Daishin nº 268 – Janvier 2021

Lanternes vietnamiennesUn autre monde est non seulement possible,

il/elle est en chemin – par un jour tranquille,

je l’entends respirer

Arundhati Roy

Bonne Année, à chaque instant nouvelle !

Sommaire

Programme et Uposatha

Une année pour s’émerveiller – Joshin Sensei

Une année pour « lâcher-prise» – Jigme Rimpoche

Une année pour renoncer à “faire tenir” le monde – C. Petitmangin

Une année pour dire « oui » à coeur ouvert – Diana Winston

Une année pour retourner à l’essentiel dans votre vie – Matt Valentine

Une année pour reconnaître l’absolu – Maître Dogen

Illustrations : foudepuzzle ,Yvon/Anne, kaname-inn, longquan, nonnes birmanes.

En février, histoires de rebelles : un moine bouddhiste japonais du début du 20ème siècle, une nonne américaine au Japon dans les années soixante, une nonne thaïlandaise contemporaine…

Daishin est le bulletin de la Sangha des étudiants de Joshin Sensei
. Il ne peut exister que grâce à votre participation.
Nous attendons vos textes, textes personnels, extraits de lecture, autres….

 

Une année pour reconnaître l’absolu.

Lanterne-rouge

Notre pratique est de reconnaître la signification de tout ce qui est – même un grain de riz ou un peu d’eau.

Exprimer un respect total pour un grain de riz, c’est exprimer un respect total pour le Bouddha.

Alors vous comprendrez que ce grain de riz est l’absolu.

Maître Dogen

Illustrations : foudepuzzle , Yvon/Anne,  kaname-inn,  longquan, nonnes birmanes.

Une année pour retourner à l’essentiel dans votre vie.

Lanterne-rouge

Arrivé à l’âge adulte nous avons en général amassé dans nos vies tout un tas de choses plutôt inutiles ou encombrantes, à la fois sur le plan matériel et non-matériel. Qu’avez-vous amassé ?

La vie monastique est organisée pour que seul l’essentiel demeure : de quoi se nourrir, un endroit pour dormir, une communauté, une pratique. C’est peut-être un peu extrême et ne conviendra pas à tout le monde, mais c’est l’idée qui est importante : ôter de votre vie tout ce qui n’est pas essentiel.

Essentiel à quoi ? A votre bien-être et à celui des autres. Par où commencer ? Comment décider de ce qui est essentiel et de ce qui ne l’est pas ? La meilleure façon est sans doute de vous demander devant chaque objet si vous l’avez utilisé ou quel est son but.

A partir de là, ça devient plus difficile, mais la question de base reste simple : est-ce que « cela » contribue à mon bien être ou à celui des autres autour de moi ? Si vous n’êtes pas sûr, c’est peut-être quelque chose qui non seulement ne sert à rien, mais fait de l’ombre aux choses importantes qui devraient briller dans votre vie.

Vous pouvez prendre la question par l’autre bout : si je devais vivre avec très peu de choses, que choisirais-je ?

Ma réponse a été : ma famille, ma pratique, mon blog où je partage ma pratique, un ordinateur portable pour ce blog uniquement, mon smartphone pour communiquer avec ma famille, ma maison, la nourriture, un ensemble de vêtements de base.

Essayez de vous poser la question plusieurs fois, le temps de voir si ce que vous avez considéré comme essentiel l’est finalement vraiment…

Et de là, regardez votre vie : qu’y a-t-il dedans aujourd’hui qui n’est pas dans votre liste ? Pourquoi n’avez-vous pas inclus cette /ces choses ? Est-ce que vous auriez plus de temps pour vous occuper de ce qui est important si vous les abandonniez…

Bonne année !

Matt Valentine https://buddhaimonia.com/blog/be-like-a-zen-monk

Une année pour « lâcher-prise »

Lanterne-rouge

Pour la plupart des gens, le changement est une chose difficile. Pour ceux qui font preuve de sagesse, le changement est un défi.

