Cap ou pas cap ? https://www.lundi-vert.fr

Cap ou pas cap ?   https://www.lundi-vert.fr/  

LégumesRemplacer la viande et le poisson, chaque lundi comme cela est déjà proposé dans 40 pays dans le monde. Pour la planète (gaz à effets de serre, eau, déforestation), pour votre santé (cancer, diabète, maladies cardio-vasculaires), pour les animaux (la majorité des animaux consommés aujourd’hui font l’objet de traitements inacceptables durant leur élevage industriel ou leur abattage).

 « Cap ou pas cap ? », interroge la page d’accueil, avant d’inviter à s’inscrire en remplissant un questionnaire sur ses habitudes alimentaires, son caractère et sa sensibilité avec le monde animal.                         

Vous trouverez aussi sur le site des recettes gourmandes sans viande ni poisson.

Le Bouddha, les êtres sensibles et la nature.

Dans les Jatakas qui décrivent les vies du Bouddha avant son éveil, il naît souvent sous la forme d’un animal et dans beaucoup de ces contes, le Bouddha sacrifie sa vie d’animal « peu important», par ex, en offrant son corps de lapin à une tigresse afin qu’elle puisse nourrir ses petits. Ces contes récusent la dualité généralement assumée entre « humain » et «  nature » – comme si nous n’étions pas partie de cette nature ! Ils suggèrent que le bien-être de chacun, aussi insignifiant qu’il puisse nous sembler, est spirituellement important et mérite notre attention et notre soin. Dans les Jatakas,  tous les êtres sont capables de ressentir de la compassion pour les autres et d’agir généreusement pour les aider à apaiser leurs souffrances. Contrastant avec la théorie darwinienne de « la survie du plus fort », qui justifie souvent notre exploitation des autres espèces, ces histoires nous offrent une vision de la vie dans laquelle tout est relié, tout est partie du même réseau de vie, et par conséquent tout est « inter-responsable », càd chacun est responsable de chacun.

Cette compassion ne se limite pas au royaume animal. Si l’on en croit le récit de sa vie, le Bouddha est né sous un arbre, a médité sous les arbres, s’est éveillé sous un arbre, a souvent enseigné sous les arbres, et il est entré dans le Parinirvana abrité par deux arbres. Il n’est pas surprenant alors qu’il offre sa gratitude aux arbres et aux plantes, souvenons-nous qu’il a reçu une brassée d’herbe pour s’asseoir sous l’Arbre de la Bodhi.

Plus tard, certaines écoles ont dénié que les plantes soient des êtres sensibles, mais le canon pâli est plus ambigu. Dans un sutra, l’esprit d’un arbre apparaît en rêve au Bouddha  pour se plaindre que l’arbre ait été abattu par par un moine. Le matin suivant, le Bouddha interdit aux personnes de la Sangha de couper des arbres. Les bikkhus et bikkhunis n’ont toujours  pas le droit de couper de branches, de cueillir des fleurs, ni même de prélever les feuilles d’une plante. Qu’aurait dit le Bouddha de la destruction injustifiée de tout un écosystème ?  

Healing Ecology David Loy Trad Joshin Sensei

Bouddhisme: comprendre l’interdépendance

Le bouddhisme ne propose pas de solution simple à notre crise environnementale. Néanmoins, ses enseignements sur l’impermanence, interdépendance, et le non-moi apportent des prises de conscience (insights) dans la nature de notre problème écologique. 

Extrait d’un article de Buddhadharma, hiver 2008, trad. Joshin Sensei.

“ Les innombrables problèmes du monde viennent de notre faillite à comprendre que les phénomènes sont impermanents. Nous faisons des projets comme si nous allions vivre 500 ans. Nous nous battons pour de petites choses. Les gens cherchent le pouvoir et s’y cramponnent, imaginant qu’ils vont l’avoir pour des générations. Et même s’ils arrivent à l’attraper, rien ne dure. 

