mettasoup - copieEt il y a une chose que je voulais vous dire, Kinhin est une pratique qui m’a beaucoup marqué. Je ne sais pas comment expliquer mais quand je le fais ou bien quand simplement dans la journée, je m’arrête, je mets mes mains comme en kinhin et je respire : tout s’ouvre devant dans le thorax en haut et tout s’ancre en bas. Les derniers jours avec vos instructions c’était déjà le cas. Mais c’est en revenant dans la vie hors du temple que cela m’a marqué quand j’ai refait kinhin chez moi. Ça me bouleverse. Je ne sais pas comment l’expliquer. C’est comme si ça allait dans le sens du travail de se tenir droite, sauf que ça n’est pas un travail ou un exercice. Je sais que ce que je dis n’est pas très clair mais je voulais vous le partager, Kinhin est une pratique qui me marque beaucoup sans en connaître grand chose. Alizée
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Le vœu de Gautama de ne pas bouger avant d’avoir réalisé la vérité ultime :
Chaque soir de la retraite de Rohatsu, la lune et Vénus brillaient ensemble au-dessus de La Demeure sans limites. Juste avant de nous asseoir ensemble la nuit du 8 décembre, je suis dehors, à me laisser en résonance dans la Nature. Il fait nuit. Le ciel est plein d’étoiles. Le sol blanc de givre. Silence immobile.
Soudain, la lumière s’allume devant le temple et d’un coup révèle mille minuscules étoiles dans les brins d’herbes blancs, mille gouttes d’eau gelées qui scintillent ! Le ciel noir se reflète sur la terre blanche ! La terre entière est miroir du Ciel ! Émerveillement !
Le lendemain matin, le ciel plein de soleil, et encore des étoiles, les gouttes de rosée sur les brins d’herbe !
Toutes ces étoiles, l’étoile de l’Éveil ! Partout, toujours ! Ciel, terre, jour, nuit ! Unité de l’un et du multiple.
L’immobilité fertile de Gautama a révélé le cheminement d’une compréhension profonde de l’univers et du monde, mon vœu : les yeux de La Voie toujours ouverts. Nicole T.

mettasoup - copieThé du matin
Le matin, nous nous levons très tôt, nous nous lavons le visage et nous brossons les dents, selon l’enseignement de Maître Dôgen. C’est notre premier don. Nous offrons au monde un visage propre. Il faut faire vite.
Nous descendons dans le dojo. Il fait nuit. Il fait froid. Assis tous ensemble en silence, nous offrons au monde notre zazen. C’est notre deuxième don.
Puis vient la cérémonie. C’est l’affaire de tous, aussi bien les officiants (Sensei, le doan, la personne de l’encens) que tous les participants. Nous sommes comme un orchestre dont Sensei serait  le chef d’orchestre, comme tous les neurones d’un seul cerveau. Nous sommes collectivement une seule personne. Nous dédions les mérites de la cérémonie à nos Maîtres, aux fondateurs du temple, à tous les êtres. C’est notre troisième don.
La Demeure Sans Limites est comme une fleur qui déplie ses pétales au matin.    Puis vient le repas. La cérémonie continue sous une autre forme. Nous offrons notre gratitude à tous ceux qui ont contribué à cette nourriture qui nous est parvenue, depuis des personnes inconnues jusqu’aux responsables du petit-déjeuner. Dons, comme les pétales de la fleur. Faire le service, remplir les bols de chacun, attentif à ce dont il a besoin, n’est-ce pas aussi un don ? Nous nous saluons avant et après, en gasshô. Don de la personne qui sert, don de gratitude de la personne qui reçoit.
La fleur du Dharma de La Demeure Sans Limites continue de déployer ses pétales.
Vient le moment de boire le bol de thé chaud, en essayant de raffiner le geste, les bras comme en kin-hin, comme nous l’a enseigné Sensei. Quelle joie de savourer ce thé, qui réchauffe, au milieu des frères et sœurs du Dharma, dans la cuisine, dans le silence, avec le poêle qui ronronne, les premiers bruits du dehors, quelle joie !

Sevel abred en noz du,
Diskenn d’ar zendo yen
Bolennad te tomm ar beure
Peoc’h ha levenez em askre (breton)

Se lever tôt dans la nuit noire
Descendre dans le zendo froid
Le bol de thé chaud du matin
Paix et joie dans mon coeur
Iwan-TekkaÏ

mettasoup - copieMerci à tous pour ce premier séjour à La Demeure sans Limites.
Il me faudra un peu de temps pour « digérer » cette retraite, certainement.
Je veux dire, comprendre le sens de toute la pratique.
L’équilibre entre le respect strict de ces pratiques, et le sens du Dharma (dimension amour, compassion, bienveillance) a été un point difficile pour moi en milieu de séjour. Un point de crispation sans doute.
Comment être « en retraite » et en groupe ? Comment être en groupe sans pouvoir aller vers l’autre avec ce moyen « facile » qu’est la parole ? Thierry

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Bois qui crépite
Fonte brûlante
Chante l’eau dans bouilloire de métal blanc
L’heure du thé.
Florence

 

nenousmangezpas

 

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