Petite introduction aux gathas

« M’éveillant au matin je fais le vœu avec tous les êtres
d’écouter ceux que j’aime, surtout ce qu’ils ne disent pas »

« Regardant les fourmis nettoyer la cuisine je fais le voeu avec tous les êtres
de nettoyer le bazar sur mon bureau et les miettes oubliées dans ma tête »

Ce sont des gathas que l’on trouve depuis le bouddhisme indien, de courts textes littéralement des “paroles inspirées” par exemple “ne pas faire le mal, faire le bien, purifier son esprit, voilà l’enseignement du Bouddha.”

Il y a des gathas chinois inspirés par la vie quotidienne et Thich Nat Hanh en a publié un recueil.  Ce qui m’a le plus inspiré, ce sont ceux d’Aitken Roshi parce qu’ils continuent dans l’idée du vœu et le vœu est une pratique basique pour nous dans le chant et le zen…
Cela va être aussi notre fil conducteur puisque nous sommes partis du vœu de la mendiante qui résume et englobe tous nos vœux.
En fait le le tout premier vœu c’est celui du Bouddha quand il s’est assis sous l’arbre de la Bodhi faisant le vœu de ne pas se lever avant d’avoir trouvé comment aider tous les êtres à sortir de la souffrance.
On peut dire que ceci c’est le vœu, celui que nous prenons quand nous entrons dans la Voie du Bouddha et que l’on peut exprimer de plein de façons, par exemple Ryokan :

 » Puissent les manches de mon habit de moine
être assez larges pour contenir l’univers entier ! « 

Voilà une autre forme de prendre le vœu d’aider tous les êtres, très imagée.
Dans les temples il y a des gathas qui  nous accompagnent tout long de la journée, par exemple le gatha pour se laver :
 » Lavant mon corps je fais le vœu, avec tous les êtres
de garder corps et esprit propres et purs- brillants- à l’intérieur comme à l’extérieur. « 

Celui des toilettes : « Au moment d’utiliser les toilettes je fais le vœu avec tous les êtres de toujours rendre hommage à la connaissance de mon corps sur ce qu’il faut garder ou laisser partir. »

et j’ai mis un gatha de la vaisselle dans la cuisine :
 » Lavant les casseroles je fais le vœu avec tous les êtres
de bien tremper en zazen pour que décolle tout ce qui attache au fond de moi. « 

Donc déjà on pourrait chercher qu’est-ce que c’est qu’un vœu ?
On fait un vœu par exemple quand on voit une étoile filante ! Dans ce cas, on peut faire un vœu pour soi : “je voudrais gagner au loto”  ou pour tous “ si seulement il n’y avait plus de guerre”  mais dans les deux cas, cela ne dépend pas de moi, je ne peux pas le réaliser.
Notre vœu c’est différent, par exemple le gatha du blanc :
 » La neige monte de la vallée je fais le vœu avec tous les êtres
D’accueillir le silence. »

Il y a une décision, une détermination, un vouloir cetana et une  intention.
C’est plus qu’un souhait ou qu’une aspiration : je pose ce que je vais faire – bien sûr je vais le faire dans le samsara, ça ne sera pas sans doute parfait mais il y a l’importance de l’énoncer et de l’annoncer : voilà ce que je décide de faire.
Je me donne une direction.
Et je peux l’annoncer juste pour moi, pour renforcer ma décision, ou devant les autres, comme lorsque nous recevons un rakusu.
C’est un engagement et à partir de ce choix se décide une nouvelle direction de ma vie ; au lieu de me laisser porter je vais accompagner ma vie !
Cela va se faire dans les choses très quotidiennes c’est ça que je trouve intéressant . On ne prend pas un “grand vœu » : je vais être ceci ou cela, parfaite, Éveillée, compassionnée etc… mais on passe par la vie quotidienne… on va relier notre quotidien au Dharma de façon précise, c’est à dire à l’Octuple Sentier ou aux Préceptes et caetera et on va le faire de façon simple et joyeuse
Nous avons fait écrire des gathas à la suite de plusieurs retraites. Alors il y a le gatha de la boîte à lettre, de l’orage,  le gatha du lézard et celui de la perceuse, le gatha de la tendresse et celui de la plage… par ex !  on peut avoir un gatha pour chaque action, à chaque moment.
Déjà cela me permet de ne plus fonctionner automatiquement,  par exemple ce gatha de Thich Nat Hanh :  « L’eau coule sur mes mains
puissè- je l’utiliser avec soin pour préserver notre précieuse terre »

