Le Parinirvana du Bouddha

demi-lune-herbeLa Journée du Parinirvana est une commémoration bouddhiste célébrée en Asie du sud Est, parfois le 8 février, mais plus souvent le 15. Deux textes décrivent le Parinirvāṇa du Bouddha historique : le Mahaparinibbana Sutta du canon pali, et le Mahāparinirvāṇa Sūtra du Mahāyāna.
C’est le jour où le Bouddha a achevé le Parinirvana,  ou Nirvana total, à la mort de son corps physique.

Le Parinibbana Sutra décrit les derniers jours du Bouddha, et est souvent lu dans les temples à cette occasion. C’est aussi un jour de réflexion sur l’impermanence et les Enseignements.
http://lulena-zen.blogspot.com/2015/02/15-fevrier-parinirvana-du-bouddha.html

grottes parinirvana

Et aussi dans les Carnets de la Sangha, sur le site de Daishin :  http://larbredeleveil.org/daishin/lespritvaste/2019/10/22/les-carnets-de-la-sangha/

Joshin Sensei

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Extraits :
« Il est dit que lorsque le temps de sa mort approcha, le Bouddha s’allongea sur un lit préparé entre deux arbres Sala, la tête vers le nord, et le visage vers l’ouest, sa main droite servant d’oreiller.
A ce moment-là, les fleurs s’épanouirent, et commencèrent à tomber pour le recouvrir. L’histoire raconte comment de nombreux disciples, hommes et femmes de tous âges, et aussi oiseaux et animaux se rassemblèrent soupirant de tristesse.

Le Bouddha donna son dernier discours, exposant la Loi fondamentale : même si le corps physique meurt, le Dharma n’est pas relié au temps : pour voir le Bouddha, il suffit de voir le Dharma. Ainsi enseigna-t-il à ses disciples les Préceptes et la façon de conserver la Voie du Bouddha ». Ce sermon est appelé en japonais Yuikyogo, le dernier Enseignement de Shakyamuni Bouddha.

www.treeleaf.org
Traduction : Joshin Sensei

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Parinirvana Soutra
Quand il arriva à Koushinagara avec ses disciples, le Bouddha alla dans le bois de Sala dont le propriétaire, un chef de caravanes marchandes, avait pour lui une grande dévotion.
Là, entre deux paires d’arbres d’une taille inhabituelle, Shakyamouni se  coucha sur le côté droit, dans la position du lion, le visage tourné vers le Nord.
Le Bienheureux dit : « Qu’attendez-vous encore de moi, ô Ananda, pour la communauté des bhikkhus ? J’ai enseigné la Doctrine sans faire aucune distinction entre l’ésotérique et l’exotérique.
Dans les enseignements du Tathagata, ô Ananda, il n’y a rien de semblable au poing fermé du maître. (…)  Je suis arrivé à la fin de mes jours. Je suis âgé de quatre-vingts ans. Tout comme, ô Ananda, un vieux char ne peut continuer à servir qu’à grand renfort de courroies, je perçois que le corps du Tathagata ne peut marcher qu’à l’aide de soins. C’est seulement quand le Tathagata, sans attention à aucune image mentale, demeure dans la « concentration mentale dépourvue de tout signe indicatif » dans laquelle toute sensation a cessé d’exister, c’est seulement alors que le corps du Tathagata est à l’aise.

Ba parinirvana copieDemeurez donc, ô Ananda, en faisant de vous-même votre île ; demeurez faisant de vous-même votre refuge, mais de personne d’autre.
Demeurez en faisant de la Doctrine votre île, demeurez en faisant de la Doctrine votre refuge, mais de rien d’autre. »
Quand le troisième quartier de la nuit approcha, le Bouddha demanda trois fois à ses disciples s’ils avaient des doutes sur l’enseignement ou sur la discipline.  Les bhikkhus restèrent silencieux.
« Personne, Ananda, n’a de doutes. Tous atteindront au final l’Illumination ».

Le Bouddha prononça alors ses dernières paroles : « Ecoutez, Bhikkhus : tout ce qui est composé est impermanent, sujet à la décomposition, et à la mort. Travaillez avec diligence à votre libération ».
Ensuite, passant par les différents états d’absorption méditative, Shakyamouni entra en Mahaparinirvana.

La terre trembla, des étoiles filantes traversèrent le ciel, le ciel s’enflamma dans les dix directions et une musique céleste emplit l’espace.
Le corps du maître fut lavé, revêtu de robes monastiques, enveloppé de mille linceuls et placé dans un cercueil de matières précieuses.
https://www.matthieuricard.org/en/blog/posts/kusinagar-where-the-buddha-passed-into-parinirvana

Sur le site actuel on trouve le Temple du Nirvana et le Stoupa construit plus tard sur le site du Parinirvana, ainsi que les ruines de plusieurs monastères.

