ध्यान Bouddha en action

Dans le volume I de “The Wild, White Goose”, Kennett Roshi (1924-1996), première occidentale autorisée par l’école Soto japonaise à enseigner le Zen en Occident, décrit les deux premières années de sa formation (1962 – 1967) au  Sōji-ji où elle recevra la transmission de son maître Koho Zenji en 1963.

Son Maître, Koho Zenji, étant très pris par ses tâches administratives, c’est Suigan Yogo Roshi qui se chargea de lui enseigner le Dharma.
Par la suite, Kennett Roshi, d’origine britannique, jouera un rôle essentiel dans la diffusion du Dharma aux États-Unis.

Le passage ci-dessous reprend un échange avec son instructeur Yogo Roshi sur la nature de Bouddha.

–  « Je ne sais pas ce que je recherche. Je ne sais même pas si je cherche quelque chose.
Tous [les êtres] sont-ils éveillés ?
Tous sont-ils des Bouddhas ? S’il en est ainsi, les moines en formation dans ce temple et moi-même sommes des bouddhas, simplement parce que nous pratiquons zazen ?

Qu’est-ce qui ne va pas chez moi ? Est-ce le fait que vous êtes persuadé d’être éveillé alors que je ne suis pas convaincue de l’être ?

Vous avez en tête un Bouddha assis, pas un Bouddha en action. Bouddha agit à travers nos pieds et nos mains. Une personne qui se comporte mal peut-elle être un Bouddha ? Bouddha est là chaque fois que nous faisons quelque chose avec un esprit juste, non conditionné par un point de vue ordinaire tel que le souci de gagner de l’argent ou de faire carrière.  Faire le bien et éviter le mal, c’est cela être bouddhiste.  Il n’y a là rien de difficile, rien de spécial ».

Roshi Jiyu Kennett *,  The Wild, White Goose. Traduction : Françoise.           (https://en.wikipedia.org/wiki/Houn_Jiyu-Kennett)
* C’est à Sojiji qu’elle rencontra « Un petit moine à lunettes, qui était un des seuls à être aimable avec moi » (je cite de mémoire) ; c’était Moriyama Roshi !

Jôshin Sensei

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Ensemble pour nos principes !

花祭り Récemment, je suis tombé sur un article de presse qui expliquait comment  2500 personnalités religieuses de premier plan avaient signé une pétition enjoignant le Congrès américain de ne pas adouber le cabinet présenté par Donald Trump, qu’ils qualifiaient d’« obscurantiste ». J’ai parcouru   la liste des signataires, avec mention de leur religion, et je n’en  ai vu qu’une seule qui soit répertoriée comme bouddhiste. Ce constat n’a fait que renforcer  ma perplexité quant au fait que les enseignants et personnalités bouddhistes aux États-Unis ne s’expriment pas davantage sur les questions d’intérêt public.  Je m’interroge : puisque le bouddhisme bénéficie de cette aura de religion de paix et de compassion par excellence, pourquoi ne montons-nous pas davantage au créneau pour défendre la paix, le simple bon sens et la justice sociale ?

Il est vrai que nous sommes peu nombreux. Mais je ne pense pas que ce soit la seule raison qui explique notre réticence à nous exprimer. Plusieurs autres facteurs peuvent jouer.
Premièrement, beaucoup voient dans le Dharma un cheminement vers le bonheur personnel, une quête qui se poursuit essentiellement dans le silence des salles de méditation.
Deuxièmement, il existe une crainte que le militantisme politique alimente nos passions et fasse voler en éclats notre paix intérieure.
Troisièmement, s’engager activement dans les événements  du monde reviendrait à s’empêtrer dans l’illusion.
Enfin, quatrièmement, il existe une opinion répandue parmi les enseignants du Dharma, selon laquelle nous nous devons d’accueillir tout le monde et nous ne devons pas risquer de nous aliéner des étudiants potentiels en exprimant nos opinions politiques.
Cela étant, je pense que les enseignants, dont la mission première consiste à enseigner les techniques méditatives, ne devraient pas exposer leurs opinions politiques personnelles du haut de leur coussin, pas plus que les responsables de centres du Dharma ne devraient user de leur autorité pour soutenir tel ou tel candidat ou inciter leur communauté à suivre un parti politique plutôt qu’un autre. Je ferais néanmoins une distinction très nette entre soutien politique et défense de certains enjeux publics. Il me semble en effet que parler de ces questions relève bel et bien de la mission d’un enseignant du Dharma. La politique n’est pas seulement une course au pouvoir ou aux portefeuilles ministériels, c’est aussi l’arène où sont menés les grands combats éthiques, des combats qui ont un impact décisif sur la vie de chaque personne dans ce pays et sur cette planète.
Si, par peur de froisser des susceptibilités, les enseignants du Dharma s’abstiennent de parler de ces questions fondamentales, leur silence reviendrait même à abdiquer leurs responsabilités en tant  que chefs spirituels.
enfantsEn tant que bouddhistes, nous avons certains principes que nous jugeons inviolables.
Nous pensons ainsi que tout être humain possède une dignité intrinsèque, que chaque personne doit être traitée de manière équitable et juste, que ceux qui basculent dans la précarité doivent être protégés et avoir la possibilité de s’épanouir, et que les ressources de notre planète doivent être utilisées de manière judicieuse, par respect pour les fragiles équilibres de la nature.
Photo : Liliane