Conflits, agressions, incapacités à comprendre les sentiments de l’autre, ou à vivre en harmonie, tout cela vient de notre incompréhension de l’impermanence. 

Quand nous comprenons l’impermanence, nous comprenons l’interdépendance. Il y a là un équilibre subtil entre les deux, et si nous ne savons pas le conserver, tout s’écroule très vite. Voilà l’origine du réchauffement global et de toute la crise écologique.”

 Ringu Tulku Rimpoche: Buddhadharma, hiver 2008 trad. Joshin Sensei.

«  Si nous continuons à maltraiter la terre de cette façon, il ne fait aucun doute que notre civilisation sera détruite. Changer nécessite un éveil, une illumination. Le Bouddha a atteint l’éveil individuel; maintenant, nous avons besoin d’un éveil collectif pour arrêter cette course à la destruction. La civilisation va s’arrêter si nous continuons la course au profit, au pouvoir, au sexe et à la popularité ». Thich Nath Hanh 

Tourner la cuillère…!

 La pratique à la Demeure sans Limites a pour moi valeur d’exemple en matière de respect, de protection, de préservation ou de restauration de l’environnement.  A la Demeure sans Limites, on recherche la vie simple et pure de la  voie du Dharma. Cette pratique  guidée par les préceptes touche tous les aspects de la  vie quotidienne. Je vous livre pèle- mêle différents exemples  observés là-bas qui relèvent de la Voie du bouddhisme et qui s’harmonisent aux pratiques de l’écologie.
Sur l’alimentation en général:  avant les repas, nous disons:  « Je reçois cette nourriture comme un médicament qui nous aide à soutenir notre pratique ».  Manger juste ce qu’il faut, pour ajuster notre consommation à nos besoins plus qu’à nos désirs. Tout comme le 5ème précepte: « Eviter boissons ou aliments intoxicants. » nous engage à choisir les produits consommés selon une logique non consumériste.
 A la Demeure sans Limites, la nourriture qui nous est proposée est simple, frugale et répond aux besoins d’équilibre nutritif en privilégiant l’usage de produits frais locaux, ou du jardin. 

        Des modes de cuissons qui respectent les qualités des aliments,  le recours à l’alimentation biologique limitant la pollution induite par l’agriculture, l’utilisation systématique des restes pour confectionner de nouveaux plats, le compostage des déchets organiques sont autant de directions proposées.
« Respecter la vie, ne pas tuer. »  Par le choix d’une nourriture végétarienne, la Demeure sans Limites nous propose de nourrir la vie sans détruire celle des autres espèces.  Cela répond également  à un objectif d’équilibre lorsque l’on met en balance la quantité d’eau et d’énergie nécessaire à la production d’un kilo de viande tel que c’est illustré dans le film de Yann Arthus Bertrand  « Home ».
 

Dans la cuisine, l’organisation est simple, spartiate. On utilise l’eau avec parcimonie dans l’idée de ne pas gaspiller. Tout trouve sa place selon une logique pratique, le choix du matériel est efficace et rudimentaire, les bocaux sont en verres, les papiers en krafts, peu de sacs plastique, peu d’appareil mécaniques mais des outils de qualité,  l’usage de produits recharges limitant les emballages et la production de déchets, la qualité biologique pour ne pas polluer la nature….« A quoi bon tous ces produits s’il suffit de frotter …!»
  Dans le jardin il y a des toilettes sèches  qui permettent de réduire la consommation d’eau et les déchets,  de produire du compost  pour le jardin. 

Je me souviens du rire de Sensei  lorsque je lui ai vanté mon  Rice cooker électrique qui cuisait toute la nuit à feux doux pour faire une Guen Mai ( soupe de riz). Quelle dépense d’énergie  électrique inutile alors qu’il suffit de tourner la cuillère dans la marmite et laisser faire!
Sylvie  Myo Jo 

ज्योति  Remplir nos responsabilités

On a souvent l’impression que pour les bouddhistes et tout spécialement les bouddhistes occidentaux la politique est une arène qui doit être évitée comme si c’était une fosse pleine de poison. Ce serait un détour par rapport à notre quête spirituelle, une distraction, et un imbroglio toxique, une chute par rapport à nos aspirations vers la pureté, l’illumination, l’éveil et la libération. 

