sujata-detailLe don de la Rivière
Après ses 6 années d’ascèses et de mortifications extrêmes, qui ne lui permirent pas plus d’atteindre la cessation de la souffrance que sa vie passée de plaisirs et de confort dans le château de son père, Gautama fut si affaibli qu’il manqua perdre la vie.
Revenu à lui il comprit la leçon : seul un corps sain et un esprit fort lui permettraient d’atteindre son objectif.  Il alla à la rivière Naranjana pour s’y baigner, nettoyer son corps, et laver son vêtement ; il trouva l’eau fraîche très agréable. Il fut heureux de sentir le courant sur sa peau et se laissa aller à cette sensation.

Joshin Sensei

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Le don de Sotthiya
Resté seul, il se met en quête d’un endroit où méditer. Tout près de là, se trouve un figuier Pippal (ficus religiosa). Chemin faisant, Gautama croise Sotthiya, un coupeur d’herbe.
Empli d’une profonde admiration, Sotthiya veut lui offrir quelque chose. Comme il n’a rien d’autre que l’herbe kusha (herbe  »auspicieuse » qui sert à déposer les offrandes) qu’il transporte sur son épaule, il lui en offre huit gerbes.
Parvenu devant l’arbre de la bodhi, Gautama en fait sept fois le tour, s’arrêtant à chaque fois pour contempler le monde de chacun des points cardinaux,  et décide de se tourner vers l’Orient.

À l’instant précis où il dispose l’herbe au sol pour s’en faire un coussin, un grand trône, nommé Aparājita (le trône de la victoire), d’environ 7 mètres, se dresse de sous terre, juste à l’endroit où il a déposé les gerbes.
Le futur Bouddha s’assied, jambes repliées, dos droit, esprit tranquille.

Autre version :

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Le don de l’Arbre
Puis revenant vers l’arbre, il en fit cérémonieusement  7 fois le tour, en se tenant à sa droite, puis à son pied, disposa la jonché d’herbes kusha.
Et c’est sous cet arbre Pipal (ficus religiosa) qu’il acquit l’Éveil ;
c’est l’arbre Ashvatta des anciens autrement dit l’arbre cosmique déjà considéré à l’époque comme sacré.

Feuilles d’arbre de la Bodhi

Tous les épisodes principaux de la vie du Bouddha se déroulent aux pieds de différents arbres ; les soutras parlent avec insistance de ces changements, chaque arbre apportant par son essence un état de conscience différent auquel, nous pouvons le penser, le Bouddha était sensible avec sa perception si finement développée.

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Le don de Sujata
Sujata vivait dans un village appelé Senani  à Uruvela (près de l’actuelle Bodh Gaya).   Elle était belle mais célibataire, fille d’un riche propriétaire terrien.  Elle offrit des prières au Nuga (arbre banian), sur les conseils des villageois qui croyaient en un dieu vivant dans cet arbre, près de la rivière Neranjara. Elle souhaitait qu’il exauce son désir d’un bon mari, qui la couvrirait d’amour et de cadeaux. Avec le temps, son voeu fut exaucé.
Elle pria ensuite pour avoir un petit garçon. Ce souhait également fut exaucé.

Avec son amie Punna, elle décida d’apporter en offrande un plat de riz et de lait pour le dieu de l’arbre le jour de Veshaka (pleine lune). Sujata était propriétaire de nombreuses vaches.   Elle nourrissait ses vaches avec des herbes douces pour obtenir le lait le plus nourrissant. Elle utilisa ce lait pour préparer le gâteau de riz et de lait.
Ce jour-là, Punna se rendit à l’arbre à l’aube et vit une personne assise là.  Elle en informa Sujata. Celle-ci pensa que le dieu de l’arbre auquel elle avait offert   des prières était devenu humain !
Les deux femmes en furent très heureuses. Sujata apporta le gâteau de riz et de lait dans un bol doré pour le lui offrir. En s’approchant, elle vit qu’il était beau mais très maigre, faible et émacié, et assis en méditation.

sujata-don-bouddhaElle s’inclina et lui offrit le gâteau. Elle offrit du riz au lait à Gautama Siddhartha en disant : « Dieu du banian, accepte le riz au lait comme offrande ». Gautama Siddhartha ouvrit les yeux et fut surpris.
Il dit : « Je ne suis pas le Dieu du banian. Je suis un simple être humain à la recherche de connaissances, errant ici et là ».
Sujata répondit : Ton corps est si faible que tu devrais accepter le lait et le riz comme offrande ».
Il hésita, puis finit par l’accepter. L’homme n’était autre que le « Bouddha en devenir ».

Ce fut un moment important  car il mit ainsi fin à son ascèse sévère qui avait duré six ans. Il se baigna ensuite dans la rivière et y déposa le bol d’or en disant que s’il atteignait l’Illumination, le bol irait en amont et que sinon, il irait en aval.
Le bol remonta le courant jusqu’à la source du fleuve.
Plus tard, le Bouddha revint dans le village et Sujata devint sa première disciple laïque.

https://deccanviews.wordpress.com/2017/03/21/sujata-in-buddhism-depictions-in-art/