En vrac

coeur-espritZen es el corazón de la contemplación de la naturaleza
tanto exterior como interior…
Apreciar la belleza de las manifestaciones me completa de felicidad.

Zen est le coeur de la contemplation de la nature
autant extérieur qu’intérieur…
Apprécier la beauté des manifestations me comble de bonheur.

Graciela
Traduction : Toen Ni

vers le zendo

La práctica es perfecta
mi cuerpo y mente se regocijan
entre zafus y la música del viento en los pinos.

La pratique est parfaite
mon corps et mon esprit se réjouissent
parmi les zafus et la musique du vent dans les pins.

Graciela
Traduction : Toen Ni

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cheminMarcher,

Marcher jusqu’à ne plus avoir pied…

Se noyer…

Renaître alors, et se poser

S’asseoir peut-être

S‘asseoir droit et souple

Digne et confiant

Comme la flamme

Dans le moment sans temps

Dans l’espace sans lieu

Sans demeure ni affaire

Se défaire dans l’instant      

Se délasser sur le champs

Prendre congé de soi

Ah, la grande vacance

La grande joie. 

Philippe S 

Lettre à ma fille revenue d’une retraite au Village des Pruniers

coeur-espritStabilisée du dedans, tu t’efforces de maintenir ce souffle neuf à l’abri de la contamination par l’extérieur, l’actu, les contacts, les projets et tu vois comme c’est difficile. 

Mais ce ne l’est que quand on oppose les deux mondes comme un intérieur et un dehors qui doivent rester imperméables l’un à l’autre.

Et certes les monastères, occidentaux ou orientaux, sont le lieu et le rythme inventés tout exprès pour se cueillir au plus près, dans un isolement apparent grâce auquel se concentrer, être vigilant au pas, au souffle, à l’assise, à soi, mais aussi au couteau, à la serpillière, à la carotte, aux arbres, aux autres : communauté avec les autres et le reste dont on s’avise qu’ils ne sont pas autres ni un reste. 

Autrement dit, nul repli, mais de l’espace d’accueil. 

Et c’est cela qui n’est pas aisé à transférer dans l’agitation du quotidien. 

Mais c’est cela qui est appris, dont les linéaments sont donnés : conserver comme un bien précieux ce blanc, cette paix pour qu’ils agissent aussi ailleurs que dans les enceintes où on a pu les (re)trouver. 

Et avec eux, la compassion pour les errants hors d’eux-mêmes, le tact pour ne pas intervenir à contretemps, ne pas les abominer et excommunier. 

Dur. A moins qu’il ne s’agisse que  de souplesse. Car c’est si simple, et pour tout dire, si enfantin de classer le monde et les choses en deux catégories : le « miam miam » et le « caca boudin », le ya bon et le rien à fiche. 

Juste une façon encore de projeter et protéger l’égo qui n’existe que par préférences.  

Et surtout chez ceux que leur tempérament porte à l’absolutisme de l’adhésion ou du rejet, du tout ou rien. 

Ça s’appelle aussi l’apprentissage de la patience (rien à voir bien sûr avec la tolérance de n’importe quoi, mais tout avec l’attente des conditions favorables, des maturations possibles). 

Au fond, ne plus tout le temps en faire une affaire personnelle,  ne plus « se mettre au milieu »  (comme dit Sensei). 

Le recentrement est un décentrement, pas un retranchement. 

Sous l’individu avec ses caractéristiques psychologico-génétiques, il y a la personne et, sous et par celle-ci, l’accès à l’impersonnel d’où regarder l’individu et ses réactions, et les autres comme soi-même : avec un brin d’humour. 

C’est pour ça que les maîtres rigolent, de toutes les blagues que les autres se font sans s’en apercevoir. Autant ne pas trop s’en faire à soi ni s’en conter.

Affectueusement, 

Papa

Daishin nº 247 – Février 2019

Nonne coreenne avec chou

春節 Nouvel an chinois : Festival du Printemps mardi 5 février : « Fête du printemps – premier kimchi de l’année  Bon appétit » !

 Joshin Sensei  :

– Paris : samedi 9

– Aix en Provence  : Journée de retraite samedi 23

infos : http://www.montagnes-et-forets-du-zen.org/retraites-et-journ%C3%A9es

– Tous les premiers vendredis du mois : 

   Zazen au Betsuin à Valence : 19h30 – 21h.

