Voici un extrait d’un travail collectif fait par la Sangha de La Demeure sans Limites.  

Un e-book en a été fait avec les textes, réflexions et commentaires :  http://urlz.fr/5MfM

Après avoir quitté le palais,   Gautama pratique avec différents maîtres pendant 6 ans. Rapidement, ceux-ci n’ont plus rien  à lui enseigner.

Gautama décide de s’appuyer sur ses propres forces pour gagner la parfaite maîtrise du corps et de l’esprit permettant de mettre un terme au cycle des renaissances et donc à la souffrance. Impressionnés, cinq autres disciples d’Udraka Ramaputra décident de le suivre.

Ensemble, ils pratiquent l’ascèse, cherchant à éradiquer le désir.

Ayant entendu parler du jeune ascète, le roi Bimbisara vient à sa rencontre. Il essaie de le détourner de sa vocation ascétique et lui demande de venir l’aider à gouverner. Il lui offre un palais et la moitié de son royaume.                        

Gautama refuse, lui expliquant qu’il  a déjà renoncé à ce type de vie. Bimbisara lui demande de revenir le voir lorsqu’il connaîtra la Loi et de la lui enseigner.

Gautama et les cinq ascètes s’approchent du village d’Urulviva, près de Bodhgaya (royaume du Magadha). L’endroit semble idéal pour étudier et Gautama pratique une ascèse de plus en plus rigoureuse (mortifications, jeûne extrême…)

Extrêmement affaibli, il conclut que ces pratiques, pas plus que les plaisirs sensuels, ne lui permettront de mettre un terme au cycle des renaissances et cherche une autre voie.

Un souvenir lui revient, celui de la cérémonie de creusement du premier sillon, une cérémonie à laquelle son père participait chaque année à la reprise des travaux agricoles. Enfant, Gautama est touché par la fatigue des hommes et des bêtes sous le soleil cuisant, le soc de la charrue qui déchire la terre, les insectes et les vers sortis de terre que des oiseaux s’empressent de dévorer, quand ils ne sont pas simplement tués par la charrue. 

Bouleversé par ce spectacle, il se retire sous un arbre et se plonge dans une méditation qui le mène bientôt à un profond recueillement.

Ce souvenir précis le met sur la voie de la délivrance. Il va méditer sous un arbre banyan. 

Une jeune femme d’un village voisin, appelée Sujata va tous les jours avec sa servante prier cet arbre et y faire des offrandes, convaincue qu’un dieu y réside. Elle y a prié pour avoir un bon mari, ce qui fut le cas, puis pour avoir en enfant, et elle eut un petit garçon. Elle se rend donc chaque jour au pied de l’arbre, y faire des offrandes par gratitude. 

Ce jour-là, elle prépare un bol de riz au lait, à partir du lait de mille vaches, pour en faire offrande à l’arbre. A l’aube, la servante seule se rend sous l’arbre et elle voit un homme assis.     

De retour à la maison, elle en parle à Sujata, qui pense d’abord que le dieu a pris forme humaine. Elle va le voir en emportant l’offrande dans un bol d’or mais elle s’aperçoit que l’homme est émacié, immobile, proche du squelette. Et elle décide de lui offrir la nourriture préparée car elle est peinée de voir sa faiblesse et sa fragilité. 

Le futur Bouddha s’en nourrit, puis jette le bol d’or dans la rivière ;il s’en sert comme d’une sorte d’auspices : si le bol remonte le courant, il atteindra l’éveil ce soir-là. S’il le descend, il ne l’atteindra pas. Le bol remonte le courant. 

Sujata 2Déçus, estimant qu’il est retourné à une vie d’abondance, les cinq ascètes le quittent.

Ayant repris des forces, Gautama va ensuite se rafraîchir dans la rivière Nairanjana, où il lave le linceul d’une morte, dont il se fait un vêtement. 

Miraculeusement, ses cheveux tombent et sa barbe disparaît. Ni ascétisme extrême, ni plaisirs sensuels ; conscient que son corps affaibli n’est pas un bon support pour le travail méditatif qu’il s’apprête à accomplir, il en reprend soin. 

Resté seul, il se met en quête d’un endroit où méditer. Tout près de là se trouve un figuier Pippal (ficus religiosa). Chemin faisant, Gautama croise Sotthiya, un coupeur d’herbe. Empli d’une profonde admiration, Sotthiya veut lui offrir quelque chose. Comme il n’a rien d’autre que l’herbe kusha (herbe « auspicieuse » qui sert à déposer les offrandes) qu’il transporte sur son épaule, il lui en offre huit gerbes.                     

 Parvenu devant l’arbre de la bodhi, Gautama en fait sept fois le tour, s’arrêtant à chaque fois pour contempler le monde de chacun des points cardinaux, et décide de se tourner vers l’Orient. À l’instant précis où il dispose l’herbe au sol pour s’en faire un coussin, un grand trône, nommé Aparājita (le trône de la victoire), d’environ 7 mètres, se dresse de dessous terre, juste à l’endroit où il a déposé les gerbes.

Le futur Bouddha s’assied, jambes repliées, dos droit, sur le trône dressé spécialement pour lui. Il prend alors une décision irréversible :

« Quoi qu’il advienne de ce corps, que la chair et le sang sèchent de sorte à ne laisser que les os, la peau et les tendons ; puissé-je ne pas me lever de cet endroit tant que je ne serai pas parvenu au stade de bouddha ». 

Bouddha sous l’arbre

Il entre en méditation.

 

Dans le Canon pali, il y a plusieurs discours qui auraient été prononcés par le Bouddha lui-même, rapportant son Illumination. Dans le plus long adressé à Saccata, il décrit les trois phases :

Pendant la première partie de la nuit, le Bouddha découvrit toutes ses vies passées à travers le cycle des renaissances, comprenant qu’il était né encore et encore d’innombrables fois. Il vit les vies successives et les renaissances de tous les êtres. 

Durant la deuxième, le Bouddha, ayant vu que les êtres renaissent dans différentes situations selon les actes accomplis dans leurs vies, réalisa la Loi du karma, et l’impor-tance de vivre selon l’Octuple Noble Sentier.

Pendant la troisième, il réalisa pratitya samutpada : pourquoi, comment les êtres répétaient les mêmes actes entraînant les mêmes souffrances. Il comprit comment s’enchaînent nos actions basées sur le fait que nous croyons au « moi ». Ceci  va fournir la base des Quatre Nobles Vérités.

Toutes les traditions sont d’accord sur le fait que lorsque l’étoile du matin s’éleva dans le ciel à l’aube, dans cette troisième partie de la nuit, Siddharta avait enfin trouvé les réponses qu’il cherchait et était devenu Illuminé, et entré dans le Nirvana. Il devenait ainsi un Bouddha, ou « L’Eveillé ».

Voici ses mots : 

« Mon coeur, comprenant cela, voyant cela, fut libéré de la fermentation des sens,                       libéré de la fermentation du devenir, libéré de la fermentation de l’ignorance.                                               

Avec cette libération, vint la connaissance :                         

« Libéré, je compris que la naissance a pris fin, la vie sainte a été accomplie, la tâche effectuée. Il n’y a rien de plus dans ce monde ».

Sources :

 http://www.magiedubouddha.com/p_thai-arbre2.php

http://www.dhammadana.org/bouddha/eveil/eveil.htm    

http://www.buddhanet.net/e-learning/buddhism/lifebuddha/contents1.htm