Mizuno Jorin (1848-1927)


Hori Mitsujo (1868-1927)


Ando Dokai (1874-1915)


Yamaguchi Kokan (1875-1933)


Ces quatre nonnes ont fondé le Nissodo  ( Monastère  de formation des nonnes) d’Aichi Ken ( communément appelé Nigakurin)  le  8 mai 1290, neuf mois après que l’Ecole Soto ait annulé les interdictions faites aux nonnes d’avoir des leiux pour recevoir l’enseignement.

C’est grâce à elles que l’Ecole Soto s’est rouverte aux nonnes après des siècles de limitation. ( Toute l’histoire du Nissodo, et de ses grandes figures du 20 ème siècle  dans le livre de Paula Araï «  Women Living Zen » malheureusement pas traduit en français. Ou plus court : https://terebess.hu/zen/szoto/Uchino-Soto-nuns.pdf

Ces quatre nonnes passèrent leurs vies à fonder des lieux de pratique et d’étude pour les nonnes, à une époque de grands bouleversements politiques et sociaux.

Aoyama Roshi

Extrait du livre de Paula Araï :... Trois générations de monastiques de l’Ecole Soto : grâce à elles les nonnes ont été libérées des restrictions injustes. Ce sont : les quatre nonnes qui fondèrent en 1904 le Monastère d’Education de nonnes de Nagoya ; Kojima Kendo, fondatrice du Nisodan, et Aoyama Shundo Roshi ( née en 1933) qui par son exemple a inspirée la vie des femmes monastiques contemporaines au Japon. La 1ère génération a su faire sauter le barrage d’iniquités qui bloquait les nonnes en travaillant sur le problème fondamental : le refus de l’éducation pour les nonnes. La deuxième génération a continué à ouvrir la voie du vrai Dharma en obligeant l’administration à unifier tous les règlements, à ne plus faire de distinctions entre monastiques hommes et femmes.Arrivé à la troisième génération, tout ce travail a commencé à porter ses fruits. Chaque nouvelle génération de femmes continue à montrer sa force de caractère, la profondeur de son engagement bouddhiste et son esprit égalitaire.

lotus1Nagazawa Sozen (20ème s.)


Disciple de Harada Sogaku dans un lignage Soto à forte influence Rinzaï. Elle était «  nonne sévère à l’esprit de grand-mère» * et elle forma de nombreuses nonnes ou laïques vivant dans des conditions socio-politiques difficiles. Elle dirigeait le monastère féminin le plus important de Tokyo, Kannonji, et fut connue pour avoir pu maintenait la pratique dans ce temple pendant la guerre.

* « L’esprit de grand-mère » dans le Zen, c’est la compassion qui va utiliser tous les moyens pour que le ou la disciple se débarrasse de tout sentiment égoïste, qui l’empêche de voir clairement sa véritable nature.

lotus1

Nogami Senryo (1883-1980)

Elle a pratiqué dans un petit temple de Nagoya en suivant 
précisément les enseignements de M° Dogen, et le mantra : «  Mourir assis, mourir debout » : Za datsu rubyo. Elle mourut debout devant la statue de Bouddha dans le Dharma Hall à l’âge de 97 ans.

lotus1

Kojima Kendo (1898-1995)


Nonne toute sa vie, elle a été la première dirigeante de l’Organisation des Nonnes de l’Ecole Soto, soutenue par Koho Zenji,*  lorsqu’il était le Supérieur de Sojiji. Elle travailla inlassablement à chercher l’égalité pour les nonnes. Certaines de ses demandes, comme autoriser les nonnes à enseigner de façon indépendante, furent acceptées vers la fin de  sa vie. Elle faisait également partie d’associations bouddhistes internationales, et mourut à un âge avancé.

* Ce fut également lui qui accueillit à Sojiji. la Rev. Master Jiyu-Kennett qui fonda The Order of Buddhist Contemplatives.

lotus1

Taniguchi Setsudo (1901-1986)

Elle fonda en 1945 un orphelinat pour les orphelins de la guerre, 
guidée par les quatre préceptes du bodhisattva, selon M° Dogen : générosité, parole aimante, activité généreuse et coopération. .

lotus1

Yoshida Eshun (1907-1982)


Disciple et successeure de Hashimoto Roshi, Abbesse  du temple  Kaizenji à Nagoya, selle enseigna toute sa vie la couture des robes, du rakusu et du okesa. Elle transmit ce savoir aux Etats Unis. La couture du rakusus et du okesa se pratique aussi dans les Sanghas françaises.

lotus1

Aoyama Shundo (1933- )

Elle est l’Abbesse du Nissodo ( le temple de formation des nonnes de l’Ecole Soto) depuis 1970. Elle fut la première nonne diplômée de l’Université bouddhiste de Komazawa. Elle a beaucoup fait apprécier le Zen dans le Japon moderne, grâce à ses livres et ses interventions télévisées. Dernier livre paru en France : «  Une vie de nonne zen »

Notre liste s’arrête là, mais tout  ce numéro de Daishin vous montre que la transmission du Dharma à travers les nonnes se poursuit. Gratitude au-delà des mots à toutes ces nonnes dont nous avons brièvement raconté l’histoire pendant presque une année, gratitude envers Mahaprajapati et toutes celles qui l’ont suivie.  C’est grâce à leur courage, leurs efforts, leur esprit indomptable entièrement tourné vers le Dharma que nous sommes là aujourd’hui. Quelle chance !

 Poème de M° Dogen :

Hommage aux Trésors, Bouddha, Dharma, Sangha !
Quelle chance !
Le début du printemps ! Quelle chance ! Cette maison de l’enseignement de tous nos ancêtres et du lignage ! Quelle chance !
Le buddha-dharma qui s’étend ! Quelle chance !

Quelle chance !
La porte du monastère qui prospère ! Quelle chance !
Quand de nombreux disciples s’assemblent pour se rencontrer eux-mêmes et pour rencontrer cet instant,le monde vient et rend hommage à notre chemin.

Quelle chance ! Quelle chance ! Quelle chance !

Le début du printemps ! Quelle chance ! Quelle chance ! La fondation de ce monastère ! Eihei ! Quelle chance !

Dogen Premier jour du printemps 5ème année de l’Ere Kangen