Mais devant les crises de notre monde, nous ne pouvons pas nous détourner ; oui, la politique est souvent synonyme de corruption, elle divise, elle est sale. C’est l’avidité pour le pouvoir, le désir égocentrique de briller dans la lumière des projecteurs qui dominent souvent les élections et les choix politiques.                                          

Mais la politique est aussi le lieu où l’on débat et décide des grands problèmes moraux de notre temps. La honte du racisme, le traitement des migrants, les perturbations du climat, les soins de santé, la guerre et le militarisme – toutes ces crises se retrouvent dans leurs dimensions morales et pressantes sur la scène des politiques nationales. 

Alors, si nous voulons remplir nos responsabilités éthiques, il ne suffit pas d’adopter les préceptes bouddhistes comme guide de conduite personnelle, de vivre de façon moralement intègre, et de cultiver des pensées de compassion dans le confort de notre salle de méditation. 

Il est crucial pour nous d’entrer dans la sphère de l’action. Cela ne veut pas nécessairement dire soutenir des candidats, faire campagne pour eux, ou rejoindre un parti politique. 

Mais mus par les principes de metta et de compassion, par notre engagement pour la justice et l’équité, nous devons nous avancer et nous opposer aux institutions ou aux systèmes qui oppressent et aux politiques et aux lois nuisibles.   

Essayons de créer à leur place un ordre social enraciné dans l’amour et la compassion, qui permette à tous de s’épanouir. 

Vénérable Bhikku Bodhi

 

Dharma Drum Avelokiteshvara
Dharma Drum Avelokiteshvara

 

https://tricycle.org/author/venbhikkhubodhi/

 

ज्योति Oui, nous pouvons espérer

J’ai passé une grande partie de ma vie dans des situations qu’on pourrait appeler « sans espoir», en tant qu‘activiste anti-guerre, partisane des droits civiques, aidante auprès des mourants.

J’ai aussi été volontaire auprès des prisonniers dans le couloir de la mort, travaillé dans des hôpitaux  au fin fond de l’Himalaya, là où la vie est dure, la nourriture rare, et  les possibilités de soins presque inexistantes. J’ai travaillé à Kathmandou avec les réfugiés Rohingas qui n’ont aucun statut, nulle part.

On peut se dire, pourquoi, à quoi bon ? Pourquoi s’accrocher à un espoir de mettre  fin à la guerre, à l’injustice ? Pourquoi l’espoir pour les personnes qui meurent, ou les réfugiés qui fuient le génocide, ou pour chercher des solutions au changement de climat ? 

Cette notion d’espoir m’a souvent troublée. Mais récemment en partie à cause de la force du livre Hope in the Dark de Rebecca Solnit, j’ai trouvé un autre point de vue sur l’espoir, que j’appellerai un espoir plein de sagesse.  

En tant que bouddhistes, nous savons que l’espoir ordinaire est basé sur le désir : désir d’un résultat différent de ce qui pourrait bien arriver ; nous ressentons comme un malheur de ne pas avoir ce que nous espérions.                                          

Si l’on est dans ce schéma, nos attentes sont toujours là, quelque part à l’arrière de notre tête, comme l’ombre de la peur que nos souhaits ne vont pas être réalisés.         

Cet espoir ordinaire est une expression subtile de peur et une forme de souffrance.  Il ne s’agit pas de refuser la réalité, mais d’y faire face. 

L’espoir plein de sagesse n’est pas irréaliste, mais il voit les choses telles qu’elles sont, y compris la vérité de la souffrance, dans son existence mais aussi notre capacité à la transformer.  

