En vrac

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Est-ce que nous retournons vers la forme ? Vers le Bouddha ? Vers la vacuité ? Ou est-ce que tout se mélange, fluctue, vague et océan, vent et pierre… ?
Un poème à lire et relire lentement…

Chemin de retour

Ne t’approche pas-
Yeux et nez déjà disparus
et traits presque effacés un Bouddha en pierre
tente d’accomplir à cet instant la perfection –
Renonçant au Bouddha
il redevient pierre.
Le hasard d’un instant
avait taillé ses yeux et son nez ;
ici c’est la cour du temple Ingak vieux de mille ans :
la prison du Bouddha est profonde et sacrée.
Devant la nature qui redevient fleur de pierre
le temps n’existe nulle part.
Ne joins pas tes deux mains en vain
Même de ce mot « perfection »
de grâce écarte-toi.

Moon Chung-hee. Celle qui mangeait le riz froid.

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« L’homme fondamental est vide et creux ; Il n’a pas de forme.
Cependant parmi les myriades de choses (de dharmas) il n’y en a pas une qui ne soit pas lui. 
Qui peut comprendre que les myriades de choses ne sont autres que lui ? Seul le sage le peut. »

Socho, disciple de Kumarajiva

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Pour revoir Sagesses Bouddhistes :
– Maintenir sa pratique dans la bousculade du quotidien, Joshin Sensei
https://www.youtube.com/watch?v=liUkZAghTg4
– Jizô Sama, le bodhisattva qui nous accompagne, Jokei Sensei
https://www.youtube.com/watch?v=PQtMTh0zy0M

Zazen sans douleur ?

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Après avoir commencé à pratiquer zazen, pendant quelques années, m’asseoir signifiait pour moi me battre contre la douleur physique.

Je m’asseyais toujours avec l’espoir qu’un jour je n’aurais plus mal. J’ai essayé plein de choses, le yoga, les étirements, la diète pour rendre mon corps plus souple, ne plus avoir mal, sans succès.

Puis pendant une retraite, une pensée m’a soudain traversé l’esprit pendant zazen :
« Aha ! Zazen sera donc douloureux, quoique j’essaye.
Zazen sans douleur ?
Ce n’est que mon illusion stupide. Très bien !
Arrête de te battre contre la douleur. Assieds-toi avec. »

A ce moment-là, j’ai senti le « goût » de la douleur et cela a fait un énorme changement. J’ai senti la tension de mon corps diminuer, mon dos a semblé s’allonger de lui-même.
Je ne veux pas dire que la douleur avait complètement disparu ; mais quand, dans mon esprit, ma relation avec elle a changé, quelque chose a changé aussi, simultanément, dans mon corps et dans ma respiration. Il me semblait que ces changements apportaient une diminution sensible de la douleur (peut-être due au relâchement des muscles).

Quand mon esprit a pu lâcher ce « bagage » supplémentaire, c’est à dire m’accrocher au rêve d’un zazen sans douleur, cela s’est reflété immédiatement dans le corps et la respiration.
Ceci est un exemple de « Trois sont un, un est trois », la relation entre corps, esprit et respiration.
bouddha takiro hondoPour résumer : quand corps, esprit et respiration fusionnent et fonctionnent en harmonie comme un tout, le corps-esprit fait apparaître une qualité qui s’appelle « Shoshintanza » (Littéralement : « corps-esprit-respiration-assise. » Joshin Sensei) : s’asseoir de façon juste.

Au moment de la fusion des trois, shoshintanza s’actualise dans sa totale vitalité.
Seulement alors pouvons-nous expérimenter zazen en entier, et comme unité.

Révérend Issho Fujita. Traduction : Joshin Sensei.

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Pendant ces 10 ans passés de zazen je crois découvrir que la douleur, la plupart du temps, est plutôt une douleur morale : le corps connaît ce qui se passe et il réagit ; la tête traduit cette réaction dans ses limites, alors c’est la douleur, l’agitation, ou « je veux partir, maintenant, ceci est insupportable, etc… »
Peut être que c’est toujours le « je veux – je ne veux pas », c’est plein de ça, très subtil, infiniment subtil…
Je crois que la seule façon de surmonter cette souffrance, c’est la connaître, écouter profondément son « bruit », son inquiétude et y faire face.
La laisser se montrer et puis la traverser, c’est à dire, chercher d’autres racines – lâcher prise – les mots ne traduisent pas très bien ce « geste immobile » (c’est ça “shoshintaza” ?).
Alors la respiration, profonde, perce la barrière…
C’est bien difficile car on va chercher tout le temps à empêcher la respiration, à retourner aux bruits du corps et de la tète, à se laisser entraîner dans toutes nos histoires…
Je crois qu’il me faut de la patience, et surtout la certitude que c’est par là, que c’est la seule et « grande porte », et si possible, un bout de sourire….
La Voie du Bouddha n’a pas de fin !

