Daishin n°236 – Février 2018

Le programme :

Jôshin Sensei sera à :

– Paris : samedi  17 février : enseignements sur le Parinirvana du Bouddha.
Infos :  http://www.larbredeleveil.org/lademeure/spip.php?breve24

La Demeure sans Limites est fermée jusqu’au 30 mars.
www.larbredeleveil.org

Uposatha : www.nousasseoirensemble.org
Pleine lune à la toute fin de janvier :
– mercredi 31
– jeudi 15 février : lune nouvelle : le jour de l’entrée dans le Parinirvana du Bouddha.

parinirvana

bouddha-couche

Sommaire

Le Parinirvana du Bouddha Traduction : Jôshin Sensei
Une générosité enrichissante – M° Sheng Yen
Seulement humain – Ajahn Sundara
Ancêtres Femmes : les générations chinoises (à suivre)
La Voie du guerrier de la compassion Marie Anshin
En vrac

परिनिब्बान Seulement humain

Les Enseignements bouddhiques nous donnent beaucoup d’outils que nous pouvons utiliser, mais cela n’est pas la libération. La libération, c’est quand on commence à laisser aller, quand on commence à libérer le cœur en renonçant à toutes ces choses dans l’esprit qui nous gardent malheureux – la dépression, le désespoir, le manque de confiance, la peur, l’anxiété, etc.
En vieillissant, je vois de plus en plus clairement que la vie humaine est vraiment difficile. Il y a tant de choses à faire, tant de choses dont nous devons nous occuper simplement pour survivre sur le plan physique. Puis nous devons nous occuper des gens ; si vous êtes marié, vous devez vous occuper de votre époux/se, de vos enfants, et du chien, et du chat, et de la maison, et de la voiture, et du compte en banque. Tout ça, ça va. C’est juste que vivre cette vie humaine n’est vraiment pas facile. Ca demande plein d’énergie pour s’occuper de tout. Mais ce n’est pas un obstacle à la libération, forcément. Si vous trouvez que votre vie est compliquée et difficile, ne vous blâmez pas. C’est juste la vie humaine.
Vous vivez une vie humaine, et c’est comme ça.
Vous pouvez faire la paix. Faire la paix avec le fait d’être humain, avec les joies et les difficultés de la vie humaine, et faire grandir la gratitude vers les Enseignements du Bouddha, qui nous permettent de vivre la vie humaine en comprenant qu’elle en vaut la peine. Elle n’a pas besoin d’avoir de sens. Je trouve que c’est un peu difficile de chercher un sens. Nous ne le trouvons jamais. Le sens, c’est la vie elle-même, et d’en faire le meilleur usage possible pendant que nous somme en vie.
Ajahn Sundara. BuddhaDharma Summer 2017
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परिनिब्बान Ancêtres Femmes : les générations chinoises (à suivre)

