Jataka-4

« Les récits des Jatakas ont été contés partout en Asie. Ils ont fourni ce lien intermédiaire important grâce auquel une large communauté de fidèles participe à l’acceptation et à la diffusion de la doctrine religieuse – laquelle sinon serait restée l’apanage exclusif des philosophes et des moines.

Ils sont la base de l’élaboration de la morale et du comportement éthique, ont inspiré des œuvres de la littérature et de l’art religieux.  Pourtant on ne peut ignorer le fait que ces récits ont souligné certains idéaux, tout en incorporant des éléments qui ont véritablement compromis certaines valeurs bouddhistes. 

La misogynie incrustée dans ces récits qui sont narrés pour aider le moine à rester fidèle à son vœu de célibat est particulièrement inquiétante.  La représentation des femmes est inadmissible et n’est point conforme aux principes bouddhistes énoncés ailleurs dans la littérature canonique. (…) 

Une des explications proposées est que les Jatakas ne sont pas purement bouddhistes, et puisent librement dans le folklore ambiant. Ils ne reflètent pas tant le point de vue bouddhiste sur les femmes que le contexte culturel dans lequel le bouddhisme s’est développé. (…) 

Les vers des nonnes inclus dans la collection des sermons attribués au Bouddha, ou dans le Therigatha, recueil de poèmes de nonnes, servent de témoignage à l’égalité fondamentale des femmes avec les hommes en matière de pratique spirituelle… » 

Supriya Rai  

« La femme dans la littérature bouddhiste ancienne : les Jatakas » in Synergies Inde N° 6 – 2013.