lotus1Dimanche soir.

 Un souffle discret remue les feuilles. J’entends le ruisseau – depuis deux jours, on l’avait oublié : entre arrivées et départs, préparatifs et voix avaient couvert son murmure.

Le silence résonne de bruissements, de chants légers, à plumes ou à élytres.

La lumineuse cérémonie terminée, le silence n’en garde aucun souvenir dans l’air transparent.

Les trois pivoines écarlates, étonnées et ébouriffées, n’ont pas même perdu un pétale.

Les nonnes se sont rassemblées, ont chanté et ont emporté dans toutes les directions la voix du Dharma, heureuses.

Le son du tambour, des bois et des cloches a rebondi sur les murs du zendo, écrivant un invisible et puissant témoignage : ici, la nonne et Abbesse qui a fondé le temple vient de laisser la place à la nouvelle Abbesse Sama.

Etait-ce un rêve ?

Tout a repris sa place, l’eau de la fontaine court dans la rigole, de la montagne vers la mer – tout est différent.

La poussière dorée soulevée par les robes noires et brunes demeure dans l’ai pur.

A la Demeure sans Limites, nous ne sommes pas seul.e.s : une seule grande Sangha !

Danielle Choken

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Le Lignage

 En cette lumineuse journée du 23 juin 2018, nous avons pu assister à la transmission de l’enseignement du Bouddha .

Le soleil a brillé avec générosité. Les cloches, les clochettes, les tambours se sont mêlés au chant des oiseaux, le parfum de l’encens s’est répandu dans les dix directions, accompagné par celui des fleurs de l’été.

AutelLa sangha japonaise a rejoint la sangha française et les paroles des enseignantes remplies de joie, de poésie et de sagesse ont réactualisé l’enseignement du Bouddha dans ce petit temple devenu pour beaucoup d’entre nous un lieu indispensable à notre pratique. Nous avons été invités à mettre en œuvre cet enseignement, sans attendre, à chaque instant de notre vie .

Nous avons pu mesurer l’immense gratitude que nous devons à tous ces maîtres qui ont conservé et diffusé le Dharma, et l’ont rendu accessible afin que chacun.e puisse le comprendre et avancer sur la voie du Bouddha.

Les graines du Dharma plantées en Ardèche ont poussé, fleuri et se sont ressemées, le jardin est chaque année un peu plus beau et ne sera pas abandonné.

Gasshô infini à Joshin Sensei et à Jokei Sensei.

Anne Shingei

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Retour

Un moment anecdotique peut-être (quoique quoique) par rapport à tout le reste, mais qui m’a beaucoup frappée et touchée : dimanche après-midi, quand nous sommes revenus à la Demeure sans limites, presque sans mot dire, dès que nous sommes descendus de voiture, nous avons commencé à tout nettoyer, à tout remettre en ordre, sans nous concerter, sans même nous poser la question, sans se dire un instant, comme on le ferait peut-être chez soi, « oh, on fera ça plus tard/demain ». C’était juste la « suite logique », une évidence, dans la continuité de ce Dharma sans début ni fin. Travaillant de concert, peut-être encore plus qu’à l’accoutumée. Et comme nous étions heureux pendant, et après. Et comme nous étions heureux, quand nous nous sommes assis ensemble le soir.

Françoise