Le Daishin de septembre m’a fait réfléchir sur le fait de « manger de la viande ou pas «  ?
Le premier précepte du Bouddha :  Ne pas tuer. Si je le garde bien à l’esprit, il devient évident que je ne peux plus manger ni viande, ni poisson, car il me semble alors que  je partagerais la souffrance vécue dans leur chair qui aura été violemment blessée, pour être tuée ! et arriver dans mon assiette !!
Vu comme ça, mon ignorance m’a sauté aux yeux et de ce fait, je perds les mérites pour tous les êtres !  Ainsi, je comprends qu’il me devient compliqué de marcher sur la Voie   du Bouddha !
Un jour, après une séance de travail chez le kiné, qui nous a offert un café à une patiente et à moi, Madeleine a partagé avec nous les quelques jours de vacances qu’elle venait de passer à la campagne chez ses cousins éleveurs bio de charolaises. Le kiné pensait qu’elle avait dû manger une excellente viande… Et Madeleine, catégorique, nous explique alors qu’elle ne peut pas en manger car elle est une pure végétarienne depuis longtemps – au grand regret de ses cousins qui lui offraient de la qualité ! (Elle se soigne pour une anémie persistante entre autres).

Je me suis sentie déstabilisée. Je me pensais végétarienne ? Je mange ce qu’on me sert quand je suis invitée et m’abstiens de parler de ma tendance végétarienne, sauf avec mes proches. Et je m’entends encore le lui dire sur le ton de la réaction ! Par mes paroles, je nourris notre  virulence au lieu de prendre le temps d’accepter ce que j’entends et de mieux la comprendre !               Première leçon !

De plus,  il m’arrive d’acheter de la volaille dans un circuit direct du producteur local, très très rarement, mais plus souvent du poisson et des crevettes surgelés, (5 ou 6 fois dans l’année peut être) quand j’ai l’impression que j’ai besoin de me refaire une santé ? C’est ce que je me dis en tout cas. Pourtant, je n’aime pas la chair animale, subjectivement depuis longtemps.

Je me demande où je suis cohérente ? Les textes de Daishin et autres m’aident à plus d’empathie :
– sur la pensée plus juste : écouter l’autre, faire plus particulièrement attention quand je me sens en désaccord, faire silence et essayer de comprendre sans juger, ce que l’autre défend,
– sur une action juste : qu’est-ce que je nourris vraiment quand j’achète du poulet ou du poisson ? La réponse qui me vient c’est la violence !

Marcher sur la Voie du Bouddha passe par l’attention en pleine conscience devant mon choix du végétarisme, face à mes actions et mes pensées pour vivre la patience, la compréhension -ou pas!  –  et la confiance en l’autre !
Mais alors le bon café bio cultivé à l’autre bout du monde, que nous buvons ensemble, qui me dit qu’il n’est pas cultivé ou récolté par des personnes, voire même des enfants, « surexploités » ?
C’est pour tous ces êtres-là que j’offre ma gratitude dans mon coeur avant de boire ou de manger.
Et jeûner devient nourrir bienveillance, interdépendance.

C’est ce que je comprends du bol qui reçoit l’offrande, bol avec lequel j’ai appris à La Demeure sans Limites ce sens profond qui unit l’univers à tous les êtres, que je retrouve quand je mange dans les miens, les légumes et le riz préparés avec reconnaissance.
Marie Anjin

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