Chine :

Yu Daopo (12ème siècle)
La seule Héritière du Dharma de Langye Yongji, apparemment elle  est restée laïque.
Elle s’éveilla en entendant l’enseignement de Linji ( Roinzaï) sur  « l’homme véritable sans qualités »
Lorsqu’elle eut vaincu le Maître Yuanwu, il reconnut son accomplissement. Beaucoup de moines la recherchèrent pour ses enseignements – elle les appelait tous « mon fils ».

Huiwen (12ème siècle)

Héritière du dharma de Foyan Qingyuan, un Maître célèbre de l’Ecole de Lin Ji.
Ses enseignements furent collectés et parurent dans deux recueils de sermons sur la Transmission du Dharma.

Wenzhao (fin 12ème siècle)

Elle fut ordonnée à 17 ans, et visita de nombreux temples à la recherche d’enseignants.
Puis elle devint Abbesse de 5 monastères différents, et elle fut à l’origine de la réforme du Vinaya (Code de la Discipline) dans l’Ecole Chan.
Elle donna sa transmission à un moine. Elle portait la robe pourpre offerte par l’Empereur.
Ses enseignements furent réunis dans la Collection Pudeng.

Miaocong (fin 12ème siècle)

La plus jeune belle-sœur de Gongshi Daoren, qui influença ses choix. Elle épousa un officiel, mais petit à petit se tourna vers la religion. Elle étudia avec Dahui Zonggao, et connut l’Eveil.
On la trouvait directe et peu conventionnelle.
En 1162, elle fut ordonnée, et devient l’Abbesse du Monastère de  Cishou , elle y eut plusieurs Héritières du Dharma.
Miaodo et elle sont considérées comme les deux enseignantes les plus importantes de l’ère Song.

Miaodao (12ème-13ème siècles)

Héritière du Dharma du célèbre Maître Dahui, beaucoup de ses enseignements furent retranscrits.
Elle vivait en tant que laïque dans un monastère, et son éveil en 1134 eut un fort impact sur l’enseignement de celui-ci. Plusieurs histoires à son propos illustrent la peur des moines envers le sexe, et comment cela créait des obstacles en eux-mêmes ;  par exemple, elle apparut un jour nue dans la salle de méditation afin de leur montrer l’agitation de leurs esprits.  Elle reçut l’approbation impériale d’être enseignante et Abbesse, et fut alors ordonnée.
Elle fut invitée à « gravir la montagne » du monastère, et donna son enseignement aux moines présents. Elle expliqua les limites et la nécessité de l’enseignement avec des mots.

Japon :
Zenshin (fin 6ème siècle)

Ordonnée en 584, la toute première ordination au Japon -il n’y avait pas non plus de moine à ce moment-là.
En 588, elle voyagea en Corée pour sa pratique monastique, et fonda à son retour l’ordre des nonnes au Japon.
Zenzo et Ezen
 (6ème-7ème siècles)

Toutes deux furent ordonnées peu de temps après Zenshin et l’accompagnèrent en CoréYikung, retourna ensuite en Chine sans avoir établi  de lignage, mais sa première disciple fut l’impératrice elle-même. Puis de retour, elles participèrent à  l’établissement du bouddhisme au japon.
Quarante ans après leur ordination, en 623, l’ordre fondé par Zenshin et elles comprenait 569 nonnes et  816 moines.

komyoKomyo (701-760 )

Impératrice et premier membre de la famille impériale à être ordonnée en 749, elle a profondément influencé l’approche du bouddhisme dans le Japon ancien.
A sa demande, l’empereur Shomou a fondé des temples nationaux, pour moines et pour nonnes.  Ses contributions importantes, y compris la supervision de la mise en écrit de nombreux soutras ont eu une influence durable.

Tachibana Kachiko (786-850)

Impératrice, mariée à l’empereur Saga, elle envoya un moine en Chine pour faire revenir un enseignant du Chan dont elle avait entendu parler par le Maître Kukai (Kobo Dkachikoaishi), le fondateur de l’Ecole  Shingon. En Chine, le moine rencontra le célèbre Maître Chan, Yanguan Qian, qui envoya au Japon son disciple Yikung (Japonais Giku). Yikung enseigna d’abord à Kyoto dans le temple Shingon Toji.           Plus tard, l’impératrice fonda le temple Zen Danrinji à l’ouest de  Kyoto,  et Yikung en fut le premier Abbé. Ce temple fut détruit par le feu en 928. Yikung retourna ensuite en Chine sans avoir établi de lignage, mais sa première disciple fut l’impératrice elle-même.

Shogaku (12ème siècle)
Une aristocrate qui devint nonne en 1225 à la mort de son mari, étudia avec Maître Dogen, dont elle était une lointaine parente, et elle offrit de l’argent et la construction de la salle du Dharma de Kosho-ji.