Le gatha nous invite à être attentif :  c’est la présence à notre vie et la mise en œuvre, la mise en forme du Dharma.
Le gatha relie le corps et l’esprit, cetana, le vouloir, puis le faire : c’est important car nous sommes dans la forme, nous vivons dans le monde de la forme et nous avons besoin de la forme pour pratiquer et mettre en œuvre le Dharma

Quelques exemples que j’aime bien, pratiques et drôles, par exemple pour le matin
 » Regardant couler le café je fais le vœu avec tous les êtres
de laisser le dharma percoler dans chacune de mes cellules  »
Très quotidien aussi :
 » Redémarrant la box je fais le vœu avec tous les êtres
de me souvenir que moi aussi j’aurais parfois besoin de déconnecter « 

Je fais le vœu avec tous les êtres  voilà le second point
D’abord comme je l’ai dit le gatha nous relie à nous-même, à nos actions, il  nous rassemble corps et esprit et cela se fait pour, et avec et grâce à tous les êtres.
Le gatha exprime notre nature véritable, notre nature d’Éveil non séparé de tous les êtres et l’on peut même dire dans le zen de maître Dôgen, sensibles ou non sensibles la différence n’est pas évidente, et cela pour chaque instant de notre vie, “ rien n’est laissé de côté ”.
C’est une liberté joyeuse, c’est transformer la routine en moments de joie à travers ces gathas.
L’image qui m’est venue en fait c’est les gathas comme les miettes semées par le Petit Poucet pour trouver mon chemin dans l’obscurité du samsara et quand j’ai trouvé mon chemin, eh bien,  je vais suivre en souriant le chemin du Boudhadharma avec tous les êtres.

Joshin Sensei

Retrouvez les deux carnets des gathas de la sangha sur cette page.

Les gathas de la sangha

Petite introduction aux gathas (pour en savoir plus rendez-vous sur cette page)
« M’éveillant au matin je fais le vœu avec tous les êtres
d’écouter ceux que j’aime, surtout ce qu’ils ne disent pas »

« Regardant les fourmis nettoyer la cuisine je fais le vœu avec tous les êtres
de nettoyer le bazar sur mon bureau et les miettes oubliées dans ma tête »

Gāthā est un mot sanscrit pour « chant » ou « vers » qui vient de la racine sai, chanter, réciter. Ils existent dans différentes traditions.
Dans le bouddhisme contemporain, c’est une pratique de l’attention, la plupart du temps silencieuse, qui nous aide à prendre conscience de nous, et de ce qui nous environne.
Prendre conscience de la beauté du monde, de la merveille des expériences et activités de notre vie quotidienne.
Le Gatha nous permet aussi de continuer notre vœu – aider tous les êtres- à travers toutes les activités de la vie quotidienne.
C’est une offrande que nous faisons à tous les êtres, en communion, en harmonie avec eux.
Inspirez sur la première ligne, expirez sur la dernière..


Les Gathas de la sangha de Joshin Sensei


Les Gathas, quelques lignes pour dire un moment du monde.

En vrac : gathas, haïkus, le sourire de zazen. Sur les vidéos de D. Loy. La cuisine de Zuigakuin

0E5525B2-5785-4480-AA8F-D9895A3E6872Le sourire de Zazen

Lorsque la maison était remplie, remplie, il ne restait plus qu’une seule place pour s’asseoir en silence, pour zazen : dans la chambre, devant la statue de Bouddha. 

C’est une petite statue de bois peinte en noir. A la lumière de la bougie, dans le froid de la nuit, un jour ce Bouddha a souri. 

Un sourire d’une joie immense, qui remplit le cœur ! 

Et j’ai souri aussi. Depuis je souris toujours en Zazen, et depuis ce sourire, mon visage se détend, ma tête se détend, et tout mon corps se détend, et au-delà… de proche en proche quelque chose se relâche et s’apaise, dans la joie la plus limpide.