047 Hsiao Jen Neng, Music of Dharma, Avalokitesvara, Buddha Tooth Relic Temple, Singapore, photograph by Anandajoti Bhikkhu
Hsiao Jen Neng, Music of Dharma, Avalokitesvara, Buddha Tooth Relic Temple, Singapore, photograph by Anandajoti Bhikkhu
Avalokiteshvara Musique-du-Dharma 

Ce genre d’espoir apparaît lorsque nous réalisons que nous ne savons pas ce qui va arriver ; ce vaste espace d’incertitude est l’espace même où nous devons agir. Trop souvent la croyance qu’il n’y a plus rien à espérer nous paralyse : que le diagnostic de notre cancer  est une impasse sans porte de sortie, que notre situation politique ne peut plus être corrigée, qu’il n’y a plus rien à faire devant la crise climatique. 

On pense facilement que plus rien ne fait sens, ou que nous n’avons ni pouvoir ni raison d’agir. 

J’ai dit souvent qu’il ne devrait y avoir que deux mots au-dessus de la porte de notre temple de Santa Fé : « Show up ! »,  « Allez-y ! » 

Oui, la souffrance est présente, on ne peut le nier : 65,3 millions de réfugiés dans le monde aujourd’hui, seulement onze pays sans conflit, et les forêts deviennent des déserts sous l’effet des changements climatiques. 

L’injustice économique entraîne les personnes vers une misère de plus en plus grande ; racisme et sexisme restent très élevés. 

Mais voyez-vous, l’espoir plein de sagesse ne nie pas ces réalités,  mais il peut les regarder, s’y attaquer en se souvenant de tout ce qui est là aussi, par exemple les changements de valeurs qui font que nous pouvons reconnaître et prendre en compte la souffrance telle qu’elle  est maintenant. 

« Ne trouvez rien à redire au présent », dit Maître Keizan Jokin. Il nous invite à voir ce présent, pas à le fuir. 

L’auteur et homme d’Etat Václav Havel a dit : « L’espoir n’est vraiment pas la même chose que l’optimisme. Ce n’est pas la conviction que certaine-ment tout va s’arranger, mais l’assurance que quelque chose a du sens, quelle que soit la façon dont cela va tourner ».                             

Nous ne pouvons pas savoir mais nous pouvons faire confiance au mouvement, au changement, et savoir que nous en faisons partie. 

Nous avançons chaque jour, et nous allons voter, ou nous nous asseyons au bord du lit d’une personne malade, ou nous faisons classe à des élèves. 

Nous partageons tous comme bouddhistes l’aspiration à mettre fin à la souffrance et, pour beaucoup d’entre nous, il ne s’agit pas d’un petit programme d’amélioration personnelle. Les vœux de bodhisattva qui sont au coeur de la tradition du Mahayana sont l’expression forte d’un espoir radical et plein de sagesse – un espoir inconditionnel libre de désir. 

Dostoievski disait : « Vivre sans espoir, c’est cesser de  vivre ».

Ces mots nous rappellent que l’apathie n’est pas le chemin de l’éveil. Nous sommes appelés à vivre dans le possible, sachant parfaite-ment que l’impermanence l’emporte.                                        Alors pourquoi ne pas « y aller » ?   

Joan Halifax 

https://www.lionsroar.com/yes-we-can-have-hope/

    

Les deux ailes de l’espoir

Water moon avalokiteshvara
Water Moon Avalokiteshvara

 Attendre que nos espoirs se réalisent à la nouvelle année peut sembler futile, mais c’est peut être une étape nécessaire pour créer un futur meilleur. C’est vrai que l’espoir seul peut être égoïste et inefficace ; pour qu’il soit la base d’un changement, il doit s’élever, s’envoler – et pour voler il faut deux ailes. 

Une aile est la vision morale : l’approche intérieure d’un monde dans lequel justice, amour, coopération et modération l’emportent sur les tendances ataviques de violence, de haine raciale ou éthnique, de compétition brutale et d’auto-indulgence narcissique. 

