花祭りAvancer et prendre des décisions

statuefleursSi toutes vos actions sont accomplies dans le respect des êtres humains, si elles naissent de l’honnêteté et d’un engagement pour la non-violence, alors la cause que vous suivez, ou le parti que vous soutenez ne sont que des problèmes secondaires.
Je passe beaucoup de temps à expliquer aux gens qu’être dans la paix n’est pas être passif.
Souvent les gens pensent à tort que pratiquer la gentillesse, la parole juste signifie ne rien dire, ou garder la tête baissée. Ce n’est pas vrai – vous pouvez crier la parole juste ! Vous pouvez faire du bruit, vous pouvez agir en vous appuyant sur le Dharma.

Ajahn Amaro

 花祭り Quelle éthique ?

Quand j’ai commencé à me tourner vers le bouddhisme, je voulais voir le monde à travers des lentilles spéciales, claires et panoramiques, et pour être honnête avec du détachement.

Je voulais aussi, en tant que teenager, être le genre de personne Zen dont parlait les livres, spontanée, entière -je saurais comment me comporter dans le monde, et bien sûr avec moralité. Mais ce serait une morale naturelle, presque un résultat inconscient de mes autres qualités.
Je saurais quoi faire, et je le ferai sans efforts. Mais ça n’a pas marché.

Aujourd’hui, dans tous mes rôles, prêtre, père, mari, citoyen, je me retrouve en train de chercher des conseils.
Je ne sais pas toujours quoi faire, et je pense que personne ne le sait. Je croyais qu’il y avait une bonne et une mauvaise réponse. mais en fait le bouddhisme n’offre pas, en matière d’éthique, de réponses absolues mais pose des questions. Même ce précepte que j’ai essayé toute ma vie de respecter, « Ne pas prendre ce qui n’est pas donné », plus j’y pense, moins je crois l’avoir suivi. Ou même pas suivi du tout.

Et pourtant il faut avancer, et prendre des décisions. Pourtant, ne pas faire le mal, faire le bien, aider tous les êtres  -apparemment rien de plus simple, même si la mise en œuvre n’est jamais simple.

Nous sommes aujourd’hui des citoyens globaux : quand je mets de l’essence dans ma voiture, quand je prends une tasse de café, je dois me demander comment tout cela est venu à moi, avec quel prix  caché ?  A chaque moment de mes actions quotidiennes, mondaines, il y a des gens qui tirent profit de ces actions, et d’autres qui en souffrent.

Même si je ne peux pas voir le filet complexe qui entoure chaque décision, je sais qu’il est là.
Ce que je fais compte.
Je ne peux pas faire comme si je ne le savais pas.

Révérend Koun Franz.

花祭り Pratique personnelle.

statuefleurs2Dans notre société, nous sommes extrêmement tournés vers une pratique personnelle, et cela, sans le faire exprès, nous désengage de cette fondamentale réflexion éthique : comment mon expérience personnelle se reflète-t-elle à un niveau collectif ?

Il y a nécessité à inclure, peut-être pour la première fois de façon explicite, le collectif dans notre compréhension de la pratique. Il nous faut reconnaître le danger  qu’il y a à nous focaliser seulement sur notre expérience individuelle dans une société hyper-individualiste.  La façon dont est vue la colère individuelle n’est pas obligatoirement vraie à l’échelon de la société.
Rester confinés dans des espaces qui ne se tournent pas vers le collectif peut amplifier notre circuit névrotique ; nous nous coupons de l’« autre » parce que nous sommes refermés sur nous-mêmes. On a vu cela dans certaines communautés bouddhistes aux Etats-Unis.
Il me semble que c’est parce que nous ne nous sommes pas confrontés à la grande expérience du collectif que nous sommes dans cette situation aujourd’hui en Amérique.

Trop d’entre nous qui sont des gens bien laissent des choses pas bien arriver parce que nous restons  dans notre bulle. Nous ne nous sommes pas levés pour dire que nous n’allons pas seulement regarder qui nous sommes en tant que gens bien, mais aussi ce qui arrive au niveau collectif.

Nous devons nous montrer pour tout le monde, cela ne suffit pas de juste regarder comment nous, nous nous conduisons.

Angel Kyodo Williams Buddhadharma Spring 17
Traduction : Jôshin Sensei.