La Demeure sans Limites est fermée jusqu’au 6 avril 2019…

Février Uposatha :

Pour nous asseoir ensemble :

Lundi 4 : lune nouvelle , Mardi 19 : pleine lune

Pour nous rejoindre : 

https://framadate.org/y3r8IUYSAajF2zsC

Sommaire

 Nouvel an chinois

Cap ou pas cap ? Lundi vert

Ecologie à La Demeure sans Limites, Joshin Sensei

Tourner la cuillère… ! Sylvie

Travail et joie : Être tenzo, A.C.

Bouddhisme : comprendre l’interdépendance.

Bouddha, les êtres sensibles et la nature. D. Loy

La cloche de la pratique… Marylise

En vrac

Illustrations  :
Première page : Beop Song in Tricycle https://tricycle.org/trikedaily/buddhist-cooking-korean-cultural- week/
https://lechinois.com/culture/nouvel-an/date-nouvel-an-chinois.php
Photos de Marcelo, Marylise, diverses personnes àLa Demeure sans Limites, nippon news.

En vrac

Migrants : comment les municipalités et les habitants peuvent travailler en lien pour accueillir et aider : un bon exemple qui vient de Belgique, proposé par Françoise : https://m.youtube.com/watchv=ThS23IGDncU&feature=youtu.be

Oni wa soto3 Février au Japon : les démons dehors ! Le festival de Setsubun
Au Japon, février est le mois du nouvel an lunaire et le 3, c’est le jour du changement de saison. Ce jour-là, de chaque maison on jette à l’extérieur des haricots de soja passés au four, pour chasser du foyer les démons et la méchanceté, parce qu’on sait bien que les esprits demeurent dans les haricots de soja !
Et une fois qu’on a jeté des haricots dehors,
on se met dehors et on jette d’autres haricots dedans… pour accueillir la chance.
Enfin on mange autant d’haricots qu’on a d’années, plus un pour le Nouvel An afin de “manger de la chance” pour l’année qui vient.
De petits paquets contenant des haricots sont lancés aux participants depuis les sanctuaires shinto et on essaye de les attraper pour attraper la chance ! Une occasion de réjouissances !

La cloche de la pratique

Cloche de meditationCette année, je suis dans un nouveau collège à Brétigny sur Orge.
À la rentrée le professeur principal d’une classe de sixième a mis en place la « 6ème méditation » et a demandé aux autres professeurs de participer au projet.
L’idée est de proposer aux élèves quelques instants de pause,
de respiration, de relaxation avant de commencer le cours.
Enthousiaste, j’adhère immédiatement au projet et ramène spontanément ma cloche de méditation n‘ayant pas vraiment d’idée précise sur la façon dont j’allais l’utiliser.
Petit à petit elle prend sa place dans la classe.
Elle encadre le début et la fin de la pause respiration, puis au fil des mois elle installe également le silence et cela dans toutes mes classes.

Elle est naturellement posée sur mon bureau à coté de ma trousse et de mon cahier.
Je suis surprise de son impact et des effets qu’elle produit sur les élèves et les adultes.
Même mes tuteurs en parlent dans leurs rapports lors de leurs visites.
Aujourd’hui elle accompagne tous mes cours. Pas de cri, je n’élève pas la voix, de toute façon je n’y arrive pas, juste le son harmonieux de la cloche qui invite les élèves au silence. Et ça fonctionne !

Je pense que mon geste spontané en septembre de mettre ma cloche dans mon sac et de l’emmener avec moi en classe s’inscrit tout simplement dans la continuité des retraites dans la ville.
Dans la journée elle représente aussi pour moi un rappel des moments de pause nécessaires.
Marylise

Travail et joie : être tenzo

   J’ai eu la grande chance la place de Tenzo pendant la retraite de Nouvel An qui ne se tenait pas une année passée à Espace d’Etoiles. 

Je vous livre ici quelques réflexions sur cette expérience, éclairées par la lecture du Tenzo Kyokun (Instructions pour la cuisine dans un temple Zen) de Maître Dogen.

