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Le Maître avait donné la permission à la congrégation des moines de se loger à l’extérieur des murs du monastère. Alors un moine décida de se construire une cabane et voyant un arbre qui lui semblait convenir, il commença à le couper.

Alors, l’esprit qui était re-née dans cet arbre apparut devant le moine, portant un enfant sur la hanche et le supplia de ne pas couper cet arbre, disant :

« Maître, ne coupe pas ma maison ».

kanzeon lichenMais le moine dit : « Je ne vais jamais trouver un arbre aussi bien que celui-ci » et il ne prêta plus attention à ce que l’esprit de l’arbre lui disait.

Cette esprit pensa en elle-même : « Mais s’il voit cet enfant, il va s’arrêter », alors elle plaça l’enfant sur la branche d’un arbre. Mais le moine avait déjà soulevé sa hache, Il fut incapable de contrôler la force de son coup et il coupa le bras de l’enfant.

Dans sa colère, l’esprit de l’arbre, levant les deux mains, s’exclama : « Je vais le tuer ».

Mais aussitôt, la pensée lui vint : « Cet homme est un moine. Si je le tue, j’irai en enfer. De plus, si les autres esprits des arbres voient d’autres moines couper leur arbre, ils se diront : « Ah ! L’esprit de l’arbre a tué un moine dans les mêmes circonstances ! » Ils suivront mon exemple, ils tueront d’autres moines. Mais ce moine a un Maître, je vais donc aller lui parler de ce qui vient de se passer ».

Elle partit donc en pleurant, salua devant le Maître, et l’ayant salué, se mit sur un côté.

Le Maître demanda : « Qu’est-ce qui se passe, esprit de l’arbre ? »

Elle répondit : « Maître votre disciple a fait ceci et cela et j’ai été extrêmement tentée de le tuer, mais j’ai pensé qu’il fallait mieux me réfréner et je suis venu ici ». Et elle expliqua toute l’histoire.

L’ayant écoutée, le Maitre lui dit : « Ah, tu as bien fait, esprit. Tu as bien fait en te contrôlant. Comme on arrête un chariot lancé à toute allure, tu as su arrêter ta colère ». Puis il prononça ceci : « Celui qui arrive à contrôler sa colère, comme on contrôle un chariot lancé à toute allure, alors celui-là, je l’appellerai Maître du chariot. Les autres personnes qui ne savent pas contrôler le chariot ne sont que ceux qui tiennent des rênes ». Entendant ceci, toute l’Assemblée profita de cette leçon, et l’esprit de l’arbre reconnut les Enseignements du Bouddha.

Mais elle continua à pleurer, et le Maître lui demanda : « Pourquoi pleures tu ? »

« Ma maison a été détruite, que vais-je faire maintenant ? »

« Ne sois pas désolée, je vais te donner une place où demeurer ».

Et à ces mots il montra près de la Chambre Parfumée du Parc de Jetavana un certain arbre, dont l’esprit était partie le jour précédent et il dit : « À tel endroit, il y a un arbre qui est seul ; tu peux entrer là. » L’esprit se rendit à l’arbre qui lui avait été donné comme cadeau par le Bouddha.

Le Bouddha profita de cette rencontre pour enjoindre les moines de bien observer le précepte de ne jamais blesser les plantes ni les arbres.

Buddhaghosa, Le Chemin de la Purification.

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