परिनिब्बान Zongchi :
Une des filles d’un empereur de la dynastie Liang, du 6ème siècle.      Elle devint la disciple du fondateur de l’Ecole du Chan, Bodhidharma. Dans le chapitre Katto –Enchevêtrement des Branches– du Shobogenzo, M° Dogen la nomme comme l’une de ses quatre héritier.e.s du Dharma ; et, bien que le lignage de Bodhidharma se continue à travers un autre, il insiste sur le fait que chacun des quatre a atteint la compréhension totale.
परिनिब्बान Shiji 6ème siècle
On retrouve son histoire dans « Collection des Ancêtres du Dharma », qui sont des koans, des histoires d’Eveil. Elle arriva une fois dans un temple, sans enlever son chapeau comme le demandait l’étiquette.  Elle dit au moine qui l’accueillit qu’elle ne l’enlèverait que si il lui « disait quelque chose ».
Il ne sut que dire, aussi elle partit,   et cela le poussa à chercher un véritable Maître.
परिनिब्बान Wujing Cang
Selon les sources de la Transmission de la Lampe, elle était inspirée par le Mahaparinirvana Soutra, ce fut elle qui le récita à Hui Neng, le futur 6ème Patriarche. Bien qu’illétré, il comprit intuitivement le sens du Soutra ; ainsi elle l’aida en confirmant son Éveil. Elle lui fournit un logement pendant quelque temps, avant qu’il ne rencontre le 5ème Patriarche.
qwanyin
परिनिब्बान Lingzhao 8ème siècle
La fille du célèbre Laïc Pangyun, elle même pratiquante. Tout au long de sa vie, elle voyagea avec ses parents, restant pauvres, cherchant les Enseignements, s’arrêtant pour pratiquer dans des grottes.  Elle est le modèle de Guanyin au Panier de Poissons – une des 33 représentations de Kannon, bodhisattva de la Compassion. La foi et la confiance qu’elle porte à sa pratique en fait une femme très admirée.
परिनिब्बान Ling Xingpo 8ème – 9ème siècle.
On trouve son nom seulement dans l’anthologie du disciple de Mazu, Foubei, publiée en1004. L’histoire raconte comment elle l’a vaincu par son accomplissement. Elle était aussi très louée par Zhaozhou qui échangeait des poèmes avec elle.
परिनिब्बान Liu Tiemo  (« Liu Broyeur en Fer ») 9ème siècle.
Elle est disciple de Guishan Lingyou ( voir Tenzo Kyokun : le Maître et la vache ! )   Son style d’enseignement était qualifié de « abrupt, impressionnant et dangereux ». Sa façon de tester le véritable courage Zen de ses étudiants lui a valu le surnom de « Liu Broyeur de Fer ». Elle montre cette force d’acier dans le combat du Dharma dans un koan du Livre de Sérénité (http://www.buddhaline.net/Shoyoroku) et du Livre de la Falaise Bleue.(http://global.sotozen-net.or.jp/fre/library/key_terms/pdf/key_terms21.pdf)
परिनिब्बान Moshan Laoran 9ème siècle.
Très célèbre à son époque, elle est référencée par beaucoup d’auteurs. Elle est l’un des modèles de femmes pratiquantes, citée pour sa sagesse par Maître Dogen dans son essai  « Raihai Tokuzui, Rendre hommage et atteindre l’essence », et d’autres essais. Elle était la disciple de  Gao’an Dayu, et elle fut la première femme à devenir l’héritière du Dharma dans la transmission officielle de l’Ecole Ch’an. Elle fut aussi la première femme à avoir pour disciple Guanzhi Zhixian, un moine qui avait auparavant étudié avec le grand Maître Linji (Rinzaï).  M° Dogen note que la détermination de Guanzhi Zhixian, à vaincre les résistances culturelles qui rendaient quasi impossible d’étudier avec une femme, était un signe de la maturité de sa pratique et de sa conception du chemin du bodhisattva.
परिनिब्बान Miaoxin 9ème siècle
Nonne disciple de Yangshan, elle fut la Directrice des Relations extérieures de son monastère. Ainsi,     17 moines acceptèrent son interprétation de la signification du dialogue du 6ème patriarche sur le vent et le drapeau (Le drapeau qui bouge ?  Le vent qui bouge ? L’esprit qui bouge ? Rien ne bouge ?!)
Elle est aussi citée en modèle dans Raihaï Tokuzui.
परिनिब्बान Daoshen  fin 10ème-début 11ème siècle.
Héritière du dharma de Furong Daokai (Fuyo Dokai), elle eut deux héritiers du Dharma.
Huiguang 12ème siècle
Abbesse d’un grand monastère, Dongjing Miaohui, elle porta la robe pourpre offerte par l’empereur, qui lui donna son nom du Dharma. Sa vie et ses sermons se retrouvent dans la Collection  Pudeng. Célèbre pour son érudition et son éloquence, elle enseignait à un public de moines et de nonnes, et elle prêcha même un sermon à l’empereur.
परिनिब्बान Gongho Daoren 12ème siècle.
Héritière du Dharma de Cixin Waxin, elle était nonne, enseignante et poète. Elle écrivit « Clarifier l’Esprit » qui circula dans toute la Chine.
Elle était marié à un homme important mais elle quitta son mari, retourna chez ses parents, assez pauvres, et leur demanda l’autorisation d’être ordonnée. Ils refusèrent.
Elle pratiqua dans la solitude d’un ermitage ; elle s’éveilla après avoir lu « Contemplation du Dharmadhatu » du Patriarche  Dushun de l’Ecole de la Guirlande Fleurie.
Après la mort de ses parents,   elle dirigea une maison de bains, et écrivit de la poésie du Dharma sur les murs pour faire venir les clients !
Des Maîtres célèbres comme Yuanwu et Foyan la complimentèrent ; elle finit par devenir nonne dans sa vieillesse.
http://urbansketchersnewzealand.blogspot.fr/2014/03/this-place-is-real-surprise.html
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परिनिब्बान La Voie du Guerrier de la Compassion

