Menzan Zuiho (面山瑞方, 1683-1769)- ( le ZUI 瑞 de Zuigakuin) –
Il écrivait en 1768 :
« Dans cette période corrompue… Les moines convoitent les riches greniers de riz et de millet, qui dévorent les richesses de la nation ; ils ne font que chercher des ruses pour vivre à l’aise avec des serviteurs qui les transportent en litière, et porter des robes de brocart dorées. Regardez-les bien, et  vous verrez que de telles personnes ne suivent pas les préceptes, ne pratiquent pas la méditation, ne cultivent pas la sagesse.
Au lieu de cela, ils passent les jours d’été à jouer aux échecs, et raccourcissent les nuits d’hiver en dégustant trop de vin.
Si on en trouve huit ou neuf sur dix comme cela, comment peuvent-ils se dire disciples du Bouddha  » ?
L’auteur de sa biographie,  D. Riggs,  écrit : « Le déclin du bouddhisme et du Zen commença vers le 15 ème siècle et se poursuivait en 1600, quand commence l’ère Tokugawa.
Moine dans la montagne
Clergé ignorant ou corrompu, pratique ayant perdu son sens.  En 1455 Ikkyu disait – peut être avec une certaine exagération… : « Que ce soit un homme, un chien, un pet, ou une merde, il (le moine) est prêt à les cajoler, à leur vendre les koans, et appeler cela transmission ».
Vers 1600, Daigu Sōchiku se plaignait : « Depuis deux cents ans, le Zen de notre pays a divorcé du véritable Dharma, si bien qu’il ne reste plus aucun enseignant qui ait l’oeil clair (du Dharma) … » .
Ce furent deux grands réformateurs, Hakuin pour l’Ecole Rinzaï, et  Menzan Zuiho pour le Soto qui redonnèrent leur dynamisme au Zen.
(…) Le Shobogenzo de Maître Dogen était considéré comme un « trésor secret », on n’en écrivit aucun commentaire pendant près de 4 siècles. Des parties du texte étaient transmises d’enseignant à disciple pour marquer la transmission, mais ce qui importait était de posséder le texte, pas de le comprendre.
Les écrits de Maître Dogen ne reprirent leur place centrale dans l’école Soto que lorsque se fit jour le mouvement « fukko », « revenir à l’ancien » au cours de l’ère Tokugawa. Grâce à Menzan Zuiho, et à la diffusion de l’imprimé, le Soto Zen reprit les enseignements du Shobogenzo.
Menzan remit aussi en usage le « sodo », la salle de méditation où les moines dorment et mangent.  Il redonna son importance à la cérémonie de prise de refuge, et aux préceptes. (…)
Nous pensons souvent que le Zen, ou le bouddhisme, sont statiques, non sujets aux changements, pourtant en considérant l’ère Tokugawa, nous voyons que chute, ré-invention, renouveau se produisent à toutes les époques. Cela nous aide à nous souvenir que nous ne voyons le passé  qu’à travers les yeux du présent.        
Le passé est toujours passé. Maintenant est «juste cela ».
Riggs D. Extrait de : The Life of Menzan Zuihō Founder of Dōgen Zen, Japan Review.
On peut trouver l’article entier en anglais :
https://terebess.hu/zen/mesterek/menzan.pdfhttps://terebess.hu/zen/mesterek/menzan.pdf
Menzan Zuiho a beaucoup écrit, vous pouvez trouver la liste sur : https://en.wikipedia.org/wiki/Menzan_Zuiho
  • Un de ses livres a été publié   en anglais, Letting Go, the Life of Zen Master Tozui (*)
  • (*) Vous pouvez le trouver  :
https://terebess.hu/zen/mesterek/HaskelTosui.pdf