L’investiture de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis mettra vraisemblablement chacun de ces principes à rude épreuve. Des temps troubles s’annoncent, et adopter le Dharma comme source de résilience, pour préserver notre équilibre intérieur face aux ondes de chocs qui se feront sentir dans le paysage social, ne suffira pas.Il nous faudra être plus ambitieux, et poursuivre un programme de résistance collective inspiré par  une vision radicalement différente des relations humaines, un programme qui réaffirme le devoir que nous avons de nous respecter mutuellement, de prendre soin les uns des autres, et de faire en sorte que la planète reste habitable pour les générations à venir.
Si nous entendons marquer la politique publique de notre empreinte propre, en tant que bouddhistes, il se peut qu’il nous faille mettre sur pied un groupe  de pression, une alliance pan-bouddhiste, ancrée dans le constat que les débats politiques enflammés sont aussi des questions éthiques brûlantes sur lesquelles nous devons nous positionner. Une telle alliance nous permettra de porter la voix de la conscience bouddhiste sur la place publique.
Étant relativement peu nombreux, nous ne pourrons pas, seuls, avoir un grand impact. Mais nous pouvons rejoindre les dirigeants progressistes d’autres religions qui partagent nos convictions,  et défendre ensemble la dignité humaine et notre démocratie mise  à mal. Nous pouvons en appeler, à l’unisson, à une politique de générosité généralisée, en lieu et place d’un militarisme effréné, à  des programmes qui protègent les démunis et les personnes vulnérables, à la défense de la justice sociale et raciale et à une transition rapide vers une économie basée sur une énergie propre.
Défendre des enjeux comme ceux-là ne signifie pas nécessairement faire de la politique partisane. Il s’agit plutôt de faire peser le poids moral du Dharma sur les questions qui touchent la vie de personnes partout dans le monde – aujourd’hui et dans un avenir plus lointain.
Bikkhu Bodhi, « Let’s Stand Up Together », Buddhadharma Spring 2017 Traduction : Françoise.

En vrac

花祭り La Kanzeon du monde des robots ?
Victoria, 4 ans et demi :  « Moi, je vais construire une machine. Elle aura des oreilles pour entendre ce que les gens disent, et 1000 pieds, comme ça, elle pourra aller partout pour les aider ».
(Entendu par Françoise).

花祭り boitesouriresA Mons, une boîte à sourires dans le dojo : « Une pensée, un mot, une phrase, une image…Vous avez souri ? Déposez-les ici… Vous en avez besoin ? Servez-vous… »

花祭り Nouveau sourire : « La joie, c’est ce qui se passe maintenant… moins l’idée qu’on s’en fait ! – Charlotte Joko Beck »

花祭り Ce matin dans le zendo, la tempête débutée au petit jour a pris de l’ampleur.
La maison vibrait, le vent mugissait et l’inquiétude montait en moi.
Au réveil, je m’étais donné « l’humour » comme ligne de conduite pour la journée, mais je n’en avais guère à cette heure là !
Je me suis soudain sentie reliée aux personnes qui connaissent ce genre d’événements, comme au Japon, et je suis parvenue à rester assise.
A la fin de la méditation, alors que les choses s’accentuaient au-dehors, j’avoue que j’ai presque crié le Daï-Saï, pour canaliser mon inquiétude.
Et j’ai renoncé aux autre sutras pour aller voir ce qui se passait…

C’est ainsi que j’ai vu, en plus de la frénésie des arbres, la table de jardin s’envoler emportant le bac avec tous les plants, suivi d’une ardoise du toit. Seule la mangeoire à oiseaux résistait…
Presque rien au demeurant, mais le sentiment d’être toute petite face aux éléments…

Le soleil est revenu, j’ai tout ramassé (jusqu’à la prochaine fois) et je le sens là très fort à présent cet humour du jour qui me glisse un sourire aux lèvres et me murmure que je l’ai touchée du doigt, ce matin, l’impermanence…  A. C.

enfantnonne-birmanie花祭り  Oui, vous êtes sollicités par beaucoup d’ONG, comment faire le choix, les grandes associations, les petites, les urgences…
Nous vous proposons d’aller faire un tour sur le site de PASDB, Pour une action sociale durable en Birmanie : www.associationpasdb.org.