花祭りLa peur

D’une perspective psy bouddhiste, la malveillance a ses racines dans la peur, peur de la perte, de la blessure. Quand nos coeurs sont remplis de cette peur, nous créons un « autre » que nous fuyons ou que nous attaquons.  L’« autre » peut être une personne, ou tout un groupe de personnes dont nous nous méfions, et que nous jugeons et condamnons.
Parfois ces « autres » créés et solidifiés sont des aspects de notre être que nous dédaignons, ou craignons : nous sommes des maîtres dans l’art de l’auto-dénigrement.

Puis nous rajoutons l’aversion   pour l’aversion, car en tant que personnes spirituelles nous ne devrions pas nous conduire comme ça.
Nous éprouvons de la jalousie, du mépris, de l’anxiété, nous en avons honte et nous les retournons sur ces « autres » que nous rejetons.
C’est l’éternelle histoire : le monde comme moi devraient être différents de ce qu’ils sont pour que je sois heureux.

Lorsque nous comprenons ce que cela signifie d’étendre metta, l’amitié inconditionnelle, à tout, absolument tout, alors nous comprenons que l’aversion aussi demande cette sympathie ; c’est une souffrance qui ne peut prendre fin qu’en étant intime avec la forme de la malveillance, afin de la comprendre.

Le Bouddha a résumé ceci ainsi : « La haine ne peut jamais cesser par la haine.
Par la gentillesse seulement elle prend fin.
Ceci est une loi éternelle ».

Christina Feldman Buddhadharma Spring 17
Traduction : Jôshin Sensei.

花祭りLe livre de Bhikkhu Bodhi

« Social and Communal Harmony » présente une sélection de textes du Canon Pali des toutes premières discussions boudhistes sur l’amitié, la communauté, la résolution des conflits, et la création et la protection d’une société juste et équitable.enfantshanamatsuri

Si la plupart des passages nous enseignent la coopération et la résolution pacifique des problèmes, le Bouddha nous rappelle que dans certains cas, des personnes particulièrement nocives doivent être écartées :  « Bien qu’il soit sournois, qu’il parle en mensonges, vous devez voir qui il est vraiment ; puis vous rencontrez tout sans colère et l’écartez fermement ».
Il nous met aussi en garde contre les risques qui découlent d’un gouvernant sans principes :

« Quand les rois sont iniques, les vassaux aussi deviennent iniques ;
quand les vassaux sont iniques, les brahmines et les maîtres de maison deviennent iniques ; quand les brahmines et les maîtres de maison sont iniques, le peuple des villes et des campagnes devient inique. Quand le peuple des villes et des campagnes est inique, le soleil et la lune perdent leur course juste ».

花祭り Oubliez le bouddhisme, soyez des êtres humains !   

(..) L’élection présidentielle aux USA avec toutes ses exagérations et son vitriol a fait naître de fortes réactions émotionnelles chez beaucoup d’électeurs.
Ces réactions émotionnelles sont justement des réactions et la Voie du Bouddha nous enseigne à développer les moyens et les capacités -à travers la compréhension de la vacuité, la compassion, la parole juste, etc… – pour ne plus réagir mais répondre. Comment nous appliquons cela dans notre vie est une recherche individuelle, dépendant de multiples facteurs.
Beaucoup de gens voient le bouddhisme comme une religion, et, en tant que telle, une institution sociale qui peut et doit prendre position sur les problèmes sociaux, économiques et politiques. Je n’ai jamais pensé cela.
Je n’ai jamais trouvé que le bouddhisme avait quoi que ce soit à dire sur ces sujets. Il me semble que je crois que le bouddhisme n’a rien à dire sur quoi que ce soit en fait. Pour moi, c’est une voie de  pratique spirituelle qui porte sur le lâcher-prise de notre identité et nous amène à faire l’expérience d’une vie libérée des limites de l’esprit conceptuel.

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Ce changement peut nous amener à prendre parti sur un certain nombre de problèmes mais cette prise de position repose sur des choix personnels et pas des positions bouddhiques.

(…) Une des réalisations les plus importantes de ma propre pratique a été de voir, même un peu, le monde tel qu’il apparaît à travers les yeux des autres.

Pour cela, j’ai besoin de lâcher prise de mon identité et m’imaginer à leur place ,
et c’est toujours un challenge…

Ken McLeod/Tricycle/Nov.2016. proposé par Mokusho Sa, Traduction : Jôshin Sensei