Une situation nouvelle suscite souvent de la peur en nous, peur de la perte, ou peur de l’inconnu, ou peut-être la résistance, ou le besoin de se défendre.

Bien sûr, ces réponses ne sont pas plaisantes, elles peuvent même être douloureuses, mais la personne sage voit cela comme une splendide opportunité pour la pratique : là où il y a la douleur on s’accroche, on s’attache, et notre pratique est d’apprendre à lâcher-prise.

Souvent, pourtant, ce lâcher-prise a l’air d’être quelque chose d’ordinaire et de confortable, bien sûr !

Laissez simplement être ! Mais c’est un lâcher-prise superficiel : laisser aller quand cela nous plaît ! Un vrai méditant sait que se détacher vraiment n’arrive qu’avec la souffrance. La souffrance met l’accent sur notre attachement, l’endroit même où ce laisser-aller a lieu.

Plutôt que de courir partout pour trouver stabilité et sécurité, notre pratique est d’apprendre à rester tranquille et à voir clairement la vérité du changement.

 Ajahn Thiradhammo

On parle souvent de nos jours de l’importance de lâcher-prise. Cependant, si nous ne savons pas bien identifier ce qui exerce une emprise, nous ne saurons pas comment nous devrons lâcher-prise.

Par exemple, nous ne pourrons pas attraper un voleur si nous ne savons pas ce qu’il a volé. C’est l’emprise sur le  soi qu’il faut reconnaître ; elle s’exprime habituellement par les mots « moi, ma, mon, mes, etc…».  En termes plus communs, on pourrait également l’appeler « l’ego ».

Relâcher cette emprise est ce qu’on pourrait appeler le lâcher-prise. Ainsi, c’est envers ce fauteur de trouble intérieur qu’est l’ego ou l’emprise sur le soi que nous devrions relâcher notre emprise.

Lâcher-prise ne signifie donc pas de devoir laisser aller ou abandonner ce qui nous est extérieur : amis, travail, famille, relations, matériel, etc… Ce sentiment de « moi », que l’on appelle le soi, est quelque chose que l’on considère essentiel et qui émane du plus profond de notre cœur. On ne considère pas « les autres » de la même manière. Cela provient de la très forte emprise sur le moi. Pourtant, nous sommes égaux aux autres en ce qui concerne notre souhait de ne pas souffrir et d’être heureux. Si l’on médite continuellement sur cela, les problèmes qui nous assaillent présentement les uns après les autres cesseront de se produire.

Est-il besoin de mentionner que cette emprise sur le soi est toujours présente actuellement ? De nos jours, les gens ont peu de tolérance et sont facilement orgueilleux ou en colère, se séparent facilement et expérimentent toutes sortes de problèmes. Ces problèmes ne proviennent pas des autres, mais bien de sa propre emprise sur le soi. Ces problèmes surviennent parce que nous avons entretenu cette attitude intérieure. Ils ne sont aucunement causés par des agents extérieurs.

Toutes les souffrances du monde proviennent du désir de bonheur pour soi-même. Toute la variété des souffrances non désirées par nous et par les autres qui existent en ce monde proviennent de l’erreur de vouloir uniquement son propre bonheur. En effet, il n’y a personne d’autre que nous-mêmes qui créons toutes ces souffrances que nous ne désirons pas subir.

Shantideva http://www.lamasamten.fr/lacher-prise

Nous avons aussi souvent tendance à considérer la libération sous une forme quelque peu négative, en termes de sacrifice, comme un renoncement forcé, comme si se libérer consistait à devenir quelqu’un dépourvu de passion, quelqu’un de terne, quelqu’un que plus rien n’intéresse : mais il ne s’agit pas de cela. La libération dont on parle n’est pas un amoindrissement ni un appauvrissement ; il s’agit au contraire de se libérer de toutes les entraves qui empêchent d’être pleinement présent. La libération ne revient pas à placer un éteignoir sur tout, elle est au contraire un épanouissement. On n’a pas encore trouvé de meilleure image pour l’évoquer que celle du lotus. Le lotus est une plante qui vit dans les marécages, en général dans des endroits malodorants. Sur la boue, vous voyez des feuilles flotter, une tige se dresser et une fleur magnifique s’épanouir. Il n’y a rien de plus beau peut-être qu’une fleur de lotus. Elle est énorme, complètement épanouie au-dessus de toute cette fange dans laquelle elle s’enracine, mais par laquelle elle n’est pas souillée. Elle est belle au-dessus du marécage.

