Question aux Maîtres : Les Bouddhas pensent-ils ? (2)

lotus-smallPour aller vite je dirais que oui, les Bouddhas pensent.
J’ai pourtant un autocollant sur   ma voiture qui dit :
« Ne croyez pas à tout ce que vous pensez », parce que nous nous identifions si souvent avec nos pensées et que nous y installons un soi.

La question d’avoir « raison » peut devenir tout à fait émotionnelle et nous entrons dans des discussions et conflits passionnés pour défendre notre point de vue.

Peut-être que si on entend dans les instructions de méditation qu’il ne faut pas se laisser emporter par les pensées, on s’imagine qu’on est censé arrêter de penser.

Un étudiant a dit un jour à Suzuki Roshi : « Je ne peux vraiment pas arrêter de penser. Que dois-je faire ? » Le Roshi a répondu : « Y a-t-il un problème avec la pensée ? »

Le Canon Pali est une large collection d’exemples de la façon dont pensait le Bouddha Shakyamouni ; et toute la vaste littérature des enseignements et commentaires des ancêtres Bouddhas depuis 2500 ans, provenant de nombreux pays   et cultures différents, sont des exemples de la façon dont pense un Bouddha.

L’intention d’un Bouddha est de libérer les êtres de la souffrance et du malheur, c’est pourquoi il ou elle observe clairement quelles actions du corps, de la parole ou de l’esprit mènent à la paix et au bonheur.

Les Bouddhas font des projets mais ne s’engagent pas dans l’inquiétude. Ils prennent des décisions sans être ballottés par des émotions égoïstes.

moine

Les Bouddhas ont une créativité incommensurable, mais ils ne s’intéressent pas au rêve.
Les Bouddhas pensent mais ils ne sont pas prisonniers de leurs pensées, ils ne les confondent pas avec ce qu’ils sont.
Ils sont présents, au milieu des pensées qui s’élèvent, et s’en servent pour faire du bien à tous les êtres.

Dans la pratique du Dharma on  a souvent une fausse idée de la méditation comme d’une lutte pour éliminer les pensées, on croit que le silence signifie qu’il n’y a pas de pensées.
Combattre les pensées crée de la tension et de la tension vient le doute.
Les Bouddhas n’essayent pas de se débarrasser des pensées ; ils les laissent s’élever et passer. En lâchant l’attachement aux pensées, on a un accès plus large à la sagesse.
Un aspect significatif de la pratique bouddhiste est l’apprentissage du lâcher-prise.

Le lâcher-prise libère l’énergie et crée un espace pour explorer et questionner la nature de la souffrance et de la libération.

Des efforts avisés dans la pratique impliquent une relation avisée à la pensée, en lui permettant d’être créative et clairvoyante.

Sans la conscience, les pensées sont conditionnées par l’habitude. La solution c’est de n’être ni attiré ni repoussé, identifié ou réactif. Nous n’essayons donc pas de ne pas penser ; au lieu de ça nous apprenons qu’il est possible d’être tranquille et de laisser les pensées aller et venir comme un aspect naturel de la vie.

Le travail de la méditation consiste à apprendre comment utiliser judicieusement la pensée et ne pas être utilisé par elle. Nous apprenons à relâcher nos préoccupations habituelles et à prendre plaisir à rester dans l’état de non-distraction.
Nous souffrons parce que nous sommes trompés par nos pensées, nous investissons notre identité dans chaque pensée qui survient. Mais la pensée en elle-même n’est pas un problème. Les Bouddhas savent qu’une pensée n’est qu’une pensée et demeurent dans la paix authentique et éternelle.

Zenkei Blanche Hartmann  Budhadharma Fall  2011 Traduction : Marion

Les cloches du Dharma

lotus-smallLe vent qui souffle sur la vie, à nos yeux imprévisible, fait tinter les cloches du Dharma.
On ne peut se fier au corps.  On ne peut se fier à l’esprit.
On ne peut se fier à la pensée. Les émotions sont des chevaux fous.
L’instant présent est déjà passé. L’avenir est inconnu.
L’histoire est réécrite chaque jour.
Et que dire du statut social, de la richesse et de toutes ces choses ?

Même notre famille et nos amis ne peuvent nous accompagner là où nous allons.