Diana ZuyKen

Le moment présent,le moment urgent 

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Cet article date de plusieurs années, mais nous voyons aujourd’hui que « la guerre » sous toutes ses formes, à l’extérieur et en nous, est toujours là. Ne pas se décourager, utiliser des moyens habiles, nous permet d’être partie prenante de ce qui se joue dans le monde.

Prenez une responsabilité morale et spirituelle dans la souffrance du monde comme faisant partie de votre engagement dans la pratique.

Le coeur de la pratique bouddhique est la transformation de dukkha, la souffrance, et de ses racines en sagesse et en compassion.

Comme l’a expliqué le Bouddha nous faisons tous l’expérience de la souffrance physique et émotionnelle.

Nous tombons tous malades, nous perdons des personnes que nous aimons, et nous mourrons. Notre pratique n’est pas d’essayer de nous débarrasser de cette souffrance, ce qui serait impossible, mais plutôt d’éviter de nous recroqueviller autour de cette douleur, de blâmer nous-même ou les autres pour elle, ou d’attaquer quand nous nous sentons attaqués, pensant que par l’une ou toutes de ces méthodes, nous pourrons résoudre la douleur.

Ce cycle de réaction est appelé souffrance.
Notre tâche, en reconnaissant notre ré-activité, notre avidité, notre colère et les illusions qui les nourrissent, est de comprendre qu’il peut y avoir douleur sans souffrance, sans projection sur ce et ceux qui nous entourent.
Les bouddhistes socialement engagés suggèrent que notre engagement dans la pratique comprend la responsabilité pour toutes les parties de notre vie.

1devin amatoEssayer d’arrêter ces cycles de réactivité et de violence pas seulement en nous-mêmes, mais aussi dans nos relations interpersonnelles et dans notre rôle de citoyen d’une société démocratique.

La non-violence absolue de Gandhi et de Martin Luther King était guidée par la même intention : ne pas transmettre la douleur de l’oppression et du racisme en continuant les cycles de violence et apporter la compassion à ceux qui souffrent.
Ils faisaient écho aux paroles du Bouddha :

« La violence ne cesse jamais par la haine.
Elle ne cesse que par l’amour.
Ceci est une loi ancienne. »

Notre engagement envers les préceptes éthiques peut aussi nous donner un sens clair de nos responsabilités sociales ainsi que des garde-fous dans notre participation sociale et politique.
Selon Thich Nhat Hanh, les préceptes demandent que nous utilisions notre responsabilité morale de pratiquants bouddhistes dans les situations collectives aussi bien qu’individuelles.

Dans Being Peace, il donne sa version des deux premiers préceptes :
«  Ne tuez pas. Ne laissez pas les autres tuer. Trouvez tous les moyens possibles pour protéger la vie et prévenir la guerre. (…)
Ne possédez rien qui devrait appartenir aux autres.
Empêchez les autres de s’enrichir à travers la souffrance humaine ou la souffrance d’autres êtres. »

Nous pouvons nous rappeler que, dans le Sutta Nipatta, le Bouddha formulait dès le départ la dimension sociale des préceptes en nous exhortant à « ne pas pousser les autres à tuer », et « ne pas les approuver » s’ils le font.

Quand les choses sont difficiles, apprenez à transformer les émotions difficiles et les tendances à ruminer.

On peut se « consumer » (burn out) à être tout le temps avec des personnes qui souffrent. On peut devenir indécis et déprimé quand dix millions de personnes dans la rue n’empêchent pas l’invasion de l’Irak. Nos activités se nourrissent alors de ressentiment et d’amertume.

Si nous ne transformons pas ces réactions parfois inconscientes, nous risquons de devenir paralysé, ou de réagir de façon excessive, et nous devenons incapable d’actions justes.

Joanna Macy et d’autres ont développé des pratiques collectives pour nous aider à nous ouvrir à cette douleur, à travailler avec nos émotions, guidés par la compassion et notre sens de l’interdépendance.
(…) Il est important aussi de changer notre attitude habituelle d’opposition envers nos « ennemis », que ce soit Bush, Ben Laden, des collègues de travail, ou des personnes de la Sangha.
Il existe des pratiques de grande valeur, comme brahmaviharas, le développement d’états d’esprit positifs, ou tonglen, la pratique tibétaine de donner et de recevoir, ainsi que le travail sur l’attention.

Ce sont des pratiques particulièrement importantes quand nous avons à prendre position, ou à entrer dans une démarche qui peut déboucher sur des conflits partisans. Nous verrons alors mieux comment nous construisons une relation avec notre ennemi, chacun projetant le négatif sur l’autre.

Pourtant, nous pouvons prendre ce qui nous apparaît comme ennemi pour occasion de pratiquer, comme le dit Shantideva :
« Je devrais me réjouir d’avoir un ennemi / Car il va m’aider sur le chemin de l’Eveil. »

Préparez-vous pour le long terme – et aussi pour la transformation et la sagesse immédiates.

Nous avons besoin à la fois de la perspective à long terme et à court terme.
Pour le long terme, nous devons cultiver les vertus du bodhisattva : patience, équanimité, sagesse et moyens habiles, entre autres.
Ces qualités nous aident à rester équilibrés tout en étant engagés socialement.