Choses entendues au cours des retraites

demi-lune-herbeOffrandes faites à soi-même :

Je voudrais continuer à faire une journée déconnectée une fois par semaine.

Alimentation : prendre soin de ce que je mange pendant la retraite ;
une journée de jeûne.

La bienveillance envers moi-même. Le matin se saluer devant la glace.

Pendant la retraite j’arrête : le café, la télé, d’écouter les nouvelles tout le temps, les lectures autres que le Dharma

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En donnant on s’allège :

Le pardon est un don qu’on fait à soi-même.

Lâcher sa biographie pour s’alléger.

L’offrande de l’encens pendant cette retraite m’a aidé à comprendre « avec tous les êtres ».

J’ai commencé à donner toujours les choses à deux mains avec un vrai sourire.

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Ce qu’on fait facilement :

Rendre service, sourire, dire bonjour en regardant les personnes

Pas tout le temps : Le calme mental, rendre service,

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A travailler :

Les paroles et les regards avec compassion ; « offrir un abri » : quel sens donner à cette phrase ?

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Ce que j’aimerais donner, ou donner plus :

La joie, l’écoute et la présence,
le temps, l’optimisme autour de moi, les textes des sutras ou de les textes de La Demeure sans Limites, la douceur,
le non-jugement,
la compréhension du cœur.

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Zazen comme offrande :

Même quand le zazen n’est pas dédié par une intention particulière comme peut l’être une cérémonie, une des raisons qui me font poursuivre l’assise en dépit des aléas et des doutes, c’est la conviction qu’elle contribue à la paix du monde, quoi qu’il se passe dans mon esprit.

En écho, cette phrase de la Kabbale qui m’aide : «  C’est la méditation du sage qui soutient le monde » .
Excusez de la prétention !

J’ai entendu une fois cette phrase que j’aime : « Nous ne sommes qu’un seul Être, prenons soin de nous ». Je la trouve belle et vraie.

Ces retraites : Entrer en amitié avec soi-même.

neige ba

Hiver : Fleurs de prunier

demi-lune-herbeAu Japon, nous avons deux sortes de fleurs de prunier : blanches et écarlates.

Elles fleurissent en hiver, de fin décembre à février.
Dans mon temple, nous avions des fleurs de prunier écarlates qui fleurissaient entre la fin de l’année et le début du mois de janvier.

Il y avait de la neige partout, le sol était couvert de neige et on ne voyait rien. Complètement blanc.

Quand on ne voit rien, seulement du blanc, il y a encore quelque chose -le pur sens de la vie elle-même. Dans cette situation, les fleurs écarlates s’épanouissent. Ces fleurs qui s’épanouissent sont comme un énorme choc qui vous est donné comme un pur sens de la vie, de l’énergie.

Une nouvelle vie est en cours, mais vous ne pouvez pas la voir.

Tout comme ici [Minneapolis]. Le lac Calhoun gèle complètement, tout couvert de neige, complètement blanc, bleu-blanc. Vous pouvez y ressentir un pur sentiment d’énergie vitale, toujours en mouvement. Juste là, dans la neige. En plein milieu de la terre, couverte de neige, la fleur écarlate s’épanouit.

pinterest

Au Japon, au Nouvel An, nous offrons trois sortes de fleurs aux bouddhas des sanctuaires situés devant la porte de la maison : des fleurs de bambou, de pin et de prunier. Le bambou représente la patience, jamais brisée par la neige. Le bambou représente également la différenciation et la segmentation, la différenciation dans l’égalité.
Nous proposons également une branche de pin, verte toute l’année, qui ne change jamais.

Les fleurs de prunier sont offertes parce qu’elles représentent le pur sens de l’énergie vitale, fleurissant par temps froid, très fortes, enracinées dans la terre, présentes toujours avec tout l’univers.

Katagiri Roshi

L’hiver est aussi le moment des retraites à La Demeure sans Limites.
Un moment pour se mettre un peu à l’écart, et dans le grand silence, voir son quotidien avec d’autres yeux, avec un cœur apaisé,

Hiver : demeurer dans la montagne

« La voie ancestrale vient de l’ouest,
je la transmets à l’est. Polissant la lune, cultivant les nuages,
Je me languis du vent ancien ».
Comment les poussières rouges du monde terrestre ont-elles pu s’envoler jusqu’ici ?
Nuit enneigée dans les montagnes profondes dans ma hutte d’herbe.