Quiconque agit avec un esprit égoïste
Se traîne avec affliction, multipliant les complications inutiles, comme un vieux chariot.
Quiconque a la chance de trouver un véritable refuge est très favorisé par la fortune.
Un profond bien-être entoure celui-là.

Car celui qui se tient dans la lumière, celui-là, le bonheur suit chacun de ses pas
Comme une ombre bienfaisante.

Souhaitons-nous mutuellement de trouver ce refuge et réjouissons-nous avec reconnaissance lorsque sa lumière éclatante
Transperce les nuées.

Lorsque nos vies sont baignées de lumière,
sachons apprécier l’ombre,
Mais, plus important encore, ayons le courage de la lumière.

Lorsque nos vies sont plongées dans l’obscurité, prenons patience et ayons foi
Dans le soleil masqué par les nuages.
Les nuages ont une beauté propre pour qui peut la voir.

Alors, sans vertu particulière  de notre part et souvent sans le savoir,
Nous devenons les mains et les pieds d’une sagesse qui transcende la nôtre.

Parfois, il y a de la joie,
parfois il y a du chagrin,
parfois la lumière,
parfois la nuit.

Les cloches continuent à tinter. Et nous avons une chance profonde de les entendre.

D. Brazier

La Voie de ses Maîtres

lotus-smallIl y a déjà quelques années, Sensei avait rapporté dans Daishin cette question que lui avait posée une personne intéressée par La Demeure sans Limites : « Êtes-vous un Maître éveillé » ?

En la commentant par ces quelques mots :
« Rions un peu », ce qui m’avait jeté dans un trouble certain : n’était-ce pas tout de même
une question légitime ?

En relisant les Œuvres de Tchouang-tseu dans une nouvelle traduction de Jean Lévi (*), je suis tombé sur cette anecdote également fort drôle mais tout aussi troublante :

À son interlocuteur qui la complimente sur sa peau de bébé malgré son âge avancé, la Dame-qui-s’en-va- toute-seule répond d’abord qu’elle a été instruite de la Voie, puis finit par préciser d’où elle tient cette connaissance :
« Ah ! Je l’ai apprise du fils d’Encre-auxiliaire,
lequel la tient du petit-fils de Rabâchages-répétés,
lequel la tient de Vision-lumineuse,
qui la tient de Consentement-murmuré,
qui la tient de Service-nécessaire, qui la tient de Litanie-bredouillée ;
Litanie-bredouillée la tient d’Obscure-indistinction, Obscure-indistinction la tient d’Immensités-vagues et Immensités-vagues de Débuts-incertains ». (**)

Voilà certes de quoi river leur clou aux sectaires, à tous les partisans d’une école ou d’une autre, comme aux disciples qui seraient tentés de courir d’un maître à l’autre pour dénicher le meilleur !
Mais alors que penser du profond respect dû au Maître qui nous enseigne La Voie ?

Et dans quel esprit réciter le matin tous les noms du Lignage qui ont transmis la lampe, qui nous relient intimement à l’enseignement et à l’expérience des Bouddhas et sont nos meilleurs soutiens pour pratiquer La Voie ?

Brusquement m’apparaît mon erreur : Considérer tous ces noms comme des garanties que je suis dans la bonne voie, que l’excellence de leur enseignement me conduira à l’éveil, au-delà des petits défauts, des petits désaccords que mon esprit peut remarquer chez l’un ou chez l’autre…
Un peu comme on prendrait une assurance, en s’efforçant de choisir la meilleure… ou s’asseoir sur une légitimité comme sur un héritage !

Encore un tour de cette volonté de possession derrière laquelle se cache l’attente (de plus en plus impatiente !) d’un résultat, et que nous ne pouvons nous empêcher de projeter, si nous n’y prenons pas garde, même sur les « êtres vénérables » que nous devrions suivre sans calcul, sans mesure, sans jugement.

