walters Art museumMarteaux piqueurs. Camions. Sonnerie du téléphone, portable ou non. MP3 poussés à fond. Sonos de voitures. Coups de klaxon. Conversations bruyantes. Passants qui s’invectivent. Portes et portières qui claquent. Radio. Télévision. Bruit de fond.  Pour changer, j’essaierais volontiers le silence de fond. Pour voir. 

Un jour, au dojo, quelqu’un est arrivé manifestement très énervé. La plupart d’entre nous étions déjà installés dans le zendo pour le début de la méditation. Cette personne a fermé brutalement la porte d’entrée, puis celle du vestiaire, jeté bruyamment ses clés sur la table, fait tomber des cintres en accrochant sa veste, etc., etc. Bref, tout ce qu’on fait quand on est pressé, stressé, énervé ! 

Plus tard, pendant le zazen, le responsable a eu cette phrase : « Quand vous arrivez au dojo,  veillez à ne pas faire trop de bruit, veillez à ne pas réveiller le bébé ». 

Ne pas réveiller le bébé.

Cette phrase m’a vraiment fait l’effet d’un choc, à moi qui n’ai pas de bébé. Depuis, j’essaie de la mettre en pratique – avec plus ou moins de succès. 

Prenez la vaisselle, par exemple. On peut se dire qu’il s’agit d’une corvée dont il faut se débarrasser le plus vite possible, histoire de pouvoir passer à autre chose de plus intéressant.   Mais on peut aussi faire les choses calmement, en essayant de se concentrer et en s’efforçant de « ne pas réveiller le bébé » : sans heurter les assiettes, en déposant les couverts dans l’évier plutôt qu’en les y jetant. 

Et on se rend compte qu’en fait, on ne va pas tellement moins vite qu’en travaillant dans la précipitation. Par contre, on se sent nettement mieux que si on s’était «speedé» soi-même ! 

Ce qui n’empêche qu’on n’y arrive pas toujours… Mais quand on y arrive, on s’aperçoit que même faire la vaisselle peut devenir un petit bonheur du quotidien. 

Françoise