« La  Voie du Guerrier de la Compassion, avec pour armes metta et humour, avec un bouclier aussi grand que l’espace, sans forme ;    un guerrier qui n’a pas peur de lui-même, et qui sait qu’il n’a rien à craindre… un guerrier qui ne juge pas, qui accepte ses faiblesses et celles des autres… oui, c’est cela   la Voie du guerrier du Dharma.. » : mail reçu de Jôshin Sensei : « une  traduction d’un texte dont je n’ai pas gardé le nom de l’auteur ».
Du côté du Dharma, je lis et relis sans cesse votre email sur la Voie du Guerrier de la Compassion, il me parle, et m’aide à voir ce que ça peut être aussi cette Voie, en accueillant les souffrances, la colère au lieu de me battre contre elles, et laisser s’en aller ces émotions-là : voilà comment je peux accueillir et accepter ce qui se passe.
Autrement dit, laisser ces émotions s’user en osant, en essayant la compréhension du cœur comme vous m ’expliquez, avec humour, bienveillance et metta.
Et quand je lis un « bouclier aussi grand que l’espace, sans forme » je me dis que je n’en finirai jamais, mais c’est un bouclier qui protège, alors vigilance, concentration !
Je peux sans cesse m’appliquer à l’attention, à la présence dans la compréhension du coeur, en silence; revenir aux Nobles Vérités, le sentier Octuple, et les préceptes ; je peux les apprendre et m’entraîner à les pratiquer, avec la Sangha déjà, un par un, jusqu’à trouver la concentration juste. Je me sens déjà bien occupée avec « la compréhension juste » …
Je prends pour armes metta – et humour : c’est sûr, vu comme ça, c’est complètement nouveau, (une guerre avec moi-même ou plutôt contre mes mécanismes incompréhensibles, sans aucune compréhension autre que du mauvais esprit ou de la mauvaise foi, c’est l’ignorance toujours, l’autre guerre quoi!)
Le mot « armes » devient tout autre pour moi : contre personne, ni contre moi-même, bien sûr, je comprends un peu mieux.
La Voie : juste une façon de transformer mes pensées et mes émotions, toute ma peur  – avec amour et humour – accepter mes faiblesses, simplement, et depuis cette compréhension, accepter les faiblesses des autres.
temple-sketch
Ainsi, ce guerrier là ne se juge pas, et ne juge personne. Confiance, bienveillance, envers moi-même,  et envers les autres …. avec tous les êtres. Un guerrier qui n’a même pas peur de lui-même, il doit donc s’aimer pour commencer, ainsi  « il sait qu’il n’a rien à craindre » .
En travaillant ainsi, je vois l’infinie profondeur de ce qui est. J’ai l’impression que c’est moins confus, il me semble me rapprocher de moi-même. Plus j’étudie, mieux je La perçois dans mes actes au quotidien (pensées, paroles….. ), c’est sans fin, avec douceur, je pense «karuna» et mon rakusu m’aide à revenir sans fin à la respiration, là, comme la cloche du zendo qui appelle au     zazen. Je me sens plus douce avec moi-même à force de l’entendre !
Comme me dit ma fille Camille, tu as changé maman depuis que tu vas au Temple…
Marie Anshin
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परिनिब्बान En vrac

परिनिब्बान
Seul et pourtant ensemble.
Quand seul est appris,
ensemble est su.
Serge

परिनिब्बान  Chaque fois que je m’assois devant vous, je veux transmettre la chose la plus importante. Je veux que vous expérimentiez cet espace, cette vastitude qu’on pourrait appeler cet univers mystérieux qui, sans aucun doute, est en chacun de nous. C’est très difficile à décrire, mais quand nous utilisons des phrases comme « cultiver notre propre esprit », le mot « esprit » inclut l’univers entier, et c’est cela que je veux partager dans l’espoir que nous puissions tous l’expérimenter par nous-mêmes.

Jakusho Kwong Roshi Sonoma Mountain Center

परिनिब्बान  Un autre Japon :  les Kawaramono
http://patrick-vallot.com/fr/les-kawaramono-2009

kawaramono« La ville de Kyoto est traversée par une rivière :  la Kamogawa.
Durant mes marches au bord de la Kamo, j’ai croisé sous les innombrables ponts qui l’enjambent un monde, une autre ville, celui des hommes et des femmes aux bâches bleues, les Kawaramono.
 Ces encres évoquent mes marches autour d’eux, à leur coté, dans leur sillage.
 J’ai vu des collectionneurs de débris, des poètes, des pêcheurs, des artistes peintres, des vendeurs de kakis soucieux de sauver leur chien, des constructeurs habiles de cabanes judicieusement installées, arrimées sur les canalisations sous les ponts. »

