dc.shambalaEst-ce que votre engagement dans La Voie du Bouddha a changé votre approche de Noël ?

1 a. Avez-vous fait des changements matériels ?
Je crois que même avant de pratiquer le bouddhisme je n’avais ni une compréhension ni une approche de Noël claire et engagée. Je n’ai pas grandi dans une ambiance religieuse. Par contre, plus les années passent, plus je suis dégoûtée par l’aspect mercantile de cette fête, qui est censée être une fête de lumière et en lien avec le solstice d’hiver, moment où les journées s’accroissent à nouveau.
1 b. Quelle est votre compréhension de Noël en tant que bouddhiste?
De nouveau, une fête de lumière, “d’arrêt”, de réunion entre amis, famille, un jour où personne ne devrait avoir faim, être seul-e, avoir froid, un moment de solidarité, de don.

1 c. Est-ce que vous vous sentez étranger à ces fêtes, ou plus proche, ou pareil ?
Je ne peux pas dire que je me sens étrangère à ces fêtes, car je ne voudrais pas être seule le jour de Noël, donc je n’en suis pas détachée. Je pense même que j’en suis plus proche par sa signification spirituelle depuis que je pratique le bouddhisme, notamment suite à vos enseignements sur la compassion, la gratitude et par la connaissance des préceptes.

2. Que répondez-vous quand on vous souhaite « Joyeux Noël » ?Aux personnes un peu plus loin ? À celles qui connaissent votre engagement ?
Pour moi c’est une attention bienveillante donc j’y suis sensible. De plus, je suis imprégnée par une culture chrétienne et suis assez consciente d’en être encore influencée, ne serait-ce qu’inconsciemment. Le message de Jésus est un message d’amour et j’y crois. La manière avec laquelle l’église, celle que je connais tout au moins, a traité le message de Jésus, ne m’inspire en rien. Je me sens bien plus proche et en adéquation avec la voie du bouddhisme, vos enseignements en tant qu’enseignante (et Maître) et la Sangha. C’est là que je trouve ma place. Ensuite, je pense que Jésus a existé et a été un enseignant lui aussi. Chacun-e a une sensibilité différente qui va le/la guider vers un enseignement approprié. Tant que cette recherche est dirigée vers l’inclusivité, la bienveillance, la conscience, alors l’enseignement s’y référant est valable.

3. Qu’est-ce que vous aimeriez faire de « bouddhiste » pour Noël, ou qu’est- ce que vous allez faire ? Donnez 3 exemples !
J’aimerais partager avec ma famille une activité altruiste ou qui aie en tout cas du sens :
- une activité caritative
- une marche ensemble dans la nature, en communion avec les éléments
- une lecture de textes qui nous ont touchés, chacun et chacune, ou chanter ou jouer quelque chose.

Pour vous Noël, c’est la période :
– de la fragilité
– du rassemblement
– des journées les plus courtes donc de la lumière la plus faible

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dc.shambala

1. Est-ce que votre engagement dans La Voie du Bouddha a changé votre approche de Noël ?

1 a. Avez-vous fait des changements matériels ?
Oui. En fait, je crois que la pratique m’a (paradoxalement ? ) insufflé une sorte                            « d’esprit de Noël »  qui n’est pas forcément très présent dans ma famille.
Depuis toujours, j’aime faire des cadeaux et essayer de dénicher un cadeau qui fera plaisir à son destinataire. Mais ces dernières années, je me suis de plus en plus mise à chercher  des cadeaux qui font sens – qui seront moins « luxueux » peut-être, plus « simples », mais qui témoigneront peut-être aussi plus de l’affection que j’ai pour la personne. Des cadeaux « faits maison » aussi.  J’offre aussi plus volontiers des cadeaux « immatériels »,  comme des places pour un spectacle que la personne appréciera.

1 b. Quelle est votre compréhension de Noël en tant que bouddhiste ?
En fait, la pratique a fait des fêtes de fin d’année un moment de lien pour moi, là où, dans ma famille, elles manquent parfois un peu « d’âme » à mon goût (je m’en rends compte maintenant : c’est surtout  une période d’exagération tous azimuts – repas, boissons, cadeaux…). Je suis un peu à contre-courant parfois, mais je vois que ce n’est pas forcément mal accueilli (et pour le reste, j’essaie de trouver un  juste équilibre entre faire comme il me semble juste et ne pas trop « bousculer » mon entourage).

