marche-smallAjahn Chah avait un esprit étonnamment vif, et c’était un grand imitateur. Bien qu’il puisse être calme et sévère, ou doux et gentil, il utilisait beaucoup l’humour comme méthode d’enseignement.

Cette façon d’utiliser le rire pénétrait le cœur de ses auditeurs, pas seulement pour les amuser, mais pour leur faire reconnaître des vérités difficiles à accepter autrement.

Cette façon de faire, son regard sur le tragi-comique absurde de la vie permettaient aux personnes de se mettre à rire d’eux-mêmes et à voir les choses d’un autre angle.
Cela pouvait être une façon de faire comme la fameuse fois où il avait imité un moine portant son sac de façon stupide : accroché sur le dos, enroulé autour du cou, serré dans le poing, ou encore le traînant sur le sol.
Ou bien pour aider à résoudre une difficulté personnelle douloureuse.
Un jour, un jeune moine l’air abattu vint le voir, disant que, après avoir vu les malheurs du monde, l’horreur d’être pris au piège de la naissance et de la mort, il avait compris que : «  Je ne pourrai plus jamais rire, – tout est si triste et douloureux ».

En 45 minutes, grâce à l’imitation d’un jeune écureuil qui essaye mais n’arrive absolument pas à grimper à un arbre, le moine se roulait par terre en se tenant les côtes, les larmes coulant sur son visage, convulsé de ce rire qu’il n’allait plus jamais connaître.

Ajahn Amaro