1. Devenir Tenzo

   Maître Dogen définit ainsi le rôle du Tenzo dans le TKK :

« Travaillez avec votre esprit de Bouddha, votre esprit qui cherche l’éveil, en faisant constamment un effort pour servir des repas variés, appropriés aux besoins et aux circonstances, et qui permettront à tous de pratiquer corps et esprit, avec le moins d’obstacles possibles. »

 Quand Sensei m’a demandé si j’accepterais d’occuper la place de Tenzo pendant toute la durée de la retraite du Nouvel An, j’ai dit oui, sans bien me rendre compte sur le moment du cadeau merveilleux qui m’était donné. Et il est vrai que les premiers temps, j’ai eu quelques regrets à ne pas faire kinhin au soleil comme tout le monde et devoir, à la place, m’enfermer dans la cuisine pour la préparation des repas… Dans le même temps, j’étais débordée quand l’heure du repas approchait, un peu perdue devant une gazinière récalcitrante, et me demandant bien comment j’allais pouvoir servir dans les minutes qui me restaient, des plats qui n’arrivaient pas à chauffer ! Il se trouvait alors toujours quelqu’un qui prenait l’initiative salutaire de se démarquer un peu de ce qui était prévu pour que le repas puisse être servi à temps…

   Et puis, au fur et à mesure des jours qui passaient, je me suis aperçue que les choses changeaient ; j’avais de plus en plus de mal à m’éloigner de la cuisine, et, quand les personnes passaient devant la fenêtre de la cuisine pendant kinhin, je sentais qu’elles et moi, nous faisions zazen en activité. Je devenais davantage présente à ma tâche de Tenzo.

Préparer le repas2. La place des choses

« Posez à une place élevée les choses qui vont naturellement en haut, et à une place plus basse, celles qui seront plus stables en bas; les choses qui appartiennent naturellement à une place élevée sont mieux installées en haut, et celles qui appartiennent à une place basse sont mieux installées en bas, et trouveront là leur plus grande stabilité. »

 Anne et moi avions rejoint Sensei à Espace d’Etoiles la veille du début de la retraite. Anne et Sensei avaient fait toutes les courses, il restait à organiser la cuisine pour qu’elle puisse nous permettre d’y travailler dans le même esprit qu’à La Demeure Sans Limites. Il a fallu une période d’ajustement pour que chaque chose prenne sa place, que soient bien identifiés les objets de la Demeure Sans Limites, ceux apportés par les personnes de la Sangha pour la retraite, et ceux du lieu qui nous accueillait, que ce soit sur les étagères ou dans le frigidaire dont  seule une partie nous était réservée. Cette organisation trouvée, il fallait veiller à la transmettre aux autres personnes, et surtout aux différents Tenzos du petit-déjeuner. Cela obligeait à la vigilance !

   Et au bout d’un moment, cela se fit : l’esprit de la Demeure Sans Limites était entré dans cette cuisine. Ce n’était bien sûr pas du tout le même lieu, mais les choses avaient trouvé la place juste et du coup on pouvait travailler dans le même esprit qu’à la DsL. Cela s’est vu notamment au moment de la vaisselle, on retrouvait la même façon de faire, dans l’ordre et dans la tranquillité ; et la cuisine devint vraiment un lieu de silence.

3. Les quantités justes

« Lorsque vous connaissez le chiffre exact de la communauté, calculez alors la quantité de nourriture qui devra être utilisée. Pour chaque grain de riz qui sera mangé, fournissez un grain. Quand un grain se divise, on peut avoir deux demi-grains, ou peut-être trois ou quatre. Par ailleurs, un grain peut être égal à deux demi-grains, ou peut-être à un demi-grain. Alors de nouveau comptez deux demi-grains comme un grain. Vous devez évaluer clairement quelle quantité supplémentaire il y aura si l’on ajoute une unité de mesure, ou s’il y aura suffisamment en retirant une unité. »

 Cette question des quantités a été pour moi source d’interrogations. Quelle était la quantité juste ? Etait-ce de servir de telle sorte que tout soit mangé, quitte à ce que toutes les personnes ne puissent pas être également resservies ? Etait-ce de proposer plus de nourriture, quitte à ce que les plats repartent à la cuisine à moitié pleins ? Et comment déduire de ce qui avait été mangé un matin au petit-déjeuner ce qui serait mangé le matin suivant ? 