Devant les difficultés, nous avons besoin à la fois de détermination et d’espace, de courage et de légèreté, de savoir nous ouvrir à la douleur comme à la joie, – toutes les qualités qui semblent présentes dans le rire du Dalai Lama, même s’il vit avec l’horreur de l’occupation chinoise.

Buddha en attitude de marcheComme pour notre pratique individuelle, nous devons nous préparer pour le long terme, mais aussi pour une transformation et une sagesse immédiates. Comme on a pu le voir pour la fin de l’apartheid, ou la chute de l’URSS, le changement peut être très rapide, pour le meilleur ou pour le pire.
Dans ce monde complexe, un grand nombre d’évènements sont imprévisibles, on l’a vu le 11 septembre. Ces perspectives de transformations, tant soudaines que graduelles, doivent nous rappeler que, comme l’enseigne le Bouddha, chaque moment compte !

Quand nous sommes attentifs aux arbres qui nous entourent, ou quand nous répondons « habilement » à un sarcasme d’un collègue, nous « mettons fin à la guerre. »

Le succès de notre action peut être mesuré, comme le suggère Thich Nhat Hanh dans Love in Action, moins par la victoire extérieure qu’en considérant le renforcement de l’amour et de la non-violence.

Rappelons-nous les paroles du Rabbin Tarfon, au deuxième siècle : « Ce n’est pas à vous de finir le travail. Mais vous n’êtes pas non plus libre de vous en désister. »

Donald Rothberg, Article paru (résumé) dans le magazine bouddhiste nord-américain «Tricycle. » Traduction : Joshin Sensei.

La vie après l’ego

vignette284Il y a 20 ans, je suis entré dans un petit centre zen situé dans le quartier difficile d’une grande ville industrielle. C’était à peine un centre zen, en fait ; le Maître, un ouvrier métallo à la retraite qui tremblait à cause de la maladie de Parkinson, organisait des cérémonies dans son appartement.
J’avais échoué là parce que je n’avais pas trouvé de meilleure idée. Au fond de moi, je savais que mes pas étaient en train de m’entraîner sur le chemin de la prison ou du cimetière. Beaucoup de mes amis avaient déjà fini là-bas, et je n’avais aucune envie de les suivre. Je ne le savais pas encore à l’époque, mais j’étais victime d’un stress post-traumatique.
Ce soir-là, seulement deux personnes se présentèrent au centre zen. J’étais en avance, il n’y avait pour l’instant que le maître.

Bouddha Corée visageJe lui ai raconté tout ce qui n’allait pas chez moi, puis je lui ai demandé :  « Vous pouvez m’aider ?
– Non », a-t-il répondu.
Je pensais qu’il sous entendait qu’il n’avait pas assez d’expérience, qu’il n’était pas assez compétent, voire qu’il n’était pas au niveau.

J’ai insisté : « Dans ce cas qui peut m’aider ?
Personne, répondit-il. Vous ne serez jamais mieux que vous ne l’êtes actuellement.
Tous les problèmes que vous affrontez en ce moment, vous aurez à les affronter toute votre vie.

– Alors, pourquoi est ce que je me tournerais vers le zen ?
– Aucune idée. Je ne vous ai jamais dit de le faire. C’est vous qui êtes venu ici. »

Ces mots une fois imprimés semblent durs, sévères. C’était tout le contraire. En les entendant, j’ai ressenti un soulagement presque écrasant.

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Je savais que l’on venait d’être sincère avec moi ; on ne me mentait pas.
Du coup, même si je ne comprenais pas pourquoi quelqu’un pratiquerait le zen si ça ne l’« aidait » pas, j’ai fait confiance au zen et à mon maître…

Dogo Barry Graham

Planning et Uposatha

Au programme au mois de juin :

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Uposatha : Mai, les lunes des fleurs
– Lune nouvelle :  lundi 16
– Pleine lune : lundi 30. Rejoignez-nous pour nous asseoir « ensemble » où que l’on soit, sans ordinateur ni écran ! https://framadate.org/vBbYMb9Zp4zdsVm7

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Joshin Sensei
– Paris : samedi 4 : une journée de pratique.
– Sur Youtube les vendredis, samedis et lundis, reprise vendredi 10 juin : Toutes les infos : https://www.nousasseoirensemble.org/

 

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La Demeure sans Limites
– Le temple en marche du 4 au 6 juin – Petites randonnées en étoile autour du temple avec Jokei Sensei.
– Fermeture du temple du 21 au 29 juin.
– Retraite : avec Révérend Mokusho Depreay du vendredi 1 juillet au dimanche 3 juillet.
https://www.larbredeleveil.org/lademeuresanslimites/programmes-de-la-demeure-sans-limites/

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Uposatha :

Pleine lune de juin, mardi 14, Pleine Lune du Tonnerre
Nouvelle lune : mercredi 29. Venez avec nous : https://framadate.org/fljAAPWQf3KSvNqY