Nous avons choisi de les aider – nous : l’Arbre de l’Eveil, Jôshin Sensei – après plusieurs conversations avec les responsables, qui non seulement font un travail remarquable, parce que dans une optique de formation et de prise en charge à long terme par les Birmans eux-mêmes, mais aussi avec une approche reflétant les Enseignements. Jôshin Sensei
Photo : PASDB

Hanah Matsuri 花祭り

Hana Matsuri, Fête des fleurs, est un service commémoratif qui se déroule dans tous les temples du Japon pour célébrer la naissance du Bouddha historique le 8 avril. Ce jour-là, de petites constructions décorées de fleurs sont fabriquées dans les temples et une tanjobutsu (statuette du Bouddha enfant) est placée à l’intérieur. On verse sur cette statue de l’ama-cha, un thé de feuilles de camélia à l’aide d’une louche en bois.

Cette fête est aussi célébrée dans tous les jardins d’enfants  à travers le pays.
Le Bouddha Shakyamouni dit à sa naissance : « Le ciel, la terre et moi sommes une seule personne ».
Selon une légende deux Rois  des Dragons firent pleuvoir du ciel de l’eau sucrée douce et tiède pour baigner le bébé Bouddha.
La coutume est restée de boire de ce thé sucré ce jour-là, mais aussi de l’utiliser pour faire de l’encre à sumi-è et écrire : « Le 8 avril est une journée de chance et les insectes s’en vont ».
Ce morceau de papier est ensuite suspendu dans la maison afin d’éloigner les insectes désagréables.
Soto Shu/Wikipedia

花祭り Hanah Matsuri, Fête des Fleurs, naissance du Bouddha le 8 Avril.

Offrir un peu d’eau, quelques fleurs, un bâton d’encens, quelques minutes pour « éclairer » le monde ensemble.

花祭り Verset du bain du Bouddha

Nous nous inclinons profondément, et respectueusement, devant Shakyamuni Bouddha, l’Honoré du monde. Le premier des êtres humains qui a réalisé la parfaite sagesse.
Comme nous lavons l’enfant Bouddha, les mérites de la pratique, lavent les êtres humains des souillures des illusions,  révélant leur corps de Bouddha.

 

N°227 – Avril 2017

autelN’oublions pas que nous vivons tous dans le même monde :
« Ce que je fais compte, je ne peux pas faire comme si je ne le savais pas »  dit Koun Franz.
Pouvons-nous ignorer le collectif ? Notre pratique est-elle uniquement personnelle ? Y a-t-il une moralité bouddhique? Garder l’esprit tranquille, est-ce que cela veut dire que nous nous taisons ? Peut-on crier la parole juste ? Y a-t-il une réponse bouddhiste, ou une prise de position personnelle ? … Toutes ces questions qui se posent aujourd’hui aux pratiquants américains, se posent aussi à nous. Ce mois-ci, mois des élections en France, nous avons une réflexion à faire, une réponse à donner.
Et nous nous tournons vers le Bouddha.

花祭りHanah Matsuri à la Demeure sans Limites : la naissance du Bouddha, Fête des Fleurs

La Demeure sans Limites :

Retraites :
Jôshin Sensei : vendredi 7 au dimanche 9 avril : « Fête des fleurs. Préparation de l’été ».

Jôkei Sensei et Shoju Mahler Sensei, fondatrice et enseignante du Zendo l’Eau Vive à Alès : vendredi 14 au lundi 17 avril  :
« La vie ordinaire, c’est la Voie » ou l’art de contenir le feu –

Jôshin Sensei :
– Paris : samedi 22 Avril
– Annecy : samedi 6 Mai

– Uposatha : Les 11 et 26 avril.
– Le 8 avril : naissance du Bouddha.
Pour nous rejoindre : https://framadate.org/tsGFhXkL1wejK7Hy

– Assemblée générale de l’Arbre de l’Eveil : dimanche 28 mai

Sommaire
Hanah Matsuri, Fête de l’enfant Bouddha
Bhikkhu Bodhi : Ensemble pour nos principes !
Ajahn Amaro – Koun Franz – Angel Kyodo Williams : Avancer et prendre des décisions.
En vrac

prochain

Demande : Si vous changez d’ordinateur… Toen en a besoin d’un, le sien est pratiquement hors d’usage. Nous pouvons le récupérer à Paris, Annecy ou à la Demeure sans Limites. Merci!