   C’est ainsi que j’ai compris que le Tenzo devait, à un moment, prendre des décisions, quitte à se tromper. Que charge lui était donnée  d’essayer d’éviter tout gaspillage de nourriture mais que , malgré des stratégies pour proposer par exemple les nourritures plus anciennes avant les nourritures plus récentes, venait parfois le moment où il fallait devoir jeter…

4. Mets raffinés et nourriture simple

« Que votre attitude soit celle de la personne qui désire offrir un festin à partir de légumes ordinaire. »

 Sensei avait essayé de simplifier au maximum la tâche du Tenzo pendant cette retraite, et certains jours les légumes en boîte s’invitaient au menu. Mais j’ai découvert qu’on pouvait couper des légumes ou ouvrir une boîte de conserve avec la même attention et le même désir d’en faire un repas agréable ; le plaisir pouvait venir simplement d’essayer d’agrémenter ces légumes avec les restes du repas précédent ou, si on avait assez de temps, de rendre la présentation du repas agréable à regarder.

autel cuisine5. Kishin sans Daishin

« Efforcez-vous de garder un esprit joyeux et vaste, avec l’attitude attentionnée d’un père ou d’une mère. » 

Maître Dogen parle des trois esprits du Tenzo : Kishin (l’esprit joyeux), Daishin (l’esprit vaste) et Roshin (l’esprit aimant).

   Je me souviens de ce jour où on préparait un dessert avec du fromage blanc. Comme il restait des gâteaux, j’ai pensé que ce serait bien (et bon) d’en incorporer au fromage blanc. Et c’est ce que l’on a fait. Au moment de servir le dessert, la personne du service est venue me demander si j’avais prévu un dessert particulier pour une personne qui était allergique au gluten ?

Eh non, Kishin, l’esprit joyeux, avait mélangé tout le fromage blanc avec les gâteaux, et Daishin, l’esprit vaste, n’avait pas été au rendez-vous, et Roshin, l’esprit aimant,  eut beau réfléchir à toute vitesse, cette personne, ce soir-là, n’a pas eu de dessert…

Casseroles6. Agitation et calme

« Ne laissez pas votre esprit vagabonder, mais ne soyez pas non plus trop absorbé par un des aspects de votre tâche, au point d’en oublier les autres. »

  Il y avait quelquefois beaucoup de monde à aider dans cette cuisine toute en longueur, et même si chacun s’efforçait de garder le silence, cela générait parfois une certaine agitation. C’est après de tels moments que j’ai pu constater que seuls des instants de retour au calme dans la cuisine redevenue silencieuse, pouvaient permettre au Tenzo de revenir à sa pratique, et ainsi de pouvoir vérifier, prévoir, organiser, tout en restant dans la présence. 

Récolter les haricotsPendant ces quelques jours où j’ai été Tenzo, j’ai souvent pensé à Jokei-Ni ou à Marion, et maintenant Toen Ni,  qui l’ont été l’une et l’autre pendant longtemps. J’ai pensé à la fatigue qu’elles devaient éprouver par moments, mais aussi à la joie de ces petits instants où l’on prend le temps de respirer au soleil, à celle ressentie quand le repas est prêt et qu’il reste juste assez de temps pour vérifier une dernière fois que tout est bien, au sourire qui vient quand toute la nourriture a été mangée et  qu’il y en a eu juste assez, ni trop, ni trop peu, comme à celle ressentie le soir avant de quitter la cuisine bien rangée et silencieuse…Anne Claire

Ecologie à La Demeure sans Limites

Depuis 25 ans, nous sommes installés en montagne, à 1000 m d’altitude, au milieu des prairies et des bois, à l’écart du bourg de St Agrève (07). Très tôt la question s’est posée : quelle est notre responsabilité envers ce lieu, ces arbres, ces herbes ? Envers les animaux qui y vivent, chevreuils, renards, écureuils…envers nos voisins aussi, qui ont cultivé là, nourri leurs bêtes de ces pâturages, et qui aujourd’hui encore mangent principalement les œufs de leurs poules et les légumes de leur potager ?

Il me semble que le Bouddhisme et l’écologie partagent une même notion, celle de l’interdépendance des êtres et des choses. Si l’on s’appuie sur cette notion, il devient possible d’élargir considérablement la portée de l’écologie et de se sentir concerné par chaque geste, chaque décision que nous prenons dans notre interaction avec l’environnement.