Une fois de plus, me voici ramené à mon propre apprentissage, à ma propre pratique : je ne peux avancer qu’en vivant pleinement, dans un esprit de totale gratitude, chaque moment, chaque étape, chaque « imperfection ».
Alors seulement tout est possible : Débuts-incertains, Obscure-indistinction, Vision-lumineuse s’équivalent, s’engendrent, se succèdent, dansent et se chevauchent dans une merveilleuse liberté.
N’y a-t-il pas là de quoi se laisser aller à un rire joyeux ?
Tout est possible, car tout est là : le Shin Jin Mei, le plus ancien texte sacré du Zen, s’ouvre sur cette phrase : « Pénétrer La Voie n’est pas difficile. Mais il ne faut ni amour ni haine, ni choix ni rejet » (***)

Michel WADO

(*)  Les Oeuvres de Maître Tchouang,
Traduction de Jean Lévi, aux Editions de l’Encyclopédie des Nuisances (2010).
(**) Chapitre VI, p.57-58
(***) Shin Jin Mei, Poème sur la Foi en l’Esprit, de Maître Sosan troisième Patriarche.

La Demeure sans Limites, été

jizoJ’ai été prise par la sérénité et la beauté de l’endroit
Les fleurs des champs
La voix de l’eau qui coule
Le chuchotement du vent dans les arbres
Des lézards sommeillant au soleil
Un escargot essayant à grand peine d’atteindre l’autre rive
Un crapaud en zazen sur un tapis de mousse sous le regard de Jizo
Tout en harmonie

Danièle D.

Daishin n°254 – Octobre 2019

vieux-bassin

落葉掃き居る
人の後ろの往来を
知らず

j’ai balayé les feuilles mortes
ceux qui passent
ne se rendent compte de rien
Hosaï

SOMMAIRE
Planning  des activités du mois et Pleine lune Joshin Sensei – La Demeure sans Limites

Nos chères illusions ! Entretien avec Nathalie Calmé – Joshin Sensei

Archives octobre 2012 : Les Bouddhas pensent-ils ? (2)  Zenkei Blanche Hartmann

Archives mai 2014 : Les obstacles, un cadeau du Dharma  Dzongsar Jamyang Khyentse

Les cloches du Dharma  D. Brazier

La Voie de son Maître  Michel Wado

La Demeure sans Limites – été  Danielle D.

Daishin n°253 Septembre 2019

Moriyama_Roshi__-_Tenzo_Cozinha_CEBB[1](1)J’ai choisi pour ce numéro de rentrée le texte ci-dessous, qui nous rappelle que les Maîtres sont pleins d’humour dès que les disciples ont tendance à se prendre au sérieux…   et cette photo de Maître Moriyama, car il était vraiment un grand imitateur (gare à l’amour-propre !) et un Maître de la moquerie et du rire… et n’hésitant pas non plus à rire et nous faire rire de lui. Le Dharma est sérieux et nous, nous sommes souvent stupides… rions-en !             Joshin Sensei

moriyama-roshix4Je ne rirai plus jamais !
Ajahn Chah avait un esprit étonnamment vif, et c’était un grand imitateur. Bien qu’il puisse être calme et sévère, ou doux et gentil, il utilisait beaucoup l’humour comme méthode d’enseignement. (lire la suite…)

Le programme du mois

Joshin Sensei :
– Marseille : matinée de zazen le samedi 21.
– En octobre : retraite de silence à la Trappe (Normandie) du 11 au 13/10.
http://www.montagnes-et-forets-du-zen.org/retraites-et-journées
Inscriptions : joshinsensei@larbredeleveil.org
– Valence : reprise des rencontres chaque 1ère semaine du mois au Betsuin : journée de pratique le samedi 7 septembre avec Joshin Sensei et Toen Ni
http://www.montagnes-et-forets-du-zen.org/valence

La Demeure sans Limites
Le Révérend Chinrei Gérard Pilet, enseignant de l’école Sôtô viendra partager une retraite – les 21 et 22 septembre
https://www.larbredeleveil.org/lademeuresanslimites/programmes-de-la-demeure-sans-limites/

Jokei Sensei : dirigera la journée de zazen à Paris du samedi 14
http://www.montagnes-et-forets-du-zen.org/retraites-et-journées

Uposatha : nous asseoir ensemble :
– vendredi 30 août,
– samedi 14 septembre et
– samedi 28 septembre.
Rejoignez-nous : https://framadate.org/XbG6jSKhLtycVkEs

SOMMAIRE
Planning des activités du mois et Pleine lune  –  Joshin Sensei – La Demeure sans Limites
Je ne rirai plus jamais ! Ajahn Amaro
Connaître notre Critique Intérieur.  Jan Chozen Bay
Attendre et écouter.  Marina
Gratitude biologie
 Monica Gagliano
Archives octobre 2012 :  
- L’intimité de la vie
- Les Bouddhas pensent-ils.
Le coin du pratiquant écosattva.