परिनिब्बान Et aussi : http://patrick-vallot.com/fr/homeless-kyoto-2013

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परिनिब्बान Une générosité enrichissante

bougie
Lorsque l’on allume une bougie dans une pièce sombre, elle l’illumine un peu, mais son pouvoir reste limité. Si, en revanche, on utilise cette même bougie pour en allumer une autre, la luminosité augmente.
Et si l’on continue ainsi, on peut éclairer le moindre recoin de la pièce.
L’idée de transférer les mérites à d’autres personnes suit le même principe.
Si nous gardons égoïstement notre propre lumière sous le boisseau,  son rayonnement sera restreint.
Mais si nous la partageons avec d’autres, elle ne diminue en rien.   Au contraire, nous augmentons la lumière disponible pour tous.       Ainsi, lorsque d’autres personnes allument notre bougie, nous rediffusons cette lumière.
Et quand, par gratitude, nous allumons à notre flamme la bougie  d’autrui, c’est toute la pièce qui s’en trouve davantage illuminée.
Une lumière comme celle-là est constante et ne peut être éteinte.
Lorsque l’on développe un esprit de gratitude et que l’on se dévoue à aider autrui, on peut pratiquer la générosité. On peut être généreux de ses biens, de soi-même et du Dharma. D’une certaine façon, donner ses biens est la chose la plus facile.       Si l’on consomme moins et si l’on vit de manière plus frugale, on peut donner ce que l’on économise.
Il peut être utile de se rappeler que la nature du don ne dépend pas forcément de la taille ou de la valeur de ce qui est donné. Un jour, alors que le Bouddha s’apprêtait à enseigner le Dharma à une congrégation dans la forêt, la nuit tomba. Plusieurs personnes offrirent leurs lampes.       Une vieille mendiante, qui n’avait pour seule possession que son bol  à aumône, offrit celui-ci en guise de lampe à huile. Voyant cela, le Bouddha s’exclama que la vertu de cette vieille dame était la plus haute, car elle avait donné tout ce qu’elle possédait, son bol à aumône.
Croyez-vous qu’elle ait perdu quelque chose en faisant son offrande ?
Ainsi, quand par gratitude, on se dévoue au bénéfice des autres, on pratique la générosité ou le don. Cela s’apprend. Certaines personnes s’imaginent qu’en donnant tout, l’on se retrouve sans rien. Mais le Dharma est un puits intarissable. Peu importe que vous le distribuiez sans compter, vous pourrez toujours revenir y puiser, parce que plus l’on y puise, plus son niveau s’élève.
Aussi longtemps que vous ferez don du Dharma pour nourrir autrui, il sera là. Aussi longtemps que vous serez en vie et à même de pratiquer, cela restera vrai.
Étant en vie, vous pouvez apprendre de plus en plus et donner de plus en plus.
Étant en vie, vous pouvez aussi prendre le temps de vous reposer et de reprendre des forces, puis revenir à la source.
C’est comme cela que fonctionne le don du Dharma.
Tricycle, printemps 2009.  Maître Sheng Yen    
Traduction : Françoise
https://tricycle.org/magazine/rich-generosity-2/
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Daishin n°235 – Janvier 2018

Commencer l’année dans la joie

paul davis in buddhazimonia copie 2
Suggestions pour la nouvelle année :
« Une demi-heure de méditation est essentielle sauf quand on est très occupé. Alors une heure est nécessaire ».
Saint François de Sales, rappelé par Françoise

« Une demi-heure de sourires est essentielle sauf quand on est grognon. Alors une heure est nécessaire».
Version Jôshin Sensei

Le programme  :

Jôshin Sensei sera à  Paris : samedi 20 janvier.

http://www.montagnes-et-forets-du-zen.org/      

La Demeure sans Limites est fermée jusqu’au printemps… à bientôt ! www.larbredeleveil.org

Uposatha :   www.nousasseoirensemble.org
mardi 2 janvier à 20h-21h : soir de pleine lune,
mercredi 17, un nouvel horaire : 7h-8h le matin pour la lune nouvelle.
Venez nous rejoindre : https://framadate.org/CjqwfEA2WS2bXGZu  

Pour revoir les émissions de Sagesses Bouddhistes dans lesquelles Jôkei Sensei parle d’Aoyama Roshi :

Biographie, émission du 3 décembre

Les pratiques d’Aoyama Roshi, émission du 10 décembre

Sommaire

Kannon est soudanaise et nous la croisons tous les jours – Françoise
Les biographies des Ancêtres Femmes – Myoan Grace Schireson Sensei
Illumination – Miranda Arocha Smith
En vrac

Namaste  namaste