Maître Dogen

neige_do copie

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Présentation de Joshin Sensei :

Pour bien comprendre les différents sens possibles des mots « Polir la lune, cultiver les nuages »  dans ce poème, il faut regarder de plus près les kanjis  -les signes chinois- utilisés, car leur choix tout comme leur ordre, change complètement le sens du texte.

Pour retranscrire l’expression « Polir la lune, cultiver les nuages »  on trouve trois expressions classiques :
. deux de Maître Dogen suivant les versions du texte que nous connaissons, et
. une de Honghzhi*, qui précède celles de Maître Dogen.

Pour s’y reconnaître, voilà deux des kanjis de base : 月Getsu  la lune – 雲 Oun le nuage

1. « En cultivant sous les nuages, en plantant des graines à la lumière de la lune »

耕雲 種月 ko-oun shu-getsu Texte de Hongzhi

2. « Pêcher la lune, cultiver les nuages »

釣月 耕雲, cho-getsu ko-oun  Texte de Maître Dogen dans le Eihei Kuroku

3. 瑩月 耕雲  kei-getsu ko-oun «  Pêche du clair de lune et culture des nuages »
Maître  Dogen, autre version.

demi-lune-herbeCommentaires d’Okumura Roshi :

Depuis que cette version du Eihei Kuroku a été publiée sous forme de gravure sur bois, et qu’une nouvelle version des poèmes chinois de Maître Dogen a apparu, cette phrase, « Pêcher la lune, cultiver les nuages » (釣月耕雲, sho-getsu ko-oun) est largement reconnue comme l’expression remarquable de Dogen Zenji. Elle a souvent été citée et calligraphiée.

Cependant, ce n’est pas une expression originale, car le Maître chinois du zen Soto Hongzhi (11ème siècle, Chine) l’avait déjà utilisée, tout comme l’expression 耕雲種月(ko-oun shu-getsu) : « En cultivant sous les nuages, en plantant des graines à la lumière de la lune ».

Dans la version de l’Eihei Koroku de Maitre Dogen, le premier kanji de la phrase est différent.
瑩月耕雲  kei-getsu ko-oun . Quelle était l’intention de Maître Dogen ? Et que signifient ces phases ?

La signification de 耕雲 種月(ko-oun shu-getsu) utilisé par Hongzhi est claire. 種 (shu) signifie « graines » ou « semer des graines ».
nippon - copieCette phrase décrit le travail assidu d’un agriculteur. L’agriculteur cultive le champ pendant la journée sous les nuages  et sème des graines au clair de lune. Il travaille toute la journée jusqu’au soir. Cette phrase décrit la pratique diligente et continue des moines.

釣月耕雲 (cho-getsu ko-oun) version 2 de Maître Dogen dans le Kuroku, peut être interprété de deux façons.
La première est la même que la précédente. Un pêcheur pêche au clair de lune et un agriculteur cultive le champ sous les nuages. Cela signifie que les moines s’entraînent assidûment jour et nuit, comme le pêcheur et le fermier qui travaillent dans leurs lieux respectifs.

Dans le cas de 瑩月耕雲 (kei-getsu ko-oun), version 3, la signification possible est « Pêche du clair de lune et culture des nuages ».
La lune et les nuages sont tous deux des objets des verbes, pêcher et cultiver. Dans ce cas, les moines font un travail différent de celui du pêcheur et du fermier.
Les moines pêchent la lune, la vraie réalité de toutes choses ou la vérité universelle, et cultivent les nuages, le champ du vide.

Dans cette lecture, il est évident que la lune et les nuages sont les objets des verbes.

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瑩 Kei signifie  « clair », « brillant », « briller », ou, utilisé comme verbe,« polir ». La pratique des moines consiste à polir la pleine lune qui est déjà parfaitement claire et brillante et à cultiver le champ du vide. Je pense que cette expression convient à la vision de Maître Dogen sur l’identité de la pratique et de l’Eveil.

Il s’agit de l’un des 15 poèmes de Maître Dogen sur la vie au temple après son arrivée à Eiheiji.
Maître Dogen y décrit sa pratique avec la Sangha dans les montagnes profondes pendant une nuit d’hiver froide et enneigée. Lui et ses moines pratiquent tranquillement la Voie ancestrale transmise de l’ouest par Bodhidharma et transmise ensuite au Japon par Maître Dogen lui-même.

