Des images de Mara – Recherche Yvon

 Image réalisée par un peintre Thaï contemporain : https://www.scene4.com/archivesqv6/2014/jun-2014/0614/janineyasovant0614.html

– une fresque plus ancienne :https://rubinmuseum.org/images/content/5526/mara_master__detail_carousel.jpg

– Une image singulière, elle vient du Sri Lanka : https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/2/26/Buddha%2C_resisting_the_demons_of_Mara%2C_Wellcome_V0046085.jpg

– Des monstres plutôt inquiétants : https://thebuddhistcentre.com/news/turning-arrows-flowers-international-practice-week-2018

En vrac

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Petits Bouts de Printemps :

A peine une vrille,
à peine un son,
juste un petit vertige,
là, dans l’oreille,
le chant du merle.


JM Sourdillon

Eclat de joie :

Vif D’un bond
Un petit haiku roux
tout doux a ensoleillé ma journée

Martine

h2p-allione-4 copieMAI – Pleine Lune des Fleurs

https://www.pleine-lune.org/calendrier-pleine-lune-2021

La Pleine Lune de mai est la « Pleine Lune des Fleurs », en raison de sa coïncidence avec la floraison de la plupart des fleurs sauvages du printemps. D’autres noms pour la Pleine Lune en mai sont la Lune de lait, la Lune de la mère et la Lune du maïs. Autres noms : Lune du lièvre, Lune des réjouissances, Lune des plantations.

 

Transformer les flèches en fleurs

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Vivre en paix avec Mara, nos émotions, nos névroses, plutôt que de les combattre contredit l’approche conventionnelle qui consiste à lutter contre tout ce qui nous assaille.

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L’image qui résume et symbolise le thème de cette retraite est celle du Bouddha à l’aube de son illumination, au moment où Mara l’attaque avec tout ce qu’il a, avec toutes ses armes. Mais le Bouddha ne réagit pas par la colère, la haine ou la défensive, mais reste assis dans une paix et une ouverture totales : les flèches, les insultes et les armes lancées contre lui tombent autour de lui comme des pétales de fleurs douces et inoffensives.

En substance, le message à transmettre est le suivant : c’est ce que nous devons faire en permanence.

  • La pratique constante est la suivante :
    Pas de blâme, ni de défense, ni de réactivité, ni de plainte ;
    Se tourner vers le défi, quel qu’il soit, avec ouverture, intérêt et bienveillance ;
    Développer l’attitude suivante face aux défis : « Génial, voilà une occasion de s’entraîner ».

Sadayasihi https://thebuddhistcentre.com/news/turning-arrowsflowers-international-practice-week-2018

 

Une paix sans armes

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Le maître zen Daichi (1289-1366) a écrit un verset intitulé « La naissance du Bouddha ».

« Dans le Jambudvipa, il y a quatre-vingt-quatre mille châteaux.

Sans utiliser d’armes telles que des épées et des boucliers, une grande paix est créée.

Nous capturons Gautama, voleur au grand jour, vivant.

Nous ne prenons donc pas la peine de lui donner un coup de bâton, comme l’a dit un jour Unmon »

Dans la cosmologie indienne, Jambudvipa est considéré comme un monde humain. Il est dit qu’il est rempli de 84 000 désirs terrestres qui nous font souffrir. Ces désirs terrestres sont comparés à des « châteaux » dans ce verset.

Nous avons tendance à penser que notre pratique consiste à attaquer et à détruire ces châteaux, croyant que nous ne pourrons jamais atteindre l’éveil à moins d’éteindre tous les désirs terrestres.

Le Bouddha est né à Jambudvipa afin de nous enseigner que ce n’est pas le cas. Il nous a montré la manière de vivre en paix sans avoir recours à la bataille contre les châteaux des désirs terrestres. Il n’a jamais enseigné comment inventer et utiliser des armes pour les détruire. La paix véritable n’est pas possible tant que nous nous appuyons sur les armes.

Le maître zen chinois Unmon a un jour reproché au Bouddha de nous avoir trompés comme un voleur rusé en parlant de l’illusion et de l’illumination comme si elles existaient séparément. Nous avons donc commencé une sorte de guerre spirituelle contre l’illusion au nom de l’illumination.

