bougie
Lorsque l’on allume une bougie dans une pièce sombre, elle l’illumine un peu, mais son pouvoir reste limité. Si, en revanche, on utilise cette même bougie pour en allumer une autre, la luminosité augmente.
Et si l’on continue ainsi, on peut éclairer le moindre recoin de la pièce.
L’idée de transférer les mérites à d’autres personnes suit le même principe.
Si nous gardons égoïstement notre propre lumière sous le boisseau,  son rayonnement sera restreint.
Mais si nous la partageons avec d’autres, elle ne diminue en rien.   Au contraire, nous augmentons la lumière disponible pour tous.       Ainsi, lorsque d’autres personnes allument notre bougie, nous rediffusons cette lumière.
Et quand, par gratitude, nous allumons à notre flamme la bougie  d’autrui, c’est toute la pièce qui s’en trouve davantage illuminée.
Une lumière comme celle-là est constante et ne peut être éteinte.
Lorsque l’on développe un esprit de gratitude et que l’on se dévoue à aider autrui, on peut pratiquer la générosité. On peut être généreux de ses biens, de soi-même et du Dharma. D’une certaine façon, donner ses biens est la chose la plus facile.       Si l’on consomme moins et si l’on vit de manière plus frugale, on peut donner ce que l’on économise.
Il peut être utile de se rappeler que la nature du don ne dépend pas forcément de la taille ou de la valeur de ce qui est donné. Un jour, alors que le Bouddha s’apprêtait à enseigner le Dharma à une congrégation dans la forêt, la nuit tomba. Plusieurs personnes offrirent leurs lampes.       Une vieille mendiante, qui n’avait pour seule possession que son bol  à aumône, offrit celui-ci en guise de lampe à huile. Voyant cela, le Bouddha s’exclama que la vertu de cette vieille dame était la plus haute, car elle avait donné tout ce qu’elle possédait, son bol à aumône.
Croyez-vous qu’elle ait perdu quelque chose en faisant son offrande ?
Ainsi, quand par gratitude, on se dévoue au bénéfice des autres, on pratique la générosité ou le don. Cela s’apprend. Certaines personnes s’imaginent qu’en donnant tout, l’on se retrouve sans rien. Mais le Dharma est un puits intarissable. Peu importe que vous le distribuiez sans compter, vous pourrez toujours revenir y puiser, parce que plus l’on y puise, plus son niveau s’élève.
Aussi longtemps que vous ferez don du Dharma pour nourrir autrui, il sera là. Aussi longtemps que vous serez en vie et à même de pratiquer, cela restera vrai.
Étant en vie, vous pouvez apprendre de plus en plus et donner de plus en plus.
Étant en vie, vous pouvez aussi prendre le temps de vous reposer et de reprendre des forces, puis revenir à la source.
C’est comme cela que fonctionne le don du Dharma.
Tricycle, printemps 2009.  Maître Sheng Yen    
Traduction : Françoise
https://tricycle.org/magazine/rich-generosity-2/
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