La grenouille du lavoirPar exemple, l’eau de la ville ne vient pas jusqu’à notre  lieu-dit,  mais nous utilisons l’eau d’une source souterraine, située dans une prairie au-dessus de la maison. L’eau arrive à la maison par un système de tuyaux et de pompe, et ressort vers des cuves. Nous sommes en amont de voisins, il est donc important qu’à la sortie, l’eau soit impeccable afin de ne pas polluer leur source. 

Enfin, pour que tout cela, le soin, l’attention, le travail, ait un sens, il faut une continuité, une cohérence entre chaque étape. Du potager à l’assiette, de l’assiette au compost. Ce point sera développé ci-dessous. 

Aujourd’hui, voici ce qui s’est mis en  place, plus ou moins rapidement, plus ou moins complètement aussi au fil des ans :

– Emploi de produits uniquement bio pour vaisselle et tous les lavages et nettoyages. Nous faisons le plus souvent nos propres produits avec vinaigre blanc et bicarbonate de soude, additionné d’HE de lavande ou de citron. Très efficace et peu cher.

– Potager : chaux, fumier et purin d’ortie ou autres purins de plantes ( consoude)  et compost. Malheureusement il y a de moins en moins de vaches, donc de fumier, parce qu’il y a de moins en moins de voisins, et d’élevage…nous réfléchissons à la prochaine étape : nous avons commencé quatre carrés en permaculture l’an dernier, demie-réussite, mais nous nous y remettons cette année. 

– Compost des épluchures, etc.

– Jamais aucun produit phyto-sanitaire. Désherbage de la cour à la main. Ramassage des doryphores et des chenilles du chou aussi. 

– Echange de graines avec « graines de troc » prévu pour ce printemps.

– Recueil de l’’eau de pluie pour l’arrosage du jardin dans de grands containers.

– Système d’épuration et assainissement performant, bien entretenu mais classique   – nous avions envisagé un assainissement par les plantes mais le projet n’a pas été développé.

– Création de toilettes sèches, quatre à ce jour. Le principe est très simple : un très grand tonneau, recouvert d’un siège de toilette ; de la cendre et de la sciure, le tout vidé et nettoyé tous les deux jours. On récupère un compost enrichi de paille ou d’herbe pour que tout soit absorbé, mais que nous avons jusqu’à présent hésité à utiliser, même au bout de plusieurs années…

– Recyclage attentif et réparation et ré-utilisation d’un maximum d’objets, suivant les compétences des personnes présentes ! Nous faisons surtout attention à ne rien jeter qui puisse re-servir.

  Ne pas acheter d’objets inutiles. Ce point nous semble spécialement important, car nous essayons de ne pas participer à un certain gaspillage, même si nous avons  – et sommes extrêmement contentes d’avoir ! – machine à laver et ordinateur.

CuisineLes projets qui n’ont pas vu le jour :

un four solaire, des constructions de cabanes en paille, d’autres aussi sans doute dont je ne me souviens pas, mais peut -être un jour… !

Tout ceci est maintenant intégré, et fait partie de notre quotidien. Nous admirons la nature qui nous entoure, et nous voulons en prendre soin.
CUISINE : Il y a un autre point que nous avons beaucoup travaillé : c’est la préparation de la cuisine. A quoi sert en effet de prendre soin du potager, de faire pousser les petites carottes ou les courgettes si ensuite dans la cuisine ces produits sont maltraités, si on les laisse s’abîmer ? Ou si on les cuit sans soin, et qu’enfin en bout de chaîne beaucoup de nourriture est gâchée et jetée ?

Nous sommes attentives à ne prendre dans le potager que ce dont nous avons besoin, ce que nous allons préparer. Nous cuisons principalement à l’étouffée ou à la vapeur. Nous mangeons les fanes, nous épluchons peu, nous ramassons aussi des herbes sauvages au printemps, nous avons suivi plusieurs stages pour être sûres, et des champignons en automne – là aussi ceux dont nous sommes sûres ! 

Surtout, nous nous efforçons de faire une cuisine à la fois saine et délicieuse : épices, herbes, ail et oignon, et variété…tout cela avec le vrai goût des légumes. Il y a plein de moyens simples et économiques de réveiller du millet, ou d’accommoder du riz ! Les plats mijotés longtemps dans le four dans une cocotte sont particulièrement appréciés . Notre cuisine est entièrement végétarienne, avec des œufs bio, du soja sous forme de tofou le plus souvent, mais pratiquement plus de produits laitiers remplacés par laits végétaux. 