Et l’autre aile est l’engagement à agir, la détermination de promouvoir personnellement les moyens pour mettre en œuvre ce monde différent.

La foi religieuse et l’idéalisme éthique font partie de cet appel pour un espoir qui transforme le monde. Bien que souvent les religions exacerbent les problèmes, en apportant intolérance et violence, leurs meilleurs côtés nous inspirent et nous soutiennent dans notre quête de solutions.   

Elles nous proposent de réaliser la sorte de monde que nous aimerions créer, et nous répètent que c’est à nous-même, et non aux autres, qu’il appartient d’y travailler. 

La foi nous protège du désespoir, nous aiguillonne quand nous sommes prêts à succomber, et    nous rappelle qu’un monde meilleur commence par nous-même.           

Pour réussir, tout ne dépend pas de réformes institutionnelles ou de politiques efficaces ; mais du point de vue moral, des priorités, bien-être, santé, bonheur, qui sont placées avant notre propre intérêt. 

Mais pour que notre pratique spirituelle se transforme en réalité partagée, il nous faut quelque chose de plus qu’une spiritualité privée, personnelle qui nous enseigne à devenir de meilleures personnes. 

Nous devons nous pousser à prendre des responsabilités pour que le bien moral passe dans les actes – en résistant à l’injustice, en rejetant la cruauté et la violence, en défendant la dignité humaine, la compassion et l’amour pour tous et partout. Nos valeurs doivent être appliquées dans le champ de l’action. 

Nous devons faire plier nos institutions et nos politiques pour qu’elles ne soient pas des influences corruptrices, mais qu’elles soutiennent la justice, l’égalité et la paix.  

Vénérable Bhikkhu Bodhi 

https://tricycle.org/author/venbhikkhubodhi/

ज्योति Banques

 

Amitabha Buddha

 Un enseignant bouddhiste japonais essaye d’encourager les bouddhistes au Japon de retirer leur argent des banques qui financent des projets nuisibles à l’environnement et au climat.

Révérend Tomonobu Narita, du temple Totsuka Zenryo à Yokohama, a transféré l’argent de son temple dans l’une des  45 banques japo-naises « amie-de-la-terre » ; 

il a déclaré à la radio japonaise qu’il voulait convaincre d’autres temples de l’importance de priver de fonds  les banques qui financent les énergies fossiles ou le nucléaire.       

« Une  petite action lorsqu’elle en entraîne d’autres, a de grands effets ; nous devons être plus attentifs à ce que nous avons la chance d’avoir reçu ».

Japan Times

Bodhidharma
Bodhidharma

Avez-vous déjà considéré ce que votre banque fait avec l’argent des dépôts ? Connaissez-vous : https://350.org/fr/ ?

ज्योति Birmanie :  au nom du Bouddha… ? 

Nous avons tous été choqués et horrifiés lorsque les premières images de ce qu’on peut appeler le génocide des Rohingas sont arrivées, et que nous avons appris qu’il se faisait au nom du bouddhisme.

Nous nous sommes interrogés, nous avons été interrogés, et nous n’avions pas de réponse. 

Comment peut-on tuer au nom de paroles telles que « Car la haine ne peut jamais être vaincue par la haine, seulement par l’amour… » 

A chercher dans les textes, nous savions bien qu’on ne peut y trouver le moindre mot justifiant une tuerie, ni même l’idée de l’« autre », car où s’accrocherait-elle dans un univers dont le mot-clé est « interdépendance »… ? 

Alors j’ai cherché, j’ai lu, j’ai essayé, non pas de comprendre les actes inacceptables, mais de comprendre comment une telle idée avait pu se former.

Et il faut remonter au passé, là sont les racines du présent : 

Au 19ème siècle la Birmanie devient une colonie britannique, annexée à l’Inde. Le mouvement nationaliste birman va lutter en s’appuyant sur le modèle fasciste et guerrier du Japon du début du 20ème siècle. Ce parti va construire une pensée nationaliste (et xénophobe, ce qui va souvent ensemble) pour rassembler tous les birmans contre l’occupation anglaise.