1 c. Est-ce que vous vous sentez étranger à ces fêtes, ou plus proche, ou pareil ?
C’est aussi un moment de gratitude, et un moment de contentement. Et un moment pour redonner tout  ce que l’on reçoit tout au long de l’année. Parfois littéralement, parce qu’il m’est arrivé de donner certains cadeaux reçus à d’autres personnes – pas pour me débarrasser de quelque chose que je ne  voulais pas mais parce que je pensais/savais que l’objet serait beaucoup plus apprécié par cette personne, ou qu’il n’aurait pas la même valeur pour elle (comme un joli coffret de parfumerie offert à une dame qui faisait la manche ; ce qui aurait été « agréable » pour moi était « précieux » pour elle, qui n’a pas les mêmes possibilités, y compris de prendre soin d’elle).

2. Que répondez-vous quand on vous souhaite « Joyeux Noël » ? Aux personnes un peu plus loin ? À celles qui connaissent votre engagement ?
Je réponds « Joyeux Noël » avec un grand sourire, sans me poser plus de questions ☺ Je pense          que dans les milieux où j’évolue, c’est d’ailleurs plus une habitude culturelle qu’autre chose (et sans réel sens religieux).

3. Qu’est-ce que vous aimeriez faire de « bouddhiste » pour Noël, ou qu’est- ce que vous allez faire ? Donnez 3 exemples !

Chaque année depuis trois ou quatre ans maintenant, nous participons à « Noël pour tous ».  Ce n’est pas à proprement parler bouddhiste – en l’occurrence, ce sont les Sœurs du Foyer Saint-Augustin tout proche qui organisent. Il y a une collecte de vivres, de jouets, de vêtements, de  produits d’hygiène, etc., qui sont distribués à des SDF et à des familles très précaires à l’occasion  d’un grand goûter de Noël. Depuis le début, nous y associons aussi les personnes du dojo de Mons, avec des résultats qui dépassent l’imagination ! ☺ Cette année, je voudrais ne pas me contenter de donner des choses mais aller aussi donner du temps et de la présence à ces personnes, en participant activement au goûter.

Depuis l’année dernière, nous faisons un peu « maison ouverte » aussi pour le réveillon de Nouvel An, sur une idée soufflée par une amie proche, qui ne se voyait pas passer seule son premier réveillon de Nouvel An après le décès de son mari. L’invitation est lancée à des amis, mais aussi à des connaissances qui sont seules ce soir-là, et pour certaines dans des situations difficiles. L’année dernière, on avait préparé le repas à plusieurs, et tous ceux qui le souhaitaient étaient les bienvenus ce soir-là, même en dernière minute. C’était très joyeux. Comme les personnes invitées sont pour certaines des pratiquantes, je pense que nous  proposerons aussi un zazen pré-réveillon et un zazen du jour de l’An pour celles qui le souhaitent (les personnes sont aussi invitées à dormir chez nous si elles le souhaitent).

 Ce que je voudrais faire cette année, c’est une variation sur le thème de la première idée : je voudrais faire davantage don de mon temps à des personnes qui en ont besoin.                          Être plus disponible, physiquement et mentalement, même et peut-être surtout pour des personnes plus difficiles de mon entourage.

Pour vous Noël, c’est la période :
C’est une période de réflexion sur l’année écoulée (je souris en pensant à la chanson de John Lennon « Happy Christmas – War is over » : « And so this is Christmas and what have you done ? »), de projets pour l’année à venir (« bonnes résolutions » qu’on va essayer de ne pas oublier passé le 2 janvier, cette fois ! ☺ ), c’est une période de contentement et de gratitude, de joie enfantine devant la beauté des illuminations et le parfum de la cannelle. C’est une période de don (pas forcément matériel), une période pour se relier aux autres – proches et lointains.   Une période avec une sorte de double mouvement : se rassembler et s’ouvrir.

dc.shambala