Photos :
Desa seni
Marche en méditation à la Demeure sans Limites, Photo Marcelo
Autres : La Demeure sans Limites

Le coin du pratiquant écosattva

marche-smallUn documentaire consacré aux impacts environnementaux d’Internet retrace ainsi le parcours d’un banal e-mail : parti de l’ordinateur, il parvient  à la box, descend de l’immeuble, rejoint un centre de raccordement, transite d’un câble individuel vers des échangeurs nationaux et internationaux, puis passe par l’hébergeur de la messagerie (généralement basé aux USA) .

Dans les centres de stockage de données de Google, Microsoft ou Facebook, le courriel est traité, stocké, puis envoyé en direction de son destinataire.
Résultat : il a parcouru environ 15.000 km à la vitesse de la lumière. …

Tout cela a un coût environnemental : l’Ademe a calculé le coût électrique de nos actions digitales :
UN seul mail avec une PJ utilise l’électricité d’une ampoule à basse consommation de forte puissance pendant une heure -or chaque heure ce sont 10 MILLIARDS d’e-mail qui sont envoyés à travers le monde- l’équivalent de la production électrique de 15 centrales nucléaires pendant une heure…

« in La guerre des Métaux rares «, G. Pitron Editions : Les liens qui libèrent.

Archives 2012 : L’intimité de la vie – Les bouddhas pensent-ils ?

marche-small L’intimité de la vie

Nous avons besoin d’être proche

Nous avons besoin de regarder au plus proche
Nous avons besoin de courber notre dos et de descendre sur nos genoux
Nous avons besoin de trouver cette joie simple – Que la Vie va apporter si nous y apportons le regard – et le cœur. Lilla Jizo

ete-fleur-la-demeure-sans-limites

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marche-small

Question aux Maîtres :  Les bouddhas pensent-ils ?
Narayan Liebenson Grady

Telle que je l’entends, la pensée fait partie de l’esprit éveillé ; c’est juste qu’elle est nécessaire, fonctionnelle et clairvoyante au lieu d’être indulgente, inutile et créant une accoutumance.

Sans attachement à la pensée, le silence et la paix sont disponibles.
Si je ne m’accroche pas aux pensées en les considérant comme moi ou à moi,
la liberté remplace l’esclavage.

Les Bouddhas font des projets mais ne s’engagent pas dans l’inquiétude.
Ils prennent des décisions sans être ballottés par des émotions égoïstes.

Les Bouddhas ont une créativité incommensurable, mais ils ne s’intéressent pas au rêve.

Les Bouddhas pensent mais ils ne sont pas prisonniers de leurs pensées, ils ne les confondent pas avec ce qu’ils sont.
Ils sont présents, au milieu des pensées qui s’élèvent, et s’en servent pour faire du bien à  tous les êtres.

Dans la pratique du Dharma on a souvent une fausse idée de la méditation comme d’une lutte pour éliminer les pensées, on croit que le silence signifie qu’il n’y a pas de pensées.

Combattre les pensées crée de la tension et de la tension vient le doute.Musée Guimet

Les Bouddhas n’essayent pas de se débarrasser des pensées ; ils les laissent s’élever et passer. En lâchant l’attachement aux pensées, on a un accès plus large à la sagesse.
Un aspect significatif de la pratique bouddhiste est l’apprentissage du lâcher-prise.
Le lâcher-prise libère l’énergie  et crée un espace pour explorer et questionner la nature de la souffrance et de la libération.

Des efforts avisés dans la pratique impliquent une relation avisée à la pensée, en lui permettant d’être créative et clairvoyante.
Sans la conscience, les pensées sont conditionnées par l’habitude.
La solution c’est de n’être ni attiré ni repoussé, identifié ou réactif.

Musée Guimet, Paris

Nous n’essayons donc pas de ne pas penser ; au lieu de ça nous apprenons qu’il est possible d’être tranquille et de laisser les pensées aller et venir comme un aspect naturel de la vie.

