Enku-bouddha3Enku moine errant du 17ème siècle au Japon : au cours d’une retraite solitaire, il fit le vœu de sculpter 120.000 statues de bouddhas et bodhisattvas pour en faire don aux villageois. Il est dit qu’en sortant de la caverne où il avait passé des mois à méditer, il plaça les statues dans la rivière proche, la Kisogawa, et ainsi elles arrivèrent jusqu’aux villages voisins.
Il continua à sculpter toute sa vie : pour accomplir son vœu, il aurait fabriqué 10 statues par jour !
Il semble que son idée était : « Ce que vous rencontrez, transformez-le en Bouddha ! » :
« Il a fait ces statues, dit un enseignant contemporain,
Enju Sensei, il a vécu sans demeure parce qu’il pouvait voir que tout, rochers, arbres, bouts de bois, contient la vie, cette vie même, la vie du Bouddha, et Enku souhaitait que tout le monde s’en rende compte ».
Il était aussi un guérisseur traditionnel et un « yamabushi », ascète des montagnes. Pour lui, chaque montagne était un mandala, et gravir la montagne, un voyage pour se rapprocher de la Réalité.

Et il écrivait des wakas pour accompagner ses statues et ses voyages.
in-heavenTout est tiré de ce livre : Enku – In Heaven’s River

Préface d’un des livres qui lui est dédié :
« Quand vous regardez le sourire d’un bouddha sculpté par Enku, vous êtes empli d’un inexplicable sentiment réconfortant.
Quand vous voyez ce sourire, vous vous sentez heureux, et quand les personnes autour de vous voient votre sourire,
ils sont heureux à leur tour.
Les Bouddhas d’Enku font cette impression à tout le monde. Depuis plus de 300 ans, ils sont apporté leur soutien et leur aide, à tous ; on le voit bien car ils sont encore honorés et aimés dans beaucoup de petits temples de villages isolés du Japon ».
K. Hasegawa

Plus sur Enku :
https://enkumastercarverjapan.blogspot.com/
https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Enk%C5%AB
http://www.enku.jp/oshirase/index.html

Quelques wakas –

Enku célèbre à la fois la beauté du monde, la beauté de notre nature, mais il ne craint pas de parler de ses émotions, qu’il soit triste, ou, le plus souvent, paisible ou joyeux :

Le printemps qui arrive dans la montagne, – robe de moine –
la glace fond
mon coeur aussi fond…

Joie –
je l’enveloppe dans la manche de ma robe de moine –
elle est pleine, pleine
pleine de joie !

Enku-bouddha-mainOffrir des fleurs
pour célébrer la lune pleine brisant
la souffrance de nos erreurs.

Une nuit, deux nuits,
neuf nuits, dix nuits
sans aube –
sur une longue route obscure- seul.

Même si mon coeur est faible et mon corps grossier,
pour ce monde divin : gratitude

Bonheur :
nuit d’automne à sculpter : ce monde devient
le cercle de la pleine lune.

Traduction : Joshin Sensei