Warajis

Quel engagement pour un.e pratiquant.e bouddhiste ? Pour les laïcs ou pour les monastiques ? 
La Voie est-elle une façon de s’éloigner, se protéger du monde, ou de regarder le monde d’une autre façon et d’en tirer les conséquences ?

N’y a-t-il pas dans notre société plus de reconnaissance pour le « faire », O.N.G. par exemple, dont nous pouvons « voir » les résultats plutôt que pour l’« être », vies dédiées à la méditation et à la prière, qui s’appuient dans les Enseignements sur le Filet d’Indra et l’interdépen-dance de tous et de tout… ?

Depuis plus de deux siècles, le « faire » est au premier rang de notre société, et si cela a permis des avancées formidables, prendre soin des malades, des pauvres, cela a aussi eu des conséquences fâcheuses, notamment hors Europe, sur les cultures vivrières en Asie, le travail des petits tailleurs de rue en Afrique, ruinés par nos vêtements généreusement donnés, et autres exemples.

Alors « On a raison de se révolter » ? Je ne pense pas qu’il y ait une réponse univoque, simple à cette question.

Devenir monastique, méditer et prier, chercher et avancer dans une Voie ont été des valeurs placées au plus haut à d’autres époques, dans d’autres sociétés.
Faut-il essayer de tout concilier, ou choisir ? Essayer d’avoir « tout », est-ce une forme d’avidité ?
« Etre du monde mais pas dans le monde », est-ce un retrait de nos responsabilités ou une autre façon d’aider et d’être proche ?

Enfin remettre en cause ce que nous appelons « réalité », cela doit-il ou peut-il remettre égale-ment en cause l’ordre social, le pouvoir – que ce soit celui des puissants, des politiques, ou des dirigeants des Sangha dans les pays du Sud-est, ou en Corée – Japon ?

Ces questions ne sont pas là pour que nous leur donnions des réponses immédiates, mais des interrogations qui doivent, laïcs ou monastiques, nous accompagner dans notre vie, nous faire réfléchir à nos engagements, nous aider à chercher sans relâche comment concilier tous les aspects d’une vie.

Pour ce Daishin, j’ai choisi de présenter deux « résistants » bouddhistes : un moine bouddhiste japonais de notre Ecole Soto Zen au tout début du 20ème siècle, et une nonne thaïlandaise contemporaine.

L’un engagé dans la lutte contre un pouvoir prônant la supériorité des races et la guerre ; l’autre contre les règles du pouvoir masculin de l’organisa-tion du Sangha dans son pays.

Il y en a eu, il y a beaucoup d’autres, c’est un choix subjectif, mon envie de parler d’eux.

Ce n’est pas un traité d’histoire, je vous invite à faire vos propres recherches si le sujet vous intéresse, je ne donne que mes propres conclusions.

Joshin Sensei