigneur Shakyamouni à toute l’assemblée :

On peut mesurer les gouttes d’eau dans tous les océans, mais personne ne peut mesurer la durée de vie d’un Tathagata.

Les atomes des plus fines particules du Mont Sumeru peuvent être mesurées, mais personne ne peut mesurer la durée de vie de Shakyamuni.

Le nombre des plus minuscules particules existant sur terre peuvent être mesurées, mais personne ne peut mesurer la durée de vie du Conquérant.

Bien que quelqu’un, grâce à quelque dispositif, puisse désirer mesurer l’espace, personne ne peut mesurer la durée de vie de Shakyamuni.

Il n’y a pas de façon de compter qui pourrait permettre de dire : « Le Bouddha pleinement Illuminé vit tant de temps; tant d’éons, en termes d’éons, comme dans une centaine de millions d’éons. »

Il y a deux raisons, et deux conditions à cela : renoncer à la violence, et donner encore et encore beaucoup de nourriture.

Un compte fini de la durée de vie de ce grand être ne peut être trouvé ; on ne peut dire :              « Il vivra tant d’éons » ni « D’innombrables éons ».

« Ainsi, n’ayez pas de doutes,   pas même le plus petit doute,

on ne peut observer nulle part une limite à la vie du Conquérant ».

Suvarṇaprabhāsa Sūtra ;  Le Roi Souverain des Soutras. Soutra de la Lumière Dorée.

Chapitre : « Entendre le son d’un tambour dans un rêve ».

Voici un passage du Soutra de la Lumière Dorée qui peut nous aider à comprendre comment certains écrits bouddhistes sont entrés dans le monde, selon la tradition bouddhiste.

Deux choses sont à remarquer : d’abord que ce soutra entre dans le monde dans un rêve fait par une personne qui le récite ensuite devant le Bouddha.   C’est à dire que le Soutra de la Lumière Dorée est enseigné par le Bouddha après qu’il l’ait entendu de quelqu’un d’autre, qui lui l’avait entendu dans un rêve.

Ensuite, que ce Soutra émerge du son d’un tambour entendu dans un rêve.                         

Dans l’Inde ancienne, on battait souvent le tambour pour annoncer une amnistie, libérant ceux qui avaient été emprisonnés pour leurs mauvaises actions. Si l’on garde cela à l’esprit, on peut dire que le Soutra de la Lumière Dorée entre dans le monde comme un tambour annonçant l’amnistie pour tous ceux qui vont l’entendre.

MOOC Buddhism Through Its Scriptures

« Le bodhisattva glissa dans le sommeil. Il rêva qu’il voyait un tambour doré : sa lumière brillait comme le globe solaire.  Dans chaque direction, un nombre inconcevable de Tathagatas enseignaient le Dharma, assis sur des trônes de lapis-lazuli au pied d’arbres couverts de joyaux, entourés de centaines de milliers d’auditeurs. Puis il vit un être semblant un brahmane battant ce tambour.

De ce tambour, sortirent des sons sous forme de vers religieux ».

Alors le bodhisattva Ruchiraketu s’éveilla et se rappela tout de suite ces vers.                               

Se les étant rappelés, à la fin de la nuit, lui et plusieurs milliers d’autres personnes quittèrent la grande ville de Rajagriha**.  Il arriva au Pic des Vautours, où était le Bouddha.

Là, il se prosterna trois fois aux pieds du Tathagata, tourna trois fois autour de lui en signe de respect et s’assit sur le bodhisattva Ruchiraketu, s’inclina les mains jointes devant le Bouddha et récita ces vers religieux qu’il avait entendu sortir du tambour.

Une nuit, sans être distrait, je rêvai un rêve aussi vivant que le jour : je vis un grand et beau tambour qui remplissait le monde d’une lumière dorée et brillait comme le soleil. (… reprend le texte précédent) Lorsque cet être en forme de brahmane battit le tambour, il en jaillit ces vers :

Par le son de ce majestueux tambour de lumière dorée, puisse les souffrances des migrations inférieures, Yama et la pauvreté des trois royaumes du triple monde cesser d’être.

Par le son de ce majestueux tambour, puisse l’ignorance du monde être dissipée, les peurs réduites.                                   

Tout comme les sages vainqueurs sont sans crainte, puissent les êtres sensibles devenir intrépides et braves.

Tout comme le Sage Vainqueur Omniscient possède noblesse et pureté excellentes, puissent les êtres innombrables posséder des océans de qualités, la concentration et les ailes de l’illumination.

Par le son de ce majestueux tambour, puissent tous les êtres être dotés de la mélodie de Brahma;                           

puissent-ils toucher le sublime éveil des bouddhas ;           

puissent-ils tourner la vertueuse Roue du Dharma ;          

demeurant pour d’inconcevables kalpas, puissent-ils enseigner le Dharma pour guider les êtres pris dans la transmigration ;

vainqueurs de l’illusion, dépassant l’aversion, puissent leur attachement, leur haine et leur ignorance être pacifiés.

Puissent les êtres sensibles tombés dans les plus basses migrations, eux dont le corps d’os est pris dans les flammes ardentes entendre les paroles de ce tambour majestueux.

Puisse la proclamation  « Hommage au Tathagata » ! être entendue.

Traduction depuis l’anglais Jôshin Sensei

Chapitre : « Reconnaissance de l’ignorance, Sangemon, Confession ».                                                            

(Je trouve que c’est un très beau texte, je vous en recommande la lecture complète. Ici un court extrait, dans la traduction proposée par la Sangha du Lama Zopa). *

Toute action négative que j’ai créée dans le passé, aussi grave soit-elle, Je l’expose à la vue de ceux qui ont les dix pouvoirs.

Les fautes que j’ai commises en abandonnant mes parents, en négligeant les bouddhas et en  ne m’appliquant pas au bien. 

Les fautes que j’ai commises par la satisfaction personnelle d’être riche, d’appartenir à une noble famille, par l’arrogance et la vanité de la jeunesse ….       

Toute action négative que j’ai créée dans le passé, les fautes que j’ai commises pendant les périodes de pauvreté, perdant l’espoir et rencontrant la peur.                    

Les fautes que j’ai commises l’esprit volage, soumis au désir et à la colère, torturé par la faim ou la soif….

Les fautes que j’ai commises  par négligence, l’esprit immature et obscurci par l’ignorance…        

Ainsi, les trois types d’actions négatives que j’ai accumulées de cette façon, par mon corps, ma parole et mon esprit, je les confesse toutes…             

J’œuvrerai pendant des millions d’ères cosmiques au bien de tous les êtres vivants, jusqu’à  pouvoir libérer chacun d’eux   de l’océan des souffrances….

sutra-lumiere-doree

* Merci à la Sangha de Lama Zopa, qui a réalisé la seule traduction française que j’ai trouvée sur Internet.

http://cdn.fpmt.org/wp-content/uploads/teachers/zopa/advice/pdf/GLSCCfinal506.pdf?x30550

** Rajagriha : une des villes importantes  de la vie du Bouddha : voir par exemple : https://fr.wikipedia.org/wiki/Rajgir

Images : http://dubaisrilanka2013.blogspot.fr/2013/01/gal-vihara-rock-temple-of-buddhas.html

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