Quand on parle de la libération, c’est un peu pareil. Nous sommes plongés dans le cycle des existences et de ce fait nous sommes immergés dans la souffrance, la laideur, les difficultés, l’impermanence. A partir de cela, et seulement à partir de cela, si nous opérons cette reconnaissance de notre nature véritable, si nous reconnaissons en nous cette nature de lotus et que nous la laissons s’épanouir, nous pouvons développer la conscience parfaitement libre et sereine qui, tout en étant complètement enracinée dans le monde et dans le quotidien, en est entièrement libre.

Jigme Rimpoche
http://www.dhagpo.org/fr/multimedia/revue-tendrel/339-le-lacher-prise

Dire « oui » à coeur ouvert

Je voudrais proposer ceci : la pleine conscience -la véritable pleine conscience – c’est le cœur ouvert. Bien sûr, les puristes définissent la pleine conscience comme « le fait de prêter attention au moment présent, dans une disposition ouverte et curieuse ».

On peut dire que cette définition est un peu plate et qu’elle peut, par inadvertance, mettre le cœur hors de la pratique, pratique qui est en fait le cœur tout entier.

Je me souviens que dans la première année de ma pratique de la pleine conscience, je m’attachais à de subtils états mentaux de concentration.

J’étais immensément curieuse et étonnée par mon esprit mais, en secret, je trouvais la pratique un peu sèche, un peu dans la tête. J’ai alors passé quelques années à chercher en Inde des gourous, espérant un déclic de la bhakti (1) qui rendrait plus savoureuse ma pratique.

J’ai réalisé plus tard que je cherchais l’amour dans les mauvais endroits, hors de moi, au lieu de le chercher en moi. C’est alors que j’ai découvert que la pratique de la pleine conscience est le cœur ouvert-même.

Voici comment ça marche. D’abord vous démarrez sur le coussin (ou sur la chaise pour ceux qui n’ont rien d’un bretzel (2) et vous êtes là à expérimenter le moment présent, quel qu’il soit, bon mauvais ou laid. Vous pratiquez et vous acquérez quelque aisance. « Oh, je peux m’asseoir et être bien avec une douleur au genou, un dos qui fait mal et les nerfs en pelote ». Alors vous réalisez qu’être capable de pleine conscience signifie avoir un cœur ouvert. Ce n’est pas une théorie, c’est une compréhension réalisée dans le corps-esprit.Pourquoi est-ce ainsi ?

Parce que, assis là, heure après heure, vous apprenez à dire oui. Oui à votre respiration un peu laborieuse, oui à votre tête qui gratte, oui au gars avec la machine à ramasser les feuilles de l’autre côté de la rue, oui à votre chagrin, à votre souffrance, à votre honte, à votre grandiloquence et à votre peur. Pas parce que vous voulez influencer ces choses mais parce qu’elles sont vraies et fluctuantes et tout simplement parce qu’elles font partie de ce que vous êtes (sans être même la moitié de ce que vous êtes vraiment).

Votre système nerveux commence à se calmer ; enfin vous prenez conscience de la vérité des choses.

Dire oui signifie être attentif à notre expérience et l’accepter quelle qu’elle soit ; signifie ressentir notre corps quand il réagit fortement, ou être ému et laisser être tout ce que vous y découvrez.

Cela signifie revenir encore et encore à votre respiration.

Cela signifie voir que les pensées, les émotions et les sensations viennent et passent.

Vous dites oui à votre orgueil, à votre stupidité, à votre rage meurtrière. Bien sûr, vous n’agissez pas sur votre rage meurtrière mais vous lui permettez d’être vraie en vous. Cette pratique inclut tout ; rien n’est laissé à l’écart.