Leur pratique est comme le polissage de la pleine lune qui est déjà parfaitement claire et brillante, pas comme le polissage d’un miroir pour enlever la poussière. Leur pratique est aussi comme cultiver le champ du vide qui n’est pas différent des nuages. C’est la pratique qui continue le style de pratique de l’ancêtre Bodhidharma, le « pratiquer sans esprit de gain ».

« Vent ancien » signifie ici cette pratique apportée par les Anciens.
Dans cette pratique, il est impossible que la poussière du monde ordinaire –erreurs et illusions- puisse se faufiler. Dans les montagnes profondes, il neige tranquillement.

Comme le poème comprend la phrase « dans ma hutte d’herbe », il se peut que ce poème ait été composé au cours de leur premier hiver à Echizen en 1243, avant la construction du nouveau bâtiment du monastère.

Lorsque je pratiquais avec mes frères du Dharma à Valley Zendo, dans les bois de l’ouest du Massachusetts, je me suis souvent souvenu de ce poème. Surtout dans les soirées tranquilles de l’hiver, lorsque le sol était couvert de neige illuminée par la pleine lune, j’avais le sentiment de n’appartenir à aucun système ou organisation créés par l’homme, mais de pratiquer  uniquement avec la lune, la neige, les montagnes et les arbres.

Shohaku Okumura
texte traduit et adapté par Joshin Sensei

neige prunierPour moi, ce poème de Maître Dogen, et les mots d’Okumura Roshi, illustrent aussi la pratique dans le grand silence de la neige de Zuigakuin, auprès de mon Maître Moriyama Roshi.
Et que nous retrouvons à travers le ciel pur et la lumière pâle de la lune en hiver à La Demeure sans Limites.
Dans la grande paix du Dharma..

Joshin Sensei


 

Daishin n° 279 – Janvier 2022

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Le bodhisattva Jizo – La Demeure sans Limites Françoise M.

Quelques réflexions pour commencer l’année :
Prendre des résolutions, oui, mais… comment garder notre intention vivante et solide ?
Peut être pouvons-nous déjà nous alléger : mode d’emploi !
Et décortiquer l’impermanence de notre vie
à chaque instant avec un formidable texte de
Judith Lief.

jizo-dessinJoshin Sensei :
Paris : samedi 8 Janvier https://www.nousasseoirensemble.org/planning

 

jizo-dessinLa Demeure sans Limites : est fermée en période hivernale, du 27 décembre au 3 mars.
https://www.larbredeleveil.org/lademeuresanslimites/

 

jizo-dessin

Uposatha :
– Lune nouvelle : Dimanche 2 – Pleine lune : Mardi 18
Rejoignez-nous pour que nous nous asseyons ensemble, où que vous soyez :
https://framadate.org/ KHVU3iMVMh2el2Rq

 

 

jizo-dessinYouTube – Méditation et partage

Adresse de la chaîne : https://frama.link/metfduzen

Dates, textes, etc : https://www.nousasseoirensemble.org/

Sommaire

Planning et Uposatha
Nouvelle année
Pour une année légère – Joshin Sensei
Impermanence – Judith Lief
Ce que la cérémonie nous enseigne – Ben Howard
En vrac

 

Pour une année légère

2022, Nouvelle année, allégez-vous ! Vous pourriez :

  • vider vos placards et donner la moitié de ce que vous y trouverez.

  • décider qu’au moins un jour par semaine vous n’allumerez ni portable ni ordi.

  • manger moins.

  • oublier la viande une semaine sur deux.

  • faire le ménage dans votre tête : qu’y a-t-il que vous pourriez laisser partir… ?

  • par exemple lâcher vos vieilles rancunes, vos colères, votre apitoiement sur vous-même.

  • dire pardon, à vous d’abord tout haut, à d’autres sans doute ensuite tout haut ou tout bas,

  • penser à remercier tous les jours, pour tout ce qui vous  a été donné, regardez bien, vous allez trouver tant de choses,

  • respirer ou tout au moins  vous apercevoir que vous respirez,

  • pratiquer le « pausing » au milieu de votre travail, dans  le métro, en arrivant chez vous, quand l’irritation monte.

  • sourire quand une voiture vous fait une queue de poisson, quand quelqu’un passe devant vous à la poste, quand la dernière place de parking vient d’être prise  sous votre nez, quand il pleut et qu’une voiture au passage vous éclabousse de la tête   aux pieds,

  • réussir enfin à mettre zazen régulièrement dans votre quotidien, ce qui fait que toutes les résolutions ci-dessus seront accomplies  sans effort,

  • vous sentir si bien en étant tellement plus léger que vous vous demanderez pourquoi vous avez tant attendu pour changer votre vie…

Joshin Sensei

Ce que la cérémonie nous enseigne

jizo-dessinDans la tradition Zen Rinzaï, le premier entretien entre élève et maître est un événement solennel favorable. Le vêtement approprié comprend non seulement une robe mais aussi les socquettes blanches   ou tabis, qui couvrent pieds  et chevilles.
Les tabis sont attachés par des crochets et des œillets situés sur la face interne des chevilles. Pour les occidentaux ils sont difficiles à utiliser, même dans les meilleures conditions.

