Se retrouver nu au beau milieu d’une cuisine : étrange pour un monastère, non ? Et pourtant c’est bien ce qui finit par arriver à La Demeure sans Limites lorsque vous quittez un instant votre bulle où vous êtes seul au monde pour vous ouvrir à l’autre ;
lorsque vous vous retrouvez sans les conventions sociales habituelles derrière lesquelles on se cache si aisément :
« – Vous en voulez ?
- Non, non allez-y… – Vous êtes sûr, parce que on peut partager sinon…
– Non je vous en prie allez-y ».
Lorsque le silence et gasshô viennent simplifier les rapports à leur essentiel, on peut se retrouver comme nu. Parce que l’espace s’ouvre un peu, parce que toutes ces habitudes avec lesquelles on s’habille d’ordinaire tombent une à une, on se retrouve nu. C’est de prime abord bien inconfortable : être dévêtue devant l’autre, cet inconnu vous pensez !
C’est quand même gênant… déjà qu’on ne s’aime pas beaucoup nous-même.
Etre nu, être à nu, c’est dévoiler tous les défauts, toutes les faiblesses. Et puis le corps parle : il raconte tout notre passé qu’il a comme engrammé ; il raconte nos pensées
qui nous absentent du présent pour un hypothétique futur ou pour un passé révolu.
Notre corps parle et nous dévoile et c’est inconfortable…
Jusqu’au moment où l’on réalise qu’à La Demeure sans Limites on ne sera pas jugé, qu’on y est accueilli pour ce que l’on est dans une grande
simplicité et une bienveillance qui rassure et détend.
Et c’est parce qu’on goûte à cette bienveillance envers soi qu’on peut aller s’asseoir simplement avec ce que l’on est et accorder un peu plus de douceur aux pensées et aux émotions qui nous habitent.
Maria