Vous découvrez que si vous rejetez, même un tout petit peu, ce que vous éprouvez, votre pleine conscience n’est pas totalement réalisée, pas tout à fait là. Elle est teintée d’aversion -même de façon subtile-. Alors, parfois, ne pouvant vraiment pas dire oui, vous dites oui au non : « Je déteste cela, je ne me sens pas bien mais en fait je me sens bien avec le fait de ne pas me sentir bien ».

Dire oui dans la pratique de la pleine conscience commence peut-être à déborder dans votre expérience quotidienne. Vous commencez par dire oui -avec conscience- encore et encore, oui quand ce type vous coupe la route en voiture, oui quand votre boîte mail est bourrée de spams, oui quand votre médecin a une heure de retard, oui même quand vous perdez une personne qui vous est très chère, ou un lieu, ou une chose. Vous dites oui à votre expérience du moment présent quelle qu’elle soit.

Vous ne rejetez plus votre cœur, vous ne le blindez pas d’une armure, non que vous soyez forcément d’accord avec ce moment-là ou que vous le souhaitiez à quiconque, ou que vous pensiez qu’il est désirable, mais vous dites oui parce que, quoique la vie apporte, ce n’est que cela, c’est la vie telle qu’elle est.

En disant oui, vous laissez descendre ce oui profondément en vous et vous pouvez avancer vers la prochaine chose juste avec force, équilibre et clarté.

Ma fille de six mois m’a réveillée pour téter toutes les heures cette semaine. Parfois je dis non, « Oh mon Dieu, encore ! mais qu’est-ce qu’elle a ? Quand pourrai-je me rendormir ? » A ce moment-là, la pleine conscience est une vague « bonne idée » dans mon cerveau privé de sommeil.

D’autres fois, quand elle pleure, je dis simplement oui, sans y penser. « Oui, ma chérie, régale-toi. Je suis avec toi. Je suis réveillée, et c’est comme ça ». J’écoute le silence de la nuit (rare à Los Angeles) et je l’écoute avaler et renifler doucement et je soupire que, oui, c’est la vie. Une paix profonde m’envahit.

Par cette pratique du oui, en prenant consciemment chaque moment avec la volonté d’accepter les choses comme elles sont, avec le désir d’être avec la vie -interne et externe- comme elle se déploie, vous pouvez regarder votre poitrine et réaliser que votre cœur est immense.

C’est une énorme malle, expansive, spacieuse, large ouverte, débordante de vêtements chauds, confortables et si familiers. Vous ouvrez encore et encore, vous êtes attentif encore et encore, vous dites oui encore et encore et après, avec le temps, le cœur consciemment ouvert, c’est de plus en plus exactement ce que vous êtes.

Diana Winston, Eté 2010 Buddhadharma Traduction : Marie-Claire Calothy, Anne Delagarde.

(1) bhakti : terme sanscrit signifiant dévotion.

(2) bretzel : petit biscuit formé du croisement de deux segments, qui peut rappeler la position des jambes en lotus.

Une année pour renoncer à “faire tenir” le monde

 

Lanterne-rougeNagarjuna décrit l’expérience de renoncer à tout. Renoncer à “faire tenir” le monde. Accepter que d’instant en instant tout s’effondre. Ce geste de renoncement est au cœur de la pratique méditative, jusqu’ à ses stades les plus avancés.  Mais il correspond aussi à une expérience tout simplement humaine que chacun d’entre nous a pu entrevoir à un moment ou à un autre de son existence.

Un jour, il se produit une rencontre, ou un livre, ou une chanson, ou une certaine lumière le matin au travers du feuillage, et soudain vous abandonnez, vous posez les armes.  Quelquefois cet abandon se produit à l’occasion d’une grande souffrance morale, d’une maladie, d’un grave accident, ou de la perte d’un être aimé.