C’est le sourire de Zazen.

Gasshô souriant du fond du cœur.  

Danielle Chôkan

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Haïkus zen

Au loin la maison
sortant de la cheminée
la pleine lune
Patrick

Devant le temple
nos chaussures alignées
-retentit le gong

Patrick

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Suite des videos enregistrées  : par Joshin Sensei sur un texte de « Guérir la Terre » de David Loy. 

Commentaires et réponses reçues :

– Comment en tant que pratiquant.e bouddhiste ne pas souhaiter d’arrêter de détruire la terre ? 

– Il faut écouter David Loy, qui nous invite, non pas à retourner à la nature puisque nous y sommes déjà, mais à nous éveiller collectivement en nous tournant vers le cosmos comme nous nous tournons vers nous-même, à nous laisser traverser par lui pour mieux réaliser cette non-séparation de l’humanité avec la biosphère. 

– Aller vers cette écologie qui nous guérit , et qui guérit la terre…

– C’est très très beau en effet, c’est avec un sourire heureux tout naturel que je vous écoute si joyeuse nous raconter quelque chose d’extraordinaire, et sérieux (triste ?! néanmoins) 

    • – Puisque nous sommes une construction du sens individuel du moi, et du sens collectif du moi ! et il fallait oser le proclamer, alors que les textes bouddhistes, les enseignements… nous l’expliquent clairement !…

– Alors pratiquons, avec joie (et la tristesse aussi) en déconstruisant, en prenant au pied de la lettre, en vivant l’expérience des 4 Voeux, les 4 Nobles Vérités, les 3 Trésors Précieux… afin de réaliser la non séparation au moins, que nous puissions recevoir la beauté de l’univers dont nous faisons partie intégrante !

– En vous écoutant, J’ai le sentiment de retrouver du bon sens 🙂

https://link.infini.fr/guerir1   

https://link.infini.fr/guerir2

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Good food from a Japanese temple4ABDEA1F-EBC8-497A-82F5-627025EEA2B0

Oui c’est en anglais, mais très accessible. 

C’est LE livre avec lequel j’ai appris la cuisine japonaise (cuisine végétarienne, cuisine de temple)  à Zuigakuin. 

Mon exemplaire est taché de shoyou et de miso,  plein de grains de riz collés, rempli de notes et d’appréciations qui vont de « raté ! » à « simple et délicieux »…
Simple oui, la cuisine de Zuigakuin, et certes pas aussi élégante, de loin, que les photos de ce livre, mais l’inspiration était là,    avec des explications claires et des photos pour rêver. 

Un cadeau de Noël… 

Joshin Sensei

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Et aussi dans les Carnets de la Sangha, ce mois-ci : « Livres de Noël »,

http://larbredeleveil.org/daishin/lespritvaste/2019/10/22/les-carnets-de-la-sangha/

Offrir un livre en cadeau, ou vous l’offrir : petit panorama (subjectif) des textes classiques ou contemporains et des beaux livres.

Joshin Sensei

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Daishin n°278 – Décembre 2021

1D62833E-F57A-4616-952C-54CBF4E65B9CDécembre, pour nous qui suivons la Voie du Bouddha c’est d’abord « Jodo-E » le 8 décembre, la commémoration de l’Illumination du Bouddha sous l’Arbre de l’Eveil.

Bienvenue dans la Sangha : Pascal Seifu Isshin

La décision de Siddharta, ses rencontres, Mara, la nuit de l’Eveil et l’étoile du matin… « Lors de son Eveil, le Bouddha perçut la présence de plusieurs êtres dans son propre corps : des vies organiques et inorganiques, des minéraux, des mousses, des herbes, des insectes, des animaux et aussi des humains. Il vit qu’au même instant d’autres êtres le contenaient également et eut la vision de ses propres vies passées, de toutes ses naissances et de toutes ses morts… »

Vous trouverez « L’Illumination du Bouddha » d’après la page de blog de Joshin Sensei dans les Carnets de la Sangha sur ce site : http://larbredeleveil.org/daishin/lespritvaste/2019/10/22/les-carnets-de-la-sangha/

Sommaire :

Planning et Uposatha

Noël et la Voie du Bouddha  Joshin Sensei

Donner avec joie : Karen Maezen Miller, Judy Lief, Jan Chozen Bays

En vrac : Gathas, Haikus. Sourire de zazen. Sur les vidéos de D. Loy. La cuisine de Zuigakuin.