Le travail de la méditation consiste à apprendre comment utiliser judicieusement la pensée et ne pas être utilisé par elle. Nous apprenons à relâcher nos préoccupations habituelles et à prendre plaisir à rester dans l’état de non-distraction.

Nous souffrons parce que nous sommes trompés par nos pensées, nous investissons notre identité dans chaque pensée qui survient. Mais la pensée en elle-même n’est pas un problème.

Les Bouddhas savent qu’une pensée n’est qu’une pensée et demeurent dans la paix authentique et éternelle.

Budhadharma Fall  2011 Traduction : Marion

Attendre et écouter

marche-small

Ce matin, j’ai préparé une soupe avec les feuilles flétries des salades vertes .
Cueillies un peu tard, oubliées dans le potager

La soupe a cuit, reposé et je ne l’ai pas goûtée de suite.
J’ai d’abord attendu .
J’ai accepté (pas facilement) cette attente, ce creux, ce manque.

Prendre le temps, du temps pour offrir à tout l’univers ces feuilles vertes reçues, préparées 
et maintenant devant moi
Recevoir et donner en cadeau un repas tout simple, fait des petits restes

L’immensité de la terre dans mon assiette
Dans ce travail je donne l’attention, l’eau, les gestes, le travail et le regard quotidien
Et je reçois en retour les légumes .
 j’apprends l’humus-humilité et la patience.
Aller retour, l’un et l’autre et un tout, tout ensemble.
Est-ce cela donner ? Avoir confiance
C’est peut-être aussi juste
Cette attente, ce petit temps entre chaque moment dans une vie bousculée
Cet instant pour écouter le mistral repousser les cyprès vers les abricotiers
 pour entendre les paroles de Françoise, d’Eva, de Marie sur Skype 
et les laisser traverser l’espace qui nous sépare,
l’espace qui nous réunit dans la distance
Trouver et offrir la présence, la chaleur

J’ai passé cette retraite à écouter,

Écouter du fond de mes peurs
 ce quelque chose qui se creuse
ce quelque chose à l’intérieur qui bouge quand survient l’invisible
Au moment du chant du rossignol ou du vol du rollier aux ailes bleues
A chaque instant recommence la vie

L’attendu s’éparpille en cascades revient à l’envers à l’endroit
J’ai décidé de faire la liste des prévus 
pour que s’y glissent les imprévus

Le cœur ouvert et l’esprit plus clair

J’ai essayé de m’arrêter pour m’organiser un peu mieux

Donner, recevoir, donner
A l’infini
A tous ceux qui font route
A mon fils qui est si loin
A ma mère qui perd force
A Magali, ma voisine contre l’évidence de deux cancers
A vous la Sangha, qui étiez avec moi entre les lignes, pendant cette retraite
A Sensei, qui l’a ouverte, qui l’a fermée, qui lui a donné cœur et sens

Marina

reconnaitre-cette-vie-rare-et-precieuse (2)

Gratitude biologie

marche-small

« Exposé d’une biologiste australienne au colloque sur l’interdépendance : elle prenait l’exemple d’une graine pour démontrer l’interdépendance de toute chose :
la graine reçoit, pour se développer, l’aide de la terre, de tous les micro-nutriments et de minuscules champignons qui s’y trouvent, l’humidité de la pluie, la chaleur du soleil, etc.,
Puis, « par gratitude » pour tout ce qu’elle a reçu, elle développe ses premières racines, sa première tige, sa première feuille (et c’est formidable, parce que ce sont de toutes nouvelles choses qu’elle n’avait jamais faites avant), et avec sa première feuille, avec l’aide du soleil, elle commence à redonner, en produisant de l’oxygène – avec « générosité » (ça m’avait frappée, elle avait vraiment utilisé très précisément les mots « gratitude » et « générosité » dans ces contextes-là).
Je me rappelle m’être dit que ce serait merveilleux d’être comme cette petite graine, de pouvoir accepter de tout recevoir sans se poser de question, avec gratitude et avec confiance, et avec cette gratitude et cette confiance, être et faire de son mieux tout ce qu’on a à être et à faire, simplement, « de tout son coeur », et ainsi redonner tout naturellement le moment venu ».

Monica Gagliano –  Proposé par Françoise
(https://www.monicagagliano.com/)

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