Avancer et prendre des décisions

花祭りAvancer et prendre des décisions

statuefleursSi toutes vos actions sont accomplies dans le respect des êtres humains, si elles naissent de l’honnêteté et d’un engagement pour la non-violence, alors la cause que vous suivez, ou le parti que vous soutenez ne sont que des problèmes secondaires.
Je passe beaucoup de temps à expliquer aux gens qu’être dans la paix n’est pas être passif.
Souvent les gens pensent à tort que pratiquer la gentillesse, la parole juste signifie ne rien dire, ou garder la tête baissée. Ce n’est pas vrai – vous pouvez crier la parole juste ! Vous pouvez faire du bruit, vous pouvez agir en vous appuyant sur le Dharma.

Ajahn Amaro

 花祭り Quelle éthique ?

Quand j’ai commencé à me tourner vers le bouddhisme, je voulais voir le monde à travers des lentilles spéciales, claires et panoramiques, et pour être honnête avec du détachement.

Je voulais aussi, en tant que teenager, être le genre de personne Zen dont parlait les livres, spontanée, entière -je saurais comment me comporter dans le monde, et bien sûr avec moralité. Mais ce serait une morale naturelle, presque un résultat inconscient de mes autres qualités.
Je saurais quoi faire, et je le ferai sans efforts. Mais ça n’a pas marché.

Aujourd’hui, dans tous mes rôles, prêtre, père, mari, citoyen, je me retrouve en train de chercher des conseils.
Je ne sais pas toujours quoi faire, et je pense que personne ne le sait. Je croyais qu’il y avait une bonne et une mauvaise réponse. mais en fait le bouddhisme n’offre pas, en matière d’éthique, de réponses absolues mais pose des questions. Même ce précepte que j’ai essayé toute ma vie de respecter, « Ne pas prendre ce qui n’est pas donné », plus j’y pense, moins je crois l’avoir suivi. Ou même pas suivi du tout.

Et pourtant il faut avancer, et prendre des décisions. Pourtant, ne pas faire le mal, faire le bien, aider tous les êtres  -apparemment rien de plus simple, même si la mise en œuvre n’est jamais simple.

Nous sommes aujourd’hui des citoyens globaux : quand je mets de l’essence dans ma voiture, quand je prends une tasse de café, je dois me demander comment tout cela est venu à moi, avec quel prix  caché ?  A chaque moment de mes actions quotidiennes, mondaines, il y a des gens qui tirent profit de ces actions, et d’autres qui en souffrent.

Même si je ne peux pas voir le filet complexe qui entoure chaque décision, je sais qu’il est là.
Ce que je fais compte.
Je ne peux pas faire comme si je ne le savais pas.

Révérend Koun Franz.

花祭り Pratique personnelle.

statuefleurs2Dans notre société, nous sommes extrêmement tournés vers une pratique personnelle, et cela, sans le faire exprès, nous désengage de cette fondamentale réflexion éthique : comment mon expérience personnelle se reflète-t-elle à un niveau collectif ?

Il y a nécessité à inclure, peut-être pour la première fois de façon explicite, le collectif dans notre compréhension de la pratique. Il nous faut reconnaître le danger  qu’il y a à nous focaliser seulement sur notre expérience individuelle dans une société hyper-individualiste.  La façon dont est vue la colère individuelle n’est pas obligatoirement vraie à l’échelon de la société.
Rester confinés dans des espaces qui ne se tournent pas vers le collectif peut amplifier notre circuit névrotique ; nous nous coupons de l’« autre » parce que nous sommes refermés sur nous-mêmes. On a vu cela dans certaines communautés bouddhistes aux Etats-Unis.
Il me semble que c’est parce que nous ne nous sommes pas confrontés à la grande expérience du collectif que nous sommes dans cette situation aujourd’hui en Amérique.

Trop d’entre nous qui sont des gens bien laissent des choses pas bien arriver parce que nous restons  dans notre bulle. Nous ne nous sommes pas levés pour dire que nous n’allons pas seulement regarder qui nous sommes en tant que gens bien, mais aussi ce qui arrive au niveau collectif.

Nous devons nous montrer pour tout le monde, cela ne suffit pas de juste regarder comment nous, nous nous conduisons.