 L’armée pour la libération de la Birmanie, formée en grande partie dans le Japon militariste des années 1930, s’allie à ce pays contre les Anglais pendant la 2ème guerre mondiale. En 1948, la Birmanie redevient indépendante, mais ce sont des années de guerre civile entre partis, et l’armée, renversant le gouvernement élu, prend le pouvoir en 1962 (*)

Répression, rebellions, emprisonnements, travail forcé, arrestations de moines et de journalistes, déclin de l’économie… jusqu’en 2012 où débute une fragile démocratie.                                      Mais la situation des minorités, Rohingas, Karens, Kachins, Môns, Shan ne s’améliore pas. La structure nationaliste mise en place au 20ème siècle pour lutter contre la colonisation est toujours présente, elle sert de point de rassemblement à tous les gouvernements pour « souder » les Birmans autour de lui. 

On en arrive à un faux syllogisme effarant : Tous les birmans sont bouddhistes, tous ceux qui ne sont pas bouddhistes ne sont pas birmans.

Bien sûr ça nous rappelle d’autres choses, d’autres pays, hélas… Erdogan en Turquie, le Parti Nationaliste Hindou en Inde, et d’autres pays encore, plus près de nous… Comment contrer cela ? 

056_Chen_Shao_Kuan,_Fearless_Avalokitesvara_(34343249074) copie  Avalokiteshvara de la Non-Peur

Tout ce que nous (bouddhistes non-birmans, pire occidentaux, anciens colonisateurs) pourrons écrire n’aura pas de prise sur ce « raisonnement » puisque ce n’est pas de « bouddhisme » qu’on parle là, mais de nationalisme.

Nationalisme religieux, qui assimile une identité religieuse à un pays, une terre. 

Nous ne voyons que trop le nationalisme se répandre dans tous les pays, y compris en Europe, c’est la base de tous les rejets : « Ceux qui n’ont pas la peau de telle couleur… un nom qui sonne comme nous… ».

Voici ce que l’on peut entendre ou lire dans les journaux : « Ces musulmans Rohingas traversent subrepticement la frontière, leur nombre augmente, ils diluent la population bouddhiste et forment l’avant-garde d’une croisade pour tourner le Myanmar (la Birmanie) en un pays musulman ( … )  Si la culture bouddhiste disparaît, alors Rangoon (la capitale) deviendra comme la Mecque… ».  

Et cela nous rappelle tout de suite d’autres discours, ici même…

Birmanie : alors que faire ?                 

Oui il y a quelque chose à faire, même si encore une fois le bouddhisme n’est là que comme référent identitaire et pas du tout comme religion, paroles du Bouddha, Enseignements.   

Il n’empêche. Le nom du Bouddha est prononcé, nous sommes concernés. Il n’empêche : nous sommes concernés face à tous les crimes, meurtres, violences, où que cela se passe, en quelque nom que ce soit. 

Pour en savoir plus :  

https://www.lionsroar.com/what-does-buddhism-have-to-do-with-the-ethnic-cleansing-in-myanmar/

Et pour aider : 

https://www.amnesty.fr/conflits-armes-et-populations/petitions/au-myanmar-les-rohingyas-y-sont-cibles-en-raison-de

En anglais, très complet :  

https://www.partners.ngo/take-action/rohingya-refugee-crisis

Bien sûr, il s’agit de donner, mais aussi de signer une pétition, en clair de bouger, et de dire que nous ne resterons pas sans rien faire devant cette misère, parce que comme l’a écrit Shantideva :

« Tant que demeurera l’espace, tant que demeureront les êtres sensibles

puissè-je moi aussi demeurer pour soulager les malheurs du monde..  ».       

Joshin Sensei

(*) https://www.ritimo.org/Chronologie-et-histoire-recente-de-la-Birmanie

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