करुणा

 « Le grand esprit de compassion est l’esprit de Bouddha. L’esprit du bouddhisme, c’est l’esprit de compassion et d’égalité.
Pour atteindre un esprit de compassion et d’égalité, tout d’abord, nous devons ne pas tuer ; ensuite, nous devons sauver et protéger la vie ; enfin, nous devons pratiquer le végétarisme.
Si nous parvenons à accomplir ces trois points, notre esprit de compas-sion se manifestera. »
Pratiquer le bouddhisme, c’est apprendre du Bouddha, apprendre de la pureté du corps, de la parole et de l’esprit du Bouddha.
« Apprendre du corps du Bouddha », c’est imiter les actions du Bouddha. Toutes les actions de nos vies quotidiennes devraient être justes et répondre aux normes les plus élevées.
« Apprendre de la parole du Bouddha », c’est toujours être juste dans nos propos – ne pas médire, ne pas répliquer, ne pas mentir et s’abstenir de paroles futiles.
«Apprendre de l’esprit du Bouddha», c’est examiner constamment l’émergence et l’impact de nos pensées et réfléchir de manière à ce que celles-ci répondent aux normes les plus élevées de perfection, de vérité, de vertu et de beauté.
Nous atteindrons ainsi la compassion, la sagesse, le samadhi du Bouddha, et même ses pouvoirs spirituels et ses facultés merveilleuses.
Il existe de nombreux moyens habiles pour nous aider à atteindre la pureté du corps, de la parole et de l’esprit.
On peut y voir un pont ou un chemin. Que ce soit dans notre vie professionnelle ou dans notre pratique spirituelle, il n’est pas facile de réussir sans avoir recours à des moyens habiles.
Dans la culture de la vie spirituelle, un premier moyen habile consiste à pratiquer le végétarisme.
L’esprit de compassion, c’est l’esprit du Bouddha.
Par conséquent, même si pratiquer le végétarisme nous semble ordinaire, la signification de ce geste est profonde et a de nombreuses implications.
Avoir un esprit d’égalité et de compassion, c’est être un Bouddha ou un Bodhisattva.
Le Soutra du Lotus dit : « Quand tous les êtres sensibles sont heureux, tous les Bouddhas sont heureux ».
Un esprit de grande compassion est la marque des Bodhisattvas. La grande compassion donne naissance à l’esprit d’éveil, et l’esprit d’éveil donne naissance à l’éveil.bouddha
Qu’est-ce qu’un esprit de compassion ?
C’est ce que le sage confucéen Mencius entendait lorsqu’il disait :     « Les voyant vivants, nous ne pouvons tolérer de les voir mourir,  entendant leur voix, nous ne pouvons tolérer de manger leur  chair ».
Lorsque l’on entend les hurlements déchirants des animaux que l’on mène à l’abattoir, on sait que c’est cruel et l’on se sent très triste. C’est pourquoi, par esprit de compassion, nous ne mangeons pas la chair d’êtres sensibles.
Le Soutra bouddhiste dit que les animaux sauvages ont aussi la nature de Bouddha.
Humains et animaux désirent vivre et craignent la mort. Leur conscience est celle-là.
La première raison d’être végétarien se fonde donc entièrement sur l’esprit de compassion et sur l’idée que tous les êtres sensibles possèdent la nature de Bouddha.
Ensuite, tous, nous sommes soumis à la causalité des trois périodes du temps – passé, présent et futur.
Si nous mangeons maintenant de la chair animale, la douleur et la souffrance que nous infligeons aux animaux nous seront également infligées dans le futur.
C’est bien connu, on récolte ce que l’on sème.
Le principe de causalité est immuable. Nous ne devons donc pas manger de viande.
Enfin, tous les être sensibles ont été et sont nos parents. Raison de plus pour sauver et protéger toute vie, comme s’il s’agissait de la vie de ceux qui nous sont proches.
Si nous n’avons pas un esprit de compassion et d’égalité, et si nous pratiquons seulement le végétarisme pour le bien de notre corps, même si notre santé s’améliore, il s’agit d’un attachement à l’ego.
L’ignorance de l’esprit et l’aveuglement peuvent augmenter, et il n’y aura aucun mérite.
Le végétarisme est également bon pour la santé. D’un point de vue médical, les légumes peuvent faire baisser la tension artérielle et réduire les risques de développer un cancer et beaucoup d’autres maladies.
Toutefois, dans le bouddhisme, nous prônons une motivation intégralement fondée sur la compassion pour devenir végétarien.
Par conséquent, que les personnes espèrent être en bonne santé, progresser sur le plan spirituel, ou accroître leur sagesse, leurs bienfaits, leurs mérites ou leur compassion, elles devraient pratiquer le bouddhisme et le végétarisme.
« Si le point de départ n’est pas juste, le chemin vers le but peut être compliqué »

gassho-fenetreDans le bouddhisme, on ne devient pas végétarien pour vivre longtemps mais par esprit de compassion et d’égalité.

Premièrement, les êtres sensibles sont de futurs bouddhas et bodhisattvas ; pour cette raison, nous ne devrions pas manger la chair d’être sensibles.
Deuxièmement, tous ont la nature de Bouddha. Outre le fait de protéger notre propre vie, nous devons également respecter les vies de tous les êtres sensibles.
Troisièmement, le végétarisme se fonde sur le principe de causalité qui recouvre les trois périodes du temps, passé, présent et futur. Nous comprenons donc clairement que la raison d’être végétarien est la cause du bodhisattva, la cause juste.
Si nous fondons nos actions sur ces principes, nous recevrons des bienfaits sans fin.
Si notre esprit causal (c’est à dire la raison de faire les choses) est juste, toutes nos actions génèreront des mérites incommensurables – elles seront lumineuses et ce seront des actes vertueux.
Si nos intentions ne sont pas justes, nous pouvons travailler très dur sans obtenir les bonnes rétributions ; nous pouvons même créer du mauvais karma.
Les voies de l’esprit sont extrêmement subtiles ; que l’on s’écarte d’un cheveu, et le résultat peut être éloigné de plusieurs milliers de kilomètres.
Le bouddhisme dit :
« Les trois royaumes ne sont rien d’autre que cet esprit ;
les dix mille dharmas ne sont rien d’autre que la conscience ».
La pratique spirituelle n’est rien d’autre que la manière de réguler notre esprit et la manière dont nous l’utilisons.
Nous devons atteindre un esprit de samadhi, de pureté et de clarté, être à même de faire la distinction entre ce qui est lumineux et ce qui est obscur, entre ce qu’il convient de faire et ce qu’il convient de ne pas faire.
L’esprit doit être parfaitement clair.
Le bouddhisme nous enseigne ce qui est juste et vrai. Si cet esprit est comme un miroir ou une mare d’eau claire, sans la moindre souillure, sans donner naissance à une seule pensée illusoire, demeurant constamment dans le samadhi et la sagesse, cet esprit est le Bouddhadharma.
Maître Wei Chueh
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