Illustrations : Bangkok Souyth China Morning Post, patheos, The Grizzly Growl, vector toons ; Atlasobscura. 

Merci à Françoise pour les traductions.

 

 

Noël et la Voie du Bouddha

1D62833E-F57A-4616-952C-54CBF4E65B9CNoël et la Voie du Bouddha : au-delà des croyances, au-delà de circonstances, un moment pour sourire, pour partager, pour se réjouir de la joie des autres, ou pour apporter un peu de soulage-ment à ceux pour qui c’est un moment difficile.
Une occasion aussi de réfléchir à ce que nous donnons, comment nous le donnons.
Réfléchir au juste « assez », si difficile à tenir en cette période. Oui ,nous avons envie de faire plaisir, et parfois nous nous laissons emporter par tout ce qui nous est présenté, 

Et puis donner aussi à ceux qui ne nous sont pas proches, à ceux   qui auront peu, ou rien : la générosité et le don, que ce soit personnel ou dans le cadre d’une ONG, c’est une part de notre pratique : ouvrir le coeur, voir au-delà des proches, voir chaque personne comme notre famille, ou notre ami.e, c’est là la compréhension de notre vœu de bodhisattva.

Enfin, que manger, que boire… ? Partager ce qui est offert pour ne pas se différencier, savoir refuser avec un sourire, expliquer et faire entendre les raisons de certains refus… pas facile, à chacun.e de trouver le moment juste, les paroles justes, l’attitude juste. Comme les cordes d’une cithare : trop rigides, elles risquent de craquer, blessant la personne qui en joue, ou les spectateurs ; trop lâches, le son est mauvais, la musique n’éveille rien dans les coeurs…

Alors un Noël sans se laisser emporter, et en même temps, présent à la joie  pour tous les autres, et pour soi également ! 

Donner avec joie : trois textes

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1. Une œuvre d’art en macaronis

J’avais supplié mon père de m’emmener au magasin. C’était la veille de Noël et je n’avais rien à offrir à ma mère, mis à part un bricolage fabriqué à l’école –un tableau en macaronis peints. La honte. 

Même en maternelle, je savais que ce n’était pas un vrai cadeau. Ce n’était pas assez bien. Qui aurait voulu recevoir une chose pareille ?             

Quand j’y repense, je ressens encore tout le jugement et la honte de l’enfant de cinq ans que j’étais.                           

Mon père m’a emmenée au magasin du coin, et j’ai cassé ma tirelire pour acheter un set de sous-verres en plastique.

Un jour où ma mère nettoyait sous mon lit, elle a trouvé le tableau en macaronis que j’y avais dissimulé. 

Elle me l’a montré avec un air interrogateur. Aujourd’hui, je sais ce qu’elle a ressenti, ce brusque élan de tendresse pour son enfant blessé et son cœur brisé. 

AD5A5FC7-0590-4CF5-8B39-5379C9C4B806Les dons les plus profonds sont ceux qui ne répondent à aucune norme. Ils n’ont rien de formidable ni de grandiose.        

Au contraire, ils sont sans grand intérêt et ordinaires. Parfois, ils ressemblent davantage à des échecs qu’à des cadeaux.        

Mais peu importe : ils portent en eux l’essence précieuse de     la vraie nature de la vie, à savoir l’amour. 

« Entre la personne qui donne, la personne qui reçoit et la chose donnée, il n’y a pas de séparation ». 

Cet enseignement du Zen nous dit que la générosité va au-delà des apparences. Il n’y a rien qui nous sépare, rien qui définisse la substance d’un don. Tout est vide et parfait tel qu’il est. Nous pratiquons cette vérité en donnant ce que nous pouvons à chaque fois que les circonstances le demandent et en recevant ce qui est donné lorsque les circonstances nous l’offrent. 

Lorsque nous donnons et recevons de tout notre cœur, sans jugement, la séparation est transcendée. La mesquinerie est surmontée et l’avidité disparaît. 