Ryonen (début 13ème siècle)
Une des principales disciples de Maître Dogen, bien qu’elle ait été ordonnée par un autre Maître.
Sa compréhension profonde du dharma a été louée par plusieurs Maîtres.  Maître Dogen en particulier la cite plusieurs fois dans le Eihei Kuroku, donnant son accomplissement en exemple. Elle était déjà âgée lors de son ordination, et elle mourut avant lui.

Eshin

Egalement disciple de Maître Dogen qui célébra un mémorial funèbre pour son père à Eiheiji en 1246.

ကတေဝဒိတာ  Plus de détails…
« Le bouddhisme prend racine en Chine, s’étend ensuite à la Corée, puis de la Corée au Japon, quand le Roi Song (dans la première moitié du VIe siècle, presque 700 ans avant la naissance de Dogen) fit envoyer à l’Empereur Kinmei des sutras et des sculptures bouddhistes. Le premier bouddhiste ordonné au Japon fut une femme.
La première personne à avoir été ordonnée dans cette toute nouvelle religion du bouddhisme au Japon (en 584) fut une femme du nom de Shima, issue d’une famille puissante de la tribu Soga.

Après elle, deux autres femmes, Toyome et Ishime, prirent les noms de Zenzo-ni et Ezen-ni.
Il n’était pas possible au Japon de recevoir l’ordination complète car cela nécessitait la présence de dix moines et de dix nonnes.
Les Chroniques Gangoji relatent que ces trois femmes voyagèrent seules jusqu’à Paekche en Corée, où le bouddhisme était bien établi, et qu’elles y reçurent l’ordination complète en 587.                                         À leur retour au Japon, elles vécurent ensemble à Yamoto dans une amadera, un temple bouddhiste pour femmes, dirigé par une femme du nom de Sakurai-ji.
En 623, il y avait au Japon 569 nonnes et 816 moines,
et en 674, à l’occasion d’une cérémonie, eut lieu un grand rassemblement de 2400 nonnes.
(…) Les temples des nonnes fondés par l’Impératrice Komyo en 740 étaient appelés «Temples du Lotus pour l’Absolution des Péchés ». (Hokke Metsuzaishi-ji) et chaque temple abritait dix nonnes, chiffre qui est monté à vingt après 766.

Ces temples recevaient une aide économique du gouvernement. L’Impératrice Komyo a également fondé des institutions caritatives chargées de dispenser une aide médicale et de soulager les plus démunis. Elle-même fut ordonnée au temple principal de Todai-ji en 749.
(…) Deux chapitres du Shobogenzo, Bendowa et Raihaitokuzui, affirment l’égalité des femmes et des hommes dans la pratique du zen.
De plus, Maître Dogen a complètement réinterprété la lecture que nous pouvons avoir de cette phrase du Sutra du nirvana :  « Toutes les existences sont la nature de Bouddha ».
C’est une nonne, Ryonen-ni, qui l’aurait principalement influencé pour écrire, dans Bendowa, son enseignement le plus explicite au sujet des femmes.

Maître Dogen n’eut de cesse de faire son éloge, disant qu’elle possédait une « rare aspiration à l’éveil » (bodaishin). Dans le Eihei Koroku, il écrit que Ryonen-ni était profondément dévouée à la Grande Voie des bouddhas. On la compare parfois à   Massan. Ryonen-ni en Chine : c’est de la moelle de ses os que la nonne aurait connu le zen.
Grâce à l’argent offert par une femme du nom de Shogaku Zenni, Maître Dogen put faire construire le Dharma hall qui se trouve dans son premier temple à Kosho-ji ; et lors de son ordination, en 1225, Shogaku Zenni fit don à Maître Dogen du restant de sa fortune.
Ce n’est là qu’un exemple du soutien que les femmes ont apporté à Dogen et de l’influence qu’elles ont exercée sur lui.
 http://bouddhisme-au-feminin.blogspot.fr/2011/01/les-femmes-dans-lhistoire-du-zen.html

Maître Dogen, Raihai Tokuzui :
« L’éveil est le critère ultime :  que ce soit dans le Mahayana ou dans le Hinayana, les vertus de l’ultime éveil ne sont pas différentes.  Or de nombreuses nonnes l’ont expérimenté.
Donc dans quel genre d’endroit – que ce soit dans le triple monde ou dans les terres de Bouddha des dix directions – une nonne ne peut-elle se mouvoir librement ?  Qui oserait lui barrer le chemin ?
En même temps, l’état ultime de vérité est aussi le critère suprême. Lorsqu’une femme est devenue bouddha, y a-t-il quoi que ce soit dans les dix directions qu’elle ne puisse réaliser ? Qui pourrait alors tenter de lui barrer le passage ? Elle possède déjà la vertu qui illumine toutes choses très largement ;        quel est alors pour elle le sens d’une frontière ou d’une limite ? »