Tout au bout de la douleur, arrive un moment où vous arrêtez de protester, de lutter, où vous acceptez la perte de tout point de référence. Tout au fond de vous, vous acceptez l’ inéluctabilité de la mort ; alors quelque chose craque, se rompt en vous, et vous délivre.

Que se passe-t-il lorsqu’on touche le fond, ou plutôt lorsqu’on arrête de chercher le fond des choses, qu’on réalise au plus profond de soi l’absence de fondement, la vacuité des phénomènes ?

Lorsque notre quête inlassable de solidité et de permanence s’arrête, « s’épuise » dit le sanscrit, il se produit un grand apaisement. Très étonnamment, dans cet état d’épuisement, de dénuement, s’ouvre un espace beaucoup plus vaste, ouvert et fluide que notre espace habituel. Lorsque nous abandonnons les points de repère qui nous permettent habituellement de structurer le monde, lorsque nous renonçons à tout espoir de trouver un fondement stable sur lequel prendre appui, alors la réalité redevient pleine.

C’est comme si le relâchement de notre prise sur le monde lui permettait de se déployer dans toute sa profondeur et dans toute sa richesse. Comme l’écrit F. Roustang : « Quand on ne peut plus rien, quand on ne sait plus rien, quand on ne veut plus rien, parce que tout s’est effondré, alors on soupçonne ce qu’est la vie ».

Le Chemin du Milieu  C. Petitmangin

Une année pour s’émerveiller : les 5 (petites?) illuminations 

  • Regardez ! Regardez la beauté, et l’espace… regardez le ciel, et les oiseaux, et le visage des autres, et la terre. Regardez avec vos yeux vos yeux humains, qui choisissent, et avec vos yeux de Bouddha, qui acceptent tout.

  • Faites confiance ! Confiance en votre force, confiance dans les autres, et surtout confiance dans les Trois Trésors.

  • Faites – vous confiance pour savoir reconnaître ce qui mène vers la lumière…

  • Soyez fragile ! Acceptez cette fragilité humaine qui fait que nous dépendons sans cesse des autres, comme ils dépendent de nous. Laissez naître la compassion devant cette fragilité, et accepter le fait que vous devrez recevoir autant que donner.Bouddha-transparent

  • Les gestes de la pratique ! Une photo d’une statue de Bouddha qui vous inspire, gassho devant l’océan ou une fenêtre ouverte, un temps pour remercier avant un repas, un sutra, quelques pas en silence, une respiration, le désir de partager cet instant avec tous les êtres …

    Joshin Sensei

Programme et Uposatha

Lanterne-rougeJoshin Sensei :

La Demeure sans Limites est fermée du 2 janvier au 28 février 2021. Nous vous souhaitons un bel hiver en attendant de vous retrouver, en présentiel, à compter du 1er mars prochain ».

Uposatha : Lune nouvelle : mercredi 13 Pleine lune : jeudi 28 Nous rejoindre : https://framadate.org/PhPGv8s7rKoiiox1

Daishin n° 267 – Décembre 2020

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Upekṣā ( Sanskrit : उपेक्षा ) Pali : Upekkhā : Equanimité

उपेक्षा Equanimité : Pourquoi ce choix pour cette fin d’année ?

Nous voyons comment autour de nous les nouvelles se succèdent, bonnes, puis mauvaises, puis incertaines… Si nous fluctuons avec elles, si nous nous laissons emporter, que ce soit par la joie et le soulagement, ou par la peur et la tristesse, nous nous y épuisons, et nous épuisons ceux qui nous entourent, eux-mêmes soumis aux mêmes fluctuations.

Équanimité est sûrement l’un des termes les plus mal compris : il nous semble qu’en refusant les émotions, nous entrons seulement dans l’indifférence aux autres, aux situations.

Mais ce n’est pas le cas : c’est garder équilibre et calme. C’est garder au contraire la possibilité d’analyser… de réfléchir et donc, de mieux répondre à ce qui est devant nous et mieux aider. C’est cette peur – nous en avons parlé lors des enseignements sur la Troisième Noble Vérité – d’une vie terne et morte sans émotions.