Nous en venons à voir que tout nous est déjà donné. Tout ce qu’il reste à faire est de le partager.

« J’aime beaucoup », a dit ma mère. Et c’était vrai.

Karen Maezen Miller

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2. Une immense embrassade 

La pratique de la générosité peut sembler simple –cela consiste à apprendre à donner– mais c’est le terrain qui permet à la discipline, à la patience, à l’effort, à la méditation et à la sagesse de s’épanouir. C’est lui qui permet à cette attitude fondamentale de magnanimité, caractéristique déterminante de la Voie du Bodhisattva, de s’établir.

Le mot « magnanime », comme le terme sanscrit « mahatma », désigne la « grandeur d’âme ». Avec la magnanimité, votre regard et votre cœur ne sont pas étriqués, mais riches et spacieux. Il y a de la place pour tout le monde.

Un jour, j’ai eu l’occasion de visiter un temple « aux mille statues de Bouddha ».  Parmi toutes ces représentations, celle qui m’a le plus évoqué la générosité était un Bouddha très potelé étreignant des ribambelles d’enfants qui chahutaient sur lui. Riant de joie, il avait su conserver un sentiment de paix au milieu de leur chaos. Au lieu de chasser les enfants parce qu’il avait des choses plus importantes à faire, il les avait rassemblés dans une immense embrassade.                                  Il rayonnait d’amour, de bonheur et d’acceptation.

La générosité désigne précisément ce genre de don naturel et facile. Mais pour y arriver, il faut un peu d’efforts et de réflexion. 

Cultiver la générosité nécessite en effet de comprendre les  obstacles mentaux qui nous freinent.

Un premier obstacle est le doute, le fait de douter de soi. Il arrive que nous sous-estimions nos propres capacités et doutions que nous ayons tant à offrir. 

Un autre obstacle réside dans la mesquinerie. Nous avons peut-être beaucoup de ressources, mais au fond de nous-même, nous avons peur d’en lâcher ne fût-ce qu’une petite partie.

La générosité se fonde sur l’interconnexion, sur le fait de tourner le regard vers l’extérieur, d’observer un besoin et d’y répondre. 

Un troisième obstacle est donc l’auto-absorption, le fait d’être aveugle à ce qui se passe autour de vous. 

La générosité a le pouvoir de briser de tels obstacles, et elle est à notre disposition à tous. 

Le sentiment d’abondance qui permet à la générosité de s’épanouir ne dépend pas de facteurs externes comme l’aisance matérielle ou le statut social (à vrai dire, des études ont montré que le degré de philanthropie des Américains les plus riches est inférieur de moitié à celui des plus pauvres). 

Peu importe que nous soyons pauvres ou riches, nous avons tous quelque chose à offrir. Et lorsque nous lâchons notre attachement et tendons la main vers les autres, nous constatons que nous avons nous-mêmes beaucoup de chance. 

Notre esprit étroit, si aliénant et désagréable, se détend soudainement, et nous sommes propulsés dans une perception plus large et plus inspirée du monde et de nos propres capacités. Nous n’avons plus le sentiment que quelque chose nous est enlevé, mais nous constatons que, plus nous donnons, plus nous nous sentons riches.

Judy Lief

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3. Nous savons naturellement quoi donner.

Le Bouddha a dit : « Si les êtres connaissaient, comme je les connais, les résultats du don et du partage (…) même s’il s’agissait de leur dernière bouchée, ils ne mangeraient pas sans avoir partagé, s’il y avait quelqu’un avec qui partager leur don ».

Mais nous ne pouvons pas nous forcer à être généreux.                        La vraie générosité vient d’un endroit plus profond que le simple acquiescement à cette exhortation du Bouddha. La générosité, comme tous les aspects de notre nature éveillée, sommeille en partie en nous –occultée par les inévitables blessures, devoirs et soucis de nos vies humaines bien remplies.

Lorsque des personnes font une retraite silencieuse, leurs esprits s’apaisent, leurs cœurs se détendent et leurs visages retrouvent le rayonnement innocent de l’enfance. 