Nous achetons en bio toutes les céréales et souvent les fruits. Mais nous continuons à rendre visite au super-marché du village, pour une partie de l’épicerie, ou au marché hebdomadaire, car ce sont aussi des lieux de rencontre, et de convivialité dans une toute petite ville comme la nôtre. 

Enfin, nous avons développé un vrai assortiment de recettes de « restes »  – surtout des soupes mixées, des gratins, des croquettes, plein de petites choses rajoutées pour donner du goût ( et cacher un peu) faciles et rapides à faire, si bien que nous ne jetons pratiquement jamais de nourriture tout en ayant toujours  des repas complets et variés ! 

Prendre soin: je crois qu’on peut résumer ainsi notre approche;  prendre soin de la terre, de ses habitants et de nous-mêmes. Prendre conscience que chacun de nos gestes a des répercussions, et que nous avons à donner autant qu’à recevoir.  

Quelles traces allons-nous laisser ? Comment les alléger, et nous alléger nous-mêmes ? 

Vivre en harmonie avec tout ce qui nous entoure : c’est apporter un peu de beauté et de paix dans ce monde. 

Joshin Sensei www.larbredeleveil.org

Cap ou pas cap ? https://www.lundi-vert.fr

Cap ou pas cap ?   https://www.lundi-vert.fr/  

LégumesRemplacer la viande et le poisson, chaque lundi comme cela est déjà proposé dans 40 pays dans le monde. Pour la planète (gaz à effets de serre, eau, déforestation), pour votre santé (cancer, diabète, maladies cardio-vasculaires), pour les animaux (la majorité des animaux consommés aujourd’hui font l’objet de traitements inacceptables durant leur élevage industriel ou leur abattage).

 « Cap ou pas cap ? », interroge la page d’accueil, avant d’inviter à s’inscrire en remplissant un questionnaire sur ses habitudes alimentaires, son caractère et sa sensibilité avec le monde animal.                         

Vous trouverez aussi sur le site des recettes gourmandes sans viande ni poisson.

Le Bouddha, les êtres sensibles et la nature.

Dans les Jatakas qui décrivent les vies du Bouddha avant son éveil, il naît souvent sous la forme d’un animal et dans beaucoup de ces contes, le Bouddha sacrifie sa vie d’animal « peu important», par ex, en offrant son corps de lapin à une tigresse afin qu’elle puisse nourrir ses petits. Ces contes récusent la dualité généralement assumée entre « humain » et «  nature » – comme si nous n’étions pas partie de cette nature ! Ils suggèrent que le bien-être de chacun, aussi insignifiant qu’il puisse nous sembler, est spirituellement important et mérite notre attention et notre soin. Dans les Jatakas,  tous les êtres sont capables de ressentir de la compassion pour les autres et d’agir généreusement pour les aider à apaiser leurs souffrances. Contrastant avec la théorie darwinienne de « la survie du plus fort », qui justifie souvent notre exploitation des autres espèces, ces histoires nous offrent une vision de la vie dans laquelle tout est relié, tout est partie du même réseau de vie, et par conséquent tout est « inter-responsable », càd chacun est responsable de chacun.

Cette compassion ne se limite pas au royaume animal. Si l’on en croit le récit de sa vie, le Bouddha est né sous un arbre, a médité sous les arbres, s’est éveillé sous un arbre, a souvent enseigné sous les arbres, et il est entré dans le Parinirvana abrité par deux arbres. Il n’est pas surprenant alors qu’il offre sa gratitude aux arbres et aux plantes, souvenons-nous qu’il a reçu une brassée d’herbe pour s’asseoir sous l’Arbre de la Bodhi.

Plus tard, certaines écoles ont dénié que les plantes soient des êtres sensibles, mais le canon pâli est plus ambigu. Dans un sutra, l’esprit d’un arbre apparaît en rêve au Bouddha  pour se plaindre que l’arbre ait été abattu par par un moine. Le matin suivant, le Bouddha interdit aux personnes de la Sangha de couper des arbres. Les bikkhus et bikkhunis n’ont toujours  pas le droit de couper de branches, de cueillir des fleurs, ni même de prélever les feuilles d’une plante. Qu’aurait dit le Bouddha de la destruction injustifiée de tout un écosystème ?  

Healing Ecology David Loy Trad Joshin Sensei