Angel Kyodo Williams Buddhadharma Spring 17
Traduction : Jôshin Sensei.

花祭りLa peur

D’une perspective psy bouddhiste, la malveillance a ses racines dans la peur, peur de la perte, de la blessure. Quand nos coeurs sont remplis de cette peur, nous créons un « autre » que nous fuyons ou que nous attaquons.  L’« autre » peut être une personne, ou tout un groupe de personnes dont nous nous méfions, et que nous jugeons et condamnons.
Parfois ces « autres » créés et solidifiés sont des aspects de notre être que nous dédaignons, ou craignons : nous sommes des maîtres dans l’art de l’auto-dénigrement.

Puis nous rajoutons l’aversion   pour l’aversion, car en tant que personnes spirituelles nous ne devrions pas nous conduire comme ça.
Nous éprouvons de la jalousie, du mépris, de l’anxiété, nous en avons honte et nous les retournons sur ces « autres » que nous rejetons.
C’est l’éternelle histoire : le monde comme moi devraient être différents de ce qu’ils sont pour que je sois heureux.

Lorsque nous comprenons ce que cela signifie d’étendre metta, l’amitié inconditionnelle, à tout, absolument tout, alors nous comprenons que l’aversion aussi demande cette sympathie ; c’est une souffrance qui ne peut prendre fin qu’en étant intime avec la forme de la malveillance, afin de la comprendre.

Le Bouddha a résumé ceci ainsi : « La haine ne peut jamais cesser par la haine.
Par la gentillesse seulement elle prend fin.
Ceci est une loi éternelle ».

Christina Feldman Buddhadharma Spring 17
Traduction : Jôshin Sensei.

花祭りLe livre de Bhikkhu Bodhi

« Social and Communal Harmony » présente une sélection de textes du Canon Pali des toutes premières discussions boudhistes sur l’amitié, la communauté, la résolution des conflits, et la création et la protection d’une société juste et équitable.enfantshanamatsuri

Si la plupart des passages nous enseignent la coopération et la résolution pacifique des problèmes, le Bouddha nous rappelle que dans certains cas, des personnes particulièrement nocives doivent être écartées :  « Bien qu’il soit sournois, qu’il parle en mensonges, vous devez voir qui il est vraiment ; puis vous rencontrez tout sans colère et l’écartez fermement ».
Il nous met aussi en garde contre les risques qui découlent d’un gouvernant sans principes :

« Quand les rois sont iniques, les vassaux aussi deviennent iniques ;
quand les vassaux sont iniques, les brahmines et les maîtres de maison deviennent iniques ; quand les brahmines et les maîtres de maison sont iniques, le peuple des villes et des campagnes devient inique. Quand le peuple des villes et des campagnes est inique, le soleil et la lune perdent leur course juste ».

花祭り Oubliez le bouddhisme, soyez des êtres humains !   

(..) L’élection présidentielle aux USA avec toutes ses exagérations et son vitriol a fait naître de fortes réactions émotionnelles chez beaucoup d’électeurs.
Ces réactions émotionnelles sont justement des réactions et la Voie du Bouddha nous enseigne à développer les moyens et les capacités -à travers la compréhension de la vacuité, la compassion, la parole juste, etc… – pour ne plus réagir mais répondre. Comment nous appliquons cela dans notre vie est une recherche individuelle, dépendant de multiples facteurs.
Beaucoup de gens voient le bouddhisme comme une religion, et, en tant que telle, une institution sociale qui peut et doit prendre position sur les problèmes sociaux, économiques et politiques. Je n’ai jamais pensé cela.
Je n’ai jamais trouvé que le bouddhisme avait quoi que ce soit à dire sur ces sujets. Il me semble que je crois que le bouddhisme n’a rien à dire sur quoi que ce soit en fait. Pour moi, c’est une voie de  pratique spirituelle qui porte sur le lâcher-prise de notre identité et nous amène à faire l’expérience d’une vie libérée des limites de l’esprit conceptuel.

statuefleurs3

Ce changement peut nous amener à prendre parti sur un certain nombre de problèmes mais cette prise de position repose sur des choix personnels et pas des positions bouddhiques.

(…) Une des réalisations les plus importantes de ma propre pratique a été de voir, même un peu, le monde tel qu’il apparaît à travers les yeux des autres.

Pour cela, j’ai besoin de lâcher prise de mon identité et m’imaginer à leur place ,
et c’est toujours un challenge…

Ken McLeod/Tricycle/Nov.2016. proposé par Mokusho Sa, Traduction : Jôshin Sensei