Le matin de mon premier entretien avec Jiro Osho au monastère Rinzai, j’ai complètement oublié mes tabis. Ils étaient nichés comme des lapins endormis dans les manches de ma robe.
Je me préparais à aller à mon entretien quand un moine âgé remarqua mon oubli. Il fit un geste sévère vers mes pieds que je compris .

Malheureusement il n’y a pas de chaises dans un zendo japonais.

Plutôt que de m’accroupir sur  un coussin, je sautai d’un pied sur l’autre au risque de tomber, tout en luttant pour enfiler mes tabis.
jizos neige copie 2Pendant ce temps le moine âgé faisait appel à toute sa discipline zen pour ne pas sourciller.

Cette embarrassante maladresse n’était pas inhabituelle.
Les formes de cérémonies abondent au Japon et pour l’occidental non initié elles semblent aussi étrangères que contraignantes. Du protocole relativement simple dit Jukai, au cours duquel un pratiquant laïc « reçoit les préceptes » jusqu’au noble théâtre du Shitsugo dans lequel un prêtre chargé d’ans reçoit le titre de Roshi, les cérémonies publiques témoignent de l’approfondissement de la compréhension  du pratiquant.

Et même les jours ordinaires quand rien de spécial n’est reconnu, célébré ou commémoré, un sens de la cérémonie règne dans le zendo.
On le voit dans les salutations, on l’entend dans les cloches, on le sent dans l’encens.

Pour le pratiquant occidental laïc, l’atmosphère pénétrante  de la cérémonie est un défi tant à l’esprit sceptique qu’au corps réticent.
Quelle quantité de cérémonie asiatique doit-on inclure dans une pratique laïque occidentale ?

A quelle dose est-elle essentielle ?

En se posant ces questions il est important de se souvenir que les formes de cérémonies asiatiques telles qu’on les utilise dans le  Zen, existent d’abord pour soutenir la pratique de la pleine conscience.

Joindre les paumes l’une contre l’autre et s’incliner devant son enseignant, par exemple, est une façon de lui exprimer gratitude et respect.
C’est aussi une façon de cultiver ces états d’esprit.
Pour ceux prêts à les adopter, les salutations, les chants, les prosternations et autres éléments du Zen traditionnel peuvent devenir partie intégrante de la pratique, au même titre que la conscience du souffle et la posture.6.Jizosanneige recadré copie

Ben Howard – Buddhadharma – Traduction : M.C. Calothy – A. Delagarde.
Repris de Daishin avril 2012.

En vrac

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Joli mot d’enfant raconté par une connaissance qui vient d’aller récupérer ses enfants à l’école :
« Oh Papa, regarde, Saint Nicolas m’a donné un bonbon-Bouddha ! »
Je ne sais pas s’il y a ça en France, vu que chez nous en Belgique, c’est vraiment associé à la Saint-Nicolas : c’est en fait une guimauve en forme de Vierge…
Après, le petit marque un point : on dirait une Kannon en guimauve !

Françoise

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La patience des choses ordinaires
C’est une sorte d’amour, n’est-ce pas ?
Comment la tasse contient le thé,
Comment la chaise se tient solidement sur ses quatre pieds,
Comment le sol reçoit la semelle des chaussures ou les orteils. Comment les pieds savent
où ils sont censés être.
J’ai pensé à la patience des choses ordinaires,
comment les vêtements attendent respectueusement dans les placards
Et le savon qui sèche tranquillement dans le porte-savon,
Et les serviettes qui boivent l’humidité de la peau du dos.
Et la belle répétition des marches d’escaliers.
Et quoi de plus généreux qu’une fenêtre ?

Pat Schneider From Another River :
New and Selected Poems.

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Testez le véganisme en janvier :    https://veganuary.com/fr/

Vous pouvez vous inscrire, il y a un guide alimentaire, et des conseils nutritionnels : « On ferait aussi bien de se concentrer au contraire sur toutes les bonnes choses que les vegan consomment. En réalité, la différence n’est pas si importante. Au lieu de manger des burgers, des saucisses et des steaks de viande, on mange la même chose mais en version végétale ». Lancez-vous !

Jizo bonhomme neige