mettasoup - copieIntroduction
Notre pratique centrale : zazen, ici, dans la salle de méditation, ensemble dans le silence, le non-faire, le sans-faire.
Simplement observer, laisser passer. Facile !?
Mais notre vie quotidienne est rarement silence et non-faire.
Comment passer de l’espace du zendo à cet espace de l’autre côté de la porte ?
Les pratiques des bols, du samu offrent cet espace, ce moyen habile, ces portes vers une méditation non plus assise mais en action ; et aussi l’entraînement, le champ d’expérimentation par les oryokis.

1ère porte : Action et vie quotidienne

Dans le zendo, les bols et la posture – à l’extérieur, l’assiette et quelle posture ? Lever son assiette, prendre le temps d’une respiration avant le repas, entre les bouchées, reposer sa fourchette…
Méditation dans le faire de la vie quotidienne : concentration.

2ème  porte : Concentration et observation

Observer Sensei dans la pratique des bols : « Suivre à l’extérieur, vide à l’intérieur »
Est-ce que je peux observer, laisser passer dans l’action de la vie quotidienne ?
Observer les sensations, les perceptions, les constructions mentales et laisser passer…

3ème porte : Humilité, confiance et apprentissage

Ce que je crois savoir : manger, c’est ce que je fais 3 fois par jour depuis 30/40/50 ans !
« Je sais manger » ! Accepter de ne pas savoir : observer, apprendre en regardant, apprendre à réapprendre.
Sutra des bols : « Recevons cette nourriture avec humilité… avec un esprit libre de tout attachement ».
Est-ce pour autant un savoir-faire, une dextérité ? Ou un savoir-être ? Ouvrir l’esprit.

4ème porte : Esprit vaste

Lorsque le bruit s’estompe, s’éteint à l’intérieur : élargir le focus au fur et à mesure de la pratique ; se concentrer d’abord uniquement sur ses propres bols, puis apprendre à regarder pour apprendre et suivre, apprendre à regarder pour manger ensemble en harmonie, apprendre à regarder pour donner aux autres. (« Attendre », se synchroniser avec le pratiquant néophyte pour lui donner l’occasion  à son tour d’observer et d’apprendre).

5ème porte : Gratitude et interdépendance

Sutra des bols « Recevons cette nourriture avec gratitude grâce à d’innombrables labeurs elle est parvenue jusqu’à nous ».
En tendant son bol, reconnaître le travail du tenzo, du livreur, de l’agriculteur, de la terre, de la pluie, du soleil…Prendre conscience en levant son bol de l’interdépendance dans notre bol, dans notre vie quotidienne.

6ème porte : Non-discrimination

Trop/pas assez, trop chaud/trop froid, salé, sucré, j’aime/j’aime pas le goût, la saveur…
Pourtant en tendant mon bol c’est ce que j’ai reçu, c’est ce que j’ai à manger… et rien d’autre.
Se rappeler qu’avoir à manger dans son bol est déjà une chance, naissance de la gratitude.
Observer les formations mentales : saisie, rejet, crispation, frustration… ou dire oui, d’accord, c’est comme ça.

7ème porte : Accepter

Comment est-ce que je mange avec ce que je reçois dans mon bol ?
Comment est-ce que je vis avec ce que je reçois dans ma vie quotidienne ?

8ème porte : Interdépendance et responsabilité

Comment est-ce que j’utilise cette énergie reçue ? Qu’est-ce que j’en fais ? En quoi est-ce que je la transforme (colère, aigreur, joie, générosité…) ?

9ème porte : Don

Offrande de l’eau : « Cette eau pure qui a servi à laver les bols du Bouddha, nous l’offrons aux esprits insatiables, puissions-nous nous libérer de notre propre avidité ».
Ce que j’ai reçu, qui ne m’appartient pas, comment est-ce que je le redonne ?
Apprendre le don, la générosité (l’eau, la nourriture, l’argent, le sourire, la joie…).

10ème porte : Transmission

Savoir-faire, exercice de dextérité ou savoir être ?
4ème vœu du bodhisattva : « La Voie du Bouddha est sans fin, je fais voeu de la suivre… »
Cela rejoint la 4ème porte : Esprit vaste, apprendre à regarder pour donner aux autres.

11ème porte : Sans trace

Ouverture puis fermeture des bols. Qui peut dire si le repas a été pris ?  Il en est de même pour le tenzo dans la cuisine : que reste-t-il?
Comment est-ce que je laisse l’espace, le monde derrière moi ?

portes12ème porte : Porte sans nom

Jôkei Sensei explique pour laver les bols : « Transvaser l’eau d’un bol dans l’autre ».
S’apercevoir que le «petit» bol est capable de contenir l’eau du «grand» bol : un instant merveilleux et magique renouvelé à chaque lavage.

Conclusion :

Encore et toujours de nouvelles portes qui apparaissent au fil de la pratique.

La joie d’une pratique sans fin…

Et pour vous, quelle prochaine porte se présentera, laquelle passerez-vous ?

Véro Enkô B.

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