Selon Unmon, Gautama a fait des déclarations déplacées uniquement pour nous inciter à pratiquer comme si nous étions en guerre. Il a dit : « Si j’avais été là quand Gautama  est né, je lui aurais donné un  coup fatal afin de ramener la paix dans l’esprit des gens ». (Bien sûr, il fait en réalité l’éloge du Bouddha à travers une expression de reproche).

Le maître zen Daichi dit que si nous pouvons capturer le Bouddha vivant, nous n’avons pas besoin de donner « un seul coup de bâton au Bouddha », comme dit Unmon pour corriger son erreur.

Buddha-en-bhumisparsa-19Comment est-il possible de créer une grande paix sans utiliser d’armes ?

Comment pouvons-nous capturer le Bouddha vivant ? La réponse est de s’asseoir en zazen : shikantaza. En zazen, nous ne luttons pas contre ce qui nous arrive. Nous n’appliquons aucune méthode ou technique comme une arme pour gagner le combat.

Au lieu de cela, nous l’acceptons simplement et nous lâchons naturellement prise. Zazen consiste à « faire cesser le feu » et à créer une paix profonde en soi et dans le monde.
Pendant zazen, le « Bouddha assis » s’actualise de manière vivante avec tout notre corps-esprit. En ce sens, un nouveau Bouddha naît à chaque instant.

C’est ainsi que nous capturons le Bouddha vivant.

Le Bouddha et Mara

h2p-allione-4 copieY a-t-il une autre façon de les voir que comme ennemis ?

Voici la réponse de Thich Nath Hanh :

Bouddha était dans sa grotte, et Ananda, son assistant, se tenait dehors près de la porte. Soudain, Ananda vit arriver Mara . Il en fut surpris, et souhaita immédiatement que Mara s’en aille. Mais Mara marche tout droit vers Ananda et lui demande de l’annoncer au Bouddha.

Ananda lui demande : « Pourquoi es-tu venu ? Tu ne te souviens pas qu’autrefois tu as été vaincu par Bouddha sous l’Arbre de l’Eveil ? N’as-tu pas honte de venir ? Va-t’en ! Le Bouddha ne te verra pas. Tu es le mal. Tu es son ennemi ».

En entendant cela, Mara se mit à rire. « Tu es en train de dire que le Bouddha a des ennemis » ?

Ananda fut très embarrassé.

Il savait que son maître n’avait jamais dit qu’il avait des ennemis. Ananda se sentit vaincu, et il alla annoncer la visite de Mara au Bouddha, en souhaitant que le Bouddha dise : « Dis-lui que je ne suis pas là. Dis-lui que je suis en réunion ».

Mais le Bouddha se réjouit en apprenant que Mara, son vieil ami, était venu lui rendre visite. « C’est vrai ? Il est vraiment ici ? » dit le Bouddha, et il alla en personne accueillir Mara.

Ananda était bouleversé.

Le Bouddha alla directement vers Mara, s’inclina devant lui et lui prit les mains (ses mains) de la manière la plus affectueuse.

Le Bouddha a dit : « Bonjour ! Comment vas-tu ? Tout va bien ? »

postraditionnalbuddhismMara ne répondit pas.

Alors, le Bouddha l’emmena dans la grotte, lui offrit un siège et demanda à Ananda de faire du thé pour eux deux.

« Je peux faire du thé pour mon maître cent fois par jour, mais faire du thé pour Mara ne me donne aucun plaisir » pensait Ananda. Mais puisque cette demande lui avait été faite par son maître, comment pouvait-il refuser ?

Ananda est donc allé préparer un thé pour le Bouddha et son invité, mais tout en faisant cela, il essaya d’écouter la conversation.

Le Bouddha répéta chaleureusement :

« Comment vas-tu ? Comment vont les choses pour toi ? »

Mara répondit :

« Les choses ne vont pas du tout bien. Je suis fatigué d’être un Mara. Je veux être autre chose. »

Ananda prit peur.

Mara continua :

« Être un Mara n’est pas facile. Si vous parlez, vous devez le faire de manière énigmatique, vous devez avoir l’air rusé et méchant. J’en ai marre de tout ça. Mais ce que je ne supporte pas, ce sont mes étudiants. Maintenant, ils parlent de justice sociale, d’égalité, de libération, de nondualité, de non-violence, tout ça. J’en ai assez ! Je pense que je ferais mieux de vous transmettre tout ça. Je veux être autre chose »

Ananda frissonna, craignant que le maître accepte de prendre son rôle.

Mara deviendrait le Bouddha et le Bouddha serait Mara. Une idée pareille l’attristait complètement.

Le Bouddha écouta attentivement et plaignit Mara. Finalement, il a dit d’une voix sereine :

« Tu penses vraiment qu’il est agréable d’être un Bouddha ? Tu ne sais pas ce que mes disciples m’ont fait ! Ils mettent dans ma bouche des mots que je n’ai jamais prononcés ; Ils construisent des temples ostentatoires et mettent des statues de moi sur les autels pour obtenir des bananes, des oranges et du riz sucré juste pour eux. Et ils me vendent et font de mon enseignement un article de commerce.

Mara, si tu savais ce que c’est que d’être un Bouddha, je suis sûr que tu ne voudrais pas en être un ».

Et le Bouddha récita un grand verset résumant la conversation.

Thich Nath Hanh La paix, un art, une pratique

Daishin n°272 – Mai 2021

Carole Hénaff lionsroar
Carole Hénaff lionsroar

Comment faire avec nos Maras ?

Oui, il y a un ou des Mara près de nous, toujours prêts à nous empêcher de pratiquer… ( téléphones, ordis, etc… ) et en nous ( soucis, colère, etc… ) …

Comment répondre ?

Allons-nous nous battre avec eux, ou bien, comme le Bouddha, transformer les attaques en fleurs… ?

Vivre en paix avec Mara, nos émotions, nos névroses, plutôt que de les combattre contredit l’approche conventionnelle qui consiste à lutter contre tout ce qui nous assaille.

Au sommaire de ce numéro

 Planning et Uposatha

Planning et Uposatha
Transformer les flèches en fleurs Sadayasihi
Une paix sans armes Issho Fujita Sensei
Bouddha et Mara Thich Nath Hanh
En vrac : Petits bouts de printemps.
Des images de Mara : recherche Yvon

 Illustrations de ce numéro : https://www.lionsroar.com/how-to-practice-feeding-your-demons/ Neti Phikroh, postraditionnalbuddhism. Kamal Sellehuddin. 

 

Programme et Uposatha

h2p-allione-4 copieJoshin Sensei :

  • Paris : samedi 8 Mai (à confirmer).

  • Aix ou Marseille : sam. 22 Mai (à confirmer).

https://www.montagnes-et-forets-du-zen.org/retraites-et-journ%C3%A9es

YouTube : https://frama.link/metfduzen : lundi et samedi : 8h30-9h30, jeudi et vendredi : 20h-21h.

h2p-allione-4 copieLa Demeure sans Limites :

  • Vend. 30 avril au dim. 2 mai : stage Feldenkrais et méditation. Mara : que faire de Mara dans notre vie ?

  • Du jeudi 7 mai au dim. 9 Mai : préparation du jardin en suivant le calendrier lunaire.

  • Du merc. 12 au dim.16 mai : Ouvrir la main des pensées avec Jokei Sensei.

Fermeture du temple du : 19 au 31 mai.

Détails et inscriptions : https://www.larbredeleveil.org/lademeuresanslimites/

h2p-allione-4 copieUposatha :

  • Lune nouvelle : Mardi 11

  • Pleine lune : Mercredi 26

Rejoignez-nous en vous inscrivant : https://framadate.org/gp5RSZsIP1Azk487

h2p-allione-4 copieVesak : La fête célébrant la naissance, l’Illumination et l’entrée dans le Parinirvana du Bouddha dans les pays d’Asie du Sud Est, est célébrée cette année le 26 mai.

Fête de la lumière, et vœux de bonheur pour tous les êtres !

Temple Maha Vihara Kuala Lumpur
Temple Maha Vihara Kuala Lumpur

Daishin n° 271 – Avril 2021

Hanamatsuri entrée temple

Hanamatsuri bandeauNaissance du Bouddha – Fête des Fleurs

Hanamatsuri entrée templeOn célèbre l’anniversaire du Bouddha Shâkyamuni  le 8 avril. Il est né dans le jardin de Lumbini, situé en Kapilavastu, un petit royaume au pied de l’Himalaya  il y a 2500 ans. Il était le fils du roi Suddhodana et de la reine Maya. Il s’appelait Siddhartha et plus tard, Bouddha Shâkyamuni.

On rapporte qu’au moment de sa naissance, il a déclaré « Le ciel, la terre et moi formons un seul et même être ».                                            Dans chaque temple au Japon, on trouve ce jour-là un petit pavillon décoré et fleuri, avec une statue du bébé Bouddha pointant un doigt vers le ciel et un doigt vers la terre. Cette statue est arrosée par les participants de thé sucré -Amacha- à base de fleurs de chrysanthèmes.

Le thé sucré est un élément essentiel de la fête des fleurs. Selon la légende, deux dragons rois firent pleuvoir une pluie sucrée chaude et fraîche depuis le paradis pour baigner le bébé Bouddha à sa naissance.

On boit du thé sucré pendant la fête des fleurs, et il y a également une coutume selon laquelle on le moud pour en faire de l’encre sumi avec laquelle on écrit « Le 8 avril est un jour de chance et les insectes sont repoussés ». On suspend à sa porte le morceau de papier sur lequel on a écrit cette phrase à l’envers pour éloigner les insectes indésirables !
On célèbre la fête des fleurs dans les temples, mais c’est également  un évènement public, surtout dans les jardins d’enfants.  C’est aussi une fête du printemps et du renouveau, et les temples, les maisons s’emplissent de fleurs… https://www.sotozen.com/fre/practice/event/index.html 

Dans tous les temples bouddhistes, la fête qui se déroule selon un mode typiquement japonais : d’abord une cérémonie très sérieuse, vêtements colorés des officiants, offrande de l’encens, récitation de sutras, poisson de bois et gongs… Puis quand cette partie-là, officielle, est finie, les enfants courent partout, les gens discutent et s’interpellent, on offre thé et gâteaux et saké dans la pièce derrière l’autel !

Non, les Japonais ne sont pas toujours sérieux ! Ils aiment rire et s’amuser, mais il importe de bien faire la distinction entre les moments formels et informels…

Sous le soleil ou sous la pluie, parfois au temple en Ardèche sous  la neige, la Fête des Fleurs marque le vrai début du printemps, et c’est   un moment de joie pour tous ceux qui marchent sur la Voie… 

Joshin Sensei 

Sommaire

Planning et Uposatha
Fête des Fleurs – naissance du Bouddha.
Mara : qui est Mara ?
Les obstacles, un cadeau du Dharma
Eisaï : tout donner ?
En vrac.

Eisaï : Tout donner ?

Hanamatsuri entrée templePendant que le super-intendant des moines, Eisai, résidait à Kennin-ji, un homme pauvre vint et dit :

« Ma famille est dans un tel besoin que nous n’avons plus de nourriture depuis plusieurs jours.
Ma femme et moi-même, ainsi que quelques-uns de nos enfants, nous sommes sur le point de mourir de faim.
Pouvez-vous, avec votre grande compassion, nous aider ? »

À cette période au temple, il n’y avait absolument pas de vêtements, de nourriture ou d’autres biens à donner.
Bien qu’il se creusât la tête, Eisai ne réussissait pas à trouver une solution pour aider le pauvre homme.

Il se souvint qu’il y avait une petite, fine pièce de cuivre qui allait être utilisée pour former le halo au-dessus de la tête de la statue du Bouddha de médecine, Yakushi Butsu.

Il la prit, la cassa, l’enveloppa et la donna à l’homme, et lui dit :

« Échange-la contre de la nourriture et soulage ta famille de la famine ».

Le laïc fût ravi et partit. Les disciples d’Eisai furent surpris, déçus et dirent : « Il n’y a rien de plus important que ce halo dans la statue du Bouddha. Vous l’avez donné au laïc. N’est-ce pas la transgression du précepte qui interdit l’utilisation personnelle de biens appartenant au trésor du Bouddha ? »

Bouddha de médecine
Bouddha de Médecine, Yakushi Butsu

Le super-intendant des moines répondit :

« Oui, c’est vrai. Cependant, quand vous réfléchissez à la générosité du Bouddha, il aurait arraché et même offert sa propre chair, ses mains et ses pieds pour des êtres vivants. Même si nous donnions le corps du Bouddha à des êtres vivants affamés, nous serions en accord avec l’intention du Bouddha.

Et même, si à cause de cet acte répréhensible, je devais connaître une renaissance défavorable, j’aurais
simplement sauvé des êtres vivants de la famine ».

Les étudiants d’aujourd’hui devraient se pencher sur le cœur de l’enseignement du Bouddha. N’oubliez jamais ceci.

Ce texte peut nous aider à réfléchir sur la pratique d’aujourd’hui :

Quand êtes-vous rigide et pourriez-vous vous assouplir ?
Comment pouvez-vous soutenir la Sangha et le monde ?
Donner et recevoir est essentiel dans la pratique.

Traduction : Jean François

Les obstacles, un cadeau du Dharma.

Hanamatsuri entrée templeSuivant que nous sommes en retraite ou pratiquons dans le cadre de notre vie quotidienne, le caractère de notre pratique change. La constitution humaine étant irrévocablement liée aux éléments en perpétuelle mutation qui composent l’univers, on pourrait dire que les êtres humains ne sont, au final, pas grand-chose d’autre qu’un produit dérivé de ces interactions.

Jzo étangEn conséquence, notre constitution physique et notre esprit évoluent constamment. Inspirante et motivante un jour, parce qu’il nous est facile de nous concentrer, notre méditation peut, le lendemain, être un véritable désastre et une grande source de frustration. Mais nous ne devons pas laisser ces expériences colorer nos attentes à l’égard de la pratique.

Lorsque la pratique vous est facile, essayez de ne pas vous laisser emporter par l’euphorie et de ne pas voir dans votre concentration du moment une référence pour toute pratique future.

Tsele Natsok Rangdröl avait coutume de dire que les pratiquants du Dharma ne devraient pas être comme ces enfants qui, tout à leur joie devant un coffre à jouets bien rempli, n’arrivent pas à faire leur choix et restent totalement paralysés.

A l’inverse, lorsque votre pratique est difficile, ne laissez pas cela saper ou éroder votre détermination.
Le conseil que donne Jigme Lingpa est le suivant :
lorsque vous êtes confronté à des circonstances défavorables ou à des obstacles, considérez-les comme autant de cadeaux pleins de compassion que vous fait le Dharma et comme le résultat de votre pratique.

Nos vies sont bouleversées par la pratique. Peut-être même attirons-nous les obstacles, comme le Bouddha Shakyamuni s’est attiré la colère de Mara dans les heures qui ont précédé son Eveil.  Les difficultés sont donc un signe de ce que votre pratique porte ses fruits, et vous devriez donc vous en réjouir.

L’essentiel est de faire preuve de constance. Souvent, grisés par leur enthousiasme, les pratiquants font une sorte « d’overdose » de pratique, puis ils se sentent profondément frustrés lorsqu’ils ne parviennent pas à se concentrer ou à maîtriser leur esprit. S’étant gorgés de pratique, ils arrêtent pendant plusieurs mois. Et quand ils y reviennent, ils se retrouvent à la case départ. À ce rythme, les progrès sont très lents. Mieux vaut suivre l’exemple de la tortue.

Chaque pas peut sembler prendre une éternité, mais continuez à pratiquer avec constance, sans tenir compte de votre lassitude, en suivant votre programme à la lettre.
De cette manière, vous pourrez retourner votre pire ennemi, l’habitude, contre lui-même.

L’habitude se cramponne à nous comme une sangsue, plus rigide et obstinée d’instant en instant, et même si nous parvenons à nous en défaire, elle nous laisse une trace irritante de son existence.

En nous habituant à pratiquer régulièrement le Dharma, en revanche, nous retournons notre ennemi contre lui-même, en contrant nos mauvaises habitudes par la bonne habitude de la pratique. Et comme le soulignait Shantideva, rien n’est difficile dès lors que l’on s’y est accoutumé.

Dzongsar Jamyang Khyentse, « Obstacles Should Make You Happy », Buddhadharma, été 2013
Traduction : Françoise Myosen