Il y a deux ans, mon Ecole, l’Ecole Soto Zen, a demandé à tous ses membres de ne plus utiliser le terme « Maître », mais « enseignant(e) ».

Je trouve que c’est une très bonne idée, car en occident, nous avons généralement pas ou peu d’expérience en la matière – la notion maître/disciple a toujours été réservée à de petits groupes très spécifiques.  Beaucoup d’occidentaux ne savent pas comment se situer par rapport à ce terme, tantôt l’employant de façon excessive : « Mon Maître ceci, mon Maître cela..», tantôt le refusant absolument, enlevant alors toute forme de politesse devant les noms des monastiques : « Jôshin  Sensei ».

Il me semble que les deux attitudes marquent une incompréhension de la relation monastique/laïc : depuis le responsable le plus haut placé dans le temple de Eiheiji, jusqu’au dernier ordonné, nous sommes tous d’abord des moines et des nonnes bouddhistes, fils et filles du Bouddha.
C’est pour moi le point essentiel.

Nous avons pris Refuge, reçu les Voeux et la discipline. Puis, comme cela se fait depuis l’époque du Bienheureux, nous offrons le Dharma aux laïcs. Nous avons choisi de consacrer notre vie à étudier, pratiquer et enseigner (ce qui est le plus souvent une seule et même chose).
Par respect pour cette démarche, par respect pour la connaissance et l’expérience acquises, les laïcs s’adressent aux monastiques en utilisant les termes Sensei, Thay, Vénérable, etc selon les écoles.  Cela me semble important car dans tous les milieux traditionnels, l’âge (au sens de l’expérience) s’accompagne de marques de respect.

C’est vrai, ce n’est pas facile de changer nos habitudes – je pense toujours à mon « Maître » en tant que Maître ! Mais le terme japonais « Roshi » signifie « Vieil Enseignant », ce qui lui correspondait bien en référence à sa sagesse.bouddhasolde
Le juste milieu : ni dithyrambique – les enseignants sont des êtres humains ! – ni familier – les enseignants sont ceux et celles qui montrent la Voie ;le juste milieu : la marque du respect et de la gratitude qui s’échangent entre monastiques et laïcs.

Jôshin Sensei

 

Bouddha en solde vu dans magasin à Valence près du Betsuin.

 

Voilà ce qu’écrit une des personnes laïques qui marche avec moi sur la Voie :

« C’est sûr que le mot « Maître » n’est pas facile à utiliser pour nous laïcs surtout lorsqu’on en parle à d’autres personnes. Il est plutôt rangé dans le champ lexical de la secte, de la soumission, ou alors est réservé au domaine de l’enseignement, utilisé par les jeunes enfants lorsqu’ils sont à l’école, ou par les apprentis qui ont un maitre  de stage, mais dans les deux cas, il n’y a pas de majuscule. (…)

Je trouve aussi qu’utiliser « enseignant » c’est plus adapté, mais il manquerait peut être un adjectif ou un mot qui complète qui signifierait à la fois ce respect et cette gratitude de la part des étudiants,  et le fait de consacrer sa vie à offrir le Dharma de la part des ensei-gnants.  «Enseignant de la Voie » , « enseignant spirituel»?  Je ne vois pas trop en français. « Sensei » c’est parfait » !

A.J.

RETOUR AU SOMMAIRE