VectorToonsSouvent, quand cela se produit, elles viennent me voir en larmes, disant : « Je ressens une gratitude immense pour le simple fait d’être en vie. Tant de choses m’ont été, me sont données, tout le temps ».

Lorsque nous méditons et calmons notre esprit, notre regard sur la vraie nature de notre vie s’approfondit et nous voyons son interconnexion.     

Cela met au jour un abîme de gratitude en nous.

Pouvons-nous ouvrir la perception de notre esprit et explorer ce qui nous est donné en cet instant précis ? Nous remarquons notre souffle. Qu’est-ce qui nous est donné dans ce souffle ? L’air et le corps qui respire. Nous ne pouvons pas fabriquer de l’air. Nous ne pouvons pas construire et gérer nous-mêmes ce corps  si incroyablement complexe. 

Nous remarquons la pression du coussin sous notre siège. Nous recevons son soutien ferme. Nous remarquons le contact des vêtements sur notre peau. Nous voyons les personnes qui ont planté, désherbé et récolté le coton, qui ont tissé la toile, qui l’ont coupée et cousue, emballée et expédiée, qui ont conduit les camions, qui ont ouvert les portes des cabines d’essayage, qui ont reçu notre paiement. 

Nous nous rendons compte que l’énergie vitale de nombreuses personnes nous enveloppe et nous réchauffe sous la forme de cette chemise, de ce pantalon.

Nous ne nous faisons pas nous-mêmes. Nous sommes faits des ingrédients bruts du soleil, de la terre et de l’eau, façonnés dans la pulpe des végétaux et la chair des animaux, façonnés dans notre vie. 

Notre vie est un seul grand don, reçu d’êtres innombrables. Quand nous voyons vraiment cela, la gratitude surgit naturellement, tout comme la question : 

« Comment puis-je payer de retour les nombreux êtres qui me donnent continuellement ? »

Existe-t-il un don que nous puissions offrir à n’importe qui,  n’importe où, n’importe quand ? Le plus grand don est le don du Dharma, le don de la libération de la souffrance. 

Qui ne recevrait pas ce cadeau avec plaisir ?                             Nous nous offrons d’abord ce don à nous-mêmes, en l’étudiant et en le pratiquant, en transformant notre propre souffrance en davantage d’aisance et de bonheur.                   

Ce faisant, nous transmettons ce don à tous ceux que nous rencontrons. Il peut prendre la forme d’un sourire pour la caissière de l’épicerie toujours irritée par les paroles d’un client en colère, d’une barre énergéti-que et d’un regard dans les yeux du sans-abri qui attend d’être enfin vu au pied du feu rouge, d’un câlin pour notre enfant victime de brimades,du refus de bombarder un ennemi lointain.F2D388B5-6032-40B6-B7A3-350348F31F73

Nous savons naturellement quoi donner. Nous n’avons pas à travailler pour faire apparaître la générosité.                           Nous devons tout simplement pratiquer profondément.               La générosité véritable et authentique est le résultat naturel de la pratique.

Jan Chozen Bays Extraits de Lion’s Roar, décembre 2018  

Traduction : Françoise

Planning et Uposatha

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Joshin Sensei :
– Paris : samedi 4 Décembre :
https://www.nousasseoirensemble.org/planning

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Jôkei Sensei à La Demeure sans Limites :
-du samedi 4 au mercredi 8 : Retraite de l’Eveil du Bouddha « Rohatsu ».
-du jeudi 23 au dim. 26 : Retraite de Noël.
https://www.larbredeleveil.org/lademeuresanslimites/programmes-de-la-demeure-sans-limites/2021-12/

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Retraite de fin d’année :
avec Joshin Sensei et Jokei Sensei : pour commencer l’année avec un coeur tranquille : du merc. 29 déc. (16h) au dim. 2 janvier (11h) à Chantebise, Saou (26) : Infos, inscriptions, etc :
joshinsensei[@]larbredeleveil.org

YouTube avec Joshin Sensei. Dates et horaires, lien, etc : www.nousasseoirensemble.org/

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Uposatha :
Venez nous rejoindre, et découvrir les fleurs
Lune nouvelle :Samedi 4, Pleine lune : Dimanche 19,
de fin d’année : https://framadate.org/ QTZ1a6KyQm33nAgl