Et puis tout sur le « moment présent, moment urgent » car dans ces temps que nous vivons, il est plus que jamais important d’apprendre à vivre « NEN 念 IMA 今NO KOKORO 心 » comme nous l’explique Kodo Sawaki Roshi.

Joshin Sensei

उपेक्षा Le vrai sens d’upekkha est l’équanimité, et non l’indifférence dans le sens d’un manque d’intérêt pour les autres. En tant que vertu spirituelle, upekkha signifie la stabilité face aux fluctuations de nos vies et du monde.

C’est l’égalité d’esprit, une liberté d’esprit inébranlable, un état d’équilibre intérieur qui ne peut être perturbé par le gain et la perte, l’honneur et le déshonneur, les louanges et les reproches, le plaisir et la douleur.

Upekkha est la liberté de soi ; c’est l’indifférence aux seules exigences du moi-ego avec son désir de plaisir et de position, et non du bien-être de ses semblables.

La véritable équanimité est le sommet des quatre attitudes que les textes bouddhistes appellent les « demeures divines » : l’amour bienveillant sans limite, la compassion, la joie altruiste et l’équanimité. Cette dernière ne supplante ni n’annule les trois précédentes, mais les perfectionne et les emplit.

Bhikkhu Bodhi

Sommaire

 Planning et Uposatha

उपेक्षा Equanimité, être libre.  S. Salzberg

Moment présent, moment urgent. Donald Rothberg

Avec ma vie, je vénère la vie. Kodo Sawaki

En vrac

En supplément : – Une réponse au thème du mois dernier «Pas d’espoir, pas de peur» : un texte envoyé par Soeur Cora, notre amie Diaconesse : « Qui suis-je ?»

Et une légende : vous avez vu dans le Daishin d’octobre le grand poisson-dragon avec une perle dans la bouche – voilà la légende de son origine…

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Ce mois-ci dans les Carnets de la Sangha : les Gathas, quelques lignes pour dire un moment du monde :
« Pratiquer avec les Gathas » Yvon / Anne 
http://larbredeleveil.org/daishin/lespritvaste/2019/10/22/les-carnets-de-la

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उपेक्षा Illustrations : Anne/Yvon et Joshin Sensei, John Lewis, csmusic, dc.shambala, nasa, manpukuji Lilane A. Buddhistcahnnel, tomi-um-xmas-buddha, zazzle.

उपेक्षा En vrac :

 उपेक्षा Idées pour un Noël « bouddhiste » : dans les archives de Daishin : http://larbredeleveil.org/daishin/lespritvaste/2018/12/02/बोिध-un-miracle-ordinaire-noel-bouddhiste/

उपेक्षा Livres pour Noël

Les grands classiques :

. Walpola Rahula L’Enseignement du Bouddha. D’après les textes les plus anciens

. Aoyama Roshi Une vie de nonne zen. Editions : Sully

. Okumura Roshi : Vivre par le vœu. Editions : Sully

. Un superbe livre  : La Terre de Bouddha. P. Cornu illustrations parfa
ites,
texte très intéressant. Editions : Seuil

. Vous avez aimé le MOOC : Initiation au bouddhisme. G.Ducoeur Editions : Ellipses. Un gros bouquin passionnant !

. Et toujours, pour offrir aux personnes de votre entourage qui se demandent ce que vous allez faire dans un temple Zen, ou tout simplement qui aiment la neige, le silence et la nature :

Tout ce qui compte en cet instant. Joshin L. Bachoux Editions : Points Vivre.

 Et n’oubliez pas dans vos cadeaux de Noël :

1livre4repasRestos du coeur : un livre = 4 repas – à commander chez un libraire bien sûr !

Et aussi si vous n’avez pas beaucoup d’idées pour les cadeaux de Noël, avec le Secours Catholique : « Un colis et une rencontre pour la dignité » ou les Pères Noël Verts du Secours Populaire.


Bonne année dans la lumière du Dharma !

Kannon-noel