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Mara aurait-il pris une nouvelle forme aujourd’hui, celle de notre propre espèce ? Tout comme Mara a revendiqué la place assise du Bouddha, l’Homo sapiens affirme aujourd’hui, en fait, que la seule espèce réellement importante est lui-même. Toutes les autres espèces n’ont de sens et de valeur que dans la mesure où elles servent nos objectifs. En effet, les forces de notre système économique (notamment Big Oil et ses complices) semblent tendre vers l’état de « zéro empathie », une caractéristique des personnalités psychopathes ou narcissiques.

La communauté de la Terre a une nature auto-émergente, inter-dépendante et coopérative. Nous, les humains, n’avons aucune substance ou réalité qui soit séparée de cette communauté.

Thich Nhat Hanh parle de notre « inter-être » : nous et les autres espèces sommes « inter-êtres ».

Si nous fondons notre vie et notre conduite sur cette vérité, nous transcendons l’idée que la pratique bouddhiste se déroule dans un cadre religieux qui ne favorise que notre propre éveil individuel.

Nous réalisons l’importance d’intégrer la pratique de la pleine conscience dans les activités de la vie quotidienne. Et si nous considérons réellement la Terre Mère comme une communauté intégrale et un témoin de l’Eveil, n’avons-nous pas la responsabilité de la protéger par un « activisme sacré » en pleine conscience ?

Comme l’Illumination du Bouddha nous le rappelle, notre Éveil est également lié à la Terre.

La Terre a témoigné pour le Bouddha, et maintenant la Terre a besoin que nous témoignions -de son dhyana, de sa constance, de la matrice de soutien qu’elle fournit continuellement aux êtres vivants. Il faut de nouveaux types de bodhisattvas -des « écosattvas »- qui associent la pratique de la transformation de soi à la dévotion pour la transformation sociale et écologique. Oui, nous devons écrire des lettres et des courriels au président, dans l’espoir d’influencer sa décision. Mais nous devrons peut-être aussi envisager d’autres stratégies si ces appels sont ignorés, comme la désobéissance civile non violente. En effet, cette décision ne concerne pas seulement le plafond de la dette financière. Il s’agit du plafond de carbone de la Terre. Il s’agit du plafond de survie de l’humanité. La Terre est notre témoin.

John Stanley et David Loy dirigent et conseillent le projet Ecobuddhism qui se consacre à l’exploration d’une réponse bouddhiste au réchauffement climatique.  Voir leur site : www.ecobuddhism.org (*) (en français).

Traduction : Joshin Sensei

(*) D’abord, autant que possible, je cite mes sources ; mais aussi souvent j’indique des sites qui me semblent être intéressants, mais cela ne veut pas dire que je cautionne tout ce qui s’y trouve. À chacun.e de prendre ce qui l’intéresse, et de questionner